Accueil > N°19 - Mars 2012 | Par Emmanuel Riondé | 23 mars 2012

Palestine, dans un État neuf ?

Éric Hazan, Eyal Sivan

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« La thèse que nous défendons
est que la partition de la Palestine
historique en deux États
n’est pas une solution mais un
discours.
 »
La contribution du
cinéaste Eyal Sivan et de l’éditeur
Éric Hazan au débat sur la
nature du ou des État(s) à venir
en Palestine ne plaira pas à
tout le monde. Elle est pourtant
vivifiante. Leur constat : il existe
aujourd’hui de facto un « État
unique
 » en Palestine, Israël
bien sûr, qui se définit comme
celui « des juifs » et exerce une autorité militaire sur des régions
peuplées de non-juifs, les territoires palestiniens. Partant de cette
réalité difficilement contestable, ils se défont du « mythe des deux
États
 ». Pour eux, la permanence de cet horizon a surtout permis, ces
vingt dernières années, la poursuite de la colonisation et la « notabilisation
 » d’une partie de l’establishment palestinien. Des critiques
qui ramènent à celles que formula très tôt Edward Saïd, l’universitaire
américain-palestinien mort en 2003, au sujet du processus de
paix. Comme lui, ils proposent de réfléchir à l’édification d’un « État
commun à tous ses citoyens
 », de remplacer la notion de partition
par celle de partage, d’en finir avec les « interminables épisodes du
processus de paix
 », de renoncer de part et d’autre au « rêve fatigué
d’État-nation
 » – probablement le défi le plus ambitieux. Loin de prétendre
débarquer avec une solution nouvelle, les auteurs redonnent
au projet d’État binational sa profondeur historique. En 1919, des
Juifs américains exprimèrent ainsi leur désir de voir naître en Palestine
« un État libre et indépendant, avec un gouvernement démocratique
qui ne reconnaisse aucune différence de religion, de race ou
d’ascendance ethnique »
. Beaucoup de points soulevés, parfois à
peine effleurés, sont clairement sujets à débat. Mais en sept courts
chapitres frappés au sceau de la lucidité et du pragmatisme, mais
non du renoncement, les auteurs parviennent à transformer une
vision humaniste vieille d’un siècle en perspective neuve pour un
Proche-Orient du nouveau millénaire. La modernité, c’est le partage,
nous disent-ils. Et on a envie de les suivre.

Un État commun. Entre le Jourdain et la mer

d’ Éric Hazan et Eyal Sivan

éd. La fabrique

70 p., 12 €.
En vente le 24 mars.

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