Accueil > N°11 - Juin 2011 | Par Juliette Cerf | 18 juin 2011

Un magnifique Dardenne

Jean-Pierre et Luc Dardenne

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Huitième long-métrage de Jean-Pierre et Luc Dardenne, le magnifique
Gamin au vélo a obtenu le Grand Prix au Festival de Cannes
(ex-aequo avec Il était une fois en Anatolie, de Nuri Bilge Ceylan).

Les cinéastes avaient déjà remporté deux Palmes d’or pour Rosetta
en 1999 et L’enfant en 2005 et un Prix du scénario pour Le silence
de Lorna
en 2008.

« Le numéro n’est pas attribué »… Cyril (Thomas Doret),
du haut de ses 11 ans, a beau s’acharner, s’agiter, lutter,
frapper aux portes, arpenter les rues, enquêter auprès
des commerçants, il ne trouvera personne au bout du fil.
Personne. Le cordon est
coupé. La place du père,
fugitivement incarné par Jérémie
Renier (fils dans La promesse
et père dans L’enfant),
restera vide.

Pour ne pas tomber (la chute,
du haut d’un arbre, viendra
plus tard), pour consumer
son énergie vitale, Cyril se
concentre sur un objet transitionnel,
moyen de locomotion
qui met le titre du film en
mouvement. Ce vélo vendu par son père un jour de galère, Samantha
(Cécile de France) le rachète et lui rapporte. Placé dans un foyer,
l’enfant tombe par hasard sur cette femme providentielle. Plus que
sa « mère » adoptive, Samantha devient à elle toute seule sa « famille
d’accueil
 » – ainsi se présente-t-elle à l’un des éducateurs qu’elle
joint par téléphone, alors que Cyril a fugué dans la cité.

Fidèles à leur esthét(h)ique, les Dardenne ont cisaillé un film sec,
ponctué, une fois n’est pas coutume, par quelques accords musicaux,
qui dramatisent ce « conte de notre temps », pour reprendre
l’un de leurs titres de travail. De film en film, les frères construisent
un cinéma du geste, qui fait fi de toute psychologie rassurante et
refuse toute « composition » d’images. Au plein, à la « plénitude », les
Dardenne préféreront toujours les marges, les trous, les planques,
les ellipses. Ces mouvements mêmes qui traversent le principe de
réalité. A Samantha qui lui dit qu’elle ne veut pas qu’il soit déçu si
la rencontre avec son père ne se passe pas comme il l’avait rêvée,
Cyril répond : « Je ne rêve pas. »

A voir

Le gamin au vélo

de Jean-Pierre et Luc Dardenne.

Déjà en salles.

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