Accueil > politique | Par Françoise Diehlmann | 22 septembre 2013

Allemagne, l’élection de toutes les surprises

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La CDU d’Angela Merkel avec 41,5% (33,8% en 2009) a obtenu son meilleur score depuis 23 ans et a, oh ! surprise ! frôlé la majorité absolue. La seule fois où la CDU a gouverné seule, c’était de 1957 à 1961 sous Konrad Adenauer. Cette victoire est l’oeuvre d’Angela Merkel. Les participants aux soirées électorales des différents partis politiques allemands ont salué sa victoire avec respect.

CDU 41,5% / SPD 25,7% / FDP 4,8 % / Die Linke 8,6% / Die Gruenen 8,4% / AFD 4,7%

Par contre, ce qui a provoqué l’enthousiasme chez les participants aux soirées électorales du SPD, des Gruenen et de die Linke, fut l’elimination des liberaux du FDP avec 4,8% (14,6% en 2009). La surprise est que le FDP n’est plus représenté au Bundestag pour la première fois depuis la creation de la RFA. Angela Merkel a exprimé ses regrets avec un mélange de pitié. Deux millions de voix sont passées du FDP au parti d’Angela Merkel.

Les Gruenen essuient une défaite cinglante 8,4% (10,7 en 2009). Ils étaient à plus de 20% il y a 2 ans et encore à 15% il y a quelques mois. Leur co-president, Cem Ozdemir a déclaré : « C’est chez nous - et pas chez les autres que nous devons regarder ce qui n’a pas marché. Nous devons faire une analyse sans pitie5, chercher nos erreurs et les combattre ». Ceci promet des débats houleux chez les Gruenen dans les semaines à venir.

Le SPD avec 25,7% gagne pratiquement 2 points sur 2009 (23%), cela ne suffit pas pour diriger une coalition avec les Gruenen. Par contre le SPD pourrait diriger une coalition avec les Gruenen et die Linke, ce qui empêcherait Angela Merkel d’être chancelière. Mais le SPD refuse toute coalition avec die Linke à l’échelon national depuis la chute du mur de Berlin il y a 25 ans. Sans doute oublie-t-il que nous ne sommes plus au 20e siècle.

Die Linke avait 11,9% des voix en 2009. Il a commencé sa campagne avec 5% dans les sondages suite à des débats houleux internes. Oskar Lafontaine, l’un des leaders de ce parti s’est prononcé pour la sortie de l’euro et contre toute participation gouvernementale avec le SPD. C’est grâce à la figure emblématique de die Linke, Gregor Gysi, qui a mis toutes ses forces et toute son énergie dans la campagne que die Linke obtient aujourd’hui 8,6% des voix. Non seulement il s’est prononcé contre la sortie de l’euro, mais pour faire sortir le SPD de ses retranchements, il a sans cesse martelé que die Linke est prêt à ouvrir des négociations avec le SPD pour une participation gouvernementale. Hier soir Gregor Gysi ne boudait pas son plaisir en disant : "qui aurait cru en 1990 que ce parti serait aujourd’hui la troisieme force politique du pays", ce qui est une surprise. En effet, le parti communiste de l’ex RDA a donné naissance en 1990 peu de temps après la chute du mur au parti du socialisme democratique dont le premier président ne fut autre que Gregor Gysi qui, avec ses amis, a mené une analyse sans merci du stalinisme. Puis en 2007, le PDS dans une alliance avec le parti d’Oskar Lafontaine, est devenu die Linke. On ne peut pas dire que ce dernier ait été actif dans cette campagne électorale.

Le parti anti européen AFD marqué à droite a manqué de peu son entrée au Bundestag avec 4,7%, ce qui ne presage rien de bon pour les élections européennes. Il faut dire que l’Europe a été la grande absente de cette campagne.
Maintenant, les négociations pour la future coalition gouvernementale commencent. La constitution prevoit 30 jours maximum. Le SPD refusant une coalition avec les Gruenen et die Linke, les clefs sont dans les mains d’Angela Merkel. Deux options s’offrent à elle : une grande coalition avec le SPD, une coalition avec les Gruenen.

Hier soir, ni les le SPD, ni les Gruenen ne voulaient aller avec Angela Merkel.
Il est clair qu’une grande coalition s’essouffle très vite, qu’elle n’est pas profitable au 2e parti, qu’est le SPD. Par contre, die Linke qui conduira l’opposition au Bundestag en recoltera les fruits. L’objectif de Gregor Gysi est que des remous aient lieu au sein du SPD et qu’à mi-mandat ce dernier ouvre des négociations avec die Linke pour une participation gouvernementale.

L’autre chambre, le Bundesrat, la chambre des Laender, qui dispose d’une majorité SPD - Gruenen - Linke, est en capacité de bloquer toutes les lois. Cela ne va quand même pas être si simple que cela pour Angela Merkel.

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