Photo Fast food forward
Accueil > monde | Par Christelle Gérand | 20 décembre 2012

A New York, les employés de fast-food sont en grève

Travailleurs pauvres et précaires, les employés de fast-food lancent une offensive d’une ampleur historique pour se syndiquer.

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« Etre syndiqué serait un rêve », confie Raymond Lopez, manager à McDonald’s depuis deux ans et demi. Il deviendra peut-être, à la suite d’un mouvement social sans précédent à l’échelle de la ville, une réalité.
Quelques semaines après la grève historique des travailleurs de Walmart, les employés de McDonald’s, Burger King, Wendy’s, Taco Bell, KFC, Pizza Hut et Domino’s pizza ont eux aussi trouvé le courage de faire grève le 29 novembre et le 6 décembre. Ils réclament un salaire horaire à 15 dollars et le droit de se syndiquer. Dans une industrie où temps partiels et contrats très courts font le jeu des employeurs, tous les efforts des années précédentes ont échoué. Mais la fronde actuelle, pourrait par son ampleur aboutir à des résultats encore jamais vus : droit de se syndiquer, hausse des salaires, amélioration de leurs conditions de travail.

Payés 7,25 dollars (5 euros) net par heure, les employés des fast food new-yorkais ne peuvent même pas se payer les hamburgers qu’ils servent ou confectionnent. Leur salaire ne comprend aucune couverture sociale, les obligeant à s’endetter en cas de maladie ou maternité. Alors que trois quarts d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté selon une étude de l’Economic Policy Institute, ils vivent souvent des « food stamps », des tickets repas fournis aux pauvres par la ville.

La récession n’a pas seulement maintenu l’activité des fast-foods aux Etats-Unis.
Elle les fait prospérer comme jamais. L’alimentaire est de loin le plus important employeur du pays aujourd’hui : 1 Américain sur 10 travaille dans le secteur. A New York, la restauration est l’un des rares secteurs absolument non syndiqués ; elle rassemble les jobs les plus mal payés de la ville. Depuis la crise économique, les postes ne sont plus l’apanage d’étudiants ou de nouveaux immigrés. Les fast-foods emploient désormais à tours de bras la cohorte de new yorkais à qui la crise a fait perdre un emploi plus stable et mieux protégé, amenant une culture syndicale avec eux.

Même la presse économique libérale penche pour une amélioration de leurs droits. Le 5 décembre, le New York Times titrait dans ses pages business : « syndiquer le bas de l’échelle des salaires ». L’article insistait : « Nous faisons face à un choix sans équivoque : soit bâtir une économie qui permette aux travailleurs de subvenir aux besoins de leur famille, soit bâtir un gouvernement qui se donne les moyens d’aider la classe pauvre, qui ne peut survivre seule. On ne fait aucun des deux. »
BusinessWeek insistait le 12 décembre, en titrant sur le fossé entre la rémunération d’un employé depuis deux décennies à McDonald’s (8,25 dollars) et celle du PDG (8,75 millions).

En attendant, les directions des établissements se défendent. Les heures de Pamela Flood, une employée à Burger King, ont été « mystérieusement divisées par deux » depuis qu’elle a fait grève. Jonathan Westin, coordinateur de New York Communities for Change, l’une des organisations qui aide à l’effort de syndicalisation, rapporte également le licenciement d’une employée de Wendy’s. Elle a retrouvé son poste le lendemain, sous la pression du conseiller municipal Jumaane Williams et des syndicats du secteur du service.

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