Accueil > actu | Par Thomas Clerget | 22 mai 2014

Européennes : quel projet politique pour Nouvelle donne ?

Autour d’anciens Verts et de déçus du PS, Nouvelle donne voudrait entraîner les gauches sociale et politique autour de son projet refondateur, combinant partage du travail et transition écologique. Le jeune parti, qui entend rassembler de la gauche radicale jusqu’au patronat progressiste, saura-t-il convaincre de sa cohérence et de sa pertinence ?

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Dimanche 18 mai, le petit dernier des partis politiques marqués à gauche, Nouvelle donne, tenait meeting sur la place de la République à Paris. Avec Anne et Michel Hessel, enfants de Stéphane, l’humoriste Guy Bedos, Susan George ou l’ancien Guignol de l’info Bruno Gaccio, l’affiche était aussi alléchante qu’elle pouvait soulever des interrogations sur la pertinence d’un tel attelage. Nouvelle Donne est-il le dernier avatar de ces micro-partis d’agitation, forts en com’ peut-être, mais sans base politique crédible ? Les élections européennes du 25 mai prochain seront un premier test.

Avec une liste déposée dans les sept circonscriptions métropolitaines, pour un objectif de « quatre ou cinq députés élus », d’après son co-président Pierre Larrouturou (lire son interview), Nouvelle donne affiche ses ambitions. Et souhaiterait, malgré des premiers sondages peu favorables, créer la surprise, entre un Parti socialiste en chute libre et un Front de gauche en proie au doute.

Aux origines : "Roosevelt 2012"
« On a tout fait pour secouer Matignon »

Les atouts du parti résident dans son réseau, ainsi que dans un programme politique élaboré depuis deux ans au sein du collectif Roosevelt 2012. Constituée autour de Pierre Larrouturou et de Stéphane Hessel, alors membres du Parti socialiste, l’association entendait peser sur le programme du candidat Hollande, puis sur la politique du gouvernement Ayrault. Le collectif exhorte à rompre avec la doctrine néolibérale : la gravité des crises – économique, sociale, écologique – appellerait une réponse puissante et rapide, inspirée du volontarisme de Franklin Roosevelt et de sa politique du New deal – "nouvelle donne" en français – qui amorça la sortie de crise des États-Unis à partir de 1933. Autour d’un programme ambitieux, centré sur le partage du temps de travail et l’investissement écologique, Roosevelt 2012 rassemble plus de 110.000 signatures de soutien, dont celles de nombreuses personnalités.

Lors du congrès du Parti socialiste en octobre 2012 à Toulouse, une motion conduite par Hessel et Larrouturou, « Oser. Plus loin, plus vite », la plus à gauche, obtient le score surprise de 12%. Le PS reste pourtant sourd à leurs appels. Un an plus tard, tandis que Stéphane Hessel a disparu, Pierre Larrouturou quitte les socialistes pour fonder Nouvelle Donne, en compagnie de membres de Roosevelt 2012. « On a été quinze fois à l’Élysée, quinze fois à Matignon, raconte l’économiste. On a tout fait pour les secouer. Ensuite on a décidé de prendre nos responsabilités, de proposer aux citoyens de voter pour d’autres politiques. Voilà pourquoi on a créé Nouvelle donne. » D’une structure à l’autre, le projet reste sensiblement identique : « Il faut changer radicalement de modèle de développement », avance Larrouturou dans un livre programmatique, La Grande trahison, paru chez Flammarion.

Écologie, partage du travail et "euro-franc"

Depuis, Larrouturou prêche la bonne parole de plateau télé en plateau télé. La croissance économique, en diminution lente mais régulière depuis cinquante ans, ne reviendra pas. Pour remédier au chômage de masse, l’une des propositions phares de ND veut donc remettre la réduction du temps de travail au centre du débat politique : « Le partage actuel du travail entre les désœuvrés et les surmenés est stupide et ne profite qu’aux actionnaires. Il est urgent de négocier un nouveau partage du travail tout au long de la vie ». Le programme actuel du parti ne donne pas de précisions quant à la durée légale envisagée, mais la semaine de quatre jours, pour une durée hebdomadaire ramenée à trente ou trente-deux heures, est régulièrement évoquée.

Sur le plan européen, le parti veut instaurer une "zone d’action resserrée" autour de pays moteurs, pour imposer un "traité social de convergence par le haut", ainsi qu’une série de mesures traditionnellement avancées par la gauche de la gauche : financement de la dette à taux réduit via la Banque européenne d’investissement, séparation bancaire, taxation des transactions financières, impôt européen sur les bénéfices et salaire "anti-dumping". Plus original : la création d’un "euro-franc", émis par la Banque de France à parité avec l’euro, et destiné à soutenir la consommation : « Chaque citoyen résident, âgé de plus de dix-huit ans, recevra chaque mois 150 euro-francs, sur un livret ouvert à cet effet ». Surtout, Nouvelle donne entend s’attaquer frontalement au changement climatique, à travers un "pacte européen" prévoyant l’investissement de mille milliards d’euros dans l’isolation thermique et le développement des énergies renouvelables.

Coalition politique élargie, ou parti "attrape-tout" ?

Pour porter ce programme, Nouvelle donne s’appuie sur une base politique étonnement large, allant du centre à la gauche radicale. Autour de déçus du PS comme la députée européenne Françoise Castex, et d’un noyau d’anciens Verts, telle la députée Isabelle Attard – co-présidente du mouvement – on trouve également Patrick Viverge, en provenance du PG, ou le conseiller régional d’aquitaine Patrick Beauvillard, transfuge du Modem. Alliance encore moins probable s’il en est, Nouvelle Donne revendique la présence de militants issus du NPA, cohabitant avec des gaullistes sociaux et des patrons progressistes.

Autour des politiques, ND est soutenue par des personnalités faisant autorité dans leurs domaines respectifs, qu’elles soient issues de la gauche intellectuelle (Dominique Meda, Patrick Viveret, le climatologue Jean Jouzel...), ou associative (Jean-Pierre Raffin, président d’honneur de France nature environnement, Éric Alt, vice-président d’Anticor...). Le mouvement veut ratisser large : « Nos militants viennent de Greenpeace, du Réseau action climat, des Amis de la terre, ou bien ils étaient engagés sur les questions du logement, du soutien aux sans-papiers », avance Larrouturou. De la "création d’entreprise" à la "biodiversité", en passant par les "circuits courts" et le "pouvoir d’achat", les trente-neuf mots d’ordre inscrits sur l’affiche de campagne du parti manifestent un certain penchant pour l’éclectisme. À moyen terme, la cohérence politique de Nouvelle donne survivra-t-elle à cette nature hétéroclite ?

Réduction du temps de travail, investissement public massif pour le climat financé par la création monétaire : les orientations principales de Nouvelle Donne s’inscrivent à contre-courant des politiques dominantes. Faut-il pour autant y voir une démarcation radicale de toute forme d’orthodoxie libérale ? En la matière, la ligne économique du parti n’est pas sans présenter certaines ambiguïtés. Sur la question du libre-échange, le projet reste prudent, proposant une régulation du commerce mondial par application de normes sociales et environnementales à l’importation. L’hypothèse d’un contrôle resserré des mouvements de capitaux semble également mise de côté.

Les événements diront si cette entreprise de refondation sociale-démocrate, voulant combiner acceptation de la mondialisation et volonté de transformation, pourra convaincre de sa pertinence et gagner un avenir à gauche.

Lire aussi l’entretien avec Pierre Larrouturou

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Vos réactions

  • "L’hypothèse d’un contrôle resserré des mouvements de capitaux semble également mise de côté".

    Thomas CLERGET rédige un papier sur un mouvement politique dont manifestement il n’a pas lu le projet.

    stef Le 22 mai 2014 à 10:00
       
    • Bonjour. Il ne m’a pas échappé que Nouvelle donne propose l’application d’une TTF ou l’instauration d’un bonus/malus sur les placements financiers. Je fais d’ailleurs référence à certaines de ces mesures un peu plus haut dans l’article. Ces mesures incitatives n’épuisent cependant pas la palette des instruments de contrôle des capitaux, qui comprennent également des mesures de contrôle direct, telles que celles qui existaient avant la dérégulation financière. C’est à cela que je faisais référence, et c’est un simple constat.

      Concernant le libre-échange, la proposition 1.3 du programme de ND fait inévitablement penser à la notion de "juste échange" développée par le Parti socialiste, mais il est vrai qu’à ce jour le débat politique portant sur cette question n’est, d’une manière générale, guère plus avancé.

      Peut-être aurait-il fallu que je sois plus explicite sur ces deux aspects, je vous le concède. Pour être complet, notons donc que ND demande l’arrêt des négociations en cours sur le partenariat transatlantique.

      Thomas Clerget Le 22 mai 2014 à 13:49
    •  
    • http://www.reprendrelamain.net/carte/pourcentage-actifs-des-banques-economie-reponse/?utm_source=PAPN&utm_medium=email&utm_term=Quizz_FinancBanques_C_F&utm_campaign=PAPN#sthash.46gEwy0Z.dpbs

      Je pense que cela répond à la question de savoir si Nouvelle Donne met de côté l’hypothèse d’un contrôle resserré des mouvements de capitaux.

      Au-delà des bords Le 22 mai 2014 à 15:42
  •  
  • Article plus ou moins objectif (plutôt quand même, je m’attendais à pire).
    Je trouve que LA question qui ressort exclusivement de cet article est : "Nouvelle Donne ne serait-il pas un parti attrape-tout et ne manquerait-il pas de cohérence ?"
    J’ai juste envie de dire que lorsque l’on voit les batailles internes au sein du FdG, de EELV ou du PS, je pense que ND a encore pas mal de marge ! Si ND a aujourd’hui 8000 adhérents en l’espace de 6 mois d’existence, et pour la plupart, des primo-adhérents à un parti politique, c’est peut-être que ce parti a toute sa place dans l’espace politique français, non !?
    En ce qui concerne la ligne politique de Nouvelle Donne, je pense que vous cherchez la petite bête et que vous vous avancez un peu trop : ND est un tout jeune parti qui souhaite faire remonter les propositions depuis sa base (ce que les autres partis ne font plus depuis bien trop longtemps !). La ligne risque donc d’évoluer pendant les quelques mois qui vont nous séparer des prochaines élections. A l’heure actuelle, il faut être honnête, la première préoccupation est déjà de survivre au 25 mai ! Si ND fait moins de 3%, forcément, la suite sera plus compliquée. Par contre, si nous obtenons ces 3%, il se pourrait que le FdG soit obligé de composer avec nous et d’arrêter de taper du sucre sur notre dos. Enfin, je dis ça, je dis rien !
    En ce qui concerne "L’hypothèse d’un contrôle resserré des mouvements de capitaux semble également mise de côté", je suis comme stef, je pense que Thomas Clerget a survolé son sujet. Nouvelle Donne est partisan de la taxe Tobin et souhaite réguler la finance devenue folle. Évidemment, les propos sont moins virulents que ceux de Mélenchon sur le sujet (qui souhaite pratiquement tous les pendre haut et court).
    Pour finir, sur la question de "l’auberge espagnole", je répondrai simplement une chose : durant la seconde guerre mondiale, une auberge espagnole célèbre a réussi à changer en profondeur la société française (dans laquelle nous vivons encore à l’heure actuelle) : cette auberge espagnole s’appelait le CNR ! Elle n’aura peut-être pas vécu longtemps mais elle en aura fait des choses !

    Au-delà des bords Le 22 mai 2014 à 10:59
       
    • Évidemment, les propos sont moins virulents que ceux de Mélenchon sur le sujet (qui souhaite pratiquement tous les pendre haut et court).

      juste cela par l’outrance que vous développez là, discrédite tous le reste.
      Décidément chez vous quand c’est pas le chef qui dézingue Mélenchon, ya toujours un supplétif pour enfourcher le sujet
      Pauvre Donne

      tchoo Le 22 mai 2014 à 18:24
  •  
  • J’ai vraiment l’impression que cet article a pour objectif de discréditer le Parti Nouvelle Donne :

    "Nouvelle Donne est-il le dernier avatar de ces micro-partis d’agitation, forts en com’ peut-être, mais sans base politique crédible ?"

    "Pour porter ce programme, Nouvelle donne s’appuie sur une base politique étonnement large"

    "Alliance encore moins probable s’il en est"

     > c’est un parti issu de la société civile. Préférez-vous un agrégat d’énarques carriéristes ?

    "les trente-neuf mots d’ordre inscrits sur l’affiche de campagne du parti manifestent un certain penchant pour l’éclectisme. À moyen terme, la cohérence politique de Nouvelle donne survivra-t-elle à cette nature hétéroclite ?"

    "la ligne économique du parti n’est pas sans présenter certaines ambiguïtés"

     > dans ce cas, vous vous devez de dire lesquelles et d’argumenter. Quid de votre analyse ?

    "Sur la question du libre-échange, le projet reste prudent, proposant une régulation du commerce mondial par application de normes sociales et environnementales à l’importation"

     > de quelle prudence parlez-vous ? On dit NON au dumping social et fiscal avec blocage de tout ce qui viendrait d’un pays ne respectant pas les mêmes normes que la France s’impose à elle-même.

    Concernant votre papier :

    Cette présentation relève du degré 0 du journalisme...
    Il parle de moutarde, d’huile et d’oeuf alors qu’il a sous les yeux une mayonnaise -> parce qu’il ne comprend pas le principe de l’émulsion ?

    En réalité, cet article pioche des mesures dans un programme et ne voit aucunement la cohérence formée par l’ensemble : ne plus subir, ne plus se laisser dicter sa conduite, ne plus remettre son destin entre les mains d’élites complètement déconnectées des préoccupations des vivants et de l’urgence qui devrait présider à toutes les décisions prises au niveau européen.

    Le journalisme n’est pas une somme d’articles, c’est une analyse nécessaire d’une grande masses d’informations croisées entre elles pour récupérer la substantifique moëlle qu’est le SENS.

    Lovegiver Le 22 mai 2014 à 11:08
       
    • Bonjour, il n’est évidemment pas question de chercher à discréditer quoi (ou qui) que ce soit, pas plus qu’il ne serait question de faire l’apologie d’une idée ou d’un parti, si intéressant soit-il.

      Il ne me semblait pas que cet article était à charge. Combien de médias ont-ils consacré un papier détaillé ainsi qu’une interview à ND ? Vos propositions sont largement rapportées, tandis que le sens plus général de la démarche est abordé dans l’interview de P. Larrouturou.

      Les questions soulevées sont à mon sens légitimes, mais ne préjugent en rien d’un avenir qui reste à écrire. Bien entendu, la volonté de réappropriation de la démocratie portée par ND est incontestablement louable. Enfin, concernant le libre-échange et le contrôle des capitaux, je réponds dans l’un des commentaires ci-dessus. Bien à vous.

      Thomas Clerget Le 22 mai 2014 à 14:09
  •  
  • Nouvelle Donne a une base élargie des citoyens éclairées avec des envies de justice et d’évolution mais peuvent venir de tous les horizons ?
    Je ne vois pas bien le probléme , être capables de surmonter nos vieilles idéologies pour construire quelque chose de nouveau correspondant mieux aux temps qui viennent me semble au contraire positif.
    En tout cas les adhérents ont tous quelques points communs : un souci de justice et d’humanisme , la volonté d’un développement économique durable et respectueux de l’environnement, le fort desir de se réapproprier le débat et la prise de décision démocratique
    Sur le libre échange c est vrai que pas de grand soir chez Nouvelle Donne pour l instant.
    Peut être simplement parce que l on ne propose que ce qui est rapidement faisable avec un large consensus .
    Et puis avant de vouloir renverser le libre échange il faudra élaborer un projet alternatif qui tienne la route et décidé par les adhérents ce qui va prendre du temps forcément .
    Il y a une chose qu il vous faut comprendre Nouvelle Donne avance au rythme de ses adhérents .
    Ils élaborent le programme et vont aussi définir les futurs status définitifs, ,vu le nombre le consensus est long à se dégager puisque chacun peut s ’exprimer et défendre son point de vue
    mais n est ce pas là justement un systéme nouveau et vraiment démocratique ?

    fynna33 Le 22 mai 2014 à 13:19
  •  
  • A noter que contrairement à ce que laisse entendre cet article, le collectif Roosevelt qui réunit des citoyens d’origines politiques, sociales et associatives très variées reste très vivant comme mouvement citoyen dans sa résistance au TAFTA par exemple, dans ses interpellations aux candidats aux européennes sur la finance, ou aux partenaires sociaux sur le temps de travail, dans son travail d’éducation citoyenne car aucun changement ne sera possible sans que nous les citoyens nous soyons présents dans le débat. www.collectif-roosevelt.fr

    Bruno Le 22 mai 2014 à 22:40
       
    • Bonjour,
      j’ai personnellement l’impression que cet article est équilibré, même si on sent son auteur dubitatif sur les chances de réelle percée de ce jeune parti. Et l’historique de l’un des co fondateurs, assez erratique, en est peut-être la cause. Pour ma part, deux choses me manquent dans ce programme qui en font ´un parti presque comme les autres ´ :
       une plus forte dose de démocratie directe. Je vote pour une plateforme de propositions dont la plupart me conviennent "à peu près". S’il devient un parti gouvernant, je me mets entre ces mains pendant 5 ans, avec seulement un pouvoir de proposition
       l’importante question d’une décroissance raisonnée à un moment où l’égoïsme des nations met en péril la survie à court terme de notre planète par une surconsommation de ses ressources. Indirectement, cette réflexion passe par un autre regard sur la mondialisation, avec un dialogue Nord Sud à complètement revoir ...
       de manière subsidiaire, je crois qu’un regard est également nécessaire sur la relation entre un ensemble européen résolument laïc, garant du pluralisme et de la liberté spirituels, et les différentes religions (avec leurs ailes intégristes). Il est urgent à mon avis de fonder la république sur des valeurs morales de solidarité, de partage, d’intégrité, etc. afin de ne pas faire le lit de ces extrêmes de tous bords et renouer le dialogue avec tous les cultes afin de reconstituer un pont entre les les rôles de chacun : la spiritualité défend des valeurs morales et la République défend des libertés individuelles (avortement, euthanasie, etc., selon une éthique et un encadrement défini en démocratie directe.
      bien à vous

      Bernard 61 Le 23 mai 2014 à 04:48
    •  
    • Bonjour,
      j’ai personnellement l’impression que cet article est équilibré, même si on sent son auteur dubitatif sur les chances de réelle percée de ce jeune parti. Et l’historique de l’un des co fondateurs, assez erratique, en est peut-être la cause. Pour ma part, deux choses me manquent dans ce programme qui en font ´un parti presque comme les autres ´ :
       une plus forte dose de démocratie directe. Je vote pour une plateforme de propositions dont la plupart me conviennent "à peu près". S’il devient un parti gouvernant, je me mets entre ses mains pendant 5 ans, avec seulement un pouvoir de proposition
       l’importante question d’une décroissance raisonnée à un moment où l’égoïsme des nations met en péril la survie à court terme de notre planète par une surconsommation de ses ressources. Indirectement, cette réflexion passe par un autre regard sur la mondialisation, avec un dialogue Nord Sud à complètement revoir ...
       de manière subsidiaire, je crois qu’un regard est également nécessaire sur la relation entre un ensemble européen résolument laïc, garant du pluralisme et de la liberté spirituels, et les différentes religions (avec leurs ailes intégristes). Il est urgent à mon avis de fonder la politique sur des valeurs morales de solidarité, de partage, d’intégrité, etc. afin de ne pas faire le lit de ces extrêmes de tous bords et de renouer le dialogue avec tous les cultes afin de reconstituer un pont entre les rôles de chacun : la spiritualité défend des valeurs morales et la République défend des libertés individuelles (avortement, euthanasie, etc.), selon une éthique et un encadrement définis en démocratie directe.
      bien à vous

      Bernard 61 Le 23 mai 2014 à 05:02
  •  
  • Merci à Bernard 61 de véhiculer ses idées politiques via le web ; je n’en ai pas encore le talent.

    Si vous ne comprenez pas cette prose, c’est que vous manquer de talent.

    Soise 15 Le 23 mai 2014 à 06:16
  •  
  • Article intéressant, je vais répondre à votre interrogation majeure : pourquoi des gens d’horizons si différents dans le spectre gauche/droite sont-ils tout d’un coup rassemblés ?

    C’est que vous avez manqué ce qui fait le coeur de Nouvelle Donne : une nouvelle manière de faire de la politique.

    Nouvelle Donne ne porte pas une idéologie, Nouvelle Donne refuse de suivre aveuglément des "experts", ni des "sauveurs", Nouvelle Donne ce sont des citoyens qui en ont marre de la politique, mais qui n’aiment pas baisser les bras, alors ils portent quelques propositions concrètes, susceptibles d’évoluer.

    Toute analyse de ces propositions peut être intéressante, mais cette analyse passera forcément à côté de l’essentiel : cette ambition que porte Nouvelle Donne de renouveler la démocratie.

    Adhérent ND Le 23 mai 2014 à 11:35
       
    • Mais c’est du Baratin !
      Nouvelle donne ne représente aucune valeur, son fondateur est un caméléon multicartes à épisodes , sous marin de Hollande simplement là pour minimiser les résultats du front de Gauche , lui piquant temporairement son programme tout en essayant de le discréditer.et Même Patrick Peloux s’est bien vite aperçu de la manoeuvre de la crapule aux ordres de l’Elysée pour occuper le terrain médiatique et politicien, disperser et discréditer les vraies forces de gauche pour cette élection à la proportionnelle.
      Nouvelle Donne, mais bien Vieille Recette !
      C’est bien dommage que Regards se laisse ainsi berner et participe à cet enfumage

      Arthurr Le 24 mai 2014 à 07:57
    •  
    • "Faire la politique autrement" n’est pas une promesse nouvelle à gauche. Le Parti Socialiste, Europe Ecologie-Les Verts, le Nouveau Parti Anticapitaliste, le Parti de Gauche, ont aussi porté cette ambition à leur création. La difficulté n’est pas de se répandre en propos élogieux sur soi-même lors des premiers pas mais de tenir la distance. La bureaucratisation vient vite hélas.

      Aurel92 Le 28 mai 2014 à 18:26
    •  
    • "la manoeuvre de la crapule aux ordres de l’Elysée pour occuper le terrain médiatique et politicien, disperser et discréditer les vraies forces de gauche"

      Lorsque ARTHURR parle des "vraies forces de gauche" il parle de celles où notre clown milite, ces forces en phase finale d’inefficacité et d’inutilité, que les derniers chômeurs et précaires ont fini par quitter. Continue ton militantisme stérile et insignifiant dans tes "vraies forces de gauche", grâce à leur redoutable efficacité le MEDEF peut continuer à se dorer la pilule aux Seychelles.

      stef Le 30 mai 2014 à 16:50
  •  
  • Etudiant dans les années 90, je me suis senti chez moi en Europe, d’abord en Italie, puis en République Tchèque et enfin en Espagne dont ma femme et mes enfants ont la nationalité. Plus je voyage en Asie, en Amérique du Sud, aux Etats Unis ou en Afrique, plus je suis convaincu que ce qui uni les Européens est plus important que ce qui les divise, et que ce bien commun est précieux.
    Au fil des ans, j’ai vu les discours des dirigeants politiques se transformer. L’Union Européenne, territoire utopique de paix, de solidarité et de prospérité est devenu peu à peu la coupable idéale de tous les maux que les hommes politiques nationaux n’avaient pas le courage d’affronter. Pendant que les dirigeants de tous bords tournaient le dos à l’Europe, les lobbies industriels et financiers, eux n’ont pas perdu leurs temps et ont bien compris l’importance de la législation européenne dans la répartition future des richesses entre les Etats, les Banques privées, les multinationales et les populations.

    La crise de 2008 à démontré que la mécanique en place est parfaitement huilée. On parvient à débloquer 1000 milliards d’Euros pour sauver les banques, et on contraint dans le même temps la Grèce, l’Espagne ou le Portugal à se financer sur les marchés à taux usuriers.
    Si depuis le départ, la BCE avait accepté (comme le font la FED ou la banque d’Angleterre) de refinancer les vieilles dettes des Etats de la zone Euro, nous n’aurions jamais eu à faire des courbettes aux agences de notation ni à trancher dans les services publiques pour payer des intérêts de la dette aux banques privées. C’est ce que proposaient Michel Rocard et Pierre Larrouturou (http://bit.ly/1n9BDeY ) mais nos gouvernements successifs semblent préférer s’enfoncer dans la spirale de l’austérité.

    Avec le développement d’internet, une partie croissante de la valeur ajoutée de l’économie est captée par des entreprise internet (Amazon, Google, Apple, Booking.com...) qui ne payent d’impot nulle part. Savez vous par exemple que Booking.com demande 17% de commission aux hotels, alors que ce sont les hotels qui font les investissements, créent l’emploi, réalisent le service et payent les impôts...
    Nouvelle Donne propose, comme l’a fait l’administration Obama, d’obliger les entreprises à déclarer leurs filiales et leurs comptes offshore, et d’interdire l’accès aux marchés publiques aux entreprises qui disposent de filiales dans les paradis fiscaux. C’est simple, et c’est une manière de reprendre progressivement la main sur 1000 Milliards de recettes fiscales qui échappent chaque année aux Etats Européens.

    Je partage depuis 2004 les analyses de Jean Marc Jancovici, spécialiste indépendant de l’énergie. (http://bit.ly/1karRc0). Il est urgent de mettre en place une stratégie radicale de transition energétique.

    Nouvelle Donne propose un plan de 1000 milliards pour la transition énergétique financé par la BCE. Ne pas le faire maintenant coutera beaucoup plus cher.

    Jean Marc Jancovici, explique depuis des années que pour des raisons de Physique, la croissance ne reviendra pas. (http://bit.ly/1jcWLvn). C’est également le postulat de Pierre Larrouturou qui propose des solutions concrètes pour réduire le chômage sans attendre un retour providentiel de la croissance.

    Si nous nous résignons à laisser les hommes politiques poursuivre dans trajectoire actuelle, nous nous dirigeons vers un retour des extrêmes droites puis du fascisme en Europe, et une recrudescence de tensions géopolitiques avec la Russie et la Chine qui débouchera probablement sur un conflit armé.

    Les Etats Unis, La Chine, le Brésil, l’Inde disposent de stratégies déterminées et d’une vision de leur futur. Il est consternant d’observer comment, année après années, les media et les hommes politiques Français donnent l’illusion que la France doit continuer à se mesurer seule aux puissances mondiales. La bonne échelle dans la compétition mondiale c’est l’Europe. Nous sommes la première puissance économique mondiale, un continent qui conserve la meilleure qualité de vie et une expérience de la démocratie et de la lutte contre les inégalités. Mais sans vision d’avenir, sans projet commun, cela ne va pas durer.

    Si nous REPRENONS LA MAIN, nous pouvons retrouver le sens de l’Utopie Européenne, et faire baisser les tensions causées par les inégalités et nos besoins en ressources energétiques.

    Arnaud Lelache Le 23 mai 2014 à 14:17
  •  
  • Entièrement d’accord avec vous pour estimer que le programme de Nouvelle Donne présente de nombreuses lacunes, et parfois même des solutions dont l’efficacité ou la faisabilité ne sont pas assurees.

    En terme de manques évidents ( et je serai loin d’être exhaustif), quid de(s) :
     questions sociales et sociétales : relations hommes-femmes (place, droits et devoirs respectifs, au delà de la nécessaire conquête de l’égalité : la seule revendication du Droit des femmes a parfois des accents sexistes .... je sens que je vais - probablement - faire hurler en écrivant cela), pour citer un sujet qui me tient à coeur
     relations internationales et vision du monde futur (les utopies sont nécessaires pour définir un cap à long terme même s’il est clair qu’elles sont par nature irréalisables à horizon perceptible)
     systèmes de contrôle citoyen - permanent - des elus et responsables à mettre en place : j’imagine - pour ma part, et sans en faire un dogme - le remplacement de l’actuel Sénat par une assemblée de citoyens tirés au sort, et/ou des quotas de citoyens également tirés au sort dans les commissions législatives. Ainsi que des structures analogues dans mon parti, avec des adhérents tires au sort (le parti devenant lieu d’expérimentation)
     mise en place d’un système public d’indemnisation, avec garanties légales de récupération du poste précédemment occupé pour les salariés du secteur privé, des citoyens qui assument des fonctions représentatives en tant qu’élus de la République, certes, mais aussi en tant que responsables organisationnels ou candidats de partis, avec des garde-fous mais en veillant à ne pas réserver ces financements aux seuls partis en place (L’objectif étant de permettre à tous et non aux seuls membres de professions libérales, fonctionnaires et héritiers, ou politiciens "de carrière" de militer et de briguer des fonctions électives, notamment. En les indemnisant de manière à compenser les pertes subies, au lieu de les rémunérer et, fatalement, professionaliser.
     etc, etc, ... (je m’arrête là, beaucoup d’autres ont au moins aussi intéressant, ou mieux, à proposer

    En terme de points à approfondir, et sur lesquels innover,
    en se limitant à un seul point de la seule problématique écologique :
     modalités pratiques, concrètes, de la décroissance : la lutte contre ce qu’on appelle généralement obsolescence programmée, et le gaspillage bientôt dramatique qu’elle provoque implique mécaniquement une restructuration au niveau des entreprises dont elle remet en cause jusqu’à la survie en divisant le nombre d’unités vendues, pour une population donnée, par un facteur 2, 3, ... souvent 5 ou nettement plus, avec toutes les destructions d’emplois que cela implique (imaginons des machines à laver conçues pour durer une vingtaine d’années et être facilement réparables). Point que je trouve effarant qu’il ne soit absolument pas évoqué (à nouveau, je parle de mesures concrètes et prenant en compte les conséquences qu’elles auront} dans le catalogue de bonnes intentions et de vagues promesses qu’est pour moi le "programme" d’EELV (nouvelle précision, je parle de ce qui est accessible au large public, et connu par lui : il est bien possible, et meme probable, qu’en fouillant un peu ... Mais qui donc est au courant ? Combien de citoyens ? D’électeurs ?

    J’arrête là cette sans doute trop longue, parfois imprécise et souvent mal rédigée, intervention, sans pour autant avoir abordé le dixième des points où il faut innover de manière urgente (encore une fois, je parle de programme politique et de propositions concrètes à faire passer auprès des citoyens, et non de réflexions d’experts et de rapports sommeillant dans un quelconque tiroir)

    Mais je crois sincèrement que ce n’est qu’au prix d’un tel travail de refondation que la gauche - si l’on entend par ce mot l’ensemble des citoyens soucieux de plus de justice, de liberté et d,épanouissement individuel pour tous pourra re-gagner la "guerre de position" (au sens que Gramsci donne à cette expression) qu’elle a aujourd’hui (ne nous voulons pas la face) : PERDU.

    Travail pour lequel la contribution de toutes les formations - y compris les plus marginales et focalisées sur une problématique particuliere, pourvu qu’elles soient animées par un idéal de progrès - ne sera pas de trop.

    PS : J’ai adhéré il y a peu à Nouvelle Donne, dans l’espoir que ce nouveau parti pourra, et saura, apporter sa contribution à cette refondation que moi et beaucoup d’autres appelons sans forcément le formuler dans les mêmes termes.
    Ce parti, c’est-à-dire ses adhérents, dont je suis certain qu’ils ne sont - humainement parlant - ni meilleurs ni moins compétents et estimables que les adhérents, militants, électeurs et sympathisants du PC, du PG des autres composantes du FdeG, d’EELV et des petites formations écologistes, du PS (je ne les confonds pas avec les professionnels qui leur imposent leur - si l’on peut dire "leur" - politique, etc.

    Et je remercie l’auteur de cet article au ton ouvert, même si parfois circonspect (beaucoup d’adhérents de ND le sont aussi dans une certaine mesure, et c’est très bien ainsi), sans me désolidariser des adhérents de ND qui ont posté des réponses parfois excessives, epidermiques et injustes (j’ai comme eux été souvent irrité par le ton dogmatique, voire le trollage de certaines personnes se réclamant du FdeG, tant sur les sites de ND que sur les forums des média. Ce qui leur fait au moins un point commun avec les militants des autres partis, de tous bords, et du FdeG en particulier.

    Guy Le 3 juin 2014 à 11:40
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  • NOUVELLE DONNE LE COUP DE PIED AU BON ENDROIT A F.HOLLANDE .

    MOISE Le 13 mars 2015 à 16:58
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