Accueil > Culture | Par Benoît Borrits | 12 février 2014

Le néolibéralisme contre la science ?

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Neutres, les sciences ? C’est un lieu commun qu’on essaye de nous imposer faisant ainsi passer les mouvements écologiques ou sociaux de rejet des OGM ou des nanotechnologies comme étant l’expression d’un obscurantisme renaissant à l’aube du XXIe siècle. L’intérêt de ce livre est de bien faire le distinguo entre neutralité et impartialité. Non, les sciences ne sont pas neutres et l’orientation de la recherche scientifique est le fait de décideurs. À l’inverse, l’impartialité « regroupe les valeurs cognitives qui font que la communauté scientifique peut reconnaître comme vrais (jusqu’à nouvel ordre) telle théorie ou tel modèle, ou interprétation des faits ».

L’orientation politique actuelle de nos sociétés font que l’ensemble de la recherche scientifique est déterminée par les besoins des entreprises et non les questions qu’une population se pose sur son devenir. S’ensuit des pratiques qui privilégient l’innovation pour des applications immédiates au détriment de la recherche fondamentale, stratégie impulsée par le Conseil de l’Union européenne réuni en mars 2000 à Lisbonne. Un des mérites de cet ouvrage réside dans les définitions qu’il propose au lecteur permettant de faire le distinguo entre science, sciences, technique et innovation, définitions indispensables si on veut décrypter les orientations politiques imposée à la recherche.

Si la recherche fondamentale reste le parent pauvre des politiques actuelles, une nouvelle orientation ne passe pas nécessairement par une indépendance totale qui serait donnée à la recherche libre de faire ce qu’elle voudrait. Des priorités doivent être choisies, des débats éthiques peuvent influer certains choix. Nous retrouvons dans le domaine de la recherche et du savoir, les mêmes questions que celles qui se posent à la construction d’autres communs tels que les ressources naturelles....

Face l’orientation néolibérale de la recherche, les chercheurs commencent à se mobiliser pour que leurs travaux aient un sens autre que celui de la recherche de profits. Il ne fera pas l’économie d’une alliance durable et constructive avec les mouvements citoyens aspirant à plus de démocratie.

La science pour qui ?, par Janine Guespin-Michel & Annick Jacq (coord.), éd. du Croquant, 125 pages, 8 euros.

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