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Accueil > politique | Par Guillaume Liégard | 24 mars 2014

Municipales  : 5 leçons pour le Front de gauche

Au-delà du désaveu de la politique gouvernementale, le premier tour du scrutin met en évidence l’échec de la stratégie d’alliance avec le PS, l’inefficacité relative des listes autonomes ou la bonne résistance d’EELV… Mais aussi le caractère crucial de l’entre-deux tours pour le FdG.

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Les résultats du premier tour des élections municipales annoncent une déroute pour les mairies de gauche équivalente à celle de 1983. La dynamique du second tour peut venir amplifier ou atténuer ce coup de tonnerre, mais il est d’ores et déjà possible d’en tirer quelques enseignements.

1. L’abstention, expression d’un désaveu cinglant

Le 23 mars, l’abstention a atteint un nouveau record pour des élections municipales, avec 38,6% contre 33,46% lors du précédent scrutin en 2008. Nul besoin de fines analyses pour comprendre que la désaffection du peuple de gauche a été massive à ces élections. Dans nombre de communes, petites ou grandes, le Parti socialiste perd 10, 15 et parfois même plus de 20 points d’une élection à l’autre.

Cette situation était hautement prévisible tant la politique gouvernementale, menée depuis maintenant près de deux ans, est allé à rebours des aspirations des Français le 6 mai 2012. Les électeurs voulaient le changement ? Ils ont eu la continuité, voire l’aggravation d’une politique économique et sociale pourtant rejetée. L’application avec laquelle le gouvernement de François Hollande sape sa propre base sociale en est presque fascinante. Ce quinquennat est l’alternance-qui-ne-change-rien de trop, et ces élections marquent d’abord un profond désaveu pour la politique du gouvernement PS-EELV.

2. L’alliance avec le PS : suicide mode d’emploi

Les composantes du Front de gauche ont suivi, chacun le sait, des stratégies divergentes pour ces élections municipales. L’autonomie au premier tour pour le Parti de gauche et Ensemble, le choix au cas par cas en ce qui concerne le PCF. Dans la moitié des villes de plus de 20.000 habitants où le Parti Communiste a fait le choix d’une alliance de premier tour avec le Parti Socialiste, un premier bilan s’impose. Sans aller jusqu’à dire que dans ces villes, les communistes ont eu et le déshonneur, et la défaite, une règle s’impose : le choix du PS se paie comptant. Le choix de préserver ses élus à tout prix est allé de pair avec une sous-estimation du discrédit du gouvernement par la direction communiste.

Dans bien des villes qui seront ou sont déjà gagnées par la droite, se cumulent donc absence de cohérence politique et disparition de l’essentiel des élus. Pire, dans quelques grandes villes comme Rennes, Poitiers ou Grenoble où des alternatives crédibles au maire socialiste existaient, les sections PCF ont systématiquement choisi de préserver leur alliance traditionnelle. Le 19 février Pierre Laurent déclarait dans le Dauphiné que le Parti de gauche (entre autres) avait fait une « grave erreur à Grenoble » et plus loin que « Notre choix, à nous communistes, était au contraire un choix de clarté autour de notre chef de file Patrice Voir. Nous serons un point d’appui pour la future majorité grenobloise, et nous serons en capacité de faire accepter nos idées. » Avec 29,41 % des voix, la liste d’Eric Piolle (EELV-PG-Ensemble) devance la liste PS/PCF de Jérôme Safar qui a recueilli 25,31% des suffrages.

Même quand la liste d’union avec le PS n’était pas dirigée par un socialiste mais par un communiste, il y a eu un prix fort à payer : c’est une évidence pour des villes du Val-de-Marne comme Choisy-le-Roi ou Villejuif, c’est aussi le cas – même si la situation est plus complexe – à Bobigny, dans une situation quasi désespérée. À l’opposé, dans une ville comme Chevilly-la-Rue, c’est le choix de l’indépendance qui permettra de conserver la ville au Front de gauche.

3. Listes autonomes : aucune percée significative

Les listes indépendantes – qu’elles comprennent l’ensemble du Front de gauche ou simplement le Parti de Gauche et Ensemble – ne réussissent aucune démonstration électorale probante, même s’il faut sans doute nuancer et examiner plus finement. Dans le Limousin, qui avait connu une dynamique exceptionnelle lors des élections régionales de 2010, la liste FdG obtient 14,15%. À Clermont-Ferrand, la liste Ensemble-PG obtient 11,5% quand la liste PS/PCF en recueille 31% (49,45 % en 2008). Des résultats tout à fait honorables, mais qui ne traduisent aucune poussée en faveur du FdG.

Dans d’autres villes, les résultats sont beaucoup plus faibles : à Paris, la liste PG-Ensemble atteint 4,94%, à Marseille le FdG uni est à 7,1%, à Toulouse avec 5,10% la liste PG-Ensemble passe tout juste la barre fatidique et réalise un score inférieur à ceux de la LCR en 2008. À Montpellier, une liste rassemblant pourtant toutes les composantes du Front de gauche obtient 7,56%, tandis qu’à Saint-Étienne, une liste emmenée par le PG ne recueille que 4,18%. Dans ces conditions, la déclaration du secrétaire national du PG, Eric Coquerel relève de la méthode Coué : « Les résultats [du Front de Gauche], quelle que soit la configuration, sont bons, renouant avec l’élan de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon ».

La situation est hélas bien différente. Il y a bien eu sanction contre la politique gouvernementale. Mais ce qui l’a emporté, c’est l’amertume et le ressentiment plutôt que la colère contre un gouvernement qui mène une politique conforme aux intérêts des dominants. Le Front de gauche n’est pas apparu comme une alternative crédible pour sanctionner François Hollande, et c’est bien le FN qui est le principal bénéficiaire de ces élections. La cohérence du discours FdG a bien sûr pâti des alliances nombreuses du PCF avec le PS, mais l’explication est un peu courte. À ce compte, les listes LO ou NPA – qui d’ores et déjà avaient annoncé le refus de toute fusion avec les parti gouvernementaux – devraient être au firmament. Or, elles réalisent, sauf rares exceptions, des scores dérisoires. Le problème est donc plus profond, et ces résultats démontrent que la gauche de transformation sociale n’a pas achevé son aggiornamento programmatique et stratégique. L’extrême faiblesse des mobilisations sociales s’exprime aussi dans les urnes.

4. EELV tire son épingle du jeu

Il faudra bien sûr apprécier les conséquences, pour le parti écologiste, de la perte de plusieurs dizaines de mairie par la gauche, mais c’est un fait : les listes EELV s’en sortent plutôt bien. Dans la plupart des grandes villes, elles voisinent ou dépassent les 10%. Clairement, le vote écologiste, toujours plus important lors des élections locales qu’à l’occasion des grandes échéances nationales, est apparu comme un vote refuge pour l’électorat socialiste mécontent. Faisant oublier sa participation gouvernementale et son très maigre bilan, EELV s’affirme comme un partenaire incontournable pour le PS. Dans quelques cas, une alliance EELV avec le PG et Ensemble a démontré les possibilités d’une réelle dynamique : à Grenoble (29,41%), la liste pouvant conquérir la mairie, mais aussi à Rennes (15,09%) ou Poitiers (15,29%).

Ces alliances sont-elles généralisables  ? Oui, répond Éric Coquerel, toujours prompt à chercher des raccourcis : « L’alliance avec EELV peut permettre à une force opposé à l’austérité et au productivisme d’être en tête de la gauche. C’est possible dès les européennes et plus encore aux régionales à venir ». Tant que les écologistes sont au gouvernement, il est tout de même hasardeux de les qualifier d’opposés à la politique d’austérité  : ils la mènent, ils la votent. Surtout, penser un instant qu’un tel accord pourrait voir le jour dès les européennes est une plaisanterie. Sur l’Europe et la construction européenne, l’approche des écologistes et du Front de gauche sont tout sauf compatibles.

5. Entre-deux tours à haut risque pour le Front de gauche

Dans près de la moitié des villes de plus de 20.000 habitants, les différentes composantes du FdG se sont présentées sur des listes séparées, c’est-à-dire concurrentes. Les dynamiques de campagne ont parfois exacerbé les positions, et si les relations sont souvent restées courtoises, de nombreuses villes ont vu un net rafraîchissement de l’ambiance entre les différentes organisations.

La logique voudrait qu’après les municipales, vienne le temps du rassemblement de tout le Front de gauche afin de réussir au mieux les élections européennes. Il ne sera toutefois pas si simple de se réunir après des mois d’affrontements, d’autant que cela suppose de franchir le dernier obstacle : celui des fusions au second tour. La fusion suppose en effet de modifier l’équilibre de la liste de premier tour pour faire un peu de place. Là où le PS sera contraint à de tels fusions, il ne fait guère de doute qu’il reverra alors à la baisse l’accord négocié avec le PCF pour le premier tour. Dans d’autres cas, et pour éviter une telle éventualité, c’est le PCF qui sera un des artisans de la non fusion. C’est, à cette heure, la position des communistes à Besançon malgré les plus de 7% réalisés par la liste PG-Ensemble, ce fut aussi la position de leurs homologues parisiens dans la négociation qui s’est tenue entre les listes d’Anne Hidalgo et celles de Danielle Simonnet dans la nuit de dimanche à lundi. Pour quelques élus supplémentaires, cela risque de crisper beaucoup.

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  • « Aucune percée significative des listes autonomes »

    Peut-être faudrait-il s’attacher à comparer ce qui est comparable (scrutins municipaux), parce que les situations ont évolué depuis la dernière mandature.

    Au premier tour 2008, le PCF autonome faisait une moyenne nationale de 2,62%, l’EXG faisait 1,8%, les Verts 1,19%. Le PG n’existait pas. Le FdG n’existait pas.

    Au premier tour 2014, les 600 listes FdG autonomes du PS (où figure au moins le PG) font au premier tour une moyenne nationale de 11,42%. Les 82 listes communes PG/EELV font une moyenne nationale de 15,32%

    Wild ar-Rachid Le 24 mars 2014 à 16:18
       
    • Justement il faut comparer ce qui est comparable :
      donc on ne compare pas un résultat national (donc divisé par les 36 000 communes) avec un résultat où on a juste pris les listes où on existait.

      En nombre de villes, le FdG sortira au mieux au même niveau sans doute affaibli (Villepinte, Bobigny, Arles, Aubagne sont quasi perdus par exemple et ce n’est pas exhaustif). Les gains seront faibles (Montreuil, Aubervilliers si y a du vent)

      Et ville où on existait en 2008 à ville où on est présent en 2014, il n’y a pas progression en moyenne

      Guillaume Liégard Le 24 mars 2014 à 17:07
    •  
    • "On ne compare pas un résultat national (donc divisé par les 36 000 communes) avec un résultat où on a juste pris les listes où on existait."

      Œuf corse (j’ai été trop vif)

      Wild ar-Rachid Le 26 mars 2014 à 17:07
    •  
    • Le FN recule et le FdG progresse. Dans les 600 villes où ils ont pu présenter des listes, le FN recule de 17,9% (présidentielle) à 15,5% de moyenne. Comparablement le FdG progresse de 11,1% (présidentielle) à 11,7% de moyenne (600 listes présentées aussi).
      Il ne faut pas se fier aux médias qui racontent n’importe quoi. Le FN sensé être "l’oasis" attendu par tout le pays n’a pas réussi à refaire seulement le plein de ses propres voix ! Alors que le FdG divisé et malmené y arrive largement. Là où le FN a fait des "coups d’éclat", ça fait des années que ça dure comme ça. Pas de surprise ni de d’explosion malgré la mise en scène médiatique. Le FdG aussi a remporté des mairies et des élus au premier tour, et beaucoup plus.
      Diffusons un peu des vraies nouvelles entre nous au moins :-)

      Le 26 mars 2014 à 20:03
  •  
  • J’ajouterai après quelques calculs faits ici et là en comparaison de 2012 et 2014, même si les contextes sont différents, que l’électorat Mélenchon s’est abstenu pour plus de moitié lors de ces élections... Un électorat jeune, et assez souvent de quartiers populaires. C’est le constat sur quelques villes où les alliances Pcf/Ps ont marqué le paysage et fait reculer l’ensemble, du PS au FdG.
    Le Front de Gauche paie son image brouillée et perçue comme politicienne à beaucoup d’égards. Les mêmes en ont aussi ras le bol des listes de témoignage d’extrême gauche. Effectivement, à la fois démoralisation et rejet. Ce qui ne signifie pas un manque de disponibilité dans d’autres configurations.

    daniel Fleury Le 24 mars 2014 à 18:26
  •  
  • Et 11.47 % pour Montauban Citoyenne le front de gauche dans son ensemble plus le NPA et EELV ...

    mahudyusnel Le 24 mars 2014 à 21:08
       
    • et ça, ce score à Montauban , c’est significatif de ce que les gens espèrent une unité de la "gauche de gauche" ...

      Martine la girondine Le 25 mars 2014 à 09:30
  •  
  • Bonsoir, je vous écris de Suisse où une alliance équivalente au Front de gauche a existé dans le canton de Genève au milieu des années 1990 sous le nom d’Alliance de gauche qui regroupait les communistes et un nouveau mouvement dénommé Solidarités regroupant trotskiste, écologistes radicaux et autres acteurs des mouvements sociaux. Le résultat aux premières élections cantonales a été époustouflant : 20% et devant les socialistes et les écologistes et à la clef une majorité parlementairede gauche, du jamais vu dans un pays très majoritairement à droite.. Certes le soufflet est retombé depuis. Mais ce qu’il faut retenir c’est la force de l’allliance entre d’une part les classes populaires (communistes) et les professions intermédiaires plutôt de type intellectuel (enseignants, chercheurs en sciences sociales, employés Etat, ...) bref ces classes moyennes salariées qui n’ont que leur capital culturel à faire valoir et donc tout à perdre dans l’assujetissement toujours plus prononcé que leur inflige les détenteurs du capital économique. Cette alliance de classe est politiquement juste car historiquement fondée. En outre, soyez indulgent et patient avec les communistes sinon la brouille vous coupera des classes populaires et vous serez suspendu dans le vide politique. Ceci dit en tout amitiés.

    Christian Muller Le 24 mars 2014 à 23:14
       
    • Le PCF ne draine plus l’électorat populaire depuis les années 70-80, quand il s’est associé à la politique d’austérité du PS.

      Gilles Le 26 mars 2014 à 20:57
    •  
    • dernier score national du PCF avant la création du FdG. 9% aux cantonales de 2008.

      antonin Le 28 mars 2014 à 20:49
  •  
  • A Dominique Philippi ou l’art de comparer ce qui ne l’est pas comme l’a déjà fait remarquer Guillaume Liégard sur les 36 000 communes ou comme le commentaire persiste à le dire. Nous connaissons bien le score de MGB et certains de nos amis aiment bien le ressortir comme une ritournelle ; mais comparer une présidentielle avec des municipales n’apportera pas la clarté dans les idées et ce n’est pas honnête.
    Je n’ai les moyens de savoir combien a fait le PCF sur 600 listes identiques à cette période, mais ça c’est comparable et ce n’est certainement pas 1,89. De même 11, 42 sur 600 listes n’est certainement pas le fait du seul PG comme semble le dire ce recours au score de la présidentielle.
    Si on veut que l’identité du FdG se fasse sans la direction communiste car on aime bien rappeler une opposition entre direction campée sur des logique d’appareil et une base qui en serait l’otage ; il restera quoi ? une identité de rassemblement ou une identité sectaire comme nous le montre si bien le NPA ou même LO qui ne mène à aucune perspective. Les logiques d’appareil sont à l’œuvre dans tous les partis et pourquoi le PG en serait exempt ? Cet argument ressemble au coup de pied de l’âne...
    Tous ceux qui ont affaire ou qui travaillent avec de mairies, élus ou associations…, savent la différence entre la droite installée aux commandes et le PS, parti qui me révulse tout autant que vous. Dire que c’est la même chose, bonnet blanc et blanc bonnet, est faux et coupable d’embrouiller le jugement. ; il suffit de regarder le programme qui nous attend avec la droite pour son retour en 2017. Qui en veut ?

    José Le 25 mars 2014 à 09:47
  •  
  • Le PCF se sent la responsabilité de conserver et d’étendre un acquis historique des travailleurs : des milliers d’élus municipaux sur tout le territoire. Que cela le conduise parfois a commettre des erreurs tactiques, c’est possible, c’est même probable. Mais au plan stratégique, l’éloignement PC/PS est évident. Le signe le plus fort en étant la non-participation au gouvernement. Comparez la stratégie d’alliance du PC avec ce qui est comparable – les précédentes élections municipales – et vous ne pourrez que constater que l’évolution des choix stratégiques du PCF est claire et massive. Dans ce contexte on peut et on doit discuter, critiquer les choix de la direction du PC mais aborder la question sous l’angle de « l’indignité » ou de prétendues « trahisons », ... c’est CELA qui est suicidaire pour le Fdg.

    Je viens de voir passer un sondage Ipsos qui montrerait une abstention record parmi les électeurs qui se sentent proches du FDG ... Je milite pour plus de respect et d’unité entre les composantes du Fdg pour nos débats futurs.

    Mais mobiliser les abstentionnistes ne suffira pas.
    Le FDG – force autonome, certes – doit renforcer sa vocation de pôle d’attraction pour toutes les gauches dont EELV et la gauche du PS. Ça n’est que comme ça que le FDG pourra parvenir « au pouvoir avant dix ans » comme le prédisait en 2012 ... Jean-Luc Mélenchon.

    Fgdebats Le 25 mars 2014 à 11:25
  •  
  • D’accord avec l’article. Voir la réalité comme elle est et éviter la rhétorique propagandiste.

    Le constat posé est simple : le FdG ne bénéficie guère de l’électorat PS, pas plus qu’il n’est parvenu à convaincre les abstentionnistes.

    Pour quelles raisons ? Voilà ce à quoi on doit se coltiner, au moins sur ce qui peut être de notre responsabilité.

    Observation : la manifestation nationale du 12 avril a-t-elle une raison d’être audible ? Rien que cette appellation : "ras le bol… de gauche", n’est-ce pas une réduction de notre ambition, qui est de parler à tous ?

    Pourtant, tout commence par là : le langage utilisé.

    Sans parler du contenu : pourquoi aucun tract ni affiche sur le programme élémentaire du FdG, ses points saillants sur la manière de résoudre le problème du chômage, etc. ?

    Serge Marquis Le 25 mars 2014 à 13:36
  •  
  • "Comprendre le réel pour le transformer". Je cite cette maxime car à force de vouloir conclure avant d’analyser on aboutit à des raccourcis qui certes peuvent faire plaisirs aux auteurs mais qui n’apportent aucune intelligence de réflexion au lecteur.
    Une réalité que je connais un peu, celle des Hauts de Seine.
    Dans les 4 villes dirigées par le Front de Gauche (3 PCF, une gauche citoyenne) l’union de toute la gauche, PS compris, s’est réalisée dès le 1er tour. Ces 4 listes sont élues au 1er tour avec des scores impressionnant : Malakoff avec Catherine Margaté (68%), Bagneux avec Marie-Hélène Amiable (61,46%), Gennevilliers avec Patrice Leclerc (61,43%), Nanterre avec Patrick Jarry (53,5%).
    Fallait-il le faire ? Au lecteur de juger !!!
    Dans les villes dirigées par le PS, que l’union soit réalisée (Colombes, Fontenay), qu’il y ait des listes FDG-EELV (Clichy) ou pas (Asnières) la droite peut gagner Dimanche, sans parler de Clamart qu’elle a gagnée au 1er tour...
    Faut-il se rassembler Dimanche pour battre la droite alto-séquanaise ? Le lecteur jugera...
    Dans les villes dirigées par la droite, de multiples situations existaient, union de toute la gauche au 1er tour (Suresnes, Montrouge), la droite cartonne !!!
    Listes FGD-EELV comme à Issy les Moulineaux (7,25%) ou Bois-Colombes (7,58%),
    Listes FDG(PCF-PG) comme à Antony (9,04%) ou Villeneuve-la-Garenne (11,86%).
    Dans ces villes la droite cartonne aussi et le PS s’écroule.
    Pour le FDG, à comparer aux scores du FDG seul à la présidentielle de 2012 : Issy:9,35%, Bois-Colombes : 9,11%, Antony : 10,57%, Villeneuve-la-Garenne : 15,45%.
    J’ai pour ma part conduis la liste FDG à Villeneuve-la-Garenne et je suis très fier du résultat et heureux de cette campagne porteuses de valeurs, de projets et d’amitiés.
    Mais je me garderais bien de donner des leçons à ceux qui ailleurs ont fait un autre choix.

    Gabriel Massou Le 25 mars 2014 à 14:56
  •  
  • L’absence d’accès aux grands médias rend la situation difficile sur le plan de la mobilisation des jeunes et quartiers populaires.

    Ajax Le 25 mars 2014 à 15:20
  •  
  • On peut comparer ce qu’on veut. Moi je regarde les 20 plus grandes villes de France et je compare avec les présidentielles. Partout Mélenchon y dépassait les 10% (sauf Nice -9% quand même) La fourchette allant de 11 à 17%.
    Aux municipales (sauf Le Havre 16,36) pas une liste FDG autonome ne dépasse les 7,5 %. (Fourchette 3,4 -7,5). Seules les listes avec les écologistes nous font progresser : Rennes-15,09 et bien sûr Grenoble 28%.

    Au delà de toute interprétation des chiffres, j’estime que le PCF qui a fait alliance avec le PS dans la quasi totalité de ces villes et qui devra partager sa déroute a discrédité le Front de Gauche et s’est disqualifié lui-même. Le Front de Gauche version 2008-2012 est mort ! Le PCF ne sera bientôt plus qu’un club d’élus et de petits carriéristes. Que ses militants authentiques le quittent et viennent construire une nouvelle force à gauche avec le PG, Ensemble, des écologistes "affranchis" voire les plus courageux parmi les socialistes...
    On lâche rien mais on se déleste de ce qui nous plombe.

    ermler Le 25 mars 2014 à 17:17
       
    • C’est l’hôpital qui se fout de la charité. On pourrait écrire 2800 pages sur les cas d’arrivisme au PG. La stratégie d’autonomie du PG visait un but, remplacer 2 élus sortants communistes par un PG (cf les régionales). Plan alternatif, si le PCF ne suit pas, on joue les pures en faisant passer le PCF pour opportuniste, grâce à la bienveillance des médias. La ligne dU NPA ou de LO a le mérite d’être cohérente. Celle de ceux qui parlent de révolution par les urnes tout en crachant sur les électeurs socialistes est simplement ridicule.

      antonin Le 28 mars 2014 à 21:05
  •  
  • A lire ces réactions, est-il possible de s’interroger ?

    Quelle est l’urgence ? Fédérer les forces de transformation sociale ou accroitre le nombre d’élus de gauche qui lui serviront de points d’appui ?

    Quelle est la crédibilité pour demain de tous ces conseillers municipaux qui ont reçu leur mandat dans l’ambiguité ?

    Une chose est certaine, la constance des engagements a le mérite de la clarté.

    ERASMI Christian Le 25 mars 2014 à 23:36
  •  
  • Mais d’où vient le chiffre de 33.46% d’abstentions en 2008 ?

    Par curiosité, j’ai été sur le site du ministère de l’Intérieur -facile à vérifier- et surprise !!!

    MUNICIPALES 2008

    Communes de plus de 3 500 habitants

    France entière

    Abstentions T1 38.95% !!!! T2 37.84% !!!! Quelqu’un peut-il me donner une explication ou cette montée de l’abstention de 5% a-t’elle été montée de toute pièce ????

    RougeToujours Le 28 mars 2014 à 14:01
       
    • Si quelqu’un me répond : en 2014, ce sont les chiffres des communes de plus de 1000, il pourrat surement me donner les chiffres comparatifs pour les + de 3500. Thanks

      RougeToujours Le 28 mars 2014 à 14:04
  •  
  • Merci pour cet article.

    Deux idées comme ça :

    1) Il me semble que l’alliance avec les Verts fonctionne particulièrement bien auprès des électeurs car elle neutralise les clichés qui entourent le PG dans l’esprit de beaucoup de gens et qu’alimentent les médias a propos de toute opposition de gauche aux solutions libérales (nostalgies staliniennes, étatisation générale, béton-électricité etc)

    > Qu’en pensez vous ?

    2)Par ailleurs, attention à ne pas assimiler les choix de la direction EELV à la position des militants locaux qui sont souvent porteurs de positions bcp plus critiques et radicales > Par exemple, pour mémoire, la base EELV a voté contre le TSCG en 2012.

    Elsa Le 28 mars 2014 à 20:27
  •  
  • C’est la première bonne analyse que je lis sur les résultats du FdG, merci.
    Les communiqués de Mélenchon et de Coquerel sur "les succès" du FdG, c’est en effet du grand n’importe quoi...
    Les alliances avec les Verts seraient, parait-il, une "nouvelle lueur" pour la gauche radicale ? Mais ils se foutent de notre g... ! Grenoble serait désormais le "navire amiral" de la gauche radicale ? On plaisante...! Si la gauche radicale se choisit comme navire-amiral une liste typique des succès de centre-ville et de petits-bourgeois, je préfère quitter le navire.

    Guillaume81 Le 1er avril 2014 à 16:55
  •  
  • Je crois qu’il ne faut pas trop "s’énerver" sur la "bonne" tactique entre les différentes composantes FDG ! D’abord, ce sont des élections municipales avec toutes les variantes locales possibles ! Et on ne peut pas dire qu’une "tactique" ait été plus efficace qu’une autre ! Enfin, la situation est loin d’être "révolutionnaire", les résultats de l’EG l’attestent, et ce n’est donc pas le moment de se diviser au nom de ce ne sait qu’elle "vérité absolue". Certes , et c’est "normal", globalement, les élus du PCF sont plus "union de la gauche", et le PG, qui n’a guère d’élus, peut se permettre de faire de "l’autonomie" au nom de la "cohérence politique". Certes. cela dit , de la modestie, ces "bons" résultats sont modestes quand ils ne le doivent pas aux "écolos bobos" des centres-villes. Le problème pour nous c’est que les couches populaires ne votent plus (1/2 dans le 93 !), ou votent souvent FN, et que dans l’ensemble , sauf, d’ailleurs quand il y a un élu historique PCF bien implanté, les résultats du FDG ne convainquent guère ! Alors, dans l’ensemble, évitons svp les anathèmes définitives de type gauchiste des "années orphelines" et préservons d’abord notre unité car, face à l’ED, la droite revancharde (y compris contre le PS) , les libéraux-sociaux à la Hollande-Valls, les "Européennes", n’oublions pas d’abord que nous sommes d’accord sur l’essentiel ! Pour le reste , discutons, ajustons, faisons circuler les idées et rassemblons nous ! Le 12/4 par exemple ! J’ai personnellement mes "idées" sur ce que ne va pas trop dans le FDG, mais bon, ,sur le net, difficile de les exprimer !! Alors, Unité ! Evitons les anathèmes ! l’humain d’abord ! Et d’abord entre nous ! Et discutons démocratiquement ! Soyons aussi véritablement à l’écoute du "peuple" puisque que c’est apparemment notre "mot d’ordre" ! Evitons de parler pour lui ! Qu’est ce qu’il a voulu dire ? Bref , comme dirait un ancêtre connu, faire collectivement "l’analyse concrète de la situation concrète"...J’arrête-là je n’ai plus de place..

    LACAN GEORGES Le 3 avril 2014 à 18:02
  •  
  • Voici l’un des rares bilans des élections municipales vraiment instructif que l’on peut lire dans la presse concernant le Front de gauche.
    Il faudrait continuer cette étude après analyse des résultats du deuxième tour.
    Il serait utile de pouvoir répondre aux questions suivantes pour se rendre compte de la manière dont les électeurs ont pu être favorables ou défavorables à une alliance du PCF avec le PS au premier tour et ont pu être favorables ou défavorables à une liste FDG autonomeau au premier tour

    1– Quel est le nombre de villes gagnées, conservées, et perdues lorsque le PCF fait alliance avec le PS au premier tour ?
    2– Quel est le nombre de villes gagnées, conservées et perdues lorsque le PCF joue le jeu de l’autonomie au premier touravec ses partenaires du F DG .
    Quels sont les scores ainsi obtenus en pourcentage des exprimés et en pourcentage des inscrits dans chacun des cas. Il faut, en effet tenir compte de l’importance de l’abstention et des bulletins blancs ou nuls
    3–Quels sont les villes gagnées, conservées ou perdues lorsque le FDG fait alliance avec les écologistes au premier tour : Avec le PCF et sans le PCF

    Il ne s’agit donc pas de privilégier tels ou tels résultats locaux pour privilégier une thèse ou une autre mais d’avoir une vision statistique globale qui permette de confronter les deux stratégies sur le plan des résultats électoraux le plus objectivement possible.
    Évidemment cela n’épuise pas les questions que l’on peut se poser.
    Par exemple, de quelle manière se sont opérées les transferts de voix entre le premier et le deuxième tour lorsque le PS était en tête ou le FdG était en tête ?

    Hervé Debonrivage

    Debonrivage Le 4 avril 2014 à 00:31
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  • Retournons au charbon dès le 12 avril à 14h de République à Nation, cela quelles que soient les rancœurs et les interrogations qu’il faudra de toute façon dépasser, les réalités sont plus fortes que les stratégies politiciennes de salons parisiens !
    Lisez bien le tract "Maintenant ça suffit, Marchons contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses", cela contient un début d’embryon d’assises ou d’Etats Généraux de toute la gauche alternative face à la droite et à l’extrême-droite et aussi à la nouvelle famille de la droite qu’est le PS institutionnel.
    Sachons bien identifier les lignes forces du projet que nous voulons porter et les moyens à mettre en œuvre pour en faire une dominante politique durable.
    Pour ce qui me concerne, je suis très zen dans ce processus politique à gauche qui date des années 60-70, nous sommes désormais en bout de course, je n’ai jamais été d’accord avec le programme commun de la gauche comme moyen de dépassement du capitalisme et de ses avatars dans notre pays.
    C’était, dès le départ une stratégie défensive qui ne pouvait pas aboutir, les logiques à l’œuvre dans un contexte de domination permanente des droites et dans les insupportables accrochages aux "modèles", d’où qu’ils viennent sont les réalités qui ont profondément détournés les salariés français de celles et ceux qui prétendaient les représenter. Sachons toutefois estimer que les représentations que les français se sont donnés ne l’ont toutes été que par défauts et n’ont fait que conforter ou mettre en place les dominations en cours poussées à leurs paroxysmes.
    Toutes et tous à la manif le 12 !

    RASPOUTINE55 Le 7 avril 2014 à 05:23
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