Accueil > politique | Entretien par Thomas Clerget | 22 mai 2014

Pierre Larrouturou : « On peut changer le rapport de forces »

Fin 2013, Pierre Larrouturou quitte le Parti socialiste, retrouvé l’année précédente après un passage chez les Verts, et crée Nouvelle donne. Pourquoi un nouveau parti, quel positionnement à gauche, quelle stratégie ? Regards s’est entretenu avec l’économiste, co-président de la jeune formation politique.

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À quarante-neuf ans, Pierre Larrouturou n’en est plus à son coup d’essai. L’ancien consultant d’Arthur Andersen, entré en politique en 1988, prône la réduction du temps de travail depuis vingt-cinq ans. Après avoir créé plusieurs associations ou collectifs portant cette cause, tenté d’être candidat à la présidentielle et défendu ses motions au sein du PS, puis changé de parti... l’actuel conseiller régional d’Île-de-France a lancé sa propre formation en compagnie d’autres déçus du PS et des Verts, mais aussi de transfuges du Modem et du PG. Explications.

Regards. Pourquoi avoir créé Nouvelle donne ?

Pierre Larrouturou. Parce qu’on ne se résigne pas à l’injustice sociale qui grandit, à l’effondrement progressif de la société. On ne se résigne pas à la dernière étude du GIEC sur le changement climatique, dont les conclusions sont angoissantes. Ce qui était prévu pour 2100, on va l’avoir pour 2030, avec des conséquences catastrophiques. Les partis qui existent ne sont pas à la hauteur. Les vieux partis, qui se succèdent au pouvoir, font sans cesse les mêmes politiques. Einstein disait que reproduire la même chose en espérant un résultat différent, c’est la définition de la folie. Parmi les partis créés récemment, aucun ne nous semble crédible. Comme citoyens, nous pensons qu’il existe un besoin de radicalité, d’une nouvelle manière de faire de la politique.

Comment situez-vous le parti ? À gauche, antilibéral, écologiste, socialiste... ?

Socialiste ? Oui sans doute. On a lancé le mouvement au Croissant, le café où Jaurès a été assassiné. Il y avait des choses très modernes, pleinement d’actualité, dans la manière qu’avait Jaurès de faire de la politique. Écologiste ? oui aussi. Je suis un ancien élève de René Dumont. Jean-Pierre Raffin, président d’honneur de France nature environnement, compte parmi nos fondateurs. Jean Jozel, l’un des meilleurs climatologues du pays, est avec nous également, tout comme Marie-Monique Robin, qui a très bien montré l’absence de démocratie autour des OGM. Nous faisons partie de ceux qui font les choix les plus radicaux pour lutter contre le dérèglement climatique. Par ailleurs, le fait de voir des gens très différents s’engager nous montre que nous avons une vraie responsabilité.

« François Hollande n’a aucune excuse »

Quelle est la cohérence politique d’une coalition aussi large ?

Nous rassemblons des gens qui croient en la justice sociale, qui pensent que l’on peut agir, se retrousser les manches. La diversité du mouvement est une force. On parle souvent du Conseil national de la Résistance : bien sûr au CNR, 80% des gens étaient de gauche. Mais la présence de gaullistes et de chrétiens sociaux a aidé à reconstruire le pays. Aujourd’hui, le pays bouge. François Hollande n’a aucune excuse. Il y aurait pourtant une autoroute. Il y a une soif de justice sociale, y compris chez les patrons, qui ne sont pas tous derrière Gattaz : leurs enfants aussi sont au chômage, leurs carnets de commande se vident. Les libéraux vous disent que l’économie est quelque chose de compliqué, que l’on ne peut pas comprendre. Que, par conséquent, on ne peut pas agir. Nous, nous pensons que tout le monde peut comprendre. On veut donner aux gens les moyens d’être acteurs du changement.

Ne craignez-vous pas d’accentuer la division des forces politiques, en particulier à la gauche du PS ?

Ce n’est pas de notre faute si le Front de gauche est tombé à 6% aux dernières législatives partielles... On partage un certain nombre d’objectifs, mais du point de vue économique on a de vraies divergences. On est d’accord sur "l’humain d’abord", on est d’accord sur le besoin de justice sociale, sur la transition écologique. Mais le programme du Front de gauche propose d’augmenter le SMIC de 60%, et de revenir sur l’ensemble des exonérations patronales. Cela revient à multiplier le coût du travail par 2,5. Il y a une partie de la gauche qui court après le MEDEF, à qui on a donné trente milliards, et une autre qui veut multiplier le coût du travail par 2,5. Je suis désolé, mais on ne peut pas se moquer totalement du coût du travail. Il y a peut-être des exonérations inutiles, des aides comme le CICE et le CIR qui devraient être réorientées vers les PME, mais dire que l’on va multiplier par 2,5 le coût du travail, ça ne me semble pas être une bonne chose.

« Engager un bras de fer »

Du côté d’Europe-écologie ?

Ils ont soutenu la politique du gouvernement pendant deux ans. Et là, même sur les questions de transition énergétique, leur programme est très flou. La réduction du temps de travail est devenue un sujet tabou chez eux aussi. Le 1er mai, certains militants d’Europe écologie nous disaient : « C’est bien, chez Nouvelle donne vous parlez du temps de travail ». Il s’agit pourtant du seul levier qui peut créer plus d’un million d’emplois.

Si Nouvelle donne était au pouvoir, comment feriez-vous pour appliquer vos politiques, malgré les contraintes liées au cadre européen ?

Regardez, on est en train de mettre en place une taxe Tobin, alors qu’il y a dix ans, Schröder et Jospin la considéraient comme un truc de gauchiste. Alors c’est vrai, c’est une taxe à minima, mais c’est aussi parce que les socialistes français, comme Michel Sapin, se sont fait les porte-voix du lobby bancaire. Cela signifie également que l’on peut avancer avec un groupe restreint de dix pays. Les esprits évoluent. En Allemagne, il va y avoir un salaire minimum. Il y a dix ans, c’était impensable. Nous voudrions passer la vitesse supérieure, avec les syndicats allemands, italiens, belges, nous donner un an pour construire un rapport de forces.

Quitte à aller au conflit ?

À cette échéance, si nous n’avons pas obtenu un traité de convergence sociale, et débloqué mille milliards d’euros pour le climat, on engage un bras de fer : la France ne paye plus sa part du budget, fait la politique de la chaise vide. Durant cette période, nous irons régulièrement à Berlin rencontrer les syndicats. Les retraités allemands en ont assez du blocage des retraites. Les infirmières sont en grève à cause du manque de moyens. Je pense que l’on peut changer le rapport de forces. Récemment, Merkel a dit qu’elle ne savait pas comment financer la transition énergétique. C’est d’autant plus scandaleux de voir les socialistes français s’aligner sur les positions de Margaret Thatcher, alors que même la droite allemande est favorable au salaire minimum. Paul Krugman a raison : c’est un effondrement intellectuel et moral.

Lire aussi "Européennes : quel projet politique pour Nouvelle donne ?"

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Vos réactions

  • je cherchais une différence entre ce politicien et le FdG ...

    Ce monsieur nous dit : Je suis désolé, mais on ne peut pas se moquer totalement du coût du travail.

    "coût du travail" ? bon ! c’est plié , il parle comme le Medef !

    PrNIC Le 22 mai 2014 à 08:38
       
    • Oui ce mec là est une crapule, un caméléon, mais en la circonstance c’est surtout un sous marin de Hollande qui n’est là et avec quels moyens !!! que pour minimiser le score du Front de Gauche aux Européennes face à la déculottée du PS en utilisant les analyses les termes, les mots d’ordre du Front de Gauche, mais pour détourner du vote Front de Gauche.
      il joue les coucous en lui piquant son programme, et a les média largement ouverts alors qu’il ne représente rien si ce n’est un outil de destruction de la dynamique Front de Gauche .

      Arthurr Le 23 mai 2014 à 10:17
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  • A la question "Comment situez-vous le parti ? À gauche, antilibéral, écologiste, socialiste... ?" P. Larrouturou répond socialiste et écologique : ce parti n’est pas un parti anti-libéral ! Amis du PG méfiez-vous...

    Sopravento Le 22 mai 2014 à 13:03
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  • IL parle du cout du travail
    il ne veut pas remettre en cause les multiples exonérations offertes aux entreprises, alors qu’elles qu’un effet minime sur le chomage, qu’elles profitent à trop d’entreprises qui ne sont pas en concurrence mondiale (grande distribution ), il a peur de quoi ? de paraitre dangereux ?

    pour une fois il n’envoi pas d’attaque à Mélénchon

    Alors si loin que ça du FDG ? ou en opposition d’ego ?

    tchoo Le 22 mai 2014 à 18:20
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  • @PrNIC, Arthurr etc...

    Le FdG propose-t-il une solution pour créer 2 MILLIONS d’emplois CDI en 5 ans sans ruiner l’état et à coût 0 pour l’entreprise ?

    Nouvelle Donne oui !

    MKL Le 23 mai 2014 à 19:29
       
    • @MKL
      Mais il occupe le terrain médiatique seulement avant lesections, il ne va va créer aucun emploi, seulement des faux emplois comme son ami hollande grand imitateur (mais pas comique du tout de Schroder et ses "ARTS") qui a cassé toute les lois sociales pour créer des salariés pauvres obligés d’occuper 3 emplois pour survivre et sans droits sociaux.
      Celui là comme les autres marionnettes qui tournent autour du PS est un libéral, baratineur à la Montebourg, et rien de bon à attendre de lui
      Des crapules comme eux, le MEDEF et Gattaz en redemandent, c’est mieux que la droite pour lui, car il y a beaucoup de benêts qui se laissent pièger.

      Arthurr Le 24 mai 2014 à 07:41
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  • Pierre Larrouturou attendra un an avant de passer à l’offensive : la désobéissance proposée par Mélenchon. Et en attendant il fait quelle politique ?

    Il propose la réduction du temps de travail, mais est contre l’augmentation du SMIC qui augmenterait " le fameux "coût du travail" ! Et avec quoi va t-il financer la RRT pour créer des emplois ? S’il compte du l’importante baisse du chômage OK, mais quelle est la différence avec un SMIC à 1700€ qui créera du pouvoir d’achat donc des emplois et de la croissance ...CQFD.

    agauchetoute Le 23 mai 2014 à 22:09
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  • Et après (le vote) où a t’il changé le rapport de forces cher ami Larrouturou ?
    Avec de belles idées généreuses, de beaux noms d’intellectuels qui soutiennent ND, un beau projet bien ficelé à gauche du ps (la réduction du temps de travail -très bien !) ; ND, est un nouvelle bulle politique qui éparpille la gauche de transformation sociale et écolo. La preuve : ND a fait 3% aux européennes pour RIEN ! Si pardon diffuser un joli projet politique pour attirer à lui qq électeurs du fdg, des verts et un peu du ps (mais pas trop !) et affaiblir encore une fois la lumière que nous tentons d’allumer à gauche depuis 2008. A noter que le npa et lo participent aussi à leur façon à cet éparpillement. En rassemblant nos forces, nous (le fdg, ND et le npa par exemple) aurions pu peut-être atteindre 10% et avoir un peu plus de députés pour renforcer notre gauche et exprimer plus fort qu’une autre politique en Europe est possible, soutenir les luttes sociales, avancer dans la reconquête idéologique, être plus fort face à l’extrême droite. Mais voilà les luttes d’appareils, d’égos, d’ergotages, de "boutiques" continuent de nous diviser,... et de nous faire perdre encore et encore. Jusqu’où nous enfonceront-nous dans cette division mortifère, suicidaire ? Honte à nous tous (ND, npa, lo, fdg, régionalistes, écolo, féministes, poi, mrc, m’pep) de ne pas avoir rassemblés les forces en se laissant aller à cette pseudo démocratie à la "proportionnelle", énorme piège tendu par la droite, les sociaux libéraux au service du gd capital ! Loin de moi l’idée d’un parti unique au contraire, mais du rassemblement dans la diversité comme nous avons su le faire en 2005 !

    marcomo Le 26 mai 2014 à 11:39
       
    • Je vous rejoins dans vos propos.
      Et je me permets ici de formuler quelques propositions d’ actions.

      Un programme européen social et révolutionnaire doit être élaboré rapidement sur la base des mesures consensuelles et essentielles pronées par tous les mouvements.

      Le bonheur et le respect des citoyens méritent que chaque mouvement accepte que les idées majeures communes prennent le dessus sur celles qui divisent.

      Je fais ,comme vous je suppose, confiance en l’ intelligence et en la conviction de chacun pour créer LA GAUCHE , car il n’ y en a qu’ une et indivisible quand on souhaite une vraie rupture avec les politiques de droite et sociale démocrate.

      Ce mouvement " LA GAUCHE" sera la preuve du désintérêt politicien et partisan pour la défense des intérêts collectifs.

      Mais surtout ne perdons plus de temps, ne tergiversons plus .Arrêtons ces discussions stériles qui réjouissent les forces réactionnaires .

      Le désir d’ Union doit l’ emporter sur les divisions et les défenses de clochers ou alors nous décevrons encore plus ceux qui espèrent encore et reconnaissons preuve le nombre d’ abstentions et de " brebis égarées" que ce serait dramatique !!!

      Utilisons ensuite par exemple en premier lieu les relais d’ information des gauches puis d’ autres réseaux sociaux pour porter ce programme et le faire approuver.Un engagement ferme devra être pris par les représentants à respecter les termes de cette nouvelle politique qui pour être efficace sera le fruit des forces révolutionnaires européennes.

      Cette large caution à venir permettra à des représentants de cette union de porter enfin une voix forte, unie et audible par l’ ensemble de nos concitoyens ; enfin pourrions nous entendre une réelle opposition aux forces réactionnaires , une autre perspective positive et conbstructive ; réinventer une Internationale pour redonner Espoir.

      Ghyves Le 30 mai 2014 à 12:25
  •  
  • Adhérent tout neuf, et très normalement circonspect (tenter une expérience concrète implique automatiquement un rideue d’échec ...lol, à tout hasard), je viens de poster, sauf fausse manœuvre, un commentaire assez long et en attente de modération de l’article que Thomas Clerget (on comprendra je pense que je trouve plutôt salutaire et stimulante la circonspection avec laquelle il aborde ND et ses premières propositions).

    En quelques mots et un peu plus, j’y abordais quelques pistes de réflexion sur divers points au sujet desquels j’ai pré-débattu avec quelques autres adhérents, et sur lesquels je crois que nous pourrions faire des propositions intéressantes (je n’engage que moi, et en aucun cas les autres membres ou la "direction" de Nouvelle Donne)
     contrôle démocratique direct des institutions de la République par des assemblées tirées au sort, expérimentées en interne dans le parti (on peut envisager, par exemple, le remplacement du Sénat par une assemblée de citoyens tirés au sort, l’introduction d’un quota de tirés au sort dans certaines commissions législatives, etc, la liste n’étant pas exhaustive, et les modalités à inventer)
     création d’un système public d’indemnisation des élus de la République assurant le retour au poste d’origine pour les salariés du secteur privé, la prise en compte des années consacrées à la collectivité dans le calcul de la retraite, etc, et des mesures assurant les mêmes avantages et defraiements aux chômeurs, inactifs au sens statistique, mères élevant leurs enfants, j’en oublie sans doute.
    Ces systèmes d’indemnisation pourraient, et à mon avis devraient, être étendus au financement des partis de toute taille, par exemple par le biais d’un quota de responsables opérationnels et candidats à des fonctions électives publiques, sous conditions à définir.
    L’objectif étant de permettre tant l’accès aux fonctions electives à tous, et non aux seuls membres de professions liberales, héritiers, et autres "nantis" d’une part, fonctionnaires et politiciens professionnalisme de l’autre, que de permettre aux courants d’opinion et idées nouveaux de trouver un cadre d’expression et un minimum de moyens matériels pour faire passer leurs idées.
     élaboration de mesures concrètes permettant d’assurer la transition économique des entreprises vers l’après "obsolescence programmée" : le passage de le production d’appareils tout-jetable à par exemple celle de machines à laver conçues pour être facilement et économiquement réparables, et pour durer une vingtaine d’années entraînera une division par un facteur X du nombre d’unités produites et vendues à population égale, et, inévitablement même si pas forcément à certains niveaux locaux, des destructions d’emploi importantes (je suis pour ma part assez effaré de constater que les partis écologistes ne formulent aucune proposition en ce sens, ou qu’en tout cas à peu près personne n’en aie entendu parler. Ni même ne semblent prendre la mesure des résistances que de tels bouleversements provoqueront lorsqu’on passera des incantations et vagues promesses aux actes.)
     etc, etc,... (Une centaine de contributeurs n’arriveraient pas à épuiser la liste des souhaitables)

    Sachant que pendant ce temps-là la "guerre de position" (au sens que Gramsci donne à ce terme, je précise parce que j’espère qu’il reste des lecteurs ne connaissant pas leur théorie révolutionnaire sur le bout des doigts) est à ce jour perdue par la gauche, et même par toute la gauche,
    j’avoue que je crains de ne pas comprendre, ou plutôt de trop bien comprendre, l’attitude incantatoire, dogmatique, négative et agressive - anathématique en un mot - de certains militants ou se croyant tels.

    Attitude dont je ne puis m’empêcher de voir les similitudes, pour ne pas dire plus, avec celle de petits commerçants moribonds se réfugiant dans la routine et l’illusion qu’ils ont tout tenté, parce qu’ils n’arrivent pas à se résoudre à s’adapter à un monde devenu inconfortable (ma critique n’a rien à voir avec le discours néo libéral et avec ses avatars, comme certains ne vont manquer de me le reprocher. A moins, bien entendu, de considérer qu’il y a trop de cruauté à demander à quelqu’un qui se noie de se rappeler qu’en fait il sait nager.)

    Pour mémoire aussi :
     Même Lénine a fait des compromis, et accepté de transiger (tout le monde a entendu parler de la NEP sur ce site je pense)
     La faute, ou l’erreur, du docteur Frankenstein n’a pas été de vouloir créer un être vivant, mais d’avoir essayé de le faire à partir de cadavres, de choses mortes (si belles qu’elles aient pu être de leur vivant)

    Cependant, et surtout :
     La seule chose que je veux retenir, parce qu’elle est la seule qui soit importante, est l’ouverture d’esprit que tant l’ouverture -très normalement, et sainement circonspecte -de Thomas Clerget que la parution de cette interview dénotent.
     Je comprends parfaitement l’irritation que certains posts simplistes,noutranciers, maladroits ou un peu stupides, épidermiques en un mot, de militants ou partisans d’une autre obédience peuvent provoquer, je n’en suis pas exempt moi-même
     Toute existence est vouée à la mort, toute action ambitieuse à l’échec, au moins partiel, et une nouvelle Union de la gauche, ou (soyons fous) un nouveau CNR débouchera plus que probablement sur des désaccords, des conflits internes, et une rupture. Fallait-il alors, faudrait-il aujourd’hui renoncer aux avancées possibles ?
     Ne nous leurrons pas, un rapprochement des forces de gauche générera inévitablement, et génère déjà, des réticences individuelles au sein de tous les partis concernés, et je ne suis absolument pas certain que même la simple majorité des adhérents et des électeurs de Nouvelle Donne en sont partisans à ce jour.

    Mais je crois qu’à moins d’espérer voir un jour un de nos partis s’assurer la majorité des suffrages à lui tout seul,
    ou un élan révolutionnaire qui emporterait l’humanité toute entière et balaierait définitivement les forces de la réaction,
    à moins en somme d’espérer voir la venue des coquecigrues,
    il n’est d’autre voie pour regagner la "guerre de position", pour retrouver l’oreille et le coeur des électeurs que d’élaborer un socle commun (discours + mesures concrètes + langage), audible, compréhensible et convaincant (pour eux, pas pour nous, que ceux qui en doutent lisent, ou relisent, les passages de Mein Kampf où Hitler explique comment obtenir l’adhésion des masses avec très peu d’arguments susceptibles de provoquer une adhésion aveugle, et surtout pas de leur faire comprendre les desseins réels du " chef" : d’autres (et quels autres !) l’ont fait et ont retenu les leçons.

    Fini pour aujourd’hui ;-)

    Guy Le 3 juin 2014 à 14:40
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