Regards.fr : À travers certains titres de l’album comme « Suicide social », tu approches avec cynisme des thématiques politiques, craches sur le système, mais toujours avec un air blasé. Avec le tableau sombre que tu dépeins pourquoi tes paroles n’appellent pas à la révolte ou l’engagement ?
Orelsan : J’écris sur les choses simples inspirées du quotidien, de mes sentiments. Mes textes ne sont pas politisés. Quand j’écris mes textes, je suis dans un état d’esprit particulier, quand je chante « Plus rien ne m’étonne » (titre de l’album ndlr), je ne sais même pas si le quotidien que je chante me choque ou si je suis résigné, je ne suis pas psy. Mais ça reste de la fiction. Si je suis porte-parole, c’est de moi-même.
Regards.fr : On te présente pourtant souvent comme le représentant des jeunes générations issues de la classe moyenne. Tu t’y retrouves ?
Orelsan : Ça me flatte si on trouve mes paroles suffisamment bien écrites pour en retirer un discours. Certains de ces jeunes se retrouvent dans mes textes. Mais plus on me met dans une case et plus j’essaie d’en sortir. Je suis forcément influencé par mes origines sociales. Mes parents travaillaient pour l’éducation nationale. Et quand j’étais ado, en écoutant du rap – j’aimais bien le côté rebelle – je me suis aussi construit en opposition à mon environnement.
Regards.fr : Face aux accusations de sexisme et la censure dont tu as fait l’objet avec le titre « Sale pute » en 2009, tu défendais le caractère fictif de tes chansons. La chanson est une forme de prise de parole publique, et inclut donc une certaine responsabilité, non ?
Orelsan : Je comprends que ça ait pu blesser et choquer et je le regrette sincèrement. Avec la polémique, j’ai fait exprès de disparaître quelques mois, c’était un passage obligé. Mais j’ai évolué et je n’aurais jamais écrit la chanson de la même manière aujourd’hui, c’est clair. Après ça reste une démarche artistique, et c’est le support qui compte. Les gens qui écoutent mes albums ne sont pas cons. Ce n’est pas parce qu’on regarde Orange Mécanique qu’on va se mettre à attaquer les gens avec un couteau en sortant dans la rue.



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