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Accueil > Monde | Par Philippe Marlière | 17 juin 2016

Un Brexit xénophobe, un Lexit introuvable

Soutenu par les réactionnaires, les ultralibéraux et les xénophobes, l’éventualité d’une sortie de l’UE pour la Grande-Bretagne se précise, le 23 juin prochain. La gauche britannique, elle, sait que les problèmes sont ailleurs.

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À quelques jours du référendum sur le maintien ou non de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne (UE), les intentions de vote en faveur du Brexit (sortie) devancent dans chaque sondage celles des partisans du statu quo (Remain). L’hypothèse de la sortie est donc à prendre très au sérieux.

La campagne référendaire a mis à nu les lignes de fracture de la société britannique : seule une majorité d’Anglais soutient le Brexit. En Écosse et aux Pays de Galles, le maintien prédomine. Les jeunes sont davantage favorables à l’UE que les retraités. Un niveau de diplôme élevé et un emploi dans le secteur des services prédisposent plus à voter contre la sortie qu’un faible niveau de diplôme et un emploi dans l’industrie.

Les principaux partis (Labour – exceptées quelques défections – Lib-Dem, Greens, SNP et Plaid Cymru) sont pour le maintien. Le Parti conservateur au pouvoir est divisé : David Cameron, le premier ministre et la majorité de son cabinet prônent le statu quo. Ses principaux opposants sont sur sa droite : Boris Johnson, l’ex-maire de Londres, Michael Gove, le ministre de la Justice et Nigel Farage, leader de UKIP.

Réactionnaires et ultralibéraux pour la sortie

Les deux camps (Stronger in Britain et Vote Leave) se sont, dans un premier temps, opposés à coup de données chiffrées ; chacun promettant la débandade économique si le camp adverse venait à l’emporter. Récemment, Vote Leave a affirmé que le Brexit permettrait de rapatrier 350 millions de livres sterling par semaine (un chiffre fantaisiste pour les experts) ; manne financière qui pourrait être investie dans la santé publique (NHS). George Osborne, le Chancelier de l’échiquier, vient de déclarer qu’une victoire du Brexit l’obligerait à un serrage de ceinture austéritaire inégalé. Dans les deux cas, la bataille des chiffres a pour objectif de provoquer la peur et d’intimider le public. À ce jeu, le camp Remain, soutenu par les milieux financiers et le business, a légèrement dominé les échanges.

Depuis quelques semaines, le débat a bifurqué vers deux autres thèmes : la « reprise de la souveraineté » (Retake Control), aux mains d’une Eurocratie « totalitaire », et l’immigration. La thématique souverainiste est d’une double nature. Un premier courant, incarné par Nigel Farage et l’aile droite du Parti conservateur, est réactionnaire-nationaliste : il fantasme sur une Grande-Bretagne impériale, libérée des étrangers et du multiculturalisme en vigueur sur l’île.

Un deuxième, néo-thatchérien, est moderne-ultralibéral. Ses tenants voient dans l’UE une forme avancée de « bureaucratie soviétique » qui décourage l’esprit d’entreprise. Selon eux, le Royaume-Uni est une puissance économique autrement plus dynamique que ses voisins européens. Elle doit donc sortir du « carcan communautaire » et mettre fin au « cauchemar socialiste » qui a commencé avec l’adhésion du pays à la CEE en 1973.

Libération de la parole xénophobe

L’immigration, thème relayé par les Conservateurs, UKIP et la presse de droite, est devenue le sujet majeur de la campagne. Le marché unique aurait imposé une population de travailleurs communautaires peu qualifiée, qui serait responsable du dumping salarial et du chômage de la classe ouvrière. Dans certaines localités, l’arrivée massive d’immigrés des pays de l’Est, mal négociée par les pouvoirs publics, a effectivement été la source de tensions entre communautés. Mais de manière générale, ce sont les politiques d’austérité, non les migrants, qui sont la cause de la pauvreté et du chômage.

Ce référendum est l’occasion pour la classe ouvrière des bassins industriels de relever la tête et de manifester son mécontentement après trente années de souffrance sociale imposée par le néolibéralisme thatchérien et blairiste. Elle détient la clé du vote le 23 juin : si une partie d’entre elle ne suit pas les consignes de vote du Labour (vote pour le maintien) ou s’abstient, le Brexit a toutes les chances de se réaliser.

Malheureusement, la colère légitime de la classe ouvrière, nourrie par la presse de droite et les partisans xénophobes du Brexit, tel Nigel Farage, se trompe de cible : le problème n’est pas l’immigré mais le patron qui ne remplit pas ses obligations légales à l’égard de ses employés, ou les politiques d’austérité du gouvernement. L’immigré est devenu le bouc-émissaire de tous les problèmes ; la parole xénophobe et raciste s’est libérée dans une société traditionnellement tolérante à l’égard de la diversité. Si le Brexit l’emporte, ce sera, non pas la victoire des valeurs égalitaires et tolérantes de la gauche, mais le triomphe de l’Angleterre insulaire et xénophobe de Nigel Farage.

À gauche, la crainte d’un tournant conservateur

Contre l’Europe de l’austérité, du Traité transatlantique, des sanctions infligées à la Grèce ou du traitement inhumain des réfugiés, la gauche britannique avait en théorie de bonnes raisons de prôner la sortie. À de rares exceptions près, il n’en a rien été : Jeremy Corbyn les Greens, Left Unity (gauche radicale), le mouvement social Momentum (proche de Corbyn), les syndicats du TUC, et des personnalités comme Ken Loach ou le journaliste Owen Jones font, sans état d’âme, campagne pour le maintien dans l’UE. Tous ont compris qu’une victoire du Brexit sur une ligne néo-thatchérienne et xénophobe amènerait un tournant à droite, et une attaque en règle contre les quelques droits sociaux protégés par l’UE (congés payés, de maternité ou durée maximale du travail hebdomadaire).

Le Lexit (sortie à gauche) est, de fait, restée introuvable. La gauche a compris que le gouvernement et Westminster n’ont pas besoin de la Commission européenne pour imposer une austérité virulente (le pays n’est pas dans la zone euro et n’est donc pas soumis aux contraintes du Pacte de stabilité) ou mener des politiques tatillonnes en matière d’immigration (la Grande-Bretagne n’appartient pas à la zone de Schengen).

Cette gauche sait que l’Europe est intergouvernementale et que les grandes décisions qui engagent les peuples sont décidées, non par la Commission, mais par les gouvernements les plus influents (Allemagne, France et Grande-Bretagne). Promouvoir une sortie de l’UE dans les circonstances actuelles, ce serait objectivement renforcer le camp antisocial, populiste et raciste, en Grande-Bretagne et en Europe.

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Vos réactions

  • « grandes décisions qui engagent les peuples sont décidées, non par la Commission, mais par les gouvernements les plus influents (Allemagne, France et Grande-Bretagne).  »
    Sauf que le traité de Lisbonne (dit de fonctionnement de UE) a été mis en place pour précisément ne plus soumettre les décisions aux velléités électorales de ces peuples qui sont capables de voter pour des partis progressistes.
    C’est bien pour cela qu’un Juncker peut affirmer sans être contredit par aucun des membres que la démocratie ne compte pas face aux traités.
    Rappelons à ceux qui auraient la mémoire un peu courte ou sélective que le traité de Lisbonne n’est que la retranscription du projet de constitution européenne qui a été rejeté par les électeurs français. Il a été signé sans consultation populaire alors que nombreux étaient les peuples qui souhaitaient être consultés par referendum.
    Faut-il s’étonner qu’aujourd’hui nous assistions à un rejet massif de cette UE qui contrairement à ce que certains prétendent n’est plus un facteur de progrès mais juste un cadre législatif contraignant dont la raison d’être n’est pas le progrès des peuples mais la mise à disposition du capital de toutes les ressources humaines, financières et naturelles.
    On comprend bien à la lecture de la conclusion de la prise de position de P. Marlière contre qui est dirigée celle-ci.
    La sentence tombe comme le glaive  :« Promouvoir une sortie de l’UE dans les circonstances actuelles, ce serait objectivement renforcer le camp antisocial, populiste et raciste, en Grande-Bretagne et en Europe. » Rien que ça. Surtout ne changeons rien et restons donc sans bouger dans le cadre de ces traités et nous aurons très bientôt une CE dirigée par le camps des racistes. Car celui-ci avance inexorablement en se nourrissant du rejet des politiques dictées par les traités et en particulier celui de Lisbonne, n’en déplaise à P.Marlière.

    choucroute Le 17 juin à 08:05
  •  
  • Propos hallucinants de Ph. Marlière. Je suis d’accord avec ce commentaire. Affirmer que vouloir sortir de cette UE nauséabonde et totalement antidémocratique, ferait le jeu des forces réactionnaires, procède d’un réductionnisme qui me rappelle celui qui prévalait pour les partisans du "oui", amalgamant le "non" de gauche avec celui du FN en 2005. Merci donc de m’apprendre que je fais partie de ce camp. Que continuent à sévir les doux rêveurs (hélas, Ken Loach que j’admire en fait partie !) d’une "autre Europe". Il n’y aura pas, il ne peut y avoir une autre Europe possible dans ce cadre-là qui est institué justement pour que cela n’advienne pas. faut-il rappeler ce qui s’est passé en Grèce l’an dernier ?

    Babeuf

    babeuf Le 17 juin à 09:39
       
    • Les propos de Philippe Marlière n’ont rien d’hallucinant.
      Pour moi ils confirment deux choses :

      (1) qu’on peut prôner une même (en apparence) politique pour des raisons très différentes, voire opposées. Ici c’est le Brexit, soutenu par les ultra-libéraux (qui ne poursuivent évidemment pas les mêmes objectifs que la sortie de l’UE du "plan B"). Dans le même ordre d’idée on pourrait citer aussi le salaire inconditionnel, mis en avant aussi bien par des libéraux que par des gens qui y voient une porte de sortie du capitalisme. Tout est donc dans l’objectif visé et dans la mise en oeuvre concrète de l’idée.

      (2) que la sortie de l’UE (et de l’euro) n’est pas en soi une condition suffisante pour changer de cap. On le savait déjà, mais cette campagne autour du referendum de Cameron le confirme. Dire cela n’est pas pour autant dire qu’il faut rester dans l’UE. Le tout est de savoir pourquoi on veut en sortir et ce qu’on fera après la sortie.

      Citoyen74 Le 18 juin à 13:09
  •  
  • Hallucinant, bourré de contre-vérités.
    Populiste donc d’extrême droite ? Raccourci abjecte.
    Faut-il attendre que spontanément l’Europe se réforme, pour enfin y adhérer ? Foutaises, le doigt dans l’engrenage est engagé, nous allons y passer, les bras et les épaules et plus si affinités.
    Dans quel cocon vivez-vous ?

    Je vous conseille de prendre des leçon d’intelligence et d’objectivité, par exemple, auprès de Romaric Gaudin, journaliste à la Tribune, qui décrit de façon sensée la situation et les forces en présence, rien à voir avec ce boubiboulga faisant office d’article.
    Honteux et indigne, vraiment.

    Un peu d’air frais :
    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/brexit-pourquoi-les-ouvriers-anglais-detiennent-la-cle-du-vote-578339.html

    ClaudeF Le 17 juin à 11:55
       
    • @ ClaudeF (votre post du 17 juin à 11:55)

      Le remarquable travail de Romaric Godin mérite en effet d’être salué. Il n’a pas son pareil pour exposer avec clarté les mécanismes économiques les plus complexes, les situations politiques les plus enchevêtrées (voir par exemple ses analyses sur la politique espagnole ou le mouvement séparatiste catalan, et bien sûr sur la crise grecque).

      C’est d’ailleurs un ancien prof de lettres, qui a donc échappé au formatage intellectuel infligé aux étudiants en économie un peu partout dans le monde (et notamment, on peut le supposer, dans les cours professés par Philippe Marlière !).

      Voyez, dans Fakir , cette excellente interview de RG par François Ruffin : http://www.fakirpresse.info/romaric-godin-la-grece-une-tragedie-francaise

      Quant à Philippe Marlière, cet article qui mélange tout n’est pas une preuve de bêtise (car le bonhomme est fort intelligent) mais une manœuvre délibérée d’enfumage : Marlière est d’ailleurs très lié avec les franges les plus droitières du P"S". Mais c’est aussi un promoteur infatigable des théories nauséabondes du multimilliardaire George Soros (l’"open society" et le reste), qui en se réclamant d’un popperisme mal digéré visent en fait à la dissoudre les États dans le rêve néolibéral du Grand-Marché-Planétaire-Qui-Rend-Heureux. Comme par hasard, Soros est bruyamment hostile au Brexit... C’est clair, avec des "amis" comme Philippe Marlière, la vraie gauche n’a plus besoin d’ennemis.

      Perspicax Le 26 juin à 13:14
  •  
  • Attention !
    Cet article est un appât pour attirer les plus beau spécimens qui se promènent dans le coin et les ferrer avec un leurre clignotant.
    Passez votre chemin si vous voulez ne pas finir sur un mur de trophée comme beau spécimen de "barbotus melenchonus" !

    Ce pécheur chevronné va amorcer et poser ses cannes dans les canaux de médiapart également, restez vigilants.

    Arouna Le 17 juin à 12:34
       
    • Arouna, le moins que l’on puisse dire c’est que, vous aussi, vous prêchez en eau trouble. Que voulez-vous dire au juste ?

      René-Michel Le 17 juin à 22:56
  •  
  • Extrait de l’article de Romaric Godin de la tribune

    " Rien à perdre ?

    Reste à savoir pourquoi les classes ouvrières et populaires sont prêtes à basculer dans le vote en faveur du Brexit. Il semble, en tout cas, que ces classes les plus fragiles ne croient ni aux études catastrophiques sur les conséquences économiques de la sortie de l’UE (les économistes du PCF sont également sur cette ligne) ni au discours des dirigeants travaillistes sur le « matelas de protection » de droits sociaux qu’offre l’UE face aux projets de la droite en cas de Brexit.

    Pourquoi ? Peut-être parce que la situation de cette classe sociale est mauvaise et qu’elle désire logiquement la changer. Or, le vote « Remain » est naturellement perçu comme un vote de continuité. Le vote « Leave » s’impose donc alors comme une alternative possible que les discours de peur de l’élite renforcent par ailleurs, en confirmant que ce sont bien les plus puissants et les plus riches qui ont le plus à perdre d’un Brexit. Dans un autre sondage Yougov, à la question qui a le plus à perdre d’un Brexit ? une petite majorité de 5 % de Britanniques citait les ouvriers pauvres, mais une très large majorité de 20 % citait les grands patrons."

    Le débat est ouvert, d’autant qu’il est aussi chez nous un des points d’achoppements entre Jean-Luc Mélenchon et la direction du PCF sur le plan B , l’indépendance et souveraineté nationale. Je passe mon chemin comme nous le suggère @arouna. On verra à la sortie.

    rody Le 17 juin à 15:46
  •  
  • De toutes façons le meurtre de la députée Jo Cox agira émotionnellement en faveur du "non au Brexit", d’une part, et d’autre part, les milieux financiers et l’oligarchie semblent opposés aux Brexit, et il s’en donnent les moyens. Le Bexit n’aura pas lieu. En un sens c’est dommage, non pour les raisons invoquées par ses partisans, mais parce qu’il mettait à mal la mythologie d’une UE irréversible. Il faut détricoter le carcan de l’UE pour re-construire une Europe sociale sur des bases saines, je crois que nous n’avons plus le choix.

    Julien Le 17 juin à 17:20
  •  
  • Bravo Marlière ! Vive l’Europe libérale (il n’y en a pas d’autre en vue et tout a été fait pour ça depuis le début !) . Le silence eut été préférable à cette nouvelle pantalonnade. Pour vous en tout cas !

    René-Michel Le 17 juin à 20:34
  •  
  • A René-Michel

    Que M Marlière fait partie du club des snipers ou pécheurs de meluche.
    Qu’une des façons de se le faire est de le définir comme un xénophobe anti-européen, donc pro-brexit et de dépeindre ceux qui sont d’accord avec ses prises de position comme des demeurés.
    Qu’à priori il s’agit d’un article sur le brexit, donc rien à voir avec Mel…n mais ;
    Qu’en ce moment quand on tape brexit dans un moteur de recherche, un des titres assommants qui revient dans la presse c’est ; "comme en France les pro-brexit Lepen et Melenchon blabla bla bla…"

    Donc j’ai voulu faire une blague qui n’est visiblement pas drôle..

    Arouna Le 18 juin à 08:08
  •  
  • TINA ? Bravo Marlière. Ligne Laurent. Pas finir de nuire.

    Vassivière Le 18 juin à 10:59
       
    • Aujourd’hui 24 juin 2016, jour de gloire : les Britanniques ont opté pour le Brexit.

      Quelle baffe magistrale pour M. Philippe Marlière !!!

      Obama, Merkel, Hollande, Renzi, Schaüble, Draghi, Attali, Macron, Valls, Cohn-Bendit, Quatremer, Leparmentier, Pujadas et l’ensemble des médias mainstream : ils sont trop nombreux pour qu’on les nomme tous...

      ...mais comme Philippe Marlière, ils sont tous en train de se frotter la joue !

      hopfrog Le 24 juin à 14:07
  •  
  • Ce chapelet de commentaires indignés sur Marlière qui serait opposé au Brexit, donc forcément pour le maintien dans l’Europe libérale, me laissent perplexe. Il est pourtant bien question, dès le titre, de "Brexit" et de "Lexit", donc de la possibilité d’une "sortie à gauche" (left + exit). Qu’elle ne soit pas une option dans le paysage électoral britannique actuel ne peut tout de même pas être imputé à l’auteur de cet article.

    Je trouve inquiétant ce dogmatisme pour la sortie de l’UE à n’importe quelle condition.

    Citoyen74 Le 18 juin à 14:15
       
    • Primo il ne s’agit pas de commentaires indignés mais d’arguments. Jusqu’à ce jour on nommait cela la démocratie.
      Secundo, il suffit de lire correctement son parti pris pour comprendre ou il veut en venir.
      Mais sans doute avez-vous raison, cette prise de position n’appelait pas de commentaires. On essaiera de s’en souvenir.

      choucroute Le 18 juin à 14:55
  •  
  • @citoyen74"Promouvoir une sortie de l’UE dans les circonstances actuelles, ce serait objectivement renforcer le camp antisocial, populiste et raciste, en Grande-Bretagne et en Europe." Si je ne m’abuse, le dogmatisme est clairement pro Europe libérale et aurait beaucoup plus sa place dans le Figaro ou Libé ! Marlière comme vous visiblement êtes "Plutôt Juncker que le Front Populaire". Mais Hollande, Valls et Macron étant de gauche pour la médiacratie...

    René-Michel Le 18 juin à 17:44
  •  
  • Croyez- en quelqu’un qui, en 2005, a non seulement voté OUI mais s’est très directement engagé dans la campagne électorale en faveur de ce OUI et qui, depuis, constatant qu’il avait fait fausse route, est désormais acquis à une hostilité franche (et même farouche !) à cette construction machiavélique destinée à broyer les peuples sur l’autel du dieu "Profit" ...
    Voici le scénario que je pressens ...
    1. Le Brexit va l’emporter mais avec une faible majorité (52%, voire un peu plus).
    2. En tout état de cause, la Grande Bretagne ne sortira pas de l’Union Européenne car la grande finance internationale a BESOIN qu’elle reste. Pour ceux qui auraient quelques doutes sur le bien fondé de cette affirmation, je les renvoie au traité de Lisbonne. Le projet de traité européen ayant été repoussé par le peuple, la grande finance internationale l’a fait entrer en application quand même sous la forme du traité de Lisbonne.
    3. La première ligne de défense sera : "Certes, le Brexit l’a emporté mais, si on tient compte des abstentions, les vrais partisans du Brexit sont minoritaires" (sic !). Vous verrez ... Je suis prêt à prendre les paris !
    4. Cameron n’enverra pas la lettre prévue par les traités européens qui fait démarrer la procédure. Au besoin, il choisira de démissionner pour éviter d’avoir à le faire.
    5. Celui qui va lui succéder au 10, Downing Street (Johnson, l’ancien maire de Londres ?) prendra appui sur les résultats de ce référendum pour demander une renégociation afin d’obtenir encore plus de "dérogations" ... qui lui seront accordées (après "d’âpres négociations", bien évidemment !).
    6. En tout état de cause, si la procédure juridique de sortie est engagée, elle n’aboutira pas ! Le délai prévu par les traités ne peut être inférieur à deux ans et, au final, le pays candidat à la sortie DOIT confirmer sa volonté de sortie (c’est ce que prévoient les traités en vigueur !).
    7. Dans l’intervalle, l’Ecosse aura fait savoir que, dans ces conditions, elle entend se séparer de la Grande Bretagne.
    8. Les instances de Bruxelles s’opposeront à cette perspective de détachement de l’Ecosse (elles l’ont déjà fait !).
    9. Au final, la grande finance internationale gagnera sur tous les fronts : l’Union Européenne deviendra une simple zone de libre échange, avec l’aide des forces de coercition policières et ...militaires s’il le faut ; la Grande Bretagne restera dans cette union-là et l’Ecosse restera dans cette Grande Bretagne-là ...

    Je me désole par avance de ces perspectives mais, si je devais parier auprès d’un bookmaker, je jouerai "en faveur" de sa réalisation car c’est bien, hélas !, ce scénario qui va l’emporter (d’une façon où d’une autre ...).
    Quoi qu’il en soit, il est clair que Philippe Marlière appelle à voter avec les ultra-libéraux en faveur du maintien ... Dans le même esprit, quand il faudra choisir le futur président de la république, il dira que , tout compte fait, "certes Hollande est détestable mais qu’il est moins détestable que tel ou telle autre candidat" ..., c’est à dire, grosso modo, la même chose que Pierre Laurent !

    Jacques Heurtault Le 19 juin à 10:42
       
    • Bien vu. À la lecture (pénible) de la prose de Philippe Marlière, empilement hâtif de sophismes et de clichés qui voudrait passer pour une "tribune", on se dit qu’avec des "amis" de cette espèce la gauche (la vraie, pas celle de Valls, Hollande, Macron et consorts) n’a plus besoin d’ennemis.

      Monsieur Marlière devrait se bouger un peu, enfiler son plus beau costume et aller tirer quelques sonnettes ; la "gauche" de droite - à laquelle manifestement il appartient - ne laissera pas son entregent sans quelque juteuse récompense. À l’Élysée comme à Matignon (ou même à Bruxelles chez ce bon M. Juncker), en ce moment difficile toutes les bonnes volontés sont accueillies à bras ouverts.

      Mais qu’attend donc M. Marlière pour rejoindre enfin Daniel Cohn-Bendit dans la troupe bien rentée des traîtres à la gauche de gauche ?

      Hopfrog Le 19 juin à 21:19
  •  
  • Mensonge d’un néolibéral complexé !

    "Soutenu par les réactionnaires, les ultralibéraux et les xénophobes..." !!
    M. Marlière, vous mentez ! Sinon, dites-moi, est-ce que Cameron, Osborn, Blair, Mandelssohn, Hillary Benne, etc. seraient en dehors du camps ultralibéraux, pour vous ?! Et la City ?! Et Guardian (Le Monde Anglais où vous écrivez vos non sens, de temps à autre !) et The Independent (Libé Anglais ?!) qui depuis un an n’ont pas raté un numéro pour publier 4-5 articles anti Brexit ?! Pensez-vous que c’est seulement vous qui suivez ce qui se passe là-bas ? Vous imitez les délires de Serge July, dans le libé au lendemain du référendum sur l’infâme constitution Européenne : Mais soyez quand-même un peu plus original !!
    Armand

    Armand Le 22 juin à 15:08
  •  
  • la première urgence est de mettre fin aux plans d’austérité.
    http://cadtm.org/Sortir-ou-pas-de-l-euro-Telle-est
    La sortie de l’euro n’est pas la panacée ni le but ultime. Le combat est plus global. Il s’agit de sortir du néolibéralisme et du système capitaliste pour une véritable transformation sociale.

    Il y a, à mon avis, 2 types de sortie des traités et de l’euro : une sortie souverainiste, xénophobe, portée par l’extrême droite en Grande-Bretagne et une sortie porteuse de revendications sociales (audit, moratoire et annulation des dettes illégitimes, contrôle des capitaux et des changes, socialisation - nationalisation ET contrôle citoyen- des banques,contrôle de la monnaie, abrogation des plans d’austérité, réforme de la fiscalité - fiscalité progressive plutôt que proportionnelle, réduction du temps de travail, etc).

    Cette sortie de "gauche" n’a rien à voir avec celle prônée en GB. Elle mérite d’être discutée. Nous y avons partiellement répondu en 2005 avec le rejet du TCUE. Il nous faut aller plus loin aujourd’hui. C’est pourquoi je suis d’accord avec Philippe Marlière quand il critique le camp du Brexit et en désaccord avec lui quand il oublie une sortie de gauche des traités.

    Pascal Franchet Le 23 juin à 08:11
       
    • A Pascal Franchet
      Ph. Marlière prétend que les ultralibéraux sont pour la Brexit. C’est tellement gros comme mensonge que nous rappelle la fameuse phrase de Goebells ! Et c’est alors que toute l’Europe ultralibérale s’agite depuis des mois pour empêcher une Brexit, à commencer par Junker, Merkel, Hollande, Verofstadt, Chef de l’OTAN ... (n’en parlons pas des Américains), jusqu’à, bien sûre, les ultralibéraux Anglais eux-mêmes (Cameron, Osborn, Blaire, Benn..., et notamment la City et les banquiers). D’autre part, il y a beaucoup de force et de personnalité de (vraie) gauche en GB qui sont pour la Brexit. Bien sûre les média ultralibéraux ne les mentionnent même pas car les Bremainers veulent prétendre que la Brexit n’est que le vœux des facho ! Il suffit de lire des commentaires des lecteurs (de Guardian et The Independent par ex.) Alors, ne perpétuons pas leurs mensonges par omission ! La gauche Brexiter évoque plus ou moins, les même propos que vous.

      Armand Le 23 juin à 10:43
  •  
  • Visiblement le brexit l’a emporté.
    Les bourses commencent à mettre la pression sur la grande Bretagne, ce n’est que le début.

    Il semble évident que les institutions boursières représentant les marchés n’approuvent pas du tout le résultat de ce vote.

    Vous nous présentiez les partisans du "leave" comme les plus fervents soutiens du néolibéralisme, n’est ce pas ?
    Il est à peu près certain que si c’eut été le cas les places boursières seraient euphoriques, non ?

    Vous prenez vos lecteurs pour des jambons Mr Marlière ?

    Arouna Le 24 juin à 07:14
       
    • Sinon le brexit pas trop de soucis à se faire vu que les décisions entrainant une sortie de la GB ne dépendent pas de l’avis des urnes et doivent être prises depuis longtemps.

      Sinon je suis un antinationaliste, allergique au drapeau tricolore, à l’union jack et à toutes les bannières étoilées ou gamées. D’ailleurs, en ce moment toutes ces saloperies chauvines sont à l’honneur avec cette fraternelle communion des peuples dans le football.
      Mon grand père s’est fait gazer dans les tranchées de la somme, il a légué un bel héritage à ses descendants ; la haine de tous les drapeaux, de génération en génération.

      Arouna Le 24 juin à 08:07
    •  
    • Mon attention a davantage été attirée par la deuxième partie de votre commentaire. Pour différentes raisons. D’abord, j’ai eu aussi un grand-père gazé en 14-18, au point qu’il finit par cesser de respirer. Je n’ai pas pu le connaître mais j’ai pu lire les carnets qu’il avait rédigés et illustrés de manière remarquable (qui ont disparu !...mais on n’enfante pas souvent les êtres que l’on aurait souhaités...). Et j’ai pu y trouver que lui, en ancien vrai socialiste qu’il était, avait compris que ce n’étaient pas les nations ou les peuples qui étaient cause de guerre mais les pouvoirs dominants du moment qui les leur faisaient faire. On sait depuis, que les stratagèmes ne manquent à ceux qui souhaitent ces guerres que ce soit par désir de conquêtes, d’enrichissement et de domination ou pour augmenter les profits des marchands de canon (sans parler des possibles "reconstructions" d’infrastructures détruites...). Aussi, l’héritage de votre grand-père, en plus d’être humainement et hautement respectable, est même particulièrement défendable pour peu qu’on évite, me semble-t-il, certaines confusions. Déjà, drapeau ou pas, nation ou pas, que répondre face à l’horreur nazi, face aux armées colonisatrices, face à une domination étrangère ? Se trouve posé là, comme face au totalitarisme de l’immondialisation capitaliste, le seul argument de résistance qui puisse se manifester dans une population : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Droit éliminé dès l’origine de cette si belle construction européenne. Je ne peux, dans ce bref commentaire, développer d’avantage mes réflexions. Vous pourrez en retrouver l’essentiel, si cela peut vous intéresser sur un blog sans fioritures dont le titre annonce assez la couleur : Immondialisation:peuples en solde ! Vous y trouverez de (très) vieux textes qui, sait-on jamais, seraient peut-être reçus autrement aujourd’hui. (Et tout avis critique sera bienvenu).
      Méc-créant.32

      Méc-créant Le 31 juillet à 19:11
  •  
  • Quand on est à soutenu - avec beaucoup d’autres éditocrates - les personnages et les forces politiques qui ont menée l’Europe à la faillite où elle se trouve, il semble que la décence et la dignité commandent de se taire.

    ARDUS Le 25 juin à 15:20
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  • Bonjour
    Sur le constat, le simple constat les propos de Mr PH Marlière sont assez juste, les forces réactionnaires, ultra libérale, ont le dessus sur les forces dit progressistes. Il serait intéressant d’avoir les taux d’abstention , particulièrement dans les catégories populaires . La situation Anglaise est assez similaire a la situation Française.
    les couches populaire sont au mieux indifférentes, a l’Europe. En GB, ils ont l’équivalent du FN....
    Ce genre de confrontation, malgré les apparences n’est pas pour déplaire aux élites et classes dirigeantes, qui disent d’un coté ceux qui veulent construire, et de l’autre ceux qui veulent détruire ...
    Mais surtout, , il faut noter la position, du parti travailliste et de jérémy Corbyn , très mal a l’aise, sur ce débat. Que Ken Loach a bien exprimer dans des entretiens, oui a l’Europe , mais une autre Europe.Mais laquelle...!!!???. Je pense qu’on a trop tendance, a faire de l’Europe, , un bouc émissaire facile, comme de la mondialisation, ou de la Finance, est ne pas voir la crise chronique , globale, générale du capitalisme, qui est a la source, la cause des problèmes. Pouvons nous remplacer le capitalisme par autre chose, et le voulons nous vraiment ?!.

    bob Le 26 juin à 10:19
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