Accueil > Monde | Par Philippe Marlière | 9 juin 2017

Jeremy Corbyn, l’anti-populiste

En menant une campagne d’homme de gauche, sans ambiguïté ni complaisance, Jeremy Corbyn a conduit le Parti travailliste à renouveau inespéré et les Tories de Theresa May à une terrible défaite politique sur fond d’incertitudes autour du Brexit.

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Lorsque Theresa May avait dissous la Chambre des Communes, le Parti travailliste accusait un retard de plus de vingt points dans les sondages. Jeremy Corbyn, son dirigeant, avait une cote de confiance au plus bas. On louait alors le calme et l’expérience de la première ministre conservatrice. Ne fallait-il pas, comme le disait le slogan de campagne conservateur, une cheffe de gouvernement « forte et stable » pour mener à bien les difficiles négociations de sortie de l’Union européenne ?

Peine perdue ! Theresa May a raté sa campagne dans la forme : évitant les débats, télévisés, elle est apparue distante et empruntée en public et n’a guère mobilisé autour d’elle.

May dans le brouillard du Brexit

La première ministre a révélé au public un profil inquiétant : durcissement de politiques d’austérité qui ont amené les services publics au bord de l’asphyxie, volte-face multiples (décision d’organiser une élection anticipée ou changement de cap sur le volet social de sa politique, notamment la "Dementia Tax"). Mais c’est surtout sur la question même du Brexit que May a perdu tout crédit.

Favorable au maintien du Royaume-Uni pendant la campagne référendaire, la voici depuis un an transformée en agent zélée d’un Brexit dur qui emprunte au discours de l’aile droite de son parti et de UKIP, le parti de droite europhobe et xénophobe. Cette campagne était censée clarifier la position des conservateurs relative au Brexit. À l’issue d’un mois de campagne intensif, les Britanniques ne savent toujours pas de quoi ce Brexit sera fait, et cela commence à les inquiéter.

Theresa May a oscillé entre déclarations tapageuses et arrogantes à l’encontre des partenaires européens et un discours flou sur le modus operandi de la sortie de l’Union européenne. Elle a inquiété des électeurs et électrices majoritairement acquis au Brexit mais sans aucun enthousiasme pour celui-ci. Dans l’esprit des Britanniques, le Brexit est de plus en plus perçu comme un phénomène aux contours incertains. Plus personne ne croit qu’une sortie de l’Europe règlera la question des flux migratoires. Les Britanniques savent que les ressortissants communautaires ne repartiront pas chez eux car leur savoir-faire professionnel est vital pour le pays. Ils se demandent dans quel état sera une économie britannique post-Brexit.

Corbyn, populaire et rassembleur

Jeremy Corbyn a montré, inversement, qu’il savait mener une campagne. Dynamique, inspiré, il a drainé des foules importantes. Corbyn est un orateur posé qui a beaucoup progressé dans ce domaine depuis deux ans. Il s’exprime simplement, directement, sans effet de manche. Il évoque des valeurs et des idées simples, mais rassembleuses : la justice sociale, la solidarité, la défense des services publics (en proposant la renationalisation de services publics-clés, une mesure populaire auprès de l’électorat depuis plusieurs années).

Le leader travailliste a réussi à mobiliser un électorat jeune très largement acquis au parti travailliste (qui préconise notamment la suppression de frais de scolarité très élevés). Le Labour a renoué avec l’électorat populaire traditionnel du Labour, à Londres et dans les grandes villes du nord de l’Angleterre. Il a sauvé le bastion gallois qu’on disait menacé et a repris pied en Écosse. Plus impressionnant encore, le Parti travailliste enregistre des gains en sièges dans le Sud de l’Angleterre, plus rural et plus proche des conservateurs.

La plupart des sondages pré-électoraux n’ont pas saisi la percée travailliste tout simplement car celle-ci s’est réalisée dans la dernière semaine de campagne. En axant sa campagne sur des thèmes sociaux-démocrates traditionnels (services publics, pouvoir d’achat, emploi), il a attiré vers lui un électorat en marge du Labour. Il est ainsi intéressant de noter que le vote UKIP de 2015, concentré dans les catégories populaires dans le nord de l’Angleterre, s’est également réparti entre les conservateurs et les travaillistes.

Leader du camp progressiste

Cet électorat pro-Brexit et culturellement conservateur aurait pu basculer en masse vers les Tories. Mais c’est le discours social concret, faisant appel à la decency décrite par George Orwell, qui a attiré ces électeurs aux penchants plutôt droitiers. Dans les débats télévisés, Corbyn a pris à partie les représentants conservateurs, leur demandant s’ils avaient déjà visité une banque alimentaire dans leur circonscription. Celle et ceux qui ont vu Moi, Daniel Blake comprendront de quoi il s’agit.

Jeremy Corbyn a mené une campagne d’homme de gauche. C’est le dirigeant du plus grand parti social-démocrate d’Europe. Il a constamment rappelé dans ses discours la centralité de l’opposition Labour vs Tories, qui correspond au Royaume-Uni au clivage gauche vs droite en France. Il a évoqué le socialisme et ses valeurs éternelles d’égalité, de pluralisme et de tolérance, contre l’injustice, la xénophobie et la brutalité des conservateurs au pouvoir.

Jeremy Corbyn a démontré qu’il était inutile, voire contre-productif d’adopter une démarche populiste qui s’appuie sur un électoralisme et un confusionnisme idéologique. Le député d’Islington a remporté triomphalement une, puis deux élections de leader du Parti travailliste. Ces succès sont l’équivalent d’une victoire à la primaire des gauches en France, car le Labour rassemble tout le camp progressiste britannique. Corbyn respecte les institutions et les traditions du mouvement ouvrier qui sont à la base du socialisme britannique, et ne cherche pas à les dépasser ou à les rabaisser. C’est un socialiste qui a réussi cette percée, pas un politicien en quête de victoires électorales éphémères.

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Vos réactions

  • Bravo M. Corbyn.
    Venez donner des leçons de gauche en France.

    jadau Le 9 juin à 19:54
       
    • Corbyn c’est le leader du parti social démocrate en Angleterre ?
      Comme le SPD en Allemagne ?
      Comme le PS en France ?
      Etc ......

      dan93 Le 10 juin à 22:28
    •  
    • A suivre

      😊😀😂😕

      dan93 Le 10 juin à 22:32
  •  
  • Mais j ai comme un doute en lisant ce lyrisme ... Il a bien perdu non ?

    Bobo Le 9 juin à 20:03
       
    • @ Bobo
      TH. May a subi un échec dans la mesure où elle a perdu son pari (pas de majorité absolue pour les conservateurs) et a perdu des sièges mais il vrai aussi qu’en nombre de voix, les conservateurs progressent et qu’ils gardent une majorité relative.

      Victor Le 9 juin à 23:33
  •  
  • "Jeremy Corbyn a mené une campagne d’homme de gauche." (...) Jeremy Corbyn a démontré qu’il était inutile, voire contre-productif d’adopter une démarche populiste qui s’appuie sur un électoralisme et un confusionnisme idéologique. "
    nous assène Ph. Marlière quitte effectivement à exagérer un résultat électoral certes réconfortant mais qui traduit quand même une défaite . C’est que Monsieur Marlière a de la suite dans ses idées. Sa conclusion est claire : Comprendre : JL Mélenchon n’a pas mené une campagne "d’homme" de gauche (of course, il est "populiste") et la France Insoumise est bassement électoraliste et confusionniste". Ce qui prouve que Ph. M. n’a pas lu ou compris le programme l’Avenir en Commun ou qu’il est d’une parfaite mauvaise foi.
    A travers cet éloge se concluant par une comparaison qui n’est pas de mise tant les situations sont différentes entre la France et le Royaume Uni et en opposant 2 hommes que bien des points rapprochent, Ph. Marlière poursuit sa campagne haineuse à l’encontre de JLM et de la FI qu’il avait entreprise sur Médiapart.

    Victor Le 9 juin à 21:41
       
    • Philippe Marlière enchaîne les allusions venimeuses avec une légèreté d’éléphant. Pour ce blairiste de cœur il s’agit moins, on s’en doute, de tresser des couronnes à Corbyn que de taper sur Mélenchon, noble dessein pour lequel tous les prétextes sont bons.

      Blairiste, c’est-à-dire indécrottablement social-libéral ; et par là-même, inévitablement, eurolâtre fanatique : avec Philippe Marnière, c’est toujours carton plein. Aujourd’hui, ce triste pedigree nous vaut quelques remarques pontifiantes sur le Brexit que Marlière, à son habitude, a dû lire dans sa boule de cristal favorite.

      En effet, si dans quelques mois Corbyn entrait au 10 Downing Street, on l’imagine mal céder à Bruxelles sur la question des travailleurs détachés, lui qui est précisément l’élu des Britanniques appauvris par la politique austéritaire des tories mais aussi par le dumping social imposé par Bruxelles. Car, figurez-vous que sur un point au moins Jeremy Corbyn ressemble à l’affreux Mélenchon : tous deux s’estiment comptables envers leurs électeurs de la politique qu’ils auront menée en leur nom. C’est assez rare pour être signalé : ce n’est pas François Hollande qui dira le contraire...

      hopfrog Le 11 juin à 18:53
  •  
  • Raquel Garrido, avocate et porte-parole de JL Mélenchon (pendant la campagne présidentielle) à propos de Jeremy Corbyn, sa campagne, son programme,
    et l’on verra que Monsieur Marlière est un idéologue avant d’être un "politologue"
    youtube.com/watch ?v=eZg2ehwML8Q
    à partir de la minute 4
    c’est récent, d’aujourd’hui

    Victor Le 9 juin à 22:09
  •  
  • Tiens une petite flaque de bile anti mélenchoniste de mister Philippe Marlière, ça faisait un moment..

    C’est monophonique ou il y a la stéréo avec médiapart ?

    Bof, comme d’hab...

    Arouna Le 9 juin à 22:41
       
    • Confirmation pour médiapart, le billet du politologuiste marlière est au top, en tête de gondole,
      son compère Corcuff ne va probablement pas tarder à rappliquer pour rajouter une louche .

      Arouna Le 9 juin à 22:58
  •  
  • "Ces succès sont l’équivalent d’une victoire à la primaire des gauches en France" : et non Mr Marlière, ces succès (de Corbyn au sein du parti travailliste) ne sont pas du tout l’équivalent de la victoire de Hamon à la primaire PS. Tout simplement parce que les électeurs qui ont porté Corbyn à la tête du PT ont au préalable adhéré au parti, massivement, et cela donne un tout autre poids à leur porte parole que le pur casting qui a désigné Hamon, porté par une vague de citoyens idéalistes qui ensuite s’est retiré et l’a laissé ensuite seul sur la plage solférinienne infectée de crabes.
    Et malgré ce poids politique, on voit tout le mal qu’a Corbyn à imposer ses orientations au parti. Ce très bon résultat devrait l’aider quelque peu. Mais la grande majorité des députés qui ont été élus restent des héritiers de l’époque libérale...
    En fait, si on devait faire une comparaison avec le PS, ce serait plutôt la désignation de S. Royal en 2006 qui s’imposerait, lors d’une primaire équivalente à celle du PT, ouverte aux adhérents y compris nouveaux, avec facilités pour adhérer. Cette désignation a entraîné des montées de sueur froide à Solférino, pourtant Royal est loin d’être une gauchiste, mais trop "citoyenne" au gout de l’appareil. D’où le changement de stratégie : une primaire, oui, mais sans adhésion et donc sans pouvoir. En plus ça fait "ouvert"...
    Je pense que si le PT arrive à se débarrasser de Corbyn, il suivra le même chemin. Lors de sa première victoire, Corbyn a été parrainé comme candidat par des élus travaillistes libéraux qui voulaient donner une caution de gauche au processus de primaires, en imaginant que son score serait marginal. Or sa candidature a entraîné l’adhésion de plusieurs centaines de milliers de citoyens qui l’ont porté au pouvoir. Une erreur que les libéraux ne recommenceront pas de sitôt... si ils sont encore là à la prochaine séquence...
    Combien de temps avons nous, envers et contre tout, "respecté les institutions et traditions du mouvement ouvrier" ? Qui n’ont pas eu besoin de nous pour se "rabaisser". Alors oui maintenant il est temps de les "dépasser" pour chercher à obtenir autre chose que des "victoires électorales éphémères", pour construire une victoire politique profonde sur les forces hégémoniques qui veulent dicter la marche des sociétés.

    raphaël Le 10 juin à 00:14
  •  
  • A propos du papier de M. Marlière dans lequel il écrit ce savoureux passage :

    "Ces succès sont l’équivalent d’une victoire à la primaire des gauches en France, car le Labour rassemble tout le camp progressiste britannique. Corbyn respecte les institutions et les traditions du mouvement ouvrier qui sont à la base du socialisme britannique, et ne cherche pas à les dépasser ou à les rabaisser. C’est un socialiste qui a réussi cette percée, pas un politicien en quête de victoires électorales éphémères"

    Encore une fois, M. Marlière est soumis à une crise de prurit anti -FI avec la même mauvaise fois consommée que celle de ses billets antérieurs. L’abus de langage est déjà là quand il parle de "primaire des gauches". Non, Monsieur, ce fut une primaire du seul parti prétendument socialiste dont le candidat à la présidentielle n’a obtenu que 6 % des voix, au premier tour. Faut-il vous le rappeler ? Où et depuis quand JL Mélenchon - car c’est lui dont le nom est subodoré dans vos lignes ou alors si je me trompe, je vous présente mes excuses - a-t-il cherché à "dépasser" ou "rabaisser" les traditions du mouvement ouvrier ? Faut-il vous rappeler les dérives droitières et néo-libérales du P"S" durant ces 34 dernières années ? Qui a rabaissé et laissé tomber les "traditions ouvrières" en France, si ce n’est le parti solférinien, suivi de près par le PCF ? Faut-il vous rappeler le paysage politique de ces terres du Nord, en France, jadis "rouges" et laissées en jachère par ce parti pseudo-socialiste, influencé par les bobos de Terra Nova, et qui a fait qu’éclosent dans ces territoires, les fleurs nauséabondes du FN ? Un peu de décence, s’il vous plaît

    Babeuf

    Babeuf Le 10 juin à 09:32
       
    • C’est quoi les "traditions ouvrières" abandonnées par le PCF ?

      gosselin Le 14 juillet à 23:06
  •  
  • L’attaque contre JLM est évidente et grossière.
    Où comment regards rejoint le choeur des melenchonphobes dénoncé y compris dans la presse peu soupconnée d’être de gauche comme marianne2 avec statistiques à l’appui.
    D’ailleurs si bien entendu m. Corbyn est digne d’estime c’est surtout la nullité de may qui a pesé dans la balance.
    Quant au JLM bashing il s’agit là de réelles aigreurs personnelles de la part de l’auteur et de ses homologues. Car les résultats de la présidentielle sont là pour démentir toutes les accusations distillées en négatif dans cet article en attribuant toutes les qualités à Corbyn (abnégation et effacement de l’ego derrière l’intérêt collectif, discours vraiment socialiste etc...rien qui n’ai déjà été imputé à JLM pendant la campagne en particulier par Ps et affidés prétendus écologistes) à un cheveu de m. penelope et bien loin devant m. ma femme travaille chez lvmh et je l’ai pas pistonnée.
    Ou quand l’esprit de revanche tient lieu de politique à un courant à la dérive après avoir trahit ses électeurs 30 ans durant pour des intérêts très personnels.
    Seul résultat assuré de tous les cogneurs anti PHI qui ont déjà offert une large majorité au prési de la finance lui garantir une majorité au parlement.
    Et ca vient donner des leçons pour mener campagne et des certificats de socialisme.
    Ps : quand cesserez vous de stigmatiser le peuple et user du dépréciatif populiste destiné à sans cesse forcer les classes ouvrières à consentir aux inégalités. Qui a écrit que hamon avait mené une campagne bourgeoisiste bohème et le reste du ps une campagne bourgeoisiste tout court.

    Irae Le 10 juin à 11:00
       
    • "L’attaque contre JLM", le "JLM bashing"....

      La FI souffre de la maladie de la persécution ?

      Les attaques contre JLM sont des critiques contre une personnalité qui passe son temps à démolir les autres. Alors faut pas s’étonner ensuite que sa revienne en boomerang.
      Cette victimisation est un leurre de plus pour éviter de soumettre à toute forme de critique la FI et JLM. Puisque vous êtes des adeptes du dégagisme" à la FI, il faut vous attendre à ce que cela vous revienne en retour....

      Pour le reste, c’est en rassemblant les gauches que l’ont peut avancer. Les législatives vont le montrer : la FI qui refuse tout rassemblement qui n’est pas une soumission va simplement réussir à démolir les autres forces de gauche pour se faire de l’espace au bénéfice de...Macron et de la droite. Bravo, les gars, continuez comme ça !

      Mais n’allez pas pleurer que des commentateurs attaquent JLM. Il récolte que ce qu’il sème. Trumpiste, populiste et grossier comme on pu le voir avec les accusations d’assassinat à l’encontre de Cazeneuve, JLM mérite bien un petit retour de flamme !

      SB Le 10 juin à 11:56
  •  
  • @ SB

    De ma vie, depuis 50 ans que je m’intéresse aux questions politiques car essentielles à mes yeux, je n’ai jamais donné un blanc-seing à quiconque pas plus que je ne me suis référé à quel que personnage providentiel que ce soit. Je ne suis donc pas un "mélenchonâtre". Je me sens à l’aise pour répondre à votre post.

    Votre mauvaise foi concernant JLM vous aveugle, si vous ne voulez pas vous livrer à un recensement sérieux de toutes les attaques à caractère personnel et pour la plupart du temps vaguement psychologisantes et ce, depuis l’an passé, sans compter les invectives de toute part dont il a fait l’objet, jusqu’à la veille du premier tour, y compris venant d’une certaine "gôche". Un peu d’honnêteté fait voir clairement que les attaques furent autrement plus nombreuses et virulentes à son encontre qu’à celle du "danger fasciste" de la fille Le Pen, largement instrumentalisée. Votre pratique de l’amalgame avec l’adjectif "trumpiste" est pitoyable., se situe à jun niveau infra-politique. Quant au mot "assassinat", JLM lui-même dit qu’il ne fut pas bien calibré. Mieux calibré toutefois que la grenade offensive qui tua Rémi Fraisse, celles des grenades dite de désencerclement des CRS qui éborgnèrent ou blessèrent gravement des manifestants pour la grande majorité, pacifistes, mieux calibré que les exactions policières de toutes sortes qu’a couvertes l’ancien ministre de l’intérieur, M.Cazeneuve. Qui, d’une femme ou d’un homme politique, dans la flamme d’un discours, n’a jamais laissé échapper quelque mot que l’on peut qualifier d’inopportun. Des exemples ne manquent pas, de tous bords. Le mot "homicide" vous convient-il mieux ? Alors soit. Qui est responsable politiquement de son administration quand celle-ci glisse vers ces dérives létales ? Oui, l’État peut commettre des "assassinats" car il dispose de la violence légale ( et non toujours légitime) quand a été donné un ordre du type de celui qui a ôté la vie à une jeune manifestant lequel était certainement aussi dangereux, bien sûr, qu’un déjanté intégriste... Que vienne le procès en diffamation que M.Cazeneuve a dit vouloir attenter à JLM : au moins la lumière sur ce qui s’est passé pourrait-elle vraiment être faite sur cette affaire, alors que tout est mis en œuvre pour qu’elle soit étouffée.

    Quant à l’emploi du mot "populisme" dont on rebat à l’envi les oreilles, que l’on en donne une définition rigoureuse. Si vous en avez une, je la lirai volontiers. Maintenant que l’on puisse émettre des critiques à propos d’un mouvement et de ses axes programmatiques, ce n’est pas faute que JLM l’ait souvent proposé, d’échanger des arguments, y compris avec la basse-cour médiatique stipendiée qui n’en a jamais relevé l’offre, pas plus que beaucoup d’autres acteurs, politiques, "experts" et consorts de tout acabit.

    Le "rassemblements des gauches" ? Lesquelles ? Celles qui, depuis plus 30 ans mènent ou sont complices (pour des intérêts boutiquiers) des politiques néo-libérales et fortement régressives ? Est-cela que vous préconisez ? Avez-vous constaté le beau résultat de tout cela ? Doit-on s’étonner, au terme de ces décennies, de la désaffection des couches entières de ce pays, pour la politique, et la montée si haute du FN ? Se rassembler oui, mais avec qui et sur quoi, sur quels axes résolument de rupture avec le modèle dominant ?

    Babeuf, un populiste "trumpiste"

    Babeuf Le 10 juin à 13:11
       
    • @ Babeuf
      @ SB
      à propos du mot "populisme", voilà ce qu’en disait JLM dans son livre l’Ère du Peuple (2014) :
      "Quand on voit qui manie l’accusation de populisme" comme une injure sans être capable d’en définir le contenu, on n’entend en fait que la voix des bons quartiers qui se méfient des rues adjacentes mal famées. La haine du populisme n’est rien d’autre qu’un avatar de la peur du peuple. [...] Le peuple est censé exercer le pouvoir dans ses assemblées parlementaires. Mais l’oligarchie financière qui dirige notre temps s’est arrogé le droit de veto sur ses décisions. Voilà pourquoi le système n’a pas peur de la gauche, qu’il parvient à digérer tôt ou tard comme l’attestent ses passages au pouvoir national ou local. Mais il a une peur lucide du peuple car celui-ci lui dispute directement et physiquement le pouvoir (...)"
      Voilà pourquoi on comprend bien que certains de la gauche institutionnelle traditionnelle faillie et les médiacrates au service de l’oligarchie tiennent le même langage et portent les mêmes accusations contre ceux qui osent se réclamer du peuple et de son pouvoir ("démocratie" = "démos kratos" = pouvoir du peuple), assimilant au passage et de manière intellectuelle malhonnête "populisme" d’extrême-droite et "populisme" de gauche, ce dernier se revendiquant des conquêtes ouvrières. Mais au fond peu importe le mot, ce qui importe c’est le programme. Or Ph. Marlière joue sur le mot uniquement et sur cet amalgame et sur les préjugés et fantasmes liés à ce mot, tout en se gardant de reconnaître que la démarche de Corbyn n’est pas non plus étrangère à une forme locale de "populisme" de gauche.
      christophe-ventura-populisme-de-gauche-nassume-de-briser-mur-europeen-raconte-histoires-aux-enfants
      C’est pourtant le même Ph. Marlière qui déclarait en mai 2017 :
      “Comme Sanders et Mélenchon, Corbyn se heurte aux intérêts dominants, analyse-t-il. Les propriétaires de groupes de presse n’aiment guère la figure du trublion qui repositionne le débat politique à gauche. Il y a une opposition idéologique très nette. Dès qu’un dirigeant travailliste est trop à gauche, on lui tombe dessus. On parle de ‘rouge’, de ‘cryptocommunistes’. C’est un classique.”. C’était après l’élection de Macron. Alors ?
      Ph. Marlière n’accepte tout simplement pas la défaite sévère de Hamon, du p"s", et leur total effondrement et donc ses propres erreurs d’analyses et de parcours personnels politiques. Il tente de trouver ailleurs des raisons de détester ceux qui ont eu raison de rompre définitivement avec leurs stratégies d’arrangements mortifères dans le cadre des élections législatives.

      Victor Le 10 juin à 14:15
    •  
    • @ Babeuf
      Vous dites : "Quant au mot "assassinat", JLM lui-même dit qu’il ne fut pas bien calibré. Mieux calibré toutefois que la grenade offensive qui tua Rémi Fraisse"

      Je crois que là, en matière de mauvaise foi vous avez la palme !
      Vous jouez bien des mots, vous trouveriez votre place dans ce journalisme des bons mots et petites phrases qui domine la presse.

      Simplement, ça le fait pas, c’est tout !
      Et la reculade de Mélenchon prouve qu’une fois de plus ce personnage devrait soigner ses nerfs. Le quinoa, ça suffit pas.

      Quant aux définitions diverses et variés du mot populisme, elle ne serve que de diversion pour mieux cacher ce qu’est en train de devenir la FI : un mouvement d’Ayatollah.

      Vous prétendez n’être pas un "mélenchonâtre" ? Vous faites bien de la préciser, quand on vous lit, on pourrait en douter... Vous pratiquer la chasse en meute sur internet, il suffit de voir ici la virulence de posteurs à l’affut face à la moindre critique. Vite, vite Discorde Insoumis !

      Quant à cette gauche qui selon vous doit dégager, force est de constater que votre pauvre victime d’"attaque à caractère personnelle vaguement psychologisante", votre arroseur-arrosé en sait quelque chose, il l’a si bien servi et honoré tant qu’il le pouvait pendant tant d’année au PS. A l’image du saint patron Mitterrand.

      SB Le 10 juin à 15:20
  •  
  • @93

    Pardonnez-moi mais je ne comprends pas bien le sens de vos deux posts.

    @Victor.

    Merci d’avoir cité ce passage de JLM quant au "populisme" et pour votre commentaire au sujet de M. Marlière.

    Babeuf

    babeuf Le 10 juin à 14:33
  •  
  • @SB,

    Merci de me faire découvrir que j’appartiens à une "meute" à défaut d’être peut-être aussi un "Ayatollah", qualité à laquelle je n’avais pas songé. oui, merci de cet éclairage...

    Vraisemblablement, à vous lire, vous appartenez à une gente (et non à une meute)bien plus raffinée que moi et êtes doté d’une clairvoyance politique que je ne possède pas. Je ne suis donc pas à votre niveau. Pardonnez-moi, je ne vous importunerai plus.

    Cordialement,
    Babeuf

    Babeuf Le 10 juin à 17:56
  •  
  • Je ne suis pas non plus à la recherche de l’homme providentiel mais un peu de bonne foi suffit à constater la campagne de dénigrement . Ce qui permet au passage de détourner l’attention du seul programme valable.
    Quant aux attaques de paranoïaques combien vous doit-on docteur pour cette consultation. La paranoïa si j’ai bien compris c’est un sentiment de persécution sans cause. Ben oui c’est pas comme si on reprochait à JLM d’être poutinolâtre pour se pâmer ensuite quand le godelureau le reçoit à versailles ou si le même godelureau fait de bons mots sur les malheureux commoriens sitôt excusés par la presse unanime. Pour redonner un exemple des excès anti mélenchon je rappelle que selon menucci et haziza le verbe gazer ne se conjugue plus qu’à propos des chambres à gaz.
    Paranoïa vous avez dit paranoïa ?

    Irae Le 10 juin à 19:44
  •  
  • commentateurs attaquent JLM. Il récolte que ce qu’il sème. Trumpiste, populiste et grossier comme on pu le voir avec les accusations d’assassinat à l’encontre de Cazeneuve, JLM mérite bien un petit retour de flamme !

    Tandis que glousser des commoriens qui meurent en mer traiter les salariées de gad d’illetrées et autre alcoolos c’est tout à fait charmant.

    Irae Le 10 juin à 19:48
  •  
  • Pour le reste, c’est en rassemblant les gauches que l’ont peut avancer. Les législatives vont le montrer : la FI qui refuse tout rassemblement qui n’est pas une soumission va simplement réussir à démolir les autres forces de gauche pour se faire de l’espace au bénéfice de...Macron

    C’est vrai qu’en son sein même le ps a fait preuve d’une unité sans faille. Qu’aucun de ses membres n’a poignardé hamon et rejoint au pas de course le baby hollande avant même le 1er tour que la dinde du poitou ne s’est pas réjouie de la victoire de son "candidat" et les exemples d’unionite seraient trop nombreux.
    Ouvrez les yeux SB ou si votre intention est de nous convaincre arrêtez votre intoxe les faits sont têtus même si la médiacratie ou les torpilles de votre espèce s’emploient à les falsifier.

    Irae Le 10 juin à 20:02
  •  
  • A SB

    Les attaques contre JLM sont des critiques contre une personnalité qui passe son temps à démolir les autres.

    C’est vrai qu’au ps on n’a pas passé son temps à le démolir à l’instar de flamby entre les 2 tours. On se serait attendu de la part d’un parti bourgeoisiste de droite à plus d’attaques contre Mlp mais non il fallait la ménager pour un second tour permettant de faire élire le poulain de flamby dans un fauteuil en appelant à faire les castors.
    D’ailleurs cet adorable cazeneuve a-t-il insulté quelque homme politique de droite qu’on n’a guère entendus entre les 2 tours ? Non toute son attention s’est concentrée sur une seule personne.
    C’est vrai que les camba mosco valls le roux caze sont de gentils garçons qui ne critiquent jamais personne.

    Irae Le 10 juin à 20:23
       
    • @ Irae
      Vous voyez des socialistes partout !

      Je n’en suis pas un, je n’en ai jamais été un. Dans ma jeunesse, je critiquais ce parti et sa dérive droitiste dès les années 1980.... quand JLM, cet homme parfait, faisait sa carrière socialiste. Alors le "parti bourgeoitiste de droite" comme vous dites, j’en connais pas mal à la France insoumise qui le connaissent bien plus que moi. En 1992-1993, je luttais contre le Traité de Maastricht (mes premières affiches collées sur les panneaux). Que faisait JLM ?

      Pour le reste, je ne cherche pas à vous convaincre, rassurez-vous, l’intolérance qui règne ici à l’encontre de Hamon, Jadot, Laurent et même à l’égard de Regards qui nous offre pourtant à tous un lieu de discussion... est tel, que je tiens juste à vous rappelez vos contradictions. Le problème c’est qu’à FI, depuis des mois que je lis vos posts (je préfère généralement ne pas répondre) j’ai lu des tonnes d’insultes à l’égards de ceux qui communistes, socialistes ou simples contradicteurs ne pensent pas comme vous. Alors, effectivement, je fais pas dans la douceur quand je vois les vociférations télévisuelles de JLM et je trouve que cela emprunte plus à Trump qu’à autre chose. Vous mettez toutes les forces de gauche dans le même panier, nous verrons demain ce que cela coûte à la gauche de dégagisme.

      Quant à l’aveuglement, c’est le vôtre qui vous a déjà coûté la qualification au 2nd tour et qui va faire gagner la droite et LREM aux législatives. A force de vouloir tout dégager, vous allez offrir un boulevard à ceux que vous prétendez combattre. Ensuite, le mal étant fait, vous vous retrouverez dans les mêmes manifestations que moi contre Macron et la majorité de droite. Vous y retrouverez Hamon, Jadot, Laurent etc. Et que ferez-vous ? Vous les dégagerez aussi des manifestations ? Nous verrons si vous aurez le choix.

      SB Le 10 juin à 21:03
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  • ez combattre. Ensuite, le mal étant fait, vous vous retrouverez dans les mêmes manifestations que moi contre Macron et la majorité de droite. Vous y retrouverez Hamon, Jadot, Laurent etc. Et que ferez-vous ? Vous les dégagerez aussi des manifestations ? Nous verrons si vous aurez le choix.

    Manifester contre celui qu’on a porté au pouvoir quelle cohérence en effet. Et si vous analysiez plutôt ce qu’aurait signifié un engagement plus ferme du PC auprès de FI et un retrait du ps au profit de JLM ? Au lieu de venir donner des leçons.
    SB
    voilà que vous nous faites tout à la fois une petite crise de paranoïa, la leçon et le pays des bisounours enchanté PS/PCF/EELV tandis que tout ce qui est FI et JLM c’est le diable.
    Qui a dit que vous étiez au ps et qui s’en soucie. J’ai bien le droit de dire ce que je pense de ce parti libéral de droite grimé en social à moins que vous apportiez la preuve du contraire.
    Dommage quand on prétend faire de la politique de ne répondre à la contradiction que par des attaques et pas par une argumentation.
    Le coup de la participation de Jlm au ps on le sait et lui en est parti.
    Et surtout ne vous épuisez pas à nous refaire la liste des arguments anti-mélenchon dont on aurait cru naïvement qu’ils viendraient de la droite traditionnelle alors qu’au final ils permettent de débusquer les vrais bourgeoisistes libéraux on les connait tous par coeur, ils tournent en boucle, toujours les mêmes rabachés sans cesse. Ce qui évite de se rappeler des casseroles d’un b le roux par exemple ou de l’embauche de mme hamon etc...etc...

    Irae Le 10 juin à 23:43
       
    • La politique ne se se résume pas à quelques têtes de gondole, et Marlière, en s’attaquant à JLM démontre qu’il préfère faire du bruit très convenu avec son stylo sur un personnage vu à la télé, plutôt que de réfléchir. Je me fiche de Hamon, Jadot, qui ne cherchent qu’à renouveler le Delorisme eurobéat et non les mouvements socialistes. Sans être fan de Mélenchon, il est tout de même l’un des seuls à tenter de repenser la gauche institutionnelle (qui n’est pas forcément la mienne, moi qui suis plutôt du côté anarcho-communiste), et ceux qui le psychologisent ou l’insulte, au lieu de débattre autour de ses idées me fatiguent et me dépriment autant qu’un Duhamel ou une saint Cricq

      kroptoukine Le 11 juin à 03:57
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  • Bonjour
    Comparaison ,n’est pas raison, la situation en GB n’a rien a voir avec la France , ni le Parti travailliste avec notre PS Français.
    La conclusion de l’article est pas très sympa.
    C’est amusant l’article reprend le mêmes thème du populisme manié par les médias , comme hier je l’ai vu sur C dans l’air, émission très orienté a droite. Evidemment , les populistes c’est le FN ,FI , Corbyn .....pour eux, tous ce qui n’est pas assez libéral , tous ces gens qui ne savent que contester , mais pas gérer une fois au pouvoir !.
    Sur une autres chaine d’info , courte séquence , sur une circonscription ...face a Macron deux candidat d’extrème gauche....ah bon , tu te dis qui c’est ?!....LO, NPA ......non FI et le PCF !!.
    Tout a était fait dans ces législatives pour continuer à manipuler les électeurs. Ne votez surtout pas pour les populistes de droites (FN) comme de gauche (Fi, mélenchon), ils sont populiste, divisé , pas constructif.....
    ni pour les autres petites listes (mêmes le PS, ou RI) , inexistant, inutile. Voilà le matraquage des médias.
    Tout a était fait pour assurer une victoire de Macron.
    Et Regards par cette article , y participe un peu.....

    bob Le 11 juin à 12:04
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  • Après avoir relu il est clair que ce texte ne vise qu’un objectif ; pourrir Melenchon.
    Et qui tape toujours le plus fort sur la FI ?
    Même pas la droite, ce sont toujours les mêmes, l’aristocratie « intello de gauche » dont médiapart est un relais.

    En l’occurrence l’auteur de ce billet vante Corbyn pour mieux enfoncer la FI, mais ça pourrait tout autant être le pape François, Fantomas ou Brice Lalonde pour jouer le rôle.

    Mr marlière n’a d"ailleurs pas toujours été si bienveillant avec Jeremy Corbyn, notamment quand il avait été réélu à la tête du labour.
    L’ »anti-populisme » est une constance chez Mr Marlière qui ne manifestait pas un grand enthousiasme pour cette réélection.
    Il faut rappeler que les cadres des travaillistes, étaient tous contre Corbyn, contrairement aux militants populaires du Labour qui étaient pour Corbyn et avaient voté en masse.

    A ce propos j’espère que les gens se déplaceront, en masse aussi, pour mettre en force des Ruffin et d’autres insoumis au parlement, pour se battre et contrer efficacement le projet de guerre sociale de macron.

    Arouna Le 11 juin à 13:31
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  • Entièrement d’accord avec l’analyse de Bob. Aussi pernicieux que les médias à la botte des politiques libérales, l’article est à la manœuvre pour nous faire avaler les couleuvres de toutes les compromissions ! Mais vous ratez votre effet tant les sous-entendus de la conclusion sont tissés de grosse ficelle. Marre des pseudos intellos aussi vainement dépourvus de franchise et d’honnêteté.

    Gégé Le 11 juin à 14:34
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