Accueil > Monde | Par Philippe Marlière | 16 juillet 2015

Alexis Tsipras éconduit vers le Grexit

Acculé par les créanciers à un accord qui humilie son peuple et sera aussi désastreux que les précédents, le courageux premier ministre grec paye la non-préparation d’un Grexit… auquel les événements le poussent désormais, menaçant la cohésion de Syriza.

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Seul François Hollande, entre deux sorties auto-congratulatoires, a vu dans la signature de "l’accord" entre Alexis Tsipras et l’Eurogroupe, un « événement historique » qui a permis de « sauvegarder l’indépendance » de la Grèce et lui éviter toute « humiliation ». Il est bien seul en effet à épouser cette ligne fantaisiste. Le premier ministre grec, la mine défaite, a reconnu que ce nouveau mémorandum était très mauvais, qu’il « n’y croyait pas » et qu’il avait été imposé par l’Eurogroupe à la suite d’un chantage inoui : l’accord ou le chaos généralisé de l’économie grecque.

Tsipras n’avait plus le choix

Angela Merkel a concédé ce nouveau prêt léonin à Hollande du bout des lèvres et Wolfgang Schaüble continue de dire à qui veut l’entendre que la Grèce devrait quitter la zone euro. Le Fond monétaire international (FMI) vient de publier un document qui sabre ce nouvel accord austéritaire qui ne prévoit aucune remise de dette. Le FMI considère que sans le proverbial "haircut", l’austérité violente des dernières années et les privatisations n’auront servi strictement à rien. Les économistes de tout bord se déchaînent contre ces mesures aussi stupides que cruelles ; les opinions européennes, notamment à travers les réseaux sociaux, dénoncent un coup d’État et les Grecs, pourtant très attachés à l’euro, commencent à sérieusement douter d’une Union européenne qui les humilie, pille et colonise.

Dans ces conditions, pourquoi Tsipras a-t-il accepté les termes d’un arrangement aussi néfaste qu’humiliant ? Lorsqu’il s’est rendu à Bruxelles le week-end dernier, il n’avait en fait pas le choix. La sortie de la zone euro, à ce moment-là, aurait plongé la Grèce dans une situation économique et sociale catastrophique et aléatoire. Il n’avait tout simplement pas de plan B sous la main. Le dirigeant de Syriza a commis depuis son élection de coûteuses erreurs. Depuis janvier, il a parfois pêché par naïveté, mais il s’est aussi révélé bon tacticien à d’autres moments. Il a pensé, à tort, qu’en faisant preuve de bonne volonté au cours de négociations, il pourrait parvenir à un accord "honnête" avec ses "partenaires" européens.

Le contrat du référendum

Cet engagement constructif n’a mené à absolument rien. Au contraire, pendant plus de six mois de tergiversation et d’obstruction, l’Eurogroupe a fini par piéger Tsipras. Le premier ministre a également pensé que le "non" massif du référendum pèserait dans la balance, lui confèrerait une légitimité démocratique qu’il pourrait faire valoir devant l’Eurogroupe. Les ministres des Finances européens n’en ont que faire des choix populaires ; pire, l’organisation ce vote a suscité chez eux un désir de vengeance, mis à exécution ce dernier weekend.

Pourquoi Tsipras a-t-il, en apparence, "bradé" la victoire du référendum en présentant à Bruxelles un projet de mémorandum résolument austéritaire ? Cette décision, incompréhensible pour nombre de personnes à gauche, est parfois qualifiée de « capitulation », voire de « trahison ». Un fait important n’a pas été souligné en dehors de la Grèce. Le mardi et le mercredi précédant le référendum, il régnait dans les cercles du pouvoir à Athènes une atmosphère de fin de règne. Le "oui" progressait rapidement dans le pays au point, comme l’ont constaté plusieurs sondages, d’être légèrement en tête. Tsipras a alors renversé la tendance en répétant que le "non" n’impliquait pas une sortie de la Grèce de la zone euro, et en s’engageant publiquement à conclure un accord « dans les 48 heures » avec l’Eurogroupe. Voici la base du contrat passé avec le peuple, et la clé pour comprendre sa démarche ces derniers jours.

La « catastrophe » d’une sortie de l’euro

Pourquoi Alexis Tsipras n’a-t-il pas joué la carte de la sortie le week-end des négociations à Bruxelles quand il est apparu que les propositions de l’Eurogroupe étaient encore plus dures que celles qu’il avait mises sur la table ? D’une part, Tsipras s’est estimé lié par sa promesse de non sortie de la zone euro. D’autre part, le gouvernement de Syriza n’avait absolument pas préparé cette rupture. Yanis Varoufakis l’a reconnu : personne autour de lui n’a, pendant les six premiers mois au pouvoir, sérieusement considéré le Grexit. Ce dernier était tellement impensable dimanche dernier que l’économiste Costas Lapavistas, député de l’aile gauche et partisan de la sortie, a concédé lors d’une réunion du groupe parlementaire que la sortie de la zone euro serait aujourd’hui une « catastrophe ». Tsipras savait qu’une telle décision, alors que l’économie est exsangue et sans liquidité, aurait provoqué le chaos général.

Le vote à la Vouli portant sur le troisième mémorandum a incontestablement affaibli Alexis Tsipras : 32 députés de Syriza (Plate-forme de gauche et KOE, courant maoïste) ont voté contre et 6 se sont abstenus. Tsipras avait annoncé qu’il démissionnerait s’il n’obtenait pas au moins le soutien de 121 députés. 124 ont voté en faveur du plan d’austérité. Zoe Konstantopoulou, présidente de la Chambre, Yanis Varoufakis, Nandia Valavani, vice-ministre de l’Économie, et deux autres ministres de la Plate-forme de gauche ont voté contre. Dans la majorité Syriza / ANEL, seulement 123 députés sur 162 ont voté "oui" (pour une majorité de 151).

Tout concourt au Grexit

Affaibli, Tsipras n’en demeure pas moins le personnage fort dans la phase politique qui s’ouvre. Il est, à plus d’un titre incontournable : c’est, de loin, l’homme politique grec le plus populaire et respecté du public. Ses supporteurs et adversaires le trouvent honnête et sincèrement dévoué au sauvetage de l’économie grecque. À l’exception de Zoe Konstantopoulou, aucun autre dirigeant de premier plan ne bénéficie d’une telle affection populaire. En Grèce, on raconte que Tsipras pourrait se présenter demain contre son parti, il obtiendrait la majorité des voix.

Cette popularité ne sera évidemment pas éternelle, surtout quand les effets des mesures austéritaires commenceront à être ressentis par des Grecs davantage découragés que mobilisés. Architecte malgré lui de son propre échec, Tsipras a néanmoins l’autorité pour mettre en œuvre les mesures exigées en échange d’un nouveau prêt. La tactique des négociations a échoué et les mesures préconisées vont davantage enfoncer la Grèce dans la récession et la pauvreté. À moyen terme, les troubles sociaux et les tensions au sein de Syriza vont inévitablement redoubler. Tout concourt à ce que le gouvernement Tsipras adopte une nouvelle stratégie : le Grexit. Les négociations avec l’Eurogroupe ont été un échec cinglant et la Grèce a été définitivement sacrifiée par l’hegemon allemand avec le concours actif de son allié français. En d’autres termes, Tsipras a été plus ou moins subtilement éconduit vers le Grexit. Ne pas en tirer les conclusions serait, pour lui et son parti, suicidaire.

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  • "...en faisant preuve de bonne volonté au cours de négociations, il pourrait parvenir à un accord "honnête"

    Un accord honnête avec des gens malhonnêtes ? Hélas, oui, Tsipras a malheureusement fait preuve d’une grande naïveté...

    Chantal Le 16 juillet 2015 à 12:11
  •  
  • "Ne pas en tirer les conséquences serait, pour lui et son parti, suicidaire". C’est parcequ’il n’est pas suicidaire qu’il s’est fait piègé, même laissé piéger.
    Possèdent-ils encore aujourd’hui assez de cadres compétents pour un quelconque changement de stratégie en accord avec sa ligne politique initiale ? Garder l’équilibre sur un sol instable. Il ne pourra pas faire le finambule éternellement et l’Euro groupe n’attend que cela : qu’il tombe et avec lui l’espoir de perpectives démocratiques européennes.

    helena Le 16 juillet 2015 à 14:05
  •  
  • Plus j y réfléchis et plus je crois que,devant la volonté d annexion pure et simple du texte de l accord,la Grèce aurait moins perdu avec le Grexit.Ce sont les créanciers-banksters qui auraient été piégés,et pas Tsipras et le peuple grec.

    .Après les votes des 25 janvier et 5 juillet,et malgré leur obstination primaire,ils auraient vu qu ils ne pouvaient pas coloniser impunément un pays,même considéré par eux comme "secondaire".

    Dans ce cas de figure,c est la Troika qui aurait sans doute été contrainte de faire des concessions.

    Et,même s ils avaient continué de s obstiner,Tsipras avait encore la possibilité de se tourner vers d autres pays hors UE.

    En plus,les austéritaires se seraient trouvés face à une remise en cause généralisée de leur "Europe-carcan",car une dynamique du "NON"se serait développée.

    HLB Le 16 juillet 2015 à 14:23
       
    • C’était la stratégie (des jeux) de Varoufakis, commencer à développer les IOU et reprendre le contrôle de la banque centrale Grecque. Stratégie développée le soir du référendum mais qui n’a pas recueillie la majorité de l’exécutif de Syriza.
      Il ne s’agissait même pas d’envisager une sortie, mais de faire croire à cette sortie... et même ça a été refusé.
      N’espérons plus du gvt grec actuel, il faut remettre l’ouvrage une fois de plus sur le métier.

      yannou Le 16 juillet 2015 à 14:39
    •  
    • Varoufakis s’est aussi exprimé pour dire qu’ils n’avaient pas étudié un scénario de Grexit avec cette phrase révélatrice (citation approximative mais fidèle sur le fond) : "pour cela il aurait fallu mobiliser plus de 500 personnes dés janvier pour étudier et préparer la mise en place de cette sortie afin d’éviter un désastre économique. Mais en ce cas, il y aurait eu inévitablement des fuites et l’organisation d’une panique bancaire très rapidement avant que les contrefeux puissent être opérationnels. Nous n’en avons mis que 5 sur le sujet ce qui rendait impossible une préparation sérieuse."

      Marc34 Le 17 juillet 2015 à 12:21
  •  
  • Cet échec se renouvellera, il est maintenant évident que la majorité de Syriza et Tsipras n’envisagent absolument pas de remettre en cause l’appartenance à l’Euro.
    Ce type de "plan" se renouvellera et d’autres mesures l’accompagneront.
    Nous nous sommes trompés sur la finalité de l’élection de Syriza de janvier, ou nous avons voulu lui faire endosser plus d’espoir qu’elle ne pouvait porter.
    Loin de moi l’idée de tirer à boulets rouges ou de parler de trahison, ce gvt est le seul a avoir tenu tête à cette Europe qui vit sans le peuple et pour le capitalisme. Pour cela il faut le remercier. Mais ouvrons les yeux camarades, malgré les termes employés le gvt grec n’est pas "radical" mais réformiste, l’Euro est et restera son alpha et oméga. C’est sans doute ce qui entrainera d’ailleurs sa chute au profit, hélas, de l’extrême droite qui est aujourd’hui (KKE excepté, mais totalement inaudible) la seule à ouvertement dire qu’il faut sortir de l’Euro pour reconstruire.

    yannou Le 16 juillet 2015 à 14:33
       
    • C’est faux, la majorité absolue du comité central de Syriza s’est prononcée pour le Grexit.

      Déclaration de 107 membres sur 201 du Comité Central de SYRIZA

      “Le 12 juillet, un coup d’état a eu lieu à Bruxelles, qui a montré que le but des leaders européens était d’infliger une punition exemplaire à un peuple qui avait imaginé un autre chemin, différent du modèle néolibéral d’austérité. C’ est un coup d’État dirigé contre toute notion de démocratie et de souveraineté populaire.

      L’accord signé avec les “institutions” a été le résultat de menaces d’étranglement économique immédiat et représente un nouveau protocole imposant des conditions humiliantes, odieuses et une tutelle qui sont destructrices pour notre pays et notre peuple.
      Nous sommes conscients des pressions asphyxiantes qui ont été exercées sur la partie grecque, nous considérons néanmoins que le fier “non” des travailleurs lors du référendum n’autorise pas le gouvernement à renoncer sous la pression exercée par les créanciers.

      Cet accord n’est pas compatible avec les idées et les principes de la gauche radicale mais, au-dessus de toute autre chose, n’est pas compatible avec les besoins de la classe ouvrière. Cette proposition ne peut être acceptée par les membres et les cadres de Syriza.”

      Nous demandons au comité central une réunion immédiate et nous invitons les membres, les cadres et les députés de Syriza de préserver l’unité du parti sur la base des décisions de notre conférence et de nos engagements programmatiques.

      Athènes, 15 juillet 2015.


      " ... Panagiotis Lafazanis a catégoriquement rejeté l’accord, expliqué qu’un Grexit était la seule solution, et que le gouvernement devait le préparer. La Plate-forme de gauche tiendra un meeting lundi prochain [ndlr : 20/07] à Athènes pour présenter ses propositions alternatives et a appelé au Grexit. Les syndicats du parti, très largement influencés par la Plate-forme de gauche, jouent un rôle dirigeant dans l’organisation de la protestation contre l’accord. " (correspondance Kouvelakis, membre du CC de Syriza), Athènes, 15 juillet, 14h )

      LePartisan Le 16 juillet 2015 à 15:46
    •  
    • @LePartisant : Merci pour votre retour.
      J’ai bien en tête ce vote et les quelques déclarations (très isolées, même Zoé Konstantopoulou ne milite pas pour le Grexit dans sa déclaration) de membre de Syriza sur le Grexit.
      Le vote que vous mentionnez est un vote interne, non pas pour le Grexit mais pour l’acceptation de l’accord. Syriza dans sa large majorité n’imagine pas cette sortie (ses parlementaires, ont même votés en majorité pour ce plan au parlement !).
      Si sortie de l’Euro il doit y avoir, elle leur sera imposée après les couleuvres encore avalées dans ce dernier plan.

      yannou Le 17 juillet 2015 à 10:36
  •  
  • Par ailleurs des plan B, il y en a, tel celui-ci signé Eric Toussaint *, coordonnateur de la Commission officielle pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce .

    Voir en français sur le site cadtm.org

    Ont collaboré aussi : Stavros Tombazos, Daniel Munevar, Patrick Saurin, Michel Husson et Damien Millet.

    LePartisan Le 16 juillet 2015 à 16:06
       
    • Je viens de lire ces propositions et je trouve que ça ressemble plus a un "Il faut", "Y’a qu’à" qu’à des propositions prenant en compte le rapport de force réèl qui existe entre les grandes bourgeoisies européennes et nous, le(s) peuple(s) européen(s).
      Mais nous avons si bien réussi à nous convaincre qu’il s’agit d’une lutte entre l’UE et les nations que nous croyons que le grand capital serait affaibli sans l’existence de l’Euro, voir de l’UE. Cependant, notons que 1/ l’UE reste une instance inter-nationale plus que fédérale:elle est régie par des traités signer entre pays et non par une constitution, ce qui laisse à penser que sans l’UE nous aurions la même chose mais par le biais de traités bilatéraux et 2/ Les créanciers bafouent les règles de l’UE en traitant la Grece comme un vassal. Je crois, pour ma part que de véritables manifestations européennes (marches syndicales à travers l’europe et surtout grêve européenne dans les multinationales, Amazon par exemple, ou mieux encore, les cheminots) seraient plus utile pour changer le rapport de force entre la grande bourgeoisie européenne et les peuples qu’elle opprime que la sortie de l’euro. En effet pourquoi verriez-nous demain, sur le territoire national ce que l’on ne voit pas sur le territoire européen ?
      Croyez-vous vraiment que le problème est institutionnel avant d’être une question de lutte des classes ?

      cazueladepolo Le 17 juillet 2015 à 18:54
  •  
  • « merkhollande » est inacceptable pour Mélenchon...

    Inacceptable du point de vue de la politique intérieure de la Grèce mais « obligatoire » du point de vue d’une politique extérieure liée aux Institutions de l’Union européenne et de son fonctionnement économique obligeant à l’inacceptable d’autres pays d’Europe également !... À voir et à venir...


    En ce qui concerne la politique extérieure et la rigueur demandée par les accords de Bruxelles, la marge de manoeuvre semble relativement restreinte et nécessite le soutien international de tout les versant minoritaires des blocs de toutes les gauches en Europe, appelés à leur tour, à devenir majoritaire pour espérer pouvoir changer le fonctionnement économique européen si décrié pendant cette longue semaine de négociations aux prétendus rebondissements, finalement bien orchestrés par le fonctionnement de l’Institution... Par contre, pour la politique intérieure qui concerne pas seulement la Grèce mais aussi les autres pays européens aspirants au développement des politiques similaires aux projet #Syriza ou Podemos, nous pouvons féliciter Tsipras qui a décidé de poursuivre et de tout mettre en oeuvre pour combattre la finance mondiale et sa corruption, l’évaporation fiscale et ceux qui échappent encore à l’impôt... La réussite de l’ensemble (politique intérieure et extérieure) consistera à transformer tout ce que Bruxelles et la BCE demandent de privatisation à la Grèce en nationalisation publique plus conforme au projet de départ... Mais pour que le bancaire privé international se change en nationalisation intérieure ?... c’est là qu’est toute la politique économique qu’il faudrait réaliser...

    Et puis Tsipras n’a pas hésité pour nous signaler au passage, que de toutes les mesures auxquelles lui non plus ne croit pas, la pire est celle de la hausse de la TVA qui ouvre et encourage l’économie de contrebande… Cette précision n’étant pas des moindres observée à l’échelle du fonctionnement de l’économie européenne et de ses 28 pays favorables à la suprématie des formations de la droite majoritaire qui les gouverne.

    laurentgantner Le 16 juillet 2015 à 17:46
       
    • Vous espérez encore pouvoir « changer le fonctionnement économique européen » de l’intérieur, sans toucher à l’ Euro ni tourner le dos aux Traités ? Les illusions ont la vie dure décidément...

      LePartisan Le 16 juillet 2015 à 20:22
  •  
  • Incroyable tout de même que le plan B du Grexit n’ait même pas été pensé !

    En France, idem, la religion de l’Euro semble largement partagé à gauche du PexS.

    Il est temps que la gauche (pas le P"S" donc qui n’est pas la gauche) fasse sérieusement son examen de conscience au sujet de la religion de l’Euro.

    Alain Le 17 juillet 2015 à 00:01
  •  
  • Bon. Maintenant que tout le monde a compris, c’est assez simple. La Grèce (et pas seulement elle) doit préparer techniquement le Grexit de façon viable avec une armée d’économistes hétéronomes. Les opportunités politiques de le mettre en oeuvre une fois qu’il sera prêt ne vont pas manquer.

    Evidemment si Tsipras applique l’austérité en envoyant les flics, on sera fixés sur lui.

    Mais bon, si c’est dans six mois et correctement préparé, pas de problèmes.

    Musée de l’Europe & de l’Afrique Le 17 juillet 2015 à 00:39
  •  
  • Philippe Marlière reste prisonnier d’une lecture pseudo réaliste des évènements qui sauve la mise de Tsipras. Il minimise le désastre d’un reniement de ce pourquoi Syriza a été porté au gouvernement. Il est hallucinant de légèreté politique d’escamoter le sens politique d’un retournement qui dévalue la parole politique des élus comme fait le premier social-libéral (y compris frondeur !) venu. Tsipras est désormais le vecteur de la politique libérale des eurocrates les plus intégristes, c’est l’analyse qu’en fait celui qui a présidé, à la demande de Syriza, la Commission d’évaluation de la dette grecque, Eric Toussaint. Lequel n’hésite pas à parler de capitulation de Tsipras. Le travail de cette commission a été jeté à la poubelle, les flics sont déjà appelés à réprimer les manifestants fidèles aux engagements de Syriza (certains de ces flics semblent d’ailleurs ne pas vouloir faire cette sale besogne). Bref je recommande, en contrepoint de ce qu’écrit, hélas, Philippe Marlière, Eric Toussaint qui n’a pas besoin d’agiter le Grexit pour garder le cap de la rupture avec la bande à Merkel et Hollande : Grèce : des propositions alternatives face à la capitulation de la nuit du 15 au 16 juillet

    A lire aussi le dossier actualisé régulièrement du NPA 34 La Grèce au tournant : soumission ou révolte !

    Antoine (Montpellier) Le 17 juillet 2015 à 01:59
       
    • L’analyse de Marlière n’est pas contredite par Eric Toussaint, au contraire. Celui-ci explique de façon lumineuse comment Tsipras, Varoufakis et d’autres responsables de Syriza (mais pas Konstantopoulou par exemple), s’ils ont accepté finalement le principe d’un audit citoyen de la dette, ont refusé d’en tirer les conclusions : suspension des remboursements des prêts et contrôle des banques, et n’ont pas mis au point de "plan B".
      Version courte (37’) :
      3w point youtube point com /watch ?v=SBJphlckEdg
      Version complète (1h 40’) :
      3w point youtube point com /watch ?v=ZAZHGwS0BZk

      (désolé pour le format mais cette interface n’autorise pas le "spam")

      BLep Le 22 août 2015 à 18:42
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  • Je pense que c’est sur la question de la dette que Tsipras s’est fourvoyé. Bien que ce soit clair pour tout le monde qu’elle ne sera pas payée, il n’a pas voulu s’appuyer sur la commission sur l’audit de la dette, formidable levier . Sauf que cette commission a été mise en place par la présidente de la Vouli, Zoé Kostantopoulou, par ailleurs concurrente de Tsipras, ceci expliquant certainement cela.

    Michel 65 Le 17 juillet 2015 à 09:49
  •  
  • Je voudrais rappeler que ce ne sont pas seulement les Allemands qui ont enfoncé les Grecs, mais bien aussi l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, qui eux se sont saignés pour s’en sortir et ne veulent pas payer pour les Grecs.

    Yorgle Le 17 juillet 2015 à 11:04
       
    • Oui bien sûr. Il y a les "bons Européens", qui "font des efforts pour s’en sortir", se "saignent aux quatre veines" et bien sûr s’en sortent, car il y a dans tout ça une morale (ce sont les Fourmis de la fable), et les "mauvais Européens", ces fainéants de Grecs, qui ne sont là que pour profiter du travail de leurs voisins, dansent le sirtaki entre deux verres d’ouzo, et consacrent le reste de leurs (rares) efforts à ne pas payer leurs impôts et à éviter tout travail. Là on aura reconnu les Cigales.

      On attend d’autres analyses pénétrantes comme celle-là, Yorgle.

      BLep Le 22 août 2015 à 18:53
  •  
  • A quoi reconnaît-on un gouvernement réformiste (au sens classique du terme) de nos jours ? Pas au fait qu’il s’asseoit sur ses engagements et ne fasse pratiquement aucune réforme favorable aux pauvres. Evidemment. Mais au fait qu’il s’avère le plus qualifié pour mettre en oeuvre des contre-réformes, quitte à ce que le système se débarrasse de lui une fois celles-ci acquises.
    On dit que ceux qui font les révolutions à moitié ne font que creuser leur tombeau. Que dire de ceux qui la font à 5% ou 10% ?

    Attila Le 17 juillet 2015 à 11:09
  •  
  • A la lecture de commentaires sur ce site et d’autres il me semble que beaucoup ont cru que Tsipras allait mener toutes les révolutions tout seul, ce n’est pas le cas il a travaille pour son pays. Personne ne résoudra nos problèmes pour nous, et vos bons conseils ne résoudront pas les problèmes de la Grèce. Commençons donc pas unir les forces antiausterite et cessons de nous cacher derrière les "autre" pour espérer changer les choses en France, ça aiderait la Grèce.

    Andree Le 17 juillet 2015 à 14:00
  •  
  • Comme Andrée et comme Cazueladepolo, la question est posée à nous : que pouvons nous faire contre cette Europe libérale appliquant la "Stratégie du Choc" (cfr Naomi Klein) ? Syriza a fait un énorme travail dans NOS opinions, et il faut avancer. Parler de la ZEUROPE et des ZEUROS ? travail symbolique, jamais inutile. Boycotter les élections européennes ? Ce serait un peu indirect (ce sont les dirigeants nationaux qui décident et font l’Europe), mais pourquoi pas. ?
    Boycotter les produits allemands (et le C&A, le Lidl, Aldi...) et le tourisme en Allemagne : ce serait symboliquement très douloureux pour eux.

    Et préparer notre propre Eurexit, sortie de l’Euro et de l’Europe ... pour avoir une autre europe que celle-là, europe sociale, du progrès social, sans nationalisme. Notamment : comment réagir quand notre système bancaire national sera menacé d’implosion ?

    chabian Le 17 juillet 2015 à 20:39
  •  
  • Si l’on considère que le peuple n’a plus son mot à dire dès lors qu’il a pu s’exprimer par un vote (élection et référendum), il est juste de dire que Tsipras n’avait pas le choix et qu’il ne pouvait que se soumettre.

    Seulement, ce n’est pas sur ces bases que Tsipras a été élu et qu’il a organisé, puis appelé à voter "NON" au référendum, bien au contraire.

    Qu’on le veuille ou non, ça, c’est de la pratique social-démocrate. Et il est fort regrettable que des gens se disant révolutionnaires se tortillent les méninges pour justifier ce que la lutte de classes donne comme injustifiable.

    Si le diktat capitaliste ne peut être vaincu que par les craintes et les désirs (fussent-ils éminemment politiques) des "responsables", alors il faut avoir le courage de jeter Marx, les luttes ouvrières, l’éducation populaire... à la poubelle.

    Heureusement, tout le monde ne pense pas (et n’agit pas ainsi !)

    Claude DELOUME Le 20 juillet 2015 à 11:11
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  • Un traitre parmi les traitres . J’espère que le parti de gauche ne prendra pas ce personnage comme allié . Tout comme pour les prochaines régionales en France ce même parti de Gauche ne devra s’allier en aucune manière avec le ps , au premier comme au second tour .
    Dans le cas contraire je voterai dès le premier tour pour marine , comme beaucoup de mes camarades . Attention Mélenchon !

    lineand Le 12 septembre 2015 à 09:55
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