Lamartine repoussant le drapeau rouge devant l'Hôtel de ville, février 1848 (tableau de Philippoteaux)
Accueil > Politique | Par Philippe Marlière | 27 novembre 2015

Le poujadisme du drapeau

Orchestré par un État qui galvaude les valeurs universalistes dont il se réclame pour se précipiter dans la guerre, l’appel à afficher le drapeau tricolore n’est pas l’hommage que méritaient les victimes des attentats.

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Ce fut orchestré depuis les sommets de l’État : pavoisez de drapeaux tricolores vos fenêtres, prenez des selfies sous ces drapeaux et postez-les sur les réseaux sociaux. Imaginons un instant que ce soit le Front national qui ait tenté d’exploiter ainsi les tueries de Paris. Nombreux sont ceux qui auraient crié à la récupération nationale-chauvine, à l’insulte aux morts ou au mauvais goût. Comme c’est un gouvernement socialiste qui est à l’origine de cette indignité, c’est la sidération nationale.

Universalisme franco-centré

Je ne fais pas une fixation sur le drapeau français, son histoire ou sa symbolique. Si certains éprouvent le besoin de décorer leur fenêtre d’un tissu tricolore, grand bien leur fasse. En réalité, cela m’indiffère totalement, mais n’attendez pas de moi que je me joigne au mouvement. Je n’oublie pas que ces couleurs ont été associées aux épisodes les plus sombres de l’histoire du pays (la répression de la Commune, le colonialisme, Vichy, etc.).

Je peux comprendre que certains s’y réfèrent aujourd’hui comme symbole d’une unité nationale a mimima. Mais ce drapeau est très problématique pour le camp progressiste, n’en déplaise aux néo-républicains de gauche. Il l’a toujours été et le restera tant qu’il continuera de symboliser un universalisme franco-centré. C’est d’ailleurs pour cela qu’il plaît tant à la droite et à l’extrême droite.

Nos dirigeants politiques de gauche et de droite pensent complaisamment que, plus de deux siècles après la révolution, notre récit national républicain constitue le phare de l’univers. Qu’ils voyagent à l’étranger et ils se rendront compte qu’il n’en est rien. Nos voisins perçoivent souvent la politique française comme un magistère de la parole hypocrite : tant de discours ronflants, suivis de si peu de faits.

Qui pourrait être séduit par un universalisme si peu universel, si peu égalitaire et si peu fraternel ? Soyons précis : plus que toute autre nation européenne, la France actuelle est rongée par le racisme, l’islamophobie (dont certains, dans la gauche radicale, continuent de nier l’existence), l’antisémitisme, le mauvais traitement de ses populations issues de l’immigration. Heureusement nous sommes en République !

Cérémonie cocardière pour France en guerre

Un vrai universalisme ne commencerait-il pas par accepter et protéger la diversité des pratiques culturelles, religieuses et linguistiques de notre melting pot national ? Après les rébellions de 2005, symptôme de cet apartheid social dont parla Manuel Valls dans un rare moment de lucidité, rien n’a changé sur le terrain. Pour tout traitement d’une situation sociale fortement dégradée, ce sont toujours les mêmes rappels à l’ordre des populations "déviantes", assortis des clichés lénifiants sur la république “une et indivisible” ; une république imaginaire.

Un universalisme concret ne serait-il pas autrement plus intolérant aux propos racistes qui sont, de nos jours, si fréquents dans la bouche du personnel politique et dans les médias ? Pourquoi ceux-ci sont si peu souvent condamnés par le gouvernement et les partis politiques, pourquoi ne sont-ils quasiment jamais sanctionnés par la justice ?

Pas plus que les injonctions "charliesques" n’ont ressoudé une France désunie, cette cérémonie cocardière ne laissera de trace durable dans les mémoires. Les morts, oui. Nous n’oublierons pas ces victimes ; des citoyens qui n’avaient causé de tort à personne. Quand on lit les hommages qui leur sont rendus dans la presse ou sur les réseaux sociaux, on saisit à quel point ces personnes étaient porteuses des valeurs de tolérance et de pluralisme culturel.

S’il fallait absolument sortir les drapeaux et communier sous des couleurs, pourquoi n’en avoir pas sorti dix-neuf ; comme les dix-neuf nationalités touchées par les tueries de Paris ? Pourquoi n’avoir pas recommandé d’afficher le beau drapeau de la paix aux couleurs arc-en-ciel ? Ne souhaitons-nous pas tous la paix après ces massacres ? Ah, j’en oubliais presque que la France est déjà en guerre. Les bombardements aériens français tuent aussi des populations civiles hors de nos frontières, ce dont nos médias ne parlent jamais ou de manière euphémisée.

Pas en notre nom

Les raids de l’armée française ont d’ailleurs commencé il y a quatre ans : en Lybie, au Mali, en Côte d’Ivoire, en Irak et aujourd’hui, ils s’étendent à la Syrie. Ces frappes faussement "chirurgicales" tuent des civils et ne pourront, selon l’avis des experts militaires, venir à bout de Daesh. Mais François Hollande, le socialiste, fait ce que Jacques Chirac, son prédécesseur gaulliste avait refusé : endosser le costume du chef de guerre pour goûter, un bref instant, à une popularité aussi éphémère que futile.

Le fascisme daeshien ne pourra être éradiqué que par une série de mesures coordonnées : arrêt de ventes d’armes aux dictatures saoudienne et qatarienne, suppression des moyens de financement de Daesh (dont la vente de pétrole) armement et aide logistique aux forces démocratiques d’opposition en Syrie et, en France, traitement social des problèmes liés à une jeunesse en déshérence, dont certains membres deviennent la proie du djihadisme.

Alors, que celles et ceux qui le souhaitent sortent leur drapeau tricolore. Mais que cette sortie de drapeau puisse être instrumentalisée par un président et un gouvernement responsables de l’approfondissement de la fracture sociale et des tensions raciales en France – autant d’échecs qui, peu à peu, respectabilisent le Front national – me paraît inconcevable.

Puisqu’il n’y a « aucune excuse sociologique » (Manuel Valls), que tout est question de rapport de forces et de guerre, alors il faut dire que ce président et ce gouvernement ne parlent, ni n’agissent en notre nom. La gauche, à la différence de la droite, se doit de donner une interprétation réaliste des situations de crise, afin de pouvoir les régler sans remettre en cause les fondements de notre démocratie pluraliste. Hollande et Valls font l’inverse de cela : comme la droite et l’extrême droite, leurs déclarations guerrières attisent les peurs et n’aident aucunement à saisir la complexité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Pour cela, il faut se désolidariser de ce poujadisme du drapeau et de cet ordre sécuritaire.

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Vos réactions

  • En gros, l’auteur de ces lignes associe le drapeau français au poujadisme, au nationalisme, à Vichy, au colonialisme,..
    Je suis étonné qu’il n’ait pas craché sur l’hymne national, avec les arguments éculés sur le "sang impur".
    Désolé, mais le Drapeau, la Marseillaise, c’est l’héritage de la Révolution Française, c’est une référence commune pour tout le peuple français, et il n’y a qu’un peuple, la France n’est pas à l’inverse d’autre pays une mosaïque d’ethnies et de communautés.
    Ne laissons pas l’extrême droite et la droite extrême monopoliser et dévoyer les symboles de la Nation.
    La multiplication des drapeaux et les gens qui chantent la Marseillaise sont d’abord des réactions spontanées, pas des prétendues récupérations.
    Il n’existe pas de pays, de Nation sans drapeau et sans hymne national.
    Le patriotisme n’est pas l’appel à la guerre, on peut aimer son pays et vouloir vivre en paix avec les autres.
    Je constate, encore une fois que l’auteur de l’article comme d’autres, n’a pas un seul mot de condamnation des terroristes, qui n’ont droit à aucune excuse, ni à une quelconque circonstance atténuante.

    Daniohannis Le 27 novembre 2015 à 15:42
       
    • Il n’y a qu’un peuple en France ? Et les Bretons, les Basques, les Alsaciens, occitans ,Corse et j’en oublie, peuples qui existaient bien avant la France, c’est de la merde bien sûr. Ce n’est pas parce que la nuit du 4 aout 1789 quelques excités, sans doute de bonne foi, mais qui n’avaient absolument pas l’aval de leurs pairs, ont décrété ceci ou cela que ça change quelque chose, à l’existence de ces peuples.

      Odupse Le 27 novembre 2015 à 23:12
    •  
    • @ Odupse
      "les excités de la nuit du 4 août "= c’est l’abolition des privilèges !!! excusez du peu ! Vous allez nous en sortir beaucoup comme ça ?
      Avec les commentaires exprimés sur ce site, on marche sur la tête.
      Et puis dénigrer la drapeau de la révolution française parce que Pétain ou le front national se l’approprient, ça ne regarde que P. Marlière , pas la gauche. Je n’ai pas cette culture et je me suis toujours situé à gauche, défendu ses valeurs, (pas à gauche par décret façon Vals) j’ai grandi avec le récit de la résistance, de la commune aussi ; pour moi le bleu blanc rouge ça a toujours signifié des valeurs, le drapeau rouge aussi...
      Ce n’est pas parce que le FN dit il pleut que je vais détester la pluie et dire non il fait beau !!! un article de presse comme ça me fait fuir et je comprends mieux pourquoi le FdG piétine.
      Bref,on n’est pas sorti le cul des ronces avec de tel propos. La révolution n’est pas pour demain.
      PS : je n’ai pas pavoisé mon balcon. Je suis du côté de tonton Georges (BRASSENS) la musique qui marche au pas, ça ne me regarde pas...

      José Le 28 novembre 2015 à 21:06
  •  
  • Le drapeau français n’est pas assez large pour englober l’humanité.
    La France, on n’importe quel pays, c’est avant tout une construction mentale. Pratique, mais avant tout mentale.
    Faire des choix ou des guerres au nom de la France, perso je trouve que ça ne veut rien dire.
    @ Daniohannis, l’auteur parle de "fascisme daeshien", je trouve que ça vaut condamnation. Et puis condamner, condamner et condamner c’est bien, ça donne bonne conscience mais ça ne résout pas grand chose. Je trouve justement que l’auteur évoque des pistes concrètes.

    Flutiot Le 27 novembre 2015 à 16:11
  •  
  • Chers camarades de Regards,

    Vous oubliez l’histoire du mouvement ouvrier français...
    Rappelez vous 1830, 1848... et Maurice Thorez (1934 et 1936), "Nous avons réconcilié le drapeau tricolore et le drapeau rouge de nos rêves..."

    Comtois07 Le 27 novembre 2015 à 19:52
  •  
  • N’aurions-nous pas des œillères ? Il est dit, à juste titre, que la stratégie de Hollande/Fabius n’est pas la bonne pour cause d’atlantisme, la nôtre est équivoque. Elle semble un peu surannée. Nous ne sommes plus en 45 ni en 68 encore moins en 81. Nous occultons les 300 000 morts ou plus du conflit Syrien, pour ne pas parler celui de l’Irak. ou de la Libye. La moitié des victimes en Syrie seraient des miliciens et militaires combattants du gouvernement et président élu actuel, même s’il ne nous plaît pas pour toutes sortes de raisons. On n’en parle jamais ou si peu, si ce n’est pour laisser croire qu’ils auraient été tués par l’infâme Bachar. Point de vue assez répandue également côté gauche dite"radicale". Comme si les bombes françaises ne tuent pas aussi le peuple syrien.
    S’il faut bien évidemment s’appuyer sur le PKK ou le PYG (qui ne défendent que leurs pré-carrés) et les autres forces démocratiques en "Syrak", encore, faut-il qu’elles existent et qu’elles soient assez nombreuses. C’est une autre affaire et loin d’être le cas présentement, sauf à rêver. Il faudrait aussi, sans aucun doute, s’appuyer sur les seules forces qui combattent le radicalisme islamiste depuis le début, c’est-à-dire les forces gouvernementales de Bachar et ses alliés iraniens, irakiens et du hezbollah ...en attendant que ladite coalition US veuille réellement s’engager et non laisser faire dahech. On sait que les E-U ne feront rien, sinon par opportunisme attiser le conflit pour essayer d’en tirer le meilleur parti possible. Les victimes, ils s’en foutent. Ils ne recherchent que l’asservissement des autres (droit divin) et le fric. On doit être clair sur la question, rien ne se réglera si l’on ne tient pas compte de ces paramètres. Il faut savoir ce que l’on veut et éviter d’idéaliser à la sauce française celui qui est le bon et l’autre le méchant.
    Ne laissons pas, là non plus, ce terrain à l’extrême droite. Au lieu d’échafauder des stratégies qui ne se concrétisent jamais ou des discours généreux, mais, or sol, il serait bien d’adapter notre logiciel sous peine de disparaître. Ne nous attardons pas trop sur l’épiphénomène du drapeau. Il est sage de laisser la polémique au vestiaire. Il ne s’agissait que d’un coup supplémentaire de Hollande et du PS pour tenter de sauver dimanche en quinze, ce qui reste à sauver de leurs centaines de mandats.

    rody Le 27 novembre 2015 à 20:02
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  • Un peu de dialectique :
    "Notre drapeau, c’est le drapeau rouge, le drapeau qui déjà fut brandi par le peuple durant les années 1792, 1793 et 1794, le drapeau qui flotta sur les barricades à maintes reprises au cours du siècle passé, le drapeau qui connut la victoire avec les héros immortels de la Commune de Paris, le drapeau de combat et d’espoir des prolétaires du monde entier, le drapeau qui flotte victorieusement sur un sixième du globe.
    Mais nous qui luttons sous les plis du drapeau rouge, nous sommes heureux de voir à nos cotés des combattants de la liberté qui abordent la drapeau tricolore dont nos ancêtres firent l’emblème de la grande révolution française et qu’on vit souvent voisiner sur les barricades avec notre drapeau rouge.
    Nous voyons dans la drapeau tricolore le symbole des luttes du passé et dans notre drapeau rouge le symbole des luttes et des victoires futures."
    Discours de Jacques Duclos 1935

    torpedo Le 27 novembre 2015 à 20:03
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  • Merci torpedo

    Flutiot Le 27 novembre 2015 à 20:44
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  • Ben moi je préfère le drapeau noir...

    zikfried Le 28 novembre 2015 à 13:48
       
    • ...Qui n’est pas un vrai drapeau ; Qui fut juste un chiffon brandi par des insurgés pour donner la direction.
      C’est aussi celui que je préfère ;)

      robert gray Le 29 novembre 2015 à 13:46
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  • bon article, Philippe. Merci. Et dire qu’on ne peut même plus mettre un drapeau pirate à la fenêtre sans faire l’objet d’une intrusion policière... http://gauchedecombat.net/2015/11/28/contre-nous-de-la-tyrannie-le-jour-de-gloire-dune-france-grotesque-est-arrive/ Le poujadisme est bien là, en effet. Ne manque même pas les dénonciations anonymes des collabos de service...

    Gédécé Le 28 novembre 2015 à 16:16
  •  
  • Pour avoir eu la chance, de par mon métier, de voyager à l’étranger, je peux affirmer que le drapeau français est partout un symbole de la liberté tout comme la langue française. Pas une capitale ( une cinquantaine sur mon passeport)ou un endroit plus reculé où lorsque nous parlons, nous sommes interpellés et où la conversation s’engage avec le sourire sur Victor Hugo, Beaudelaire, Gérard Philippe, la Tour Eiffel, la Révolution Française, Versailles, Le Louvre, etc...etc...La culture, la langue et l’ histoire de France sont des passeports incontournables pour le partage, le vivre ensemble. Ce n’est pas un hasard si, au lendemain des attentats, dans le monde entier des lieux symboliques ont été illuminés en bleu, blanc, rouge. J’ ai parfois eu honte d’ avoir des interlocuteurs, y compris ouvriers, s’exprimant en français et qui la plupart connaissaient TV5 monde alors que je ne parlais pas leur langue. N’oublions pas que si le drapeau rouge ( du sang de la commune et des ouvriers) et que je défends aussi par conviction, est aussi celui des dictatures staliniennes et maoïstes ( polpot arborait aussi le rouge)....je l’ai entendu. Et ce n’est pas un hasard si les drapeaux cubains et chiliens sont également bleu, blanc, rouge....Ça aussi je l’ai entendu !...Il faut être bien aigri ou peu "empreint d’ humanité" pour s’autoflageller . Je suis fier d’être athée, pacifiste, progressiste et français. Je suis maintenant un vieux monsieur, j’ai été élu républicain et communiste : j’ai marié, baptisé, défilé, manifesté avec l’écharpe tricolore, je n’en ai jamais eu honte.

    Luma Le 28 novembre 2015 à 18:31
  •  
  • C’est un texte bref et percutant, absolument juste. Triste et toujours déroutant que l’on doive rappeler à certains de nos amis de gauche pourquoi, aujourd’hui comme hier, porter la cocarde ne sert que ceux qui nous écrasent, et qui en écrasent beaucoup d’autres.
    Car enfin l’on ne peut pas décemment se réclamer de valeurs humanistes (donc qui visent à favoriser l’humanité dans sa totalité) tout en s’attachant à un symbole qui ne s’applique, qui "n’appartient" qu’à ces êtres nés dans l’Hexagone ; un symbole qui, enraciné dans un communautarisme au mieux irrationnel, impensé, au pire idéologique, sert à établir un "nous" englobant Marine Le Pen, Pierre Gataz, E. Macron—voire, paternellement, des "étrangers" qui devront apprendre "nos mœurs".
    Faut-il le rappeler : c’est un symbole explicitement contraire à l’internationalisme, seule optique cohérente avec l’humanisme qui fait la chair d’une vraie politique de gauche. Le reste n’est qu’une mystification qui n’a jamais que nui au mouvement ouvrier, en le rendant perméable aux nostalgies, aux trêves spirituelles et politiques qui rendent possible la collaboration des classes, "l’union sacrée" avec les amis du patron, les récits sirupeux qui dignifient phantasmatiquement la vie d’esclave.
    Et pour celui qui, dans les commentaires, se convainc que le tricolore est "partout un symbole de liberté" : c’est le cas aux Comores ? C’est le cas de Kanaky ? De l’Algérie ? De l’Haïti ? Du Québec, peut-être ? Par ailleurs, la différence fondamentale entre l’utilisation par nous du drapeau rouge et l’utilisation du tricolore aux côtés de Hollande : pour nous, Pol Pot ne représente en rien le mouvement que nous défendons. En revanche, la France des paras, la France du colonialisme, la France des deux empires représentent autant de périodes et d’institutions dans le sillage desquels les patriotes se mettent. Sans quoi ils ne porteraient pas un drapeau mais se revendiqueraient d’idées, d’individus, dont ni les unes, ni les autres n’ont de patrie.

    Ensemble FDG Le 28 novembre 2015 à 23:51
       
    • Au Québec le drapeaux français a toujours été utilisé dans les manifs indépendantistes mais le problème n’est pas là. Ils font quoi les drapeaux algériens ou palestiniens dans vos manifs ? Ceux là aussi sont un symbole nationaliste qui ne dit absolument rien à une grande partie du monde. En quoi le drapeaux algérien rapprésente un symbole humaniste ? Vous êtes bien sûr libre de ne pas vous reconnaître dans un drapeaux mais laissez ceux qui ont envie de le faire sans leur débiter des horreurs. Je signale au passage que l’école publique n’est pas internationale mais nationale à force de vouloir continuer à détruire la nation on se retrouvera avec des écoles privées en majorité.

      Gillo Le 5 décembre 2015 à 20:58
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    • édifiant, c’est la première fois que je viens sur ce site et je retrouve les accents ringards de la vieille extrême gauche. j’ai toujours trouvé marrant que des gens qui font 5 pour cent des voix les bonnes années , soient ainsi persuadés d’avoir la vision juste et moralement et politiquement sur le drapeau et tant d’autres sujets . Continuez comme ca, c’est la bonne méthode !
      En ce qui ce qui concerne le drapeau ce qui est drôle aussi c’est que pour vous , les nations ah oui ! opprimées ou colonisées ont seules le droit au drapeau. l’Algérie pendant les matchs de foot contre la France, le drapeau a l étoile rouge, le cubain, le nicaraguayen bref tous sauf le Français.
      La marseillaise ha oui ! hymne ringard et ah oui sanglant !
      c’est magnifique la foi surtout la mauvaise et bien continuez a vous faire plaisir ,vous n’ intéressez plus personnes et les adhérents de vos partis groupusculaires et/ou éphémères remplis de cheveux gris nostalgique de 68 , seront les derniers a vous écoutez avant que la biologie ne fasse son travail.

      buenaventura Le 12 décembre 2015 à 16:08
    •  
    • Je n’arriverai jamais à comprendre l’attachement d’adultes scolarisé(e)s à des bouts de tissu. Ni la capacité des trolls de droite à tomber si à côté de la plaque à chaque tentative de critique : personne ici n’a parlé d’-empêcher- les gens de porter des drapeaux de quelque nation que ce soit—état français ou état algérien. Et personne n’a jamais vu un drapeau national—ni français, ni algérien—faire fonction d’allégorie de la politique de gauche à un meeting ou une manifestation en France. Quant à la libération, il va sans dire que le contexte était très différent...
      Pour ce qui est de la "ringardise", il n’y a rien à dire : la gauche a pu refluer à certaines périodes de l’histoire ; je doute que sa défaite en Afghanistan, par exemple, impliquât par voie de conséquence la justesse ou la valeur morale de l’idéologie talibane. Laquelle n’est pas plus sophistiquée ou plus inhumaine que l’idéologie des nationalistes français, illustrée glorieusement par M. Buenaventura, plus haut : est-ce la vieillesse supposée des jeunes militants de gauche qui le dérange ? est-ce le score du Front de Gauche dans un pays où plus de la moitié de la population ne vote pas ? À ce tarif là, B, elle est bien triste ta "biologie". N’empêche : si une "nature" inventée te paraît un bon succédané pour la politique, amuse-toi dans ton petit corps animal et laisse la réflexion morale aux ringards capables d’utiliser des majuscules.

      Ensemble FDG Le 12 décembre 2015 à 17:14
    •  
    • merci pour votre réponse, et pour les majuscules, il ne restait plus que la remarque enseignant/ suffisant pour peaufiner votre propre caricature de savants sachant. C’est chose faite.
      Plus sérieusement ce que je n’admets pas en étant de gauche ,(plus gobelin que trolls) c’est la négation des aspirations des gens auxquelles, vous, nous , sommes censés nous adresser .
      Les français aiment leur drapeau ,leur cochon, leur petites églises, la marseillaise, et aussi LA CGT , les manifestations de rues , les Poulidor , les chanteurs populaires et les peoples.
      Tout ce que vous refoulez inconsciemment , les adhérents des partis a la gauche de la gauche sont la plupart du temps, enseignants , prof de fac, ingénieur et CSP , dans le culturel et le para public , rien d infamant évidement mais oh combien éloignés de la catégorie de Français qu’ ils prétendent représenter. comme il est plus noble de parler des Lyon Turin et autres notre dame des landes que de parler des bas salaires, de la précarité institutionnalisée, des tarifs prohibitifs des maisons de retraites, de la cohabitation en cité avec des jeunes délinquants ( pardon des jeunes en difficultés issu de la diversité) . Tout ces thèmes que vous avez laissé au front national et qui font que les Français , votent pour le front national ( les idiots ) .le drapeau voila bien un thème de campagne ; les régions vont toutes passer a la droite ou au social libéralisme mais vous a "ensemble ", vous aurez raison !" seul
      Ce n’est pas ensemble que vous devriez vous appelez mais " Isolé" "seul " ou " inaudible "
      ( ps : un de vos intello corrigera mes fotes d ’hortograf)

      buenaventura Le 13 décembre 2015 à 09:17
    •  
    • Resalut Buenaventura,

      Il y a effectivement des gens en France qui aiment les people et le jambon. Certains sont salariés, beaucoup ne le sont pas.
      C’est leur choix, ce n’est pas le mien, mais de toute façon je n’en ai pas parlé. Ma critique à moi (et celle de l’article) portait sur le port du drapeau. À quoi sert-il ? Aucune des personnes qui se sont indignées dans les commentaires ne nous a expliqué -pourquoi- il ne fallait pas s’opposer à ces cocarderies. Pour ta part, tu as une ébauche de critique à ce sujet : certaines personnes aiment le drapeau—pas le drapeau algérien, pas le drapeau palestinien, mais le tricolore. Et alors ? Je suis critique.
      Ils ont le droit d’aimer à la fois les curés et les syndicalistes ; je ne suis pas sûr qu’ils existent vraiment, les gens dont tu me parles, mais c’est un beau fantasme. À une époque différente, les idéologues d’extrême droite nous expliquait : mais les Allemands ils aiment leur race, ils aiment les brasseries, ils aiment leur armée, ils aiment la choucroute, les accordéons, et la classe ouvrière aussi ! Et ils existaient, ces gens, à leur façon. Tout comme il existait des millions de personnes en Allemagne qui ne se retrouvaient pas dans ce tas d’autosatisfaits critiques de tout -sauf- ce qui ne se rapportait qu’à eux. Ces millions de personnes ont dû partir ou elles sont mortes.
      Toi, avec les idéologues d’extrême droite, tu m’expliques : je suis trop cérébral (c’est à la limite un peu juif comme truc, n’est-ce pas) ; oublions que je ne peux pas payer le loyer, je représente "l’élite" et pas les "vrais Français". N’importe quoi ! Oublions que je parle de la précarité, que je connais ; oublions que je parle de salaires et du lien social à peu près non existant à peu près tout le temps sauf quand il s’agit d’un article sur complètement autre chose. Eh non, puisque je me soucie de l’écologie (comme toutes les personnes sondées), je suis déconnecté. Déconnecté des millions de personnes qui perdent leurs maisons, leurs vies, leur nourriture, et dont les bonnes gens comme toi vont se plaindre quand commenceront l’évacuation définitive des territoires bientôt invivables/engloutis par l’eau.

      Je finirai là pour le moment, Buenaventura, parce que j’ai du travail à faire, mais écoute : je comprends que tu puisses être déçu par la faiblesse de la gauche en ce moment. Mais ce n’est pas en reprenant les thèmes de campagne du FN qu’on va résoudre le problème. Si tu te sens isolé—ce n’est pas mon cas, je parle à des milliers de personnes—rejoins une équipe de foot. De mon côté, je vais travailler, faire de la politique, et continuer à critiquer les atteintes à l’esprit critique et à la solidarité internationale.

      Ensemble FDG Le 13 décembre 2015 à 13:06
  •  
  • À ensemble FDG, il est absolument faux de prétendre que le drapeau tricolore est un symbole contraire à l’internationalisme , tout aussi faux que de prétendre que le drapeau rouge en est un, ou tout autre d’ailleurs. Au cours de l’histoire, le "bleu,blanc, rouge " a été récupéré" tout autant que le rouge, ou le noir ....À la libération de la France en 44, c’est le drapeau tricolore qui flottait à tous les balcons, gaullistes, chrétiens, communistes, athées, dans le 15ième comme à Bagnolet ! Et je doute fort, qu’un jour Le Corcovado ou l’opéra de Sydney, soient colorés de rouge, de noir, ou de jaune. Le pavillon français, partout dans le monde, est le symbole de la liberté , de l’unité du peuple et des républicains, il est né le 15 février 1794 par la volonté des révolutionnaires et des "sans culottes". C’est un symbole qui vaut pas plus, ou pas moins qu’un autre .

    Luma Le 29 novembre 2015 à 10:54
  •  
  • A 100% d’accord avec la vision de l’auteur de cet article.
    Pas besoin de courir partout pour donner la chasse aux terroristes : Les plus gros terroristes sont les cravateux qui dirigent notre pays.

    robert gray Le 29 novembre 2015 à 13:44
       
    • Donc les jeunes font bien d’aller vivre chez Daesh pour vous si vous pensez qu’ils sont moins terroristes...

      Gillo Le 5 décembre 2015 à 20:51
    •  
    • Absolument pas.

      Je ne vois pas pourquoi, ni nos vieux, ni nos jeunes, devraient avoir à choisir entre Charybde et Scylla.

      Objectivement, "nos" terroristes cravateux font plus de morts que les autres de par le Monde, compte tenu de la misère qu’ils entretiennent en pillant les ressources naturelles, en aidant des dictatures, en leur vendant des armes, en participant à la répression des mouvements sociaux, en détruisant le tissu social et économique, en favorisant des castes de privilégiés de plus en plus arrogantes et méprisantes...

      ...Ce n’est pas pour autant que j’encourage qui que ce soit à rejoindre des mouvements prétendument religieux qui cherchent, à grand renfort d’attentats spectaculaires, à se hisser à leur côté sur le podium de l’Horreur.

      Que ce soit nos jeunes, ou nos vieux, je les exhorte à mesurer la part de responsabilité de chacun(e)s dans les malheurs du Monde et à ne pas rejoindre un camp du Mal pour se battre contre un autre. S’ils / elles doivent se battre, que ce soit uni(e)s contre TOUS ces sal#pards ;)

      robert gray Le 6 décembre 2015 à 10:34
  •  
  • Très bon texte !

    Antoine M Le 30 novembre 2015 à 13:46
  •  
  • "plus que toute autre nation européenne, la France actuelle est rongée par le racisme, l’islamophobie (dont certains, dans la gauche radicale, continuent de nier l’existence), l’antisémitisme, le mauvais traitement de ses populations issues de l’immigration. Heureusement nous sommes en République !"

    Ben voyons, la France a la plus grande communauté musulmane et juive d’Europe mais c’est elle qui est la plus "islamophobe". Plus que la Hongrie bien sûr avec ses 40.000 musulmans où le président dit ne vouloir que des réfugiés chrétiens. Plus que l’Angleterre qui fait face à une vagues d’attaques islamophobes. Au fait qui sont les auteurs des actes antisémites en majorité ?

    Gillo Le 5 décembre 2015 à 20:41
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  • ". Qu’ils voyagent à l’étranger et ils se rendront compte qu’il n’en est rien"

    Et bien pour être un étranger j’infirme ces propos. Cela dépend de qui vous fréquentez à l’étranger. Par ailleurs allez un peu en Pologne ou en Hongrie parler d’"islamophobie" avec si peu de musulmans qu’il y a dans ce pays.

    Gillo Le 5 décembre 2015 à 20:46
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  • Ce monsieur vit à londres où le gouvernement ne veut pas trop des réfugiés et l’Angleterre n’est pas dans l’espace schenghen.

    Gillo Le 5 décembre 2015 à 21:11
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