Accueil | Par Loïc Le Clerc | 31 mars 2020

Covid-19 : c’est pas la crise financière pour tout le monde

Si vous croyez que la crise financière liée au coronavirus va impacter les grands patrons, bien au contraire, ceux-ci en profitent pour s’enrichir. Business as usual.

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C’est une petite phrase passée assez inaperçue. Le 10 mars dernier, sur CNEWS, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie Agnès Pannier-Runacher lance : « Je regarde avec une certaine circonspection la situation. C’est plutôt le moment de faire des bonnes affaires en Bourse aujourd’hui. »

 

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Ah bon ? Alors qu’on nous explique çà et là qu’une crise financière vient s’ajouter à la crise sanitaire, alors qu’Emmanuel Macron parle sans cesse de « guerre », alors que la majorité des Français reste confinée à la maison, en chômage partiel, alors que la majorité des entreprises n’a que les promesses du gouvernement pour espérer survivre, il faudrait investir en bourse ?

Sur Twitter, le PCF s’était alors fendu de ce commentaire : « Et si on remettait un peu d’essence sur l’incendie ? »

Pourtant, il y en a qui ont bien entendu l’appel d’Agnès Pannier-Runacher : les grands patrons. Il n’est jamais de crise pour eux. Ainsi lit-on sur L’Express : « En pleine débâcle boursière à cause de l’épidémie de coronavirus, plusieurs dirigeants d’entreprises ont sorti le porte-monnaie pour acquérir des actions de leur propre groupe. A commencer par le plus riche d’entre eux. Bernard Arnault a racheté pour plus de 93 millions d’euros de titres de son entreprise de luxe LVMH. Après avoir atteint son plus haut niveau historique en début d’année, l’action avait chuté de plus de 35% mi-mars, avant de se reprendre ces derniers jours. »

Pour rappel – et à titre de comparaison –, LVMH a « généreusement » offert dix millions de masques à la France, d’une valeur de... cinq millions d’euros. Soit 0,006% de sa fortune estimée à 84,6 milliards. C’est un peu comme si un smicard donnait 7 centimes.

Tremblez patrons, v’la le gouvernement !

Et Bernard Arnault est loin d’être le seul : « La famille Bellon, principale actionnaire du groupe de restauration collective Sodexo (pour 67,1 millions d’euros), Jean-Dominique Senard, président du conseil d’administration de Renault (71.333 euros), Alexandre Bompard à Carrefour (387.258 euros), Sébastien Bazin, PDG du groupe hôtelier Accor (1,04 million d’euros). L’un des derniers en date, Yannick Bolloré, président du conseil de surveillance du groupe de divertissement et de communication Vivendi, a déboursé 77.000 euros le 12 mars », découvre-t-on encore sur le site de l’hebdomadaire.

Merveilleux ! D’autant que ces patrons achètent leurs propres actions, donc prévoient de s’enrichir avec leur propre argent. Mer...veil...leux !

Mais surtout, n’oubliez pas le message du gouvernement qui, par la voix du du ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, a simplement recommandé aux grandes entreprises d’avoir une attitude « responsable » et « à faire preuve de la plus grande modération dans le versement des dividendes ». Tremblez patrons !

Pendant ce temps-là, un autre ministre, de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, lance un « grand appel à la solidarité nationale » pour soutenir les entreprises en difficulté, via une « plateforme de dons ». Des dons, défiscalisés, pour pallier au manque d’impôts, notamment des plus fortunés. Tel un serpent se mordant la queue.

 

Loïc Le Clerc

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  • M’enfin, à quel moment les gros poissons ne tirent pas bénéfice des crises financières ?????!!!!! En 2008 ???!!!! Rappelez vous qui les payent au final...

    carlos Le 28 avril à 16:14
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