Accueil > Monde | Par Bernard Marx | 1er mai 2015

Grèce : rage et désespoir

Les deux semaines qui viennent vont sans doute être décisives pour décider du sort de la Grèce. Le gouvernement français prête activement la main à une politique de l’Europe aussi bête que brutale. Mais que fait la gauche ?

Vos réactions (12)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Le 24 avril, le conseil des ministres des Finances de l’Union européenne a maintenu son cap. Les ministres et la Commission continuent d’exiger du gouvernement grec ce qu’ils appellent « un plan de réformes économiques complet et détaillé » pour débloquer les 7,2 milliards d’euros correspondant à la dernière tranche du plan d’aide financière appliqué depuis 2010/2011. Et pendant ce temps le nœud coulant continue de se resserrer et l’asphyxie financière approche.

La raison du plus fort

Yanis Varoufakis et ses collègues grecs ne cessent d’en appeler à la raison et à un compromis raisonnable. Mais il y a beau temps que, dans cette affaire, les dirigeants européens se sont assis sur la démocratie et sur les Lumières. Ils n’ont même pas pris la peine de dire en quoi consistent précisément leurs demandes. Ce que l’on en sait ne vient pas d’eux mais du gouvernement grec. Pour eux la politique ce n’est pas la confrontation et le libre échange des paroles et des idées pour partager des actes et agir en commun. C’est la loi du plus fort. La "négociation" entre la Grèce et les institutions de la Troïka ressemble fort à celle du loup et de l’agneau de la fable de la Fontaine.

Ainsi se perpétue le "viol d’Europe" par ses dirigeants politiques comme il s’effectue aussi par ailleurs dans le traitement de la question des migrants de la Méditerranée ou dans la négociation du Traité commercial transatlantique. L’accord du 20 février stipulait que le déblocage des 7,2 milliards d’aide restant à verser était conditionné à la validation par les créanciers du pays d’une liste des réformes que le gouvernement grec devait présenter à ses partenaires. Le principe admis par celui-ci était que cet ensemble de réformes n’est acceptable que si il préserve l’équilibre des finances publiques. Depuis le Grèce a fourni trois listes, toutes retoquées. Pas assez complètes, pas assez précises, pas assez chiffrées ou chiffrées de façon trop optimiste. « Une critique assez comique, juge l’économiste Bruno Amable, quand on pense à celles qui avaient été faites des conséquences des mesures d’austérité imposées à la Grèce : une récession modérée suivie d’un retour rapide à la croissance en lieu et place de l’effondrement qui a eu lieu. Ou encore le chiffrage par la Troïka des recettes des privatisations imposées aux précédents gouvernements. Supposées rapporter 20 milliards d’euros entre 2011 et 2013, elles n’ont permis d’engranger que 2,6 milliards ».

Car, bien entendu, ce gouvernement européen par les règles et par les nombres (ceux du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) venant après ceux du pacte de responsabilité) ne pratique jamais pour ce qui le concerne l’évaluation publique et argumentée des effets des politiques dont il impose la mise en œuvre. La note que Philippe Légé vient de publier pour les Économistes atterrés est tout à fait instructive. [1].

Comme le constate Euclide Tsakalotos, ministre délégué aux relations économiques internationales désormais coordinateur de l’équipe des négociateurs et lui- même professeur d’économie à l’université d’Athènes, « sous les gouvernements précédents, le versement des tranches des prêts UE-FMI n’était jamais conditionné à la lutte contre la fraude fiscale ! C’était conditionné à la baisse des salaires, à celle des pensions de retraite… Et les réformes de fond concernant le système fiscal et la corruption n’ont jamais été mises en œuvre ».

Maniant la litote diplomatique, le ministre ajoute : « Je commence à avoir des doutes sur le fait que les institutions et les pays membres nous soutiennent réellement sur les réformes de fond. » Cette "négociation" n’a en fait qu’un but : faire échouer toute idée de politique alternative en Europe, en imposant au gouvernement grec la mise en œuvre de nouvelles réformes antisociales. La liste avait déjà présentée en décembre 2014 par la Troïka au gouvernement Samaras. Cela avait entrainé sa décision de provoquer des élections anticipées, car il savait que les accepter était un suicide politique. Les enjeux sont le rétablissement des négociations collectives, le rétablissement progressif du niveau du salaire minimum, les retraites et les impôts. Les lignes rouges que le gouvernement Tsipras a averti, arguments raisonnés à l’appui, qu’il ne franchirait pas. « Les îles grecques, précise par exemple Euclide Tsakalos, bénéficient d’un taux réduit de TVA à 13 %, contre 23 % pour le reste du pays. Nous excluons de l’augmenter, c’est inenvisageable étant donné les coûts de desserte pour ces îles qui sont pour certaines très pauvres et très éloignées du continent. Si l’on augmente la TVA sur les îles, il faudra ensuite trouver d’autres moyens pour les soutenir… Nous discutons actuellement d’une taxe sur l’hôtellerie de luxe, c’est la seule chose que nous sommes prêts à mettre en place ».

« La bêtise au front de taureau »

Cette politique de la force est aussi, comme c’est souvent le cas, celle de la bêtise au front de taureau. D’une part parce les "réformes" exigées ne résoudront pas les problèmes de la Grèce, au contraire. D’autre part parce que le blocage des négociations entraine la zone euro vers la catastrophe d’une nouvelle crise existentielle.

Symptôme de cette réalité, aucun économiste, fut-il même tenant du libéralisme et des réformes néolibérales, n’ose défendre publiquement les exigences des dirigeants européens et réclamer des dirigeants grecs qu’ils les acceptent. On trouve des économistes qui prônent la sortie de la Grèce de l’euro comme le Français Jacques Sapir ou Frédéric Lordon, le Grec Costas Lapavitsas, ou l’Allemand Hans Werner Sinn. On en trouve qui y sont opposés (je fais partie de ceux-ci), parce qu’ils analysent que cela ne feraient qu’aggraver les problèmes de la Grèce comme Gabriel Colletis et ceux de l’Europe comme Jean Pisani Ferry [2].

Yanis Varoufakis le rappelle, lui aussi, dans un très intéressant entretien avec le philosophe Jon Elster publié par Philosophie Magazine : « Mes interlocuteurs me disent : "L’Europe a fait son introspection, le problème grec a été circonscrit, la contagion sera donc évitée, on peut envisager une sortie de l’euro sans craindre pour le système." Ma réponse est double. D’abord, cela signifie que l’enjeu du sauvetage était bien de sauver les banques françaises et allemandes, et non la Grèce. Maintenant qu’elles ont été renflouées, on peut nous jeter hors du système. Ensuite, le "Grexit" est une hypothèse hautement indéterminée. Comme le disait Hegel, les lois de l’indétermination sont elles-mêmes indéterminées. Quiconque prétend savoir ce qui se passera le jour où l’on nous poussera par-dessus la falaise raconte des sornettes et travaille contre l’Europe. »

Mais des économistes qui affirment que les exigences actuelles des institutions de la Troïka sont justifiées, il n’y en a pas. Je n’en ai trouvé aucun pour prétendre qu’un excédent budgétaire annuel de 4,5% pendant trente ans était une solution réaliste et compatible avec un redressement du potentiel économique de la Grèce. Même Patrick Artus qui ne veut pas d’annulation de dettes juge que la dette grecque est insoutenable et qu’il n’y a le choix qu’entre un défaut et une restructuration en dette perpétuelle, solution qui a, bien sûr, sa préférence. Pas plus que je n’en ai trouvé qui défende les nouvelles demandes concernant le marché du travail, les privatisations, les retraites et la TVA. Pas même les défenseurs des réformes structurelles néo libérales pour la France, et les promoteurs d’un job’s act à la française. Aucun n’est prêt à argumenter sur l’efficacité de ces mesures, aucun n’est prêt à miser un fifrelin sur leur succès. C’est tout de même un sacré signal.

À vrai dire j’exagère. Il y a une exception. L’économiste allemand Daniel Gros, prend la défense de la politique de la Troïka dans un article au titre évocateur : « Le mythe de l’austérité grecque ». Le directeur du Think Tank bruxellois CEPS, financé pour un tiers par la Commission européenne, considère « après un examen minutieux » que l’exigence d’un excédent budgétaire primaire de 4,5% n’est pas exagérée. « D’autres États membres de l’Union européenne ont réussi à maintenir des excédents budgétaires du même ordre pendant au moins dix ans, notamment la Belgique (depuis 1995), l’Irlande (depuis 1991) et la Norvège (depuis 1999). » On admirera la minutie d’une analyse qui place la Norvège dans l’Union européenne et qui compare la politique d’excédent budgétaire primaire de l’Irlande à la fin du siècle (davantage qu’à partir de 1991), pour compenser une surchauffe liée aux abondants investissements étrangers avec la situation de la Grèce plongée dans la déflation. Pour une contre-expertise du problème de la dette, on lira avec avantage l’analyse de Thomas Piketty.

Demain, il sera trop tard

Alors que les pressions sur le gouvernement grec sont à leur maximum, au fur et à mesure que l’heure d’une éventuelle banqueroute approche si les 7,2 milliards d’euros ne lui sont pas versés, voici qu’à nouveau on entonne l’air de la capitulation d’Alexis Tsipras. "Athènes multiplie les concessions", titre Le Monde du 29 avril qui les réclame depuis le premier jour du gouvernement Tsipras et qui l’avait déjà claironné s’agissant des résultats de l’accord du 20 février. Comme quoi on en était loin à l’époque. Et voici qu’à gauche, Politis prend le relais, évoque les « renoncements de Tsipras », s’interroge sur sa « reddition ». Il est vrai que les marchés financiers ont salué, par une hausse des titres grecs, la décision de remplacer Yanis Varoufakis par son collègue Euclide Tsakalotos à la tête des négociateurs grecs avec les institutions de la Troïka. En fait, comme l’expliquent la journaliste Maria Malagardis dans Libération (29 avril 2015) et François Leclerc sur le site de Paul Jorion, il faut y regarder de plus près. Tsipras ne cède rien sur le fond. Il a non seulement confirmé depuis les points durs sur lequel il ne voulait pas céder – les lignes rouges – mais annoncé qu’il pourrait organiser un référendum s’il devait y être contraint. « Et si les négociateurs entrants sont réputés de ses proches, Euclid Tsakalotos, le ministre délégué aux relations économiques internationales, qui va coordonner les négociations l’est également de l’aile gauche de Syriza. »

Pour ma part, Je constate l’obstination, le courage et, me semble-t-il, l’intelligence politiques de Tsipras et de son gouvernement. J’entends bien que certains de ses amis comme Gabriel Colletis, qui connaît beaucoup mieux la Grèce que moi, lui font reproche de certaines erreurs, comme de n’avoir pas très vite décrété un moratoire sur le paiement des charges de la dette. Mais je n’ai pas de leçon à donner au gouvernement grec.

Par contre, ici et maintenant je constate que le gouvernement de François Hollande prête la main la plus active qui soit pour faire plier la Grèce et qu’il le fait pour qu’il ne soit pas dit qu’une autre politique est possible en Europe et que l’on peut avec succès changer le cours de sa politique et de ses règles. Comme me l’a dit un ami, « ce qu’il y a de bien avec ce gouvernement socialiste, c’est qu’à chaque fois on craint le pire et qu’on n’est jamais déçu ».

La rage et le désespoir ne viennent pas de là, mais du fait qu’il peut agir ainsi vis-à-vis de la Grèce dans une relative quiétude. La gauche politique et le mouvement social en France, savent que la défaite du gouvernement Syriza, quelle qu’en soit la forme (reddition ou sortie de l’euro) serait aussi la leur. Et pourtant ! On a pu lire dans l’Humanité une interview de Reiner Hoffmann, président de la confédération des syndicats allemands DGB, prenant position contre l’intransigeance 
de Berlin et de l’Eurogroupe à l’égard d’Athènes, mais impossible de lire la moindre déclaration ou le moindre appel de ce type d’un dirigeant syndical français. Il n’y en a pas eu.

Et surtout on attend toujours une initiative des responsables politiques de la gauche en France pour exiger du gouvernement qu’il cesse de vouloir imposer à la Grèce une politique inacceptable qui continuera de l’enfoncer et met en danger toute l’Europe. Et pour exiger qu’il s’implique au contraire activement dans la recherche d’une réponse viable et durable pour sortir la Grèce du piège de la dette [3]. Aider la Grèce, c’est aujourd’hui essayer de peser sur ce que fait, à son égard en Europe, le gouvernement français. Demain il sera trop tard.

Notes

[1Voir l’analyse de l’ancien directeur adjoint du FMI pour l’Europe Ashoka Mody, l’autocritique du FMI de 2013 concernant le programme appliqué à la Grèce ou celle, plus globale, de l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, concernant les effets des politiques d’austérité. Voir aussi deux études récentes de l’institut IMK concernant les effets sociaux et économiques des politiques d’austérité imposées à la Grèce. La première montre que l’austérité a fait exploser les inégalités et que l’augmentation de la fiscalité a été très inégalement répartie. La seconde établit que l’effondrement de l’économie hellénique après 2010 et l’augmentation jusqu’à l’insoutenable du poids de la dette publique résulte presque entièrement des mesures d’austérité dictées à la Grèce. L’étude montre qu’en l’absence d’austérité, le PIB grec aurait stagné – comme la moyenne de la zone euro – au lieu de chuter de 25 %. L’augmentation des recettes de l’Etat sur le poids des dettes publics que les coupes dans les dépenses. Le ratio dette/PIB aurait été en 2014 de 135 % au lieu de 175 % avec les mesures appliquées. Voir également le bilan « des hypothèses et des dogmes erronés » sur lequel reposait cette politique dressé par Michel Husson.

[2Le Commissaire général de France Stratégie conclut néanmoins son analyse selon laquelle « il n’y saurait y avoir de Grexit heureux » par cette alerte en forme d’inversion des rôles : « Bien évidemment, les membres de la zone euro ne doivent pas se tenir prêts à payer n’importe quel prix, aussi élevé soit-il, pour éviter la sortie de la Grèce. Cela reviendrait à une reddition ». C’est écrit sans rire.

Vos réactions (12)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • Un grand merci pour cet article. Le lire, ça fait du bien. Encore plus après un 1er mai pluvieux (passé autour de l’abribus où Syriza Paris et le collectif Avec les Grecs avaient élu domicile sur le bd de Voltaire) à regarder tous ces cortèges des cgt de la France entière passer avec des frites et des mojito. Je ne parle bien évidemment pas des nombreuses personnes qui marchaient dans la rue et qui étaient aussi nombreuses à s’approcher du panneau de Syriza Paris, mais des syndicalistes et de leurs syndicats qui sans goût ni saveur défilent chaque année comme des pros. Votre analyse donne un contexte à ce sentiment de détresse qui n’était hélas pas due à la pluie.

    Madeleine Le 1er mai 2015 à 19:37
  •  
  • je ne sais qui est la gauche pour vous
    ni qui est cette gauche qui ne dit rien
    parce que moi j’entends des gens de gauche fustiger Hollande et sa clique
    mais leur donnes-t-on l’audience que l’on devrait ?

    tchoo Le 2 mai 2015 à 11:41
       
    • Bien dit. Il serait d’ailleurs temps d’exclure la sociale démocratie de la gauche. Ça n’a plus rien à voir et cela brouille la lecture idéologique du paysage politique.
      De tout cœur avec Syriza.

      jacques Marchal Le 2 mai 2015 à 13:22
  •  
  • Bonjour
    Merci pour cet excellent article

    juste un bémol sur la conclusion : Des syndicats français affichent publiquement leur soutien à SYRIZA, en ayant parfaitement conscience que se joue en Grèce un tournant qui concerne toutes les sociétés européennes aux prises avec les politiques d’austérité. C’est le cas de l’union syndicale SOLIDAIRES notamment (http://www.solidaires.org/article50264.html) qui participe à de nombreux collectifs locaux de soutien au peuple grec, tout comme certains syndicats de la CGT

    Par contre, d’autres c’est vrai contribuent à brouiller les cartes, comme le montrent les récentes déclaration de Laurent Berger pour la CFDT sur l’inexistence de l’austérité en France

    Yves Le 2 mai 2015 à 16:45
  •  
  • L’auteur aurait pu citer qu’un sein même de syriza, il y a des gens comme Stathis kouvelakis qui sont pour la sortie de L’Euro....
    On peut rétorquer à l’auteur les arguments qu’il avance sur les effets de la sortie de L’euro : Est ce que rester dans L’Europe monétaire faite par les banquiers pour les banquiers, pour reprendre les mots de P.Bourdieu, n’est pas pire qu’une réappropriation souveraine du peuple Grec de sa politique économique... Le temps presse, les grecs crèvent de cette absence de volonté politique !

    djis Le 2 mai 2015 à 19:05
  •  
  • voir le débat
    Frédéric Lordon & Panagiotis Sotiris : L’État, le capital, l’internationalisme. Leçons de Grèce - avril 2015
    « https» ://www.youtube.« com/embed/fOC8XJbcAyU »

    Paulo Le 3 mai 2015 à 05:53
  •  
  • Faut une bonne dose de naïveté pour penser qu’Hollande va aider les Grecs !Un traître n’est jamais traître à moitié !

    Dominique FILIPPI Le 3 mai 2015 à 09:54
  •  
  • Plutôt que d’en appeler à la fable du Loup et de l’Agneau, mieux vaudrait, à mon sens, réduire la "négociation" Euro/Grèce à "l’amitié" de l’Ours et de l’Amateur des jardins :

    L’ours allait à la chasse, apportait du gibier/faisait son principal métier/d’être bon émoucheur, écartait du visage/de son ami dormant ce parasite ailé/que nous avons mouche appelé./Un jour que le vieillard dormait d’un profond somme,/sur le bout de son nez une allant se placer/mit l’ours au désespoir ; il eut beau la chasser :/"Je t’attraperai bien, dit-il. Et voici comme."/Aussitôt fait que dit : le fidèle émoucheur/vous empoigne un pavé, le lance avec roideur,/casse la tête à l’homme en écrasant la mouche,/et non moins bon archer que mauvais raisonneur,/roide mort étendu sur la place il le couche.
    Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ;/mieux vaudrait un sage ennemi.

    Morale de cette morale : un mauvais Grexit vaut mieux qu’un Euro social !

    Jean Guinard Le 3 mai 2015 à 14:36
  •  
  • En réponse à certaines réactions.

    Je suis d’accord avec Tchoo sur le fait que l’on entend des gens de gauche fustiger Hollande. Mais ce que j’ai voulu dire est que, s’agissant de la Grèce, il n’y a pas de bataille menée par la gauche politique et par les syndicats contre les paroles et les actes du gouvernement français. N’en déplaise à Dominique Filippi, je ne pense avoir une dose excessive de naïveté .Je suis, par contre, profondément convaincu que les seuls combats définitivement perdus sont ceux qui ne sont pas menés.
    Evoquant un communiqué de l’Union des Syndicats solidaires et l’existence de collectifs locaux de soutien à la Grèce, Yves apporte un bémol justifié à mon propos. Mais c’est, je crois, seulement un bémol qui ne change pas la tonalité générale. D’une certaine façon cela fait ressortir l’écart entre ce qui devrait se faire et ce qui se fait. Depuis l’appel commun de partis et d’associations et de personnalités et le meeting de soutien au peuple grec avec Syriza au gymnase Japy, avant les élections de janvier, et depuis la manifestation du 25 février, il n’y a eu aucune autre initiative collective, pas même la constitution d’un collectif national de soutien au peuple grec qui aurait pu et pourrait encore animer une campagne permanente, pas seulement vis-à-vis de Bruxelles, mais aussi et surtout, vis-à-vis du gouvernement français. Syriza est un exemple potentiel pour la France disait la gauche radicale en janvier. Le gouvernement socialiste en était lui aussi conscient. Il fait tout pour démontrer qu’il s’agit d’une impasse, d’un exemple négatif. Qui peut prétendre que la riposte soit au niveau ?

    Est-ce faute de prôner une sortie de la Grèce de l’Euro ? Djis reproche « à l’auteur » de ne pas avoir cité d’économiste grec favorable à cette sortie. Dont acte. J’aurais pu (du ?) citer Kostas Lapavistsas qui appartient à l’aile gauche de Syriza ou Dimitri Koutsoubas, qui dirige le KKE (Parti communiste maintenu). Mais pas Stathis Kouvelakis qui est philosophe. Raison pour laquelle je n’ai pas évoqué non plus le Français Valery Giscard d’Estaing qui propose d’organiser une sortie amicale de la Grèce de la zone euro.
    Mais l’essentiel est la suite du commentaire de Djis. Le souverainisme n’est effectivement pas ma tasse de thé. S’agissant de la Grèce, économie dépendante et rentière, une sortie de l’euro ne permettra en soi, ni réappropriation de la souveraineté sur son économie, ni sortie de l’austérité, au contraire.
    Certes, la Grèce peut être poussée à une sortie de l’euro si la seule alternative est la capitulation. Mais le gouvernement grec sera d’autant plus fort et légitime qu’il se sera d’abord battu, jusqu’à la limite, pour une solution constructive dans le cadre de l’euro. En tout cas, en affirmant que son gouvernement pourrait en cas de blocage avoir recours à un référendum, Alexis Tsipras me parait avoir une conception plus réelle et plus démocratique de la souveraineté que celle de Djis, consistant à dicter au peuple grec et à sa place ce qu’il doit faire pour retrouver sa souveraineté et considérant que tout le reste est « absence de volonté politique ».

    Bernard Marx Le 4 mai 2015 à 12:23
  •  
  • "Et surtout on attend toujours une initiative des responsables politiques de la gauche en France pour exiger du gouvernement qu’il cesse de vouloir imposer à la Grèce une politique inacceptable qui continuera de l’enfoncer et met en danger toute l’Europe."
    N’attendez plus ! Informez-vous !
    Jean-Luc Mélenchon a sollicité le président le 4 février pour s’entretenir sur la situation de la Grèce (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/02/04/lettre-au-president-de-la-republique/). Il fut reçu le 17 février 2015 par François Hollande. (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/02/17/censurer-le-chantage/). Sans compter les nombreuses autres initiatives, meeting, manifestations de soutien, conférences, posts et communiqués à ce sujet sur http://www.jean-luc-melenchon.fr
    Jef Durel - PG Guadeloupe

    Jef Durel Le 4 mai 2015 à 15:32
  •  
  • Appel « La Grèce, une chance pour l’Europe »

    Cet appel m’a été adressé ce matin sur ma boite mail. Ai -je eu tort de me désespérer ? Il est, en tout cas, bienvenu.
    Voici le lien pour tous ceux qui veulent s’y associer
    http://www.audit-citoyen.org/?p=6412

    Bernard Marx Le 5 mai 2015 à 11:57
  •  
  • Merci pour cet article .
    Je suis bouleversé par ce qui semble se dessiner.
    Que pouvons nous faire pour empêcher cela à titre individuel et évidemment collectif pour aider concrètement la résistance grecque ?
    Je ne veux pas être témoin d’un naufrage dicté par l’EU et les banques et le reste,
    d’un assassinat politique, oui j’appelle ça comme ça.
    A votre avis quelle est la plus petite chose concrète que je puisse faire à mon niveau et d’autres aussi j’espère pour soutenir cette résistance ? Envoyer des fonds, mais où , à qui, signer des pétitions , faire des manifs ,aller en vacances en Grèce ? .....
    Comme vous le voyez, je me sens désemparé devant ce qui se passe et ne pas savoir quoi faire pour que cela ne se produise pas au moins me dire que j’ai fait quelque chose .
    Si vous avez des idées, j’aimerai les connaître.
    Merci d’avance .
    Cordialement.
    Pascal
    _

    calpas Le 12 mai 2015 à 22:06
  •  
Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.