Accueil > Monde | Par Bernard Marx | 20 février 2015

La France doit enfin soutenir les demandes raisonnables de la Grèce

Nous publions la traduction française d’un document tout à fait éclairant : l’intervention de Yanis Varoufakis le ministre grec des Finances le 11 février 2015 lors de la première réunion de l’Eurogroupe.

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Ce document a été publié sur le site Internet grec Capital.gr, et en Anglais sur le site Macropolis. (http://www.capital.gr/related_files/%CF%86%CE%AC%CE%BA%CE%B5%CE%BB%CE%BF%CF%82%20%CE%B4%CE%B9%CE%B1%CF%80%CF%81%CE%B1%CE%B3%CE%BC%CE%AC%CF%84%CE%B5%CF%85%CF%83%CE%B7%CF%82.doc). Sur ce site ont trouvera également l’intervention de Yanis Varoufakis lors de la réunion de l’Eurogroupe le 16 février, le document « Moscovici » c’est-à-dire le projet de texte négocié qui devait être présenté lors de la réunion du 16 févier et que Yanis Varoufakis était prêt à signer. Le document présenté à la place par le président de l’eurogroup le Hollandais, Jeroen Dijsselbloem avec l’assentiment de tous ses collègues et de la Commission et de Christine Lagarde était par contre totalement inacceptable.

Du Kant, pas du bluff

L’intervention de Yanis Varoufakis que nous avons traduite de l’Anglais (ci-dessous) montre clairement que contrairement à ce qu’on prétend ici ou là, les dirigeants grecs ne négocient pas comme s’ils étaient à une partie de poker ou à un jeu de la poule mouillée. Comme Yannis Varoufakis vient de l’écrire dans le New York Times ( lien sur http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-francois-goulon/170215/yanis-varoufakis-ce-n-est-pas-l-heure-pour-les-jeux-en-europe), « Ce n’est pas l’heure des jeux pour l’Europe. » Le gouvernement grec ne bluffe pas. « Nous ne demande pas à nos partenaires un procédé pour ne pas rembourser nos dettes. Nous demandons quelques mois de stabilité financière qui nous permettront de nous atteler aux réformes que la population grecque dans son ensemble peut faire siennes et soutenir, afin de faire revenir la croissance et mettre fin à notre incapacité de payer ce que l’on doit ». Mais souligne Yannis Varoufakis, « La grande différence entre ce gouvernement et les gouvernements grecs précédents est double : nous sommes déterminés à entrer en conflit avec les puissants intérêts particuliers afin de permettre à la Grèce de redémarrer et de gagner la confiance de nos partenaires. Nous sommes également déterminés à ne pas nous laisser traiter comme une colonie fiscale à laquelle certains peuvent imposer comme bon leur semble toutes les souffrances qu’ils jugent nécessaires. Le principe qui demande l’imposition de l’austérité la plus sévère à l’économie la plus déprimée serait ridicule s’il n’était la cause d’autant de souffrance inutile ».
Les demandes grecques sont légitimes et raisonnables. Elles recherchent à conjuguer l’intérêt du peuple et l’intérêt général des Européens. Ce n’est pas du bluff , c’est du Kant résume le ministre grec. L’irresponsabilité, Le chantage, si non le bluff ne sont pas de ce côté-là. Mais du côté de ceux qui ne recherchent pas une solution acceptable et viable pour la Grèce.

Six mois d’extension de prêt

Le gouvernement grec dépose ce jeudi 19 février une demande d’extension de « l’accord de prêt » avec l’Union européenne pour une durée de six mois. Un tel délai est en effet indispensable pour que la Grèce puisse commencer à appliquer son programme et notamment les mesures d’urgences sociales, et mettre en place les réformes qui permettront de redresser progressivement son économie. Ce qui inclut une négociation pour un traitement durable de la question de la dette.
Mais le problème restera le même. La demande grecque sera rejetée si l’Eurogroupe continue de réclamer en contrepartie l’application des mémorandums selon le dictat du ministre allemand Wolgang Schäuble pour qui il ne s’agit d’obtenir un prêt de six mois « mais de savoir si le programme est respecté ou non. »

Soutenir la demande grecque

Dans une telle situation la France devrait soutenir les demandes de la Grèce. C’est ce qu’elle ne fait pas. A l’Eurogroupe Michel Sapin n’a pas réclamé que le document « Moscovici » reste sur la table et serve de base à la discussion. Il s’est rallié au document Dijsselbloem. Jean-Luc Mélenchon a rendu compte de sa discussion avec François Hollande qu’il avait sollicitée à la suite du coup d’état financier de la BCE contre la Grèce (http://www.regards.fr/economie/les-economistes-ne-sont-pas-tous/article/agir-pour-la-grece-et-l-europe).

Selon ce que le député européen rapporte de la discussion (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/02/17/censurer-le-chantage/#more-21709), François Hollande prétend que le rôle de la France est « d’être le facilitateur du dialogue » et que « son ministre le fait ». « J’ai objecté, dit Jean-Luc Mélenchon, que les propos de Michel Sapin ne le laissaient pas voir. Il pense que nous les comprenons mal. Sa ligne est de trouver une sortie de crise en tenant compte des demandes des Grecs et des intérêts de l’Europe. Je ne résume pas, je cite ». Pour dire les choses autrement François Hollande prétend donc camper dans le « et » « et » « Et » les demandes de Tsipras « et » les demandes de Shauble. Et une chose et son contraire. Il faut forcément pencher d’un côté. Et dans la vie comme le constate Jean-Luc Mélenchon jusqu’ici cela penche du côté de Shauble. Il n’est que temps d’en sortir et de soutenir enfin et vraiment la demande du gouvernement grec. Car contrairement à ce que prétend François Hollande, il n’y a pas d’un côté les demandes des Grecs et de l’autre les intérêts de l’Europe. Les demandes des Grecs sont conformes et à l’intérêt des Européens et à celui des Français.

Présentation de Yanis Varoufakis ministre des Finances de la Grèce

Réunion de l’Eurogroupe 11 févier 2015

Monsieur le Président Jeroen Dijsselbloem,
Chers collègues,

C’est pour moi un grand honneur de participer à cette réunion de l’Eurogroupe en tant que Ministre des Finances du gouvernement grec nouvellement élu.
Le 25 Janvier, le peuple grec nous ont demandé fermement de mettre fin au cycle de l’austérité qui a causé des dommages économiques et d’immenses coûts sociaux.
Le nouveau gouvernement dirigé par Alexis Tsipras s’est engagé à redonner espoir, dignité et fierté aux citoyens grecs et à mettre en œuvre un programme politique complet pour traiter les racines de la sous-performance socio-économique de la Grèce.
Depuis cinq ans, beaucoup d’entre vous ont passé des heures interminables à discuter des voies et moyens de faire face à un énième épisode de la saga sans fin de la crise grecque.
Je comprends votre fatigue. Je comprends que l’Europe en a assez des drames grecs. Mais croyez-moi : Le peuple grec en a lui aussi plus qu’assez.
Notre objectif et notre espoir sont que cette réunion, et peut-être une ou deux de plus, seront les dernières à mettre la Grèce à l’ordre du jour. Mon gouvernement a été élu afin de stabiliser, de réformer, et de développer la Grèce et de la faire ainsi sortir des gros titres et des ordres du jour de l’Eurogroupe.
Mais commençons par le commencement. Tout d’abord, nous devons gagner une monnaie très précieuse sans épuiser notre capital. Nous devons gagner votre confiance, sans perdre la confiance de notre peuple - des électeurs vis-à-vis desquels lesquels nous bénéficions, pour le moment, d’une importante cote de popularité. Car un tel soutien est un capital utile dans la lutte de l’Europe pour trier d’affaire la Grèce et la rendre stable et, en fait, normale.

En cette période de changement, nous entendons vos préoccupations au sujet des intentions de notre gouvernement. Nous devons, de toute évidence, les apaiser.
Je suis ici aujourd’hui pour vous transmettre un message clair sur le programme et les engagements du nouveau gouvernement à ses partenaires de l’Eurogroupe.

Les engagements du gouvernement

La Grèce, en tant que membre de la zone euro, est pleinement engagée dans la recherche d’une solution discutée conjointement entre les partenaires, afin de renforcer notre union monétaire.
Nous nous engageons à coopérer de bonne foi avec tous nos partenaires européens et internationaux, sur un pied d’égalité.
Nos citoyens ont rejeté le rôle de la « troïka » en Grèce. Notre gouvernement va cependant maintenir le dialogue et continuer à coopérer pleinement avec la Commission européenne, la BCE et le FMI en tant que pays membre de l’Union européenne, de la zone euro et de Fonds. Notre coopération future devrait être fondée sur la confiance et le respect mutuels et canalisée principalement par la Commission européenne tout en travaillant avec chacun de nos institutions partenaires dans leurs domaines spécifiques d’expertise et de compétence.
Nous nous engageons à assainir nos finances publiques. La Grèce a réalisé un ajustement considérable au cours des cinq dernières années au prix d’un immense coût social. Son déficit est maintenant en dessous de 3% en termes nominaux, contre 15% en 2010. Fin 2014,son excédent primaire a atteint 1,5%, son solde structurel, tel que mesuré par le FMI, a atteint un excédent de 1,6%, la meilleure performance de l’UE.
Le nouveau gouvernement prend cet ajustement comme point de départ. Nous souhaitons maintenant aller de l’avant, sur la base d’un nouveau partenariat mutuellement bénéfique avec nos partenaires européens.

Nous nous engageons à de profondes réformes structurelles.
Notre programme de réforme vise à recréer la confiance entre les citoyens grecs, la croissance de l’économie, et la crédibilité en Europe. Il reconnaît la nécessité de réformes profondes pour ancrer la prospérité à long terme de la Grèce dans la zone euro.
Notre gouvernement sera le gouvernement le plus actif en matière de réformes de l’histoire moderne grecque, et parmi les réformateurs les plus enthousiastes en Europe. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous ne sommes pas liés à des groupes d’intérêt. Nous voulons obtenir des résultats pour les gens, pas pour des amis ou clients.
Nous allons non seulement nous engager à des réformes, nous allons les réaliser.
Ce matin, le Secrétaire général de l’OCDE a accepté de nous aider dans cette tâche. Votre aide, l’aide de la Commission, l’aide du FMI, seront également nécessaires dans des domaines importants où sont retranchés de puissants intérêts opposés à ces réformes et où les défis politiques sont particulièrement sensibles. Nous sommes peut être un gouvernement inexpérimenté mais nous avons le soutien d’une part importante population non seulement pour tailler dans la paperasserie mais aussi pour couper à le nœud gordien des intérêts acquis.
Nous sommes prêts à soutenir les réformes structurelles précédemment convenues avec nos partenaires de l’Eurogroupe en matière de recouvrement de l’impôt, de gestion des finances publiques, de réforme de l’administration publique, d’amélioration du climat des affaires, de réforme du système judiciaire, d’aménagement du territoire et de lutte contre la rente. Elles sont pleinement compatibles avec notre mandat politique, et nous allons les accélérer.
Nous allons prendre des mesures sans précédent pour lutter contre la corruption, contre l’évasion fiscale et recouvrer l’impôt, en mettant notamment l’accent sur les prix de transfert au sein des grandes entreprises actives au plan international.
Nous voulons discuter de propositions législatives visant à renforcer le cadre juridique d’une autorité fiscale indépendante.
Votre assistance technique sur ces questions sera essentiel, notamment parce qu’elle permettra d’améliorer la confiance entre nous et vous.

Un paquet législatif complet créera des conditions favorables pour l’économie, pour améliorer le climat des affaires et s’attaquer à la recherche de rente, en particulier dans les secteurs du pétrole, de l’approvisionnement, de la construction, dans le secteur financier, et les médias.
Nous allons rendre les procédures de passation des marchés publics plus transparentes grâce à un système plus centralisé, un suivi en ligne efficace ..
Nous allons améliorer l’efficacité globale du secteur public et lutter contre les lourdeurs administratives pour accroître la qualité des services offerts à tous les citoyens.
Nous allons également proposer une nouvelle série de réformes pour soutenir l’investissement, relancer la croissance, et ’améliorer l’efficacité économique.

L’investissement devrait être relancé, en Grèce et dans toute l’Europe.
Nous voulons relancer des projets d’infrastructure avec des investisseurs publics et privés et avec le soutien de l’UE. A l’appui des efforts actuels de la Commission de renforcer l’investissement et de la Banque centrale européenne pour endiguer les forces déflationnistes, nous avons-nous-mêmes quelques idées innovantes qui pourraient contribuer à mobiliser l’épargne dans des investissements productifs dans l’ensemble du continent,.
S’agissant de la Grèce, nous voulons investir pour réduire les coûts énergétiques pour les industries de moyenne et grande échelle, pour soutenir l’innovation, la création d’entreprises et pour promouvoir une orientation vers les secteurs bénéficiant d’avantages comparatifs et d’un potentiel d’exportation comme les produits pharmaceutiques, l’agriculture biologique, l’industrie légère, l’énergie en mettant naturellement l’accent sur les énergies renouvelables.
En ce qui concerne les privatisations et les actifs publics, le gouvernement est totalement non dogmatique. Nous souhaitons évaluer chaque projet sur ses seuls mérites. Les médias rapportent que la privatisation du port du Pirée a été bloquée. C’est très éloigné de la vérité. Dans la réalité, les investissements étrangers directs seront encouragés pour autant que l’Etat s’assure qu’il s’agit d’investissement de long terme et qu’il s’assure des relations de travail et des questions environnementales.
Nul ne peut être favorable à des ventes express de biens publics, à un moment où les prix des actifs sont profondément déprimés.
Au lieu de cela, le gouvernement créera une banque de développement qui intégrera les actifs de l’État, renforcera leur valeur par la réforme des droits de propriété et les utilisera comme garantie afin de fournir des financements au secteur privé grec, en association avec les institutions européennes d’investissement telles que les banques européennes d’investissement.
Nous voulons prendre des mesures supplémentaires pour nettoyer les prêts non performants dans le secteur bancaire afin de rendre les banques mieux à même de soutenir les PME et les ménages.

Plusieurs rapports trompeurs ont causé des malentendus avec nos partenaires en insinuant que nous sommes revenu sur certaines réformes antérieures et que nous avons augmenté les dépenses du budget de l’Etat. Au contraire, les mesures annoncées par le Premier ministre concernant la réembauche des personnels de nettoyage du ministère des finances, des gardiens scolaires et du personnel du réseau de la radiodiffusion publique : 1) n’ont aucun effet négatif sur la compétitivité et 2) n’ont aucune incidence budgétaire puisqu’ils seront entièrement financées par des économies sur d’autres dépenses de l’Etat. Par exemple, le personnel licencié à tort qui sera réembauché soit 2013 personnes doit être comparées aux 15 000 embauches inscrites dans le budget 2015 par le gouvernement précédent.
Sur deux autres sujets sensibles, permettez-moi de préciser que la suppression des coupes dans les retraites concerne les retraités qui vivent au niveau ou en dessous du seuil de pauvreté. Cela coutera moins de 2 euros par jour et par retraité concerné soit au total environ 9,5 millions. La raison de cette mesure la crise humanitaire dramatique causée par la déflation par la dette, sur laquelle je reviendrai au cours de nos discussions :.
Sur le salaire minimum, le gouvernement introduira progressivement sa restauration au niveau de 2012 à partir de septembre et après consultation avec les employeurs et des syndicats. Comme cela s’applique uniquement au secteur privé, l’impact budgétaire sera positif et d’autant plus important que la mesure pourra avoir un effet sur les recettes fiscales au-delà des employés touchés. Est-ce susceptible de réduire la compétitivité du secteur privé ? Pour l’empêcher, le gouvernement s’engage à des réformes, par exemple dans la sécurité sociale, en réduisant la taxe sur les salaires.

Un nouveau partenariat

Le nouveau partenariat nous vous proposons devrait être fondé sur des objectifs réalistes et des politiques efficaces.
Nous admettons que le programme d’ajustement précédent reflète les engagements pris par la Grèce et ses partenaires de l’Eurogroupe.
Nous reconnaissons les efforts considérables déployés par les contribuables de vos pays pour soutenir la dette de la Grèce et de maintenir l’intégrité de l’euro.
Cependant, des objectifs budgétaires irréalistes et autodestructeurs ont été imposés à notre pays et à la population et, partant, doivent être révisées. Un objectif d’excédent primaire de 4,5% du PIB l’année n’a pas de précédent historique dans une situation semblable à celle de la Grèce aujourd’hui. Il ne sera tout simplement pas possible pour notre pays de se développer si nous restons sur la voie de l’austérité de sape de la croissance imposée à notre économie. Il est également tout à fait incompatible avec la réalisation d’une réduction durable du ratio de la dette par rapport au PIB.
Le nouveau contrat que nous proposons de discuter avec vous devrait admettre cette évidence.

Obtenir des excédents primaires restera notre mantra.
Nous vous proposons un maximum de 1,5% du PIB d’excédent primaire objectif, dès que la situation économique perturbée actuelle se sera stabilisée et aussi longtemps que nécessaire pour atteindre les objectifs sous-jacents. Cet objectif peut être considéré comme suffisant, sous des hypothèses très raisonnables, pour mettre la dette sur une trajectoire descendante.

Le nouveau contrat s’appuiera sur les réformes qui sont la « propriété » des citoyens et des institutions domestiques, en utilisant de nombreux éléments de l’ordre du jour politique convenu précédemment. Cela signifie également que l’espoir de prospérité partagée doit être relancé.
Nous voulons discuter avec vous un programme domestique qui reflète à la fois notre potentiel et nos contraintes spécifiques. Nous souhaitons que notre croissance soit inclusive, fondée sur l’investissement, et les gains de productivité. Une croissance fondée sur une compression supplémentaire du coût du travail ne peut pas fonctionner en Grèce et elle a été rejetée par notre peuple.
Fondés sur des objectifs d’excédent primaire plus réalistes et notre agenda national de réforme et de croissance « en propriété exclusive », le nouveau contrat que nous proposons permettra de restaurer une trajectoire durable de la dette.
Nous invitons le FMI à travailler avec nous pour évaluer la viabilité de la dette à partir des engagements du gouvernement. Ce nouveau DSA devrait refléter les caractéristiques concessionnelles de la dette grecque liées à une très longue échéance et à une charge d’intérêt bas.

Il est probable toutefois que des mesures supplémentaires seront nécessaires pour assurer à la Grèce la capacité d’accéder à nouveau aux marchés financiers.
L’Eurogroupe s’est engagé en Novembre 2012 à s’attaquer à cette question une fois que la Grèce obtiendrait des excédents primaires, ce qui était le cas en 2014 et sera le cas en 2015 une fois la situation actuelle stabilisée. Cette discussion devrait être rouverte lorsque nous allons discuter de notre nouveau contrat.
La Grèce fera en temps voulu, des propositions concrètes à ses partenaires, sur des instruments novateurs permettant de réduire le fardeau de la dette de manière efficace, y compris par des swaps de dette.
En outre, nous pensons qu’une discussion plus large sur les questions de la dette en Europe est nécessaire. Nous nous félicitons de la récente déclaration de M. Dijsselbloem dans notre conférence de presse conjointe à Athènes affirmant que l’Eurogroupe constitue le forum approprié pour agir comme une conférence permanente de la dette européenne, traitant des problèmes de la dette dans les Etats membres de la zone euro. Nous proposons donc de créer un groupe de travail spécifique au sein de l’Eurogroupe rassemblant les représentants et les experts des Etats membres.

Un programme relai

La réalisation d’un accord sur un nouveau cadre de politique entre la Grèce et l’Eurogroupe et les partenaires internationaux prendra un certain temps.

Dans l’intervalle, la couverture des besoins de financement de la Grèce au cours des prochains mois est une préoccupation immédiate pour nous tous.
D’ici Juin, la Grèce doit fait face à 5,2 Milliards d’euros de paiements au FMI. Notre gouvernement est pleinement engagé à honorer ces paiements, éventuellement directement au FMI.

Pour répondre à nos obligations de paiement immédiat, nous demandons à l’Eurogroupe à verser à la Grèce le revenu de l’Eurosystème liés à des obligations soit 1,9 milliards d’euros, conformément à ses engagements antérieurs. Nous sommes, en fait, ouvert à l’idée que la BCE transfère ces fonds directement au FMI.
En outre, nous proposons de travailler d’urgence sur un mécanisme de financement provisoire pour assurer la liquidité de la position de la Grèce dans les prochains mois.
En Juillet et Août, sont prévus 6,7 milliards d’euros de remboursements à la BCE (en tant que détenteur d’obligations SMP), en plus de paiements supplémentaires au FMI. Ces paiements créent une pression très exceptionnelle sur les besoins de financement de la Grèce en 2015.

Nous sommes convaincus qu’un accord pourra être atteint avant l’été, notamment avec l’appui du FMI, permettant de trouver des solutions et des sources de financement afin de couvrir ces besoins.

Suppléments techniques

Permettez-moi de conclure maintenant sur les questions techniques et juridiques concernant l’accord actuel de prêt.

Nous sommes persuadés que les dates associées à l’accord de prêt actuel devraient être prorogées afin d’assurer la stabilité, de donner du temps aux discussions, et de permettre le décaissement des fonds liés à des obligations-SMP et éventuellement d’autres fonds. Nous vous rappelons que la date limite actuelle du 28/2/2015 est entièrement artificielle, qu’elle est le résultat de la stratégie électorale du gouvernement précédent et de son désir de nous confronter à ces difficultés dès notre prise de fonction. Il est temps, de bonne foi, d’arrêter ces manœuvres et de commencer un travail sérieux.

Nous sommes prêts à demander une révision de ces dates en vue de la prochaine réunion de l’Eurogroupe prévue lundi prochain le 16e of Février 2015.

Toutefois, permettez-moi d’être très clair sur ce point : le gouvernement demande une révision des dates à la condition que ce soit le point de départ pour de véritables négociations de bonne foi permettant d’établir entre nous un contrat différent, sur la base d’un effort d’excédent primaire réaliste et efficace ainsi que des politiques structurelles socialement justes - y compris bien sûr de nombreux éléments du programme précédent que nous acceptons. Nous avons besoin d’assurances sur ce point.

Nous pouvons accepter cette révision des dates comme un « pont » vers un nouveau partenariat et une condition nécessaire pour la discussion. Cependant, une telle extension ne peut pas être prise comme un acquiescement à la logique et à des parties de l’ancien programme qui ont été rejetés par notre peuple.

Nous vous proposons un programme relai pour couvrir la période jusqu’à fin Août. Cela donnera suffisamment de temps pour s’entendre sur les termes de notre partenariat. Un partenariat qui nous liera pour une réforme en profondeur mais aussi pour le traitement de la crise humanitaire hideuse de la Grèce, pour celui de la non-disponibilité du crédit, y compris pour les entreprises rentables, et pour le traitement du besoin urgent d’une croissance tirée par l’investissement.

Chers collègues,

L’Europe est entière et indivisible, et le gouvernement de la Grèce estime que la Grèce est un membre permanent et inséparable de l’Union européenne et de notre union monétaire.
Il existe, certainement, plusieurs façons de promouvoir des politiques qui nourrissent et renforcent la croissance économique, maintiennent la stabilité budgétaire et financière, et répondent aux besoins les plus pressants de la population.
Certains d’entre vous, je le sais, sont mécontents de la victoire d’un parti de gauche, gauche radicale. Je veux leur dire ceci : Ce serait une occasion perdue de nous voir comme des adversaires.

Nous sommes des européistes résolus. Nous nous soucions profondément de notre peuple, mais nous ne sommes pas des populistes promettant tout à tout le monde. En outre, nous pouvons mener le peuple grec à un accord qui soit véritablement bénéfique pour l’Européen moyen. Vous trouverez en nous, des partenaires de confiance, qui ne voient pas ces réunions comme un moyen d’obtenir quelque chose de rien, de d’obtenir quelque chose sur le dos de qui que ce soit .

J’ai maintenant hâte de discuter avec vous, dans un véritable esprit de coopération et de partenariat, et d’écrire ensemble cette nouvelle page de notre relation.

Je vous remercie beaucoup pour votre attention.

(Traduction Bernard Marx).

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Vos réactions

  • Hallucinant ces commentaires de bienfaiteurs à la petite semaine, j’ai d’abord cru que c’était un canular. Honte à Regards qui laisse s’afficher leur pub, à côté des documents concernant Varoufakis , le coup d’Etat financier dont la Grèce a été victime, et le rôle de complices hypocrites des truands de Bruxelles, qui a été celui de Hollande, Moscovici, Sapin et cie. C’est ça l’éducation populaire ?

    Autrement Le 4 novembre 2015 à 10:09
       
    • Bonjour. On appelle cela des spams, et si nous utilisons des filtres et veillons à les supprimer dès que possible, certains échappent à notre vigilance. Merci de votre compréhension, la "honte" et "l’éducation populaire" n’ayant pas grand-chose à voir avec le problème.

      Jérôme Latta Le 4 novembre 2015 à 10:39
  •  
  • Je fais amende honorable, il s’agissait de spams que la direction de Regards vient de retirer.

    Autrement Le 4 novembre 2015 à 10:40
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    Pas Sérieux s’abstenir svp

    laurentjosedoubroff Le 31 mars à 02:42
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