Accueil | Par Thomas Clerget | 27 mai 2014

Déchets électroniques : les filières d’une « tragédie » écologique

Dans son dernier documentaire, La Tragédie électronique, Cosima Dannoritzer s’intéresse à la seconde vie de nos ordinateurs et autres téléphones portables. Celle qui, au gré de filières clandestines globalisées, conduit à un désastre écologique et humain dans les pays du Sud.

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À travers le problème des déchets électroniques, c’est une question de civilisation qui est posée par la documentariste Cosima Dannoritzer dans son dernier film La Tragédie électronique, diffusé mardi 20 mai sur Arte. La planète pourra-t-elle supporter notre consommation massive, et en augmentation constante, d’équipements électroniques dont l’obsolescence programmée aboutit à l’édification de « montagnes de déchets » toxiques ?

Les questions soulevées interpellent : chaque année, cinquante millions de tonnes de ces déchets sont produites sur la surface du globe, une minorité seulement étant traitée par des usines de recyclage adaptées. Que deviennent, en Europe, les 67 % de déchets échappant en toute illégalité aux filières de recyclage ? Pourquoi les États-Unis, premier producteur mondial de déchets électroniques, sont-ils le seul pays avec Haïti à n’avoir pas signé la Convention de Bâle sur les déchets dangereux ?

Désastre écologique et sanitaire

De l’Angleterre à Hong-Kong, en passant par l’Afrique, la réalisatrice nous emmène le long des filières clandestines drainant ces matériaux toxiques, de sociétés-écran en zones franches portuaires, pour aboutir au constat d’un véritable désastre écologique et sanitaire. En Chine comme au Ghana, on brûle et on désosse les appareils, pour quelques dollars par jour, afin d’en extraire métaux précieux et composants réutilisables. Sans protection pour la santé des ouvriers, ni pour un environnement transformé en déversoir de plastique et de plomb.

Bien sûr, le système fait les affaires des entreprises organisant l’exportation des déchets en dehors de l’Union européenne ou des États-Unis. Mais l’un des apport de La Tragédie électronique est aussi de révéler le caractère foncièrement circulaire – mais pas en son sens flatteur – de cette économie parallèle : car ce sont bien souvent les mêmes industries, celles qui fabriquent nos téléphones et nos ordinateurs, qui réemploient, en bout de chaîne, les sous-produits de leur recyclage sauvage.

C’est donc en toute logique que la réalisatrice, déjà auteure en 2010 du film intitulé Prêt à jeter interroge nos modes de production et de consommation : « Face aux montagnes de déchets, il faut réagir. Ne peut-on réparer ces appareils, les utiliser plus longtemps ? Ne peut-on produire moins de déchets ? Reprendre le contrôle, c’est avoir conscience de ce qui arrive à un produit que l’on jette. » C’est maintenant chose faite.

La Tragédie électronique, un documentaire de Cosima Dannoritzer (France - Espagne, 2014, 86 min). Le film ainsi qu’une série de contenus additionnels sont actuellement visibles sur Arte Future.

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  • ça veut dire quoi "ordinateurs et autres téléphones portables" ? Le "autres", à quoi sert-il ? Est-ce une manière progressiste de s’exprimer ? Eclairez-moi. Merci

    Marif Le 9 septembre 2014 à 12:17
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