Accueil | Par Marion Rousset | 25 février 2013

Nous sommes toutes des laiderons

DSK préfère les moches. Marcela Iacub s’en étonne dans son livre à paraître mercredi. Moches comment ? « Comme une femme normale ? », a réagi Christine Angot dans Le Monde. Salvateur.

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« Je pensais, ébahie : plus elles sont moches et vulgaires, plus elles doivent lui plaire », écrit Marcela Iacub dans Belle et Bête (éd. Stock) à paraître mercredi. Croqué par Jérôme Garcin dans Le Nouvel Observateur, DSK devient du coup un « grand consommateur de laiderons »… Après tout, il faut bien appeler un porc un porc et un laideron un laideron. Ben oui, y’a qu’à voir Nafissatou Diallo, hier trop moche pour se faire violer, aujourd’hui assez pour se faire trousser… Subtil retournement du stigmate – ce qui revient au même dans ce cas. To be or not to be baisable. Ecœurant.

Heureusement, il y a Christine Angot pour cracher son dégoût à la face des journalistes émoustillés par la morale de cette histoire : qu’une (sainte) femme aime un (sale) cochon semble tellement réjouir ces hommes cultivés qui ne sont pas vieux, pas moches, pas machistes, pas vulgaires, pas insensibles, pas égoïstes, pas brutaux. « Moche pourquoi ? », demande Angot dans Le Monde au sujet de Nafissatou Diallo. « Parce qu’elle ne met pas de mascara L’Oréal ? Moche comme une femme normale ? Moche comme une femme non mannequin ? Moche comme moi. Moche comme la plupart des femmes que je connais et avec qui je suis amie. Moche comme la femme de ces journalistes, qui estiment qu’un homme riche a les moyens de se payer un objet plus beau que ça. » Moches comme nous toutes.

A la théorie du cochon, on préfère mille fois celle du gorille. Souvenons-nous du livre de Virginie Despentes (King Kong théorie, éd. Grasset, ndlr) : « J’écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. (…) Parce que l’idéal de la femme blanche séduisante qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu’il n’existe pas ». Pas sûr que ces prolottes de la féminité fascinent Marcela Iacub. C’est sans doute qu’elle écrit de chez les belles. Trop bête.

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