Accueil | Par Emmanuel Riondé | 31 janvier 2013

Fralib, la longue route

Le 28 février, le Tribunal d’Aix rendra son délibéré dans l’annulation du 3ème PSE de Fralib. Les salariés, en lutte depuis deux ans et demi, attendent le verdict et se disent prêt à poursuivre le combat jusqu’à ce que leur projet de reprise en Scop aboutisse.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

« Il nous semble que le juge a les éléments pour prendre la bonne décision. On attend son verdict avec sérenité ». Au lendemain de l’audience en appel de mardi au Tribunal d’Aix en Provence, Gérard Cazorla, secrétaire CGT du Comité d’entreprise de Fralib, n’affichait ni triomphalisme, ni pessimisme. Et se disait prêt à continuer de se battre quel que soit le délibéré du 28 février.
C’est à cette date que la justice dira si oui ou non elle annule le 3ème plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) du géant agroalimentaire, rebaptisé par les Fralib "Plan de Sabordage de l’emploi d’Unilever".

En février puis en novembre 2011, les deux premières procédures avaient été déboutées par la justice. « Si ils sont une nouvelle fois renvoyés dans les cordes, ça va sérieusement les mettre face à leurs responsabilités, prévoit Gérard Cazorla. Et ça va nous permettre d’exiger la cession de la marque et des volumes... »
Une marque, Eléphant, et des volumes de production, 1000 tonnes de thé et d’infusion, que les salariés souhaitent faire cracher à Unilever afin de relancer leur entreprise de fabrication de thé sous forme de Scop. Un projet travaillé, mûrit et peaufiné depuis de long mois, avec l’appui de responsables politiques et de collectivités territoriales.

La lutte qui dure depuis 856 jours (les machines ne tournent plus depuis septembre 2010) est devenu emblématique du combat pour l’emploi en France. Le 24 janvier, Paul Polman, le PDG du groupe s’est félicité dans un communiqué des « solides » résultats de son groupe en 2012, évoquant un bonus annuel de 140 %. Pas un mot pour les soutiers provençaux de la multinationale qui se battent comme des damnés pour sauver leur emploi. Pot de terre contre pot de fer. Un tube à succès de ce début de XXIème siècle.

Dans le prétoire, mardi, les avocats des salariés ont porté à la connaissance des juges des éléments déterminants : non mise à jour par la direction des documents économiques remis au CE ; réduction du périmètre du PSE de 182 à 103 emplois sans consultation du CE, ce qui constitue un délit d’entrave ; propositions de reclassement faites à des salariés qui s’apparentent à des déqualifications ; Autant d’irrégularités, parmi d’autres encore, qui ont été confirmées par l’inspection du travail en août et novembre dernier et qui devraient normalement permettre au juge de « casser la procédure » estime Gérard Cazorla.
Si ce n’est pas le cas, plan B : « on aura toujours la possibilité d’aller sur le fond, ce n’est pas la fin de nos recours judiciaires, explique-t-il. De toute façon, le 28 février, on arrêtera pas et on continuera avant tout de travailler à notre projet de reprise. »
Le verdict est cependant très attendu, y compris par le gouvernement dont le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a semblé prendre de la distance ces derniers mois avec un dossier dont il avait fait un symbole de son nouveau portefeuille ministériel en mai dernier.

Il en faut plus que ça pour démotiver les Fralib. Samedi 26 janvier, trois jours avant l’audience, ils ont présenté leurs vœux sur le site de l’usine. Il y a eu du monde et parmi les soutiens, Toufik, Saïd et HK des Saltimbanks et Gary Greu de Massilia sound system. Le groupes "Los Fralibos" a été créé. Et tout le monde a repris « On lâche rien ». A Gémenos plus qu’ailleurs, ce refrain, c’est pas du folklore.

La lutte des Fralib sur regards.fr

Octobre 2011, Fralib ou le désir du travail bien fait, un reportage sur le site.

Mai 2012, après le changement d’équipe, épreuve de vérité pour le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Septembre 2012, deux ans de lutte.

Octobre 2012, Unilever veut en finir.

Décembre 2012, les Fralib fêtent leur huit-centième jour de lutte et se rappellent à Hollande.

Vos réactions
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

Forum sur abonnement

Pour poster un commentaire, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d'indiquer ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas encore enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?