Accueil | Chronique par Isabelle Lorand | 21 mars 2020

Légèreté

À l’heure du Covid-19, Isabelle Lorand, chirurgienne, chronique la pandémie pour Regards.

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Ainsi, les Français aborderaient le confinement avec légèreté. Si quelques énergumènes ne prennent pas la mesure du danger de ce virus et de l’efficacité du confinement, les rues sont désertiques et le bruit de la ville laisse peu à peu place au chant des oiseaux. Gageons que ce nouveau buzz médiatique ne parviendra pas à mettre sous le tapis le principal problème : le scandale du manque de masques et de lits d’hôpitaux.

 

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Mais pour convaincre les réfractaires, il faut proscrire les injonctions contradictoires. Comment comprendre l’impérieuse nécessité du confinement strict pour circonscrire l’épidémie alors que Bercy par la voix du ministre Lemaire appelle à retourner au « chagrin » ?

L’histoire des pandémies montrent que le maintien des fonctions stratégiques (santé, police, pompiers, énergie, transports, télécom, eau, territoriaux, hygiène…) et les productions essentielles (alimentaires, tests diagnostic, médicaments, masques…) est un enjeu.

Mais en quoi le BTP, hors quelques urgences comme la réparation d’une route ou d’un pont, ne pourrait souffrir une pause de 60 jours ? Même question pour les chantiers navals ou encore l’aéronautique. Et qui dit salariés, dit transport des salariés, restauration, garde des enfants… Bref, le contraire de l’objectif.

La parole publique doit être claire. Il faut définir, avec les salariés, les fonctions et les filières essentielles et s’en tenir là. Un point c’est tout.

Mais ça ne suffit pas. Au sein de ces filières tout n’est pas bon à faire. J’entends que, profitant du confinement des opposants, la construction d’une ligne haute tension arrêtée pendant 18 mois pourrait être accélérée… C’est à pleurer !

Faut-il ajouter que chaque salarié indispensable doit être protégé ? Comment est-il possible que nos facteurs soient encore rassemblés dans certains centres de tri dont la surface ne permet pas le respect de la distance minimum de un mètre ? Ou que les commerçants et les policiers cherchent masques et gel ?

Enfin, il faut une autorité politique incontestable. Cette crise sanitaire survient dans un contexte politique difficile. Aucune rumeur ne doit générer plus encore de colère ou d’instabilité. Les menaces qui pèsent sur la durée de temps de travail ou sur les congés payés, ne sont pas seulement incongrues. Elles sont d’une irresponsable légèreté.

 

Isabelle Lorand, chirurgienne

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