Accueil | Chronique par Isabelle Lorand | 24 mars 2020

Maladie professionnelle

À l’heure du Covid-19, Isabelle Lorand, chirurgienne, chronique la pandémie pour Regards.

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C’est fait, le Covid-19 est reconnu comme maladie professionnelle pour les soignants. C’est le moins que la France pouvait faire. Pourtant, cette annonce est passée assez inaperçue. Sans doute, parce que penser que les soignants ont été contaminés dans le cadre de leur travail tombe sous le sens. Mais c’est beaucoup plus important qu’il n’y paraît. La qualification de maladie professionnelle est une notion de droit établie par le code de la sécurité sociale.

 

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Première conséquence : la présomption imputabilité. Elle évite aux malades ou à leur famille le chemin de croix pour convaincre que la maladie est la conséquence du métier. Elle l’est a priori. Deuxième conséquence : la prise en charge par la branche AT/MP (Accident du travail/Maladie professionnelle) des frais et des indemnités.

Petit détail, la branche AT/MP a cette particularité d’être quasi exclusivement financée par les employeurs… Autant dire, que l’enthousiasme du Medef, pour en étendre les indications, est modéré.

Malheureusement, il y a fort à parier que ce put#*% de virus touchera nombre de soignants. Il y a les risques du métier. Mais pas que. Bon on verra cela plus tard. Là, il faut concentrer notre énergie sur la pandémie.

Hier, il y a eu l’annonce du décès de cinq de nos médecins. Il y a eu aussi l’annonce du décès d’un agent de sécurité. Et là je me dis, que la qualification de maladie professionnelle doit être étendue à toutes celles et ceux qui maintiennent la France : policiers et gendarmes, éboueurs, caissières, taxi, conducteur de train et d’autobus, pompiers et aides à domicile… Bref aux assistés !

 

Isabelle Lorand, chirurgienne

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