Accueil | Par Alain Bertho | 4 décembre 2020

L’État a-t-il le monopole du complotisme légitime ?

Quand la dénonciation inquisitoriale du « coupable » prend le pas sur l’analyse structurelle des responsabilités, le complotisme s’installe. Quand l’État s’en arroge le monopole et la légitimité et fait de « l’Islamisme » la matrice de tous les dangers, on bascule dans la police de la pensée, on organise le déni du réel, on nous enferme dans un récit paranoïaque qui dévaste la politique.

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Est-il complotiste de se demander à quoi sert le complotisme ? « Disqualifier pour mieux dominer », proposait Frédéric Lordon dans un article de 2017 : « En haut, des gens responsables se soucient du rationnel, du possible, du raisonnable, tandis que ceux d’en bas, constamment ingrats, imputent à leurs dirigeants une série de malveillances. » Or les puissants sont les premiers usagers du complot « tantôt comploteurs, tantôt complotistes » dans les stratégies de pouvoir qui les animent au quotidien.

De fait, la dénonciation du complot entretient un rapport ancien avec la politique, avec la contestation de l’ordre existant comme avec son maintien. Il est la première forme de la contestation de l’ordre social et politique. Au printemps 1775, la flambée du cours des grains et la disette suscitent des rumeurs contre les « accapareurs » et les « monopolisateurs ». Des dizaines d’émeutes éclatent contre la spéculation supposée. Complotisme ou lucidité face à la libéralisation du commerce entamée par Turgot [1] ? Quinze ans plus tard, les révolutionnaires n’auront de cesse de lutter contre le « complot aristocratique ». Avaient-ils complètement tort ?

 

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À l’inverse, la dénonciation du « complot maçonnique » et du « complot juif » qui a traversé les deux siècles modernes a fonctionné comme la désignation contre-révolutionnaire de boucs émissaires à la vindicte populaire. « De quoi le complotisme est-il donc le nom », pour reprendre une formule de Sylvain Lazarus [2] largement reprise depuis vingt ans ?

Si les trente dernières années ont vu une véritable explosion des conspirationnismes de tous genres confortés par la prolifération des fake news, l’État n’a pas été en reste et s’est profondément renouvelé sur ce terrain. Entre réseaux sociaux auto-alimentés et mensonges officiels, la première victime du temps est la vérité comme référence commune et donc notre capacité politique collective. Car en ce temps de post-vérité, comme le souligne Myriam Revault d’Allonnes, « la faiblesse du vrai fait disparaître la puissance de l’imaginaire. » Elle fait disparaître le possible.

Quand la « dénonciation du complotisme » populaire est d’abord un instrument de pouvoir, l’État est aussi un grand usager de la dénonciation du complot. Il s’arroge aujourd’hui le monopole du complotisme légitime, celui qui aujourd’hui fait de « l’islamisme » la matrice de tous les dangers qui « menacent la République ». L’heure est alors à la suspicion généralisée, à la dénonciation collective mais aussi personnelle, à l’excommunication universitaire, à la police de la pensée.

Un mécanisme implacable de dépolitisation

Mise en ligne le 11 novembre, auréolée par son expulsion de la plateforme payante ViméoVOD, portée par près de 400.000 tweets, téléchargée sur des dizaines d’autres comptes, la vidéo « Hold Up », pompeusement qualifiée de « documentaire », est visionnée plus de 2.746.000 fois entre le 13 et le 16 novembre. Le producteur peut alors lancer les produits dérivés : la mise en ligne en version intégrale des entretiens réalisés et utilisés dans la vidéo. Le député Jean Lassalle se fend d’une déclaration pour relayer le film contre « la censure » dont il est l’objet le 19 novembre !

Ce pot-pourri de vraies questions traitées de façon très partielle, de fake news aussi sensationnalistes que grossières et de thèses complotistes abracadabrantes valait-il qu’on en parle tant ? Le « décryptage » dans lequel s’est immédiatement lancé la presse avait-il vraiment lieu d’être sauf à donner au récit complotiste un statut d’interlocuteur officiel [3] ? Son efficacité ne repose pas sur la vérité des faits ou sur la rationalité du propos mais sur la mobilisation des angoisses et la mise en scène du dévoilement d’une « vérité cachée » derrière la vérité officielle.

Oui, le mensonge des pouvoirs comme les défaillances gouvernementales ont démonétisé depuis quelque temps et gravement la parole publique, celle des politiques, celle des institutions, celle des journalistes, et même, aujourd’hui, celle de la science. Dans ces conditions, la vérité n’est plus une affaire de raison abstraite et de critères objectifs. Elle est une affaire de locuteur. L’important n’est pas ce qui est dit mais qui le dit.

Dans ces conditions, l’unanimité politico-médiatique contre cette vidéo, le tir de barrage de « la vérité contre le mensonge » a eu un effet de crédibilisation massif du propos de « Hold Up » auprès de son (large) public. Comme le souligne Natacha Polony, « il y a des questions légitimes à poser sur la gestion du coronavirus, il y a des questions auxquelles nous n’avons toujours pas de réponse, et il est absolument essentiel de pouvoir les poser, sinon on nourrit l’idée qu’il y aurait des choses à cacher », que « certaines questions seraient interdites », bref « que la vérité serait ailleurs. »

Mais dans le même temps, de vraies raisons d’inquiétude sur la crédibilité de la parole publique sont embarquées avec l’eau du bain par un tir de barrage parfois aussi caricatural que le propos conspirationniste de « Hold Up ». En fait, « on traite de complotiste des gens […] qui posent des questions, qui remettent en cause le système économique profond et les choix qui sont faits au nom de cette idéologie qu’est le néolibéralisme. » Les propos instrumentalisés de Monique Pinçon Charlot sont, sans décryptage, qualifiés « d’abjects » dans l’émission de France 5 « C à vous ». Voilà sans doute pourquoi, comme l’écrit Frédéric Lordon, « si Hold-up n’avait pas existé, les anticomplotistes l’auraient inventé » car ce « décryptage » participe de la décrédibilisation de toute tentative de contre récit, de toute tentative d’analyse structurelle des responsabilités des pouvoirs dans la situation que nous subissons. Et au bout du compte, comme l’argumente le Youtubeur Fabien Moine dans son propre décryptage : « Il n’y a pas de vérité, il n’y a que des histoires ».

Le complotisme comme l’anti-complotisme fonctionnent ici comme une arme de dépolitisation massive.

Recherche vérité, désespérément

Dans La faiblesse du vrai, Myriam Revault d’Allonnes rappelle ce jour de l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier 2017. Il pleut sur Washington. Le nouveau président déclare pourtant que « le ciel s’est ensoleillé » au moment où il a entamé son discours, ouvrant ainsi un mandat marqué jusqu’au bout par une « vérité alternative », celle de la parole présidentielle au mépris des faits. Il est loin d’être le seul. Le 7 mars 2019, lors d’une séance du « Grand débat »,le président français n’ose-t-il pas affirmer : « Ne parlez pas de "répression" ou de "violences policières", ces mots sont inacceptables dans un État de droit » ? La campagne pour le Brexit en 2016 a été marquée par une usage débridé du mensonge devenu vérité politique. Exit donc cet « usage public de la raison » qui caractérisait l’espace public moderne né au XVIIIème siècle et aujourd’hui mal en point [4] ?

Qui a mis en pièce la vérité partagée ? Oubliées les promesses de progrès économique, social et scientifique du capitalisme du XXème siècle. La financiarisation qui aujourd’hui dévaste le monde du vivant, le « capitalisme du désastre » de Naomi Klein [5], le « capitalisme de l’expulsion » de Saskia Sassen [6], cette nouvelle barbarie décrite par Ken Loach, cette corruption généralisée du monde n’a plus que le recours du mensonge brutal, du déni monstrueux. L’ère de la « post-vérité », sacrée mot de l’année par le dictionnaire d’Oxford en 2016, est arrivée.

Si, comme le souligne Myriam Revault d’Allonnes, « la post-vérité attaque le socle de notre monde commun », force est de constater que l’exemple vient de haut. Cette épidémie sémantique touche le monde politique institutionnel bien avant de se répandre de façon virale sur les réseaux numériques. Il est important de s’en souvenir. En 2012, les Républicains au pouvoir en Caroline du Sud avaient ainsi voté une loi pour interdire de se baser sur des prévisions scientifiques pour se préparer à la hausse du niveau de la mer.

La post-vérité est officiellement un instrument de pouvoir et le slogan « on nous ment » n’est pas dénué de fondement. Mais que faire de ce constat ? Il est clair que le maillage mondial des réseaux sociaux dont les algorithmes privilégient la quête du même à l’organisation du débat, ouvre grandes les portes d’une épidémie incontrôlée de « vérités alternatives », de communautés traquant les reptiliens comme de communautés de « platistes ».

Pour autant, cette épidémie, comme le succès de « Hold Up », révèle moins une indifférence à la vérité, un relativisme généralisé, qu’une quête éperdue et sans filet d’une vérité qui nous est rendue inaccessible. « Pas de vérité, pas de justice », nous avaient dit des jeunes de Grigny lors d’une enquête en décembre 2009 [7]. Cette quête de vérité sur le pouvoir fait le succès des lanceurs d’alerte qui « ne dissocient pas l’idée de vérité de fait et l’intervention politique ». Cette quête est au cœur des violences que subissent les quartiers populaires en France. « La Vérité pour Adama » est devenu un des combats les plus fédérateurs aujourd’hui. Car, comme le dit Myriam Revault d’Allonnes, « dans un monde où il n’y a plus de partage entre le vrai et le faux, il n’y a pas de conflit. Et s’il n’y a pas de conflit, il n’y a pas de démocratie, pas de politique. »

Du « complot contre le peuple » à la lutte des classes

Comment dire ce conflit ? Comment construire un contre récit face à celui du pouvoir ? La question est ancienne et le complotisme comme « contre-récit global » a traversé les siècles, notamment à l’occasion des grandes catastrophes. L’incendie de Rome le 18 juillet 64 a été attribué à Néron avant que l‘entourage de ce dernier n’accuse la communauté juive convertie au christianisme. L’épidémie de peste noire dans la seconde moitié du 14ème siècle a été attribuée à un complot des juifs accusés déjà vingt ans auparavant d’empoisonner les points d’eau. Bannissement, arrestations, tortures, pogroms se multiplient malgré le pape Clément VI qui, dans deux bulles de 1348, leur accorda la protection pontificale, puis les innocenta du crime d’empoisonnement. En France en 1832, les opposants à la monarchie et les pauvres accusent les riches d’avoir propagé l’épidémie de choléra pour les faire disparaître.

Car, avec la modernité, le complot se politise avant que la politique ne prenne le pas sur le complotisme. Le 12 juillet 1789, au Palais Royal, Camille Desmoulins appelle ainsi à l’insurrection pour faire face à la « Saint-Barthélemy des patriotes » que prépareraient les régiments allemands et suisses après le renvoi de Necker. Le « complot aristocratique » est au cœur des mobilisations populaires. L’historien Philippe Munch insiste pour sa part sur l’imaginaire du complot comme élément fondateur de la Nation française : « L’idée de conspiration devient centrale au discours révolutionnaire […]. Moteur et catalyseur de la peur, elle devient un outil de justification, d’explication et d’expression des nouvelles valeurs qui permettent la constitution d’un nouvel imaginaire national. »

L’imaginaire révolutionnaire trouve lui-même une partie de ses sources au XIXème siècle. L’une des forces du marxisme a été de battre en brèche des courants encore encombrés de complotisme et, en l’occurrence, d’antisémitisme au sein du mouvement ouvrier. Bakounine n’écrivait-il pas en 1871 : « Tout ce monde juif qui forme une seule secte exploitante, une sorte de peuple sangsue, un parasite collectif dévorant et organisé en lui-même […], ce monde est actuellement, en grande partie du moins, à la disposition de Marx d’un côté, et des Rothschild de l’autre. [8] » L’antisémitisme, ce « socialisme des imbéciles » dénoncé par le social-démocrate allemand August Bebel est bien partagé [9] : par Proudhon, Blanqui, Fourier en France, Düring en Allemagne…

Le contre-récit politique moderne, dont le socialisme et le communisme ont été la matrice, s’est construit en s’extrayant du complotisme des origines. Il est ainsi passé de la dénonciation des coupables à l’analyse structurelle des responsabilités, du lynchage (« les aristocrates à la lanterne ») à la révolution sociale.

Le complotisme contre-révolutionnaire

Du côté des pouvoirs et des contre-révolutions, la matrice complotiste a gardé son attrait et sa puissance. Dès cette Révolution française où « tout, jusqu’à ses forfaits les plus épouvantables, tout a été prévu, médité, combiné, résolu, statué ; tout a été […] amené par des hommes qui avaient seuls le fil des conspirations longtemps ourdies dans les sociétés secrètes, et qui ont su choisir et hâter les moments propices au complot », lit-on ainsi sous la plume de l’abbé Augustin de Barruel en 1798 dans son Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme. L’Église catholique a donné du corps à cette « menace maçonnique ». Les premières lignes de l’encyclique Humanum Genus du Pape Léon XIII, en 1884, sont claires : « Les fauteurs du Mal paraissent s’être coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec l’aide d’une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des francs-maçons ».

En 1903, « les protocoles des sages de Sion », faux antisémite inventé et diffusé par la police tsariste, commence une longue carrière internationale. Exporté par les russes blancs après octobre 1917, promu en 1920 par le Times par un éditorial titré « le péril juif », diffusé par Henry Ford aux USA, inspirateur de Hitler dans Mein Kampf, il est toujours une référence de l’antisémitisme conspirationniste.

Au « complot maçonnique » de la Révolution française de Barruel succède ainsi le complot juif derrière la Révolution d’octobre. Le « judéo-bolchévisme » devient dès la fin de la guerre de 1914-1918 la cible de la droite allemande, hongroise, française et britannique. Même Winston Churchill écrit en 1920 : « Il n’y a pas besoin d’exagérer la part jouée dans la création du bolchevisme et dans l’arrivée de la Révolution russe par ces Juifs internationalistes et pour la plupart athées. C’est assurément un très grand rôle ; il surpasse probablement tous les autres. Avec la notable exception de Lénine, la majorité des figures dominantes sont des Juifs ».

Le complotisme n’épargne aucun pouvoir. Celui de Staline en a été un grand consommateur jusqu’au « complot des blouses blanches » en 1953. Après un article de la Pravda en janvier, l’agence TASS dénonce un « complot de bourgeois sionistes » et « l’organisation juive internationale bourgeoise-nationaliste ».

Plus récemment, la chute des régimes communistes en Europe, le printemps arabe ou l’effondrement économique du régime vénézuélien ont généré leur lot de conspirationnisme. De nouvelles figures du mal émergent comme Georges Soros, « le milliardaire qui complote contre la France » selon Valeurs actuelles, accusé pèle-mêle de financer l’immigration illégale et l’islamisme, d’être à l’origine de l’épidémie Ebola. Voici le nouveau « juif milliardaire qui tire toutes les ficelles », réincarnation post-moderne de Marx et Rothschild enfin réconciliés.

Le basculement islamophobe du complotisme

Marie Peltier [10], historienne et spécialiste du complotisme contemporain voit dans la Révolution syrienne [11] un tournant majeur. Certes le 11 septembre 2001 et le grand récit américain sur les États voyous avaient déjà nourri quelques fantasmes sanglants. La fable des armes de destruction massive a coûté très cher au peuple irakien et la politique américaine qui a conduit à la naissance de Daech a coûté très cher au monde. Mais l’échec de nombre de soulèvements de ce qu’on a appelé le printemps arabe en 2011 a en effet marqué une étape importante. Entre la victoire politique, même provisoire, de l’islamisme politique en Tunisie (Ennahda) et en Égypte (les Frères musulmans) et la naissance de l’État Islamique en Irak et en Syrie, le terrain était propice pour un nouveau complotisme. Bachar El Assad l’a servi sur un plateau à des nations américaines et européennes qui l’ont adopté avec passion.

En 2013, l’intervention avortée des USA et la reculade de Barack Obama après l’attaque chimique de Damas dans la Ghouta orientale met un terme au soutien des soulèvements du printemps arabe. En 2016, la bataille d’Alep fait l’objet d’une désinformation féroce de la part du gouvernement syrien et de ses alliés. L’Armée Syrienne Libre y est écrasée, confondue volontairement avec Daech qu’elle a pourtant durement combattu. La révolution syrienne meurt dans l’indifférence internationale. Bachar impose sa thèse : il n’est plus un dictateur sanguinaire contesté par un soulèvement de masse depuis 2011, mais le rempart de l’Occident face au chaos djihadiste. De là à penser que l’alliance avec ce régime syrien est un « mal nécessaire », il n’y a plus qu’un pas.

Dans ce basculement stratégique occidental, la menace jusqu’ici très ciblée (Al Qaïda puis Daech) est devenue globale et indifférenciée. On perd de vue la singularité historique complexe de la création de l’État islamique après l’intervention américaine. On écarte des paramètres la complexité de son succès dans des imaginaires politiques très variés allant de la Tunisie à la France en passant par la Belgique. La nouvelle thèse est dévastatrice de simplicité : tout vient de la « radicalisation de l’islam ». Le flou de la menace (radicalisation) n’a d’égal que son ampleur démographique : l’islam est la religion de 1,8 milliards de personnes soit 24% de l’humanité. Finies les grandes déclarations de 2015 sur la nécessité d’exclure tout amalgame. La menace potentielle en France inclut 5,7 millions de personnes soit 8,8% de la population.

La « radicalisation » est alors conçue comme un virus dont on traque la progression grâce à des signes cliniques vestimentaires (le voile, le burkini…), éducatifs (les repas scolaires). La qualification politique, voire criminogène, des pratiques religieuses ainsi identifiées conduit implacablement à transformer la laïcité française en instrument de police.

« L’islamisme est une machine à détruire la France »

Quelle est donc la nature de ce virus radical ? Une partie de la recherche française s’attèle à une archéologie érudite du mal. Cette radicalisation trouverait son unique principe dans des courants théologiques dont l’origine remonte à deux siècles. « Ce conflit remonte au milieu du XVIIIème, où le salafisme se structure au moment même où naît la pensée des Lumières », souligne ainsi Bernard Rougier dans un entretien à Marianne. Le décors est planté : du haut de nos angoisses deux siècles nous contemplent.

La seule clef d’explication historique résiderait dans l’histoire des idées et dans la capacité de diffusion du salafisme, principe actif de tous les maux, en dépit de la diversité voire des contradictions internes qui ont marqué son histoire. Qu’importe que le salafisme dans son immense majorité soit à la fois non-violent et anti-étatiste puisque « les salafistes condamnent le terrorisme tout en fournissant aux terroristes une partie de leur argumentaire pour passer à l’action. » Qu’importe la diversité de l’Islam et même de l’islam politique [12] puisque « le projet des islamistes est de réduire l’hétérogénéité de la population musulmane » et « que l’islam réellement existant, à l’échelle mondiale, [est] aujourd’hui dominé par des courants modérément modérés ».

Il faut être attentifs aux glissades sémantiques. Nous voici passés de la radicalisation au salafisme, du salafisme à « l’islam politique », puis de « l’islam politique » à l’islamisme… Nous voici passés de l’antiterrorisme au traitement psychologique individuel de la « radicalisation », puis au combat culturel contre des mécanismes de diffusion idéologique d’un courant religieux.

Que se passe-t-il dans les banlieues française ? Foin des description argumentées du retour du religieux chez des femmes et des hommes, notamment des jeunes qui vivent la détresse sociale et l’abandon politique. Foin des résistances identitaires aux discriminations identitaires. Nous serions face à la mise en place d’un plan géopolitique déjà ancien puisque « les idéologues islamistes font en France ce qu’ils ont fait au Maghreb il y a 30 ans ». La stratégie est internationale car dans ces « territoires conquis de l’islamisme », les prédicateurs sont « tous reliés à des centres de pouvoir ou à des foyers idéologiques au Moyen-Orient ou au Maghreb ».

Le mot islamophobie lui-même fait partie du complot : l’invention du mot lui-même est attribué dès 2003 par Caroline Fourest et Flametta Venner à des Mollah iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de « mauvaises musulmanes » en 1979 ! Dans la post-vérité, rappelons-nous, le critère du vrai n’est pas son rapport au réel mais l’identification du locuteur. Pas d’islamophobie donc si les mollahs en parlent ! Dix ans plus tard, Manuel Valls y fait référence quand il affirme que « l’islamophobie est le cheval de Troie des salafistes. » Le mot, utilisé dans une thèse de Droit en France dès 1910, est devenu un champ de bataille.

N’est pas Michel Foucault qui veut et l’archéologie du savoir n’est pas une discipline policière.

À l’assaut des contre récits contemporains

Mais aujourd’hui, l’islamisme est plus encore que l’ennemi qu’on veut absolument nous faire craindre. Il est présenté comme le deus ex machina de toutes les contestations politiques et de toutes les critiques intellectuelles de l’ordre existant. Le danger n’est plus désigné comme « bolchévique ». L’effondrement géopolitique et culturel du communisme, ce « désastre obscur » [13], a réouvert les chantiers du contre-récit : pour le meilleur avec l’altermondialisme au début des années 2000, pour le pire avec le retour en force d’un mahdisme djihadiste dix ans plus tard.

Les deux décennies que nous venons de vivre sont marquées par cette recherche au travers de grandes mobilisations aux stratégies erratiques qu’ont été les printemps arabes en 2011 ou les soulèvements de 2019 dans le monde. Dans cette recherche d’une cohérence contestatrice de l’ordre, la chasse aux mécréants ou aux satanistes a sans doute une longueur d’avance et l’avantage de la simplicité. Dans les mobilisations contre la corruption sur tous les continents, la pente populiste, le passage de la critique des « oligarchies » à la dénonciation de la « ploutocratie », est toujours possible.

Mais il est clair que ces dernières années, deux mobilisations ont montré une puissance de rassemblement intercontinentale et de critique fondamentale de l’ordre crépusculaire du capitalisme financier : le combat contre la domination masculine et l’antiracisme politique. Le succès mondial des mobilisations contre les violences sexistes et le féminicide, l’écho mondial de ma mobilisation de Black Lives Matter après l’assassinat de George Floyd sont des événements considérables.

Dans les deux cas, la relecture historique de millénaires de domination ébranle la conception même que l’humanité peut avoir d’elle-même au moment où sa survie est en question . Dans les deux cas, ces mobilisations s’ancrent fortement dans l’urgence biopolitique et sociale. En France, la génération Adama a jeté des ponts tant du côté des Gilets jaunes qu’avec la « Génération climat ». L’écoféminisme de son côté est en train d’imposer sa puissance heuristique et politique. La ministre espagnole de l’Égalité, Irène Montero (Podemos), peut affirmer que le féminisme est devenu « le mouvement de transformation le plus puissant qui existe » et le « socle des batailles pour la démocratie ».

L’émergence du mouvement ouvrier et de sa critique sociale dès le 19ème siècle est aux sources de la sociologie universitaire. Il est naturel que des mobilisations contemporaines interpellent l’espace académique. Il est donc urgent pour celles et ceux qui en ont peur d’en attaquer la légitimité intellectuelle.

Paul Nizan dans les Chiens de garde [14] dénonçait « un temps où les philosophes s’abstiennent » et « vivent dans un état de scandaleuse absence. » Hélas l’absence ne caractérise pas les chiens de garde d’aujourd’hui. Pierre André Taguieff donne à la notion d’islamo-gauchisme une légitimité universitaire en 2002 [15] même s’il décline toute responsabilité dans son succès politique ultérieur. Dix-huit ans plus tard, il étrilledans L’imposture décoloniale [16], « les artisans-militants d’une contre-histoire dite "histoire mondiale" ou "globale", obsédés par la déconstruction du roman national français » et « ce pseudo-antiracisme rend la pensée raciale acceptable ». La boucle est bouclée dans la foulée avec un retour sur l’Islam car certains « islamo-gauchistes » seraient finalement « islamismophiles ».

La discussion de ces thèses, comme de celle de Bernard Rougier, devrait, et pourrait, rester sur le terrain de la controverse scientifique et intellectuelle. Elle l’a longtemps été. Mais ceux qui les portent et les argumentent ont eux-mêmes basculé dans l’inquisition. Quand Bernard Rougier affirme, avec le gouvernement, que « l’islamisme est une machine à détruire la France », et que dans la foulée, des courants de recherche sont accusés de complicité objective, voire plus, on sort du débat universitaire. Quand il affirme en janvier 2020 que les recherche dites « décoloniales » « créent également des dégâts considérables à l’université pour empêcher la production de savoir », on ouvre la boîte de Pandore d’un usage proprement complotiste de l’islamophobie.

« En offrant un refuge aux thèses racialistes de la mouvance post-coloniale, le monde universitaire héberge en son sein des courants intellectuels qui ne peuvent conduire qu’à une brutalisation des rapports sociaux », affirme ainsi Renée Fregosi [17] dans Le Figaro du 17 novembre 2020. Il ne s’agit plus de la « culture de l’excuse » fustigée par Manuel Valls en 2016, mais bien d’une mise en examen en bonne et due forme.

De l’islamisme à l’islamo-gauchisme

Le « séparatisme islamique », voilà l’ennemi désigné par le Présidentdès le mois de février 2020. Une loi est annoncée dès la nomination du gouvernement Castex en juillet. Dans la foulée, le meurtre de Samuel Paty est l’occasion d’un déchaînement islamophobe sans précédent. Le 19 octobre, le ministre de l’Intérieur affirme vouloir « passer un message : pas une minute de répit pour les ennemis de la République ». Il s’agit de terroriser celles et ceux qu’il désigne d’emblée comme des complices par des opérations de police « très nombreuses et [qui] concernent des dizaines d’individus » comme « une cinquantaine de structures associatives ». Il annonce la dissolution d’associations musulmanes et du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Le Premier ministre prend le relais le lendemain en visant ouvertement l’Observatoire de la laïcité, « parce qu’il doit être possible, en France, de défendre la laïcité sans être taxé d’islamophobie ». En assumant les caricatures et pas seulement la liberté de les publier, le Président lui-même relance la mobilisation mondiale contre la France, confortant le récit de la France assiégée par les barbares.

Une étape est franchie le 20 octobre. Jean-Michel Blanquer élargit le front et dénonce les complices de l’islamisme : « Ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme […] fait des ravages à l’université. » La lutte contre le séparatisme islamiste au nom de l’unité de la République est devenue la chasse aux islamo-gauchistes, aux études décoloniales voire aux « recherches intersectionnelles » dans la recherche française. La République a le dos large ! Toutes les pièces du puzzle sont enfin réunies. Le judéo-bolchévisme nouveau est arrivé.

Le service après-vente de la dérive gouvernementale ne se fait pas attendre. Sans surprise, on retrouve le 31 octobre la signature des pourfendeurs universitaires de l’islamisme et de l’islamo-gauchisme en bas de l’Appel dit « des cent » qui fustige au sein des université « les idéologies indigéniste, racialiste et "décoloniale" (transférées des campus nord-américains) […], nourrissant une haine des "blancs" et de la France », un « prêchi-prêcha multiculturaliste », « l’importation des idéologies communautaristes anglo-saxonnes ». Ils appellent donc la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à « mettre en place des mesures de détection des dérives islamistes, de prendre clairement position contre les idéologies qui les sous-tendent, et d’engager nos universités dans ce combat pour la laïcité et la République en créant une instance chargée de faire remonter directement les cas d’atteintes aux principes républicains et à la liberté académique ». Comme leur écrit Dominique Vidal, on n’est pas seulement passé du débat universitaire au « champ de la discussion politique ». On est entré dans « celui de l’infamie » en proposant « une sorte de comité d’épuration des universités ».

N’est-ce pas ce que proposent les députés Damien Abad et Julien Aubert qui demandent la création « d’une mission d’information parlementaire sur les « dérives » idéologiques à l’université », au président de l’Assemblée nationale le 25 novembre 2020 ? Plusieurs universitaires ayant fait part de leur indignation, le député Aubert a posté sur Twitterleurs messages, leur photos et leur noms sous le titre : « Les coupables s’autodésignent » ! Le lynchage en ligne est donc une pratique légitime lorsqu’on est député.

L’État s’arroge de fait le monopole du complotisme légitime.

La vérité n’est pas ailleurs, elle est sous nos yeux

Attaquer l’Université n’est pas une affaire marginale. Lancer une inquisition politique au sein de cette institution constitue une attaque mortifère contre la seule référence partagée, à l’échelle nationale comme mondiale, de production du vrai. Quand la science devient affaire de police, quand la raison d’État l’emporte sur la rationalité du débat scientifique, la barbarie commence. Une telle officialisation politique de la « post-vérité » aura sans doute comme dégât collatéral l’explosion des vérités alternatives, de vidéos de type « Hold Up », de renforcement de réseaux complotistes menaçants.

Mais la vérité n’est pas « ailleurs ». Elle est sous nos yeux, n’en déplaise aux complotistes de tout poil. Il nous faut juste accepter de la voir et accepter de la dire. Accepter l’évidence qu’il existe bien une islamophobie d’État en France, le dire comme Jean-François Bayard [18], l’incarner comme Fatima Ouassak [19]. Accepter l’évidence qu’il existe un racisme structurel dans ce pays, le dire et le décliner [20]. Accepter l’évidence de la violence de la domination masculine et libérer les mots qui permettent de la dire pour que même les récits des victimes ne soient pas sous la discipline de la sémantique masculine. Accepter l’évidence d’une violence policière en croissance exponentielle et que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter. Renouer avec l’évidence que le capitalisme est une logique de profit et qu’en temps de pandémie le capitalisme pharmaceutique se gave sur notre santé et sur nos angoisses, par tous les moyens, même la corruption et le mensonge.

Sur chacune de ces questions, et sur tant d’autres, le déni d’État est obstinément récurrent. Un ministre de l’Intérieur qui s’étouffe quand il entend parler de violences policières, un Président qui « ne laissera personne affirmer que la France, son État, cultive le racisme vis-à-vis des musulmans », un ministre de la Justice qui « doute » des chiffres sur l’impunité du viol en France. Taisez ces questions que je ne veux pas entendre, cachez cette vérité que je ne veux pas voir. Interdisons les images des violences policières, interdisons le Collectif contre l’islamophobie en France. La dénégation institutionnelle obstinée est devenue le marqueur des vérités structurelles. Comme dans les Tontons flingueurs, « c’est même à ça qu’on les reconnait ».

Ces vérités ont besoin de mots. Ces vérités ont besoin du récit de celles et ceux qui les vivent, car comme l’énoncent très bien Adèle Haenel et Nadège Beausson-Diagne, le déni de souffrance est une source de violence et le récit authentique de ces vérités montre la voie de l’action collective et du possible.

Toute une génération politique se meurt d’avoir toujours peur de le comprendre. La génération qui vient commence à l’affronter. Un sondage de l’IFOP auprès des 18-30 ans commandé par Marianne a surpris jusqu’à ses commanditaires : 61% sont insatisfaits de « la lutte contre le racisme », 62% de « la lutte contre les actes anti-musulmans ». À la question « cela correspond-il à une réalité », 41% répondent oui pour « le privilège blanc » (contre 32 de l’ensemble de la population), 41% pour « le racisme d’État » (contre 30), 61% pour « l’islamophobie », 60% pour « les violences policières » et 59% pour « le patriarcat ». Enfin 57% sont « totalement d’accord » avec la proposition : « La défense de la laïcité est souvent instrumentalisée par des personnalités politiques et des journalistes qui veulent en fait dénigrer les musulmans. » La jeunesse serait-elle infiltrée par les islamo-gauchistes ?

Le complotisme nous enferme dans la soumission, la suspicion et le ressentiment. Il nous enferme dans une vérité policière sur laquelle nous n’avons pas prise. Or « la vérité ne consiste pas simplement à coller au réel », fait remarquer Myriam Revault d’Allonnes car on voit bien que « la faiblesse du vrai fait disparaître la puissance de l’imaginaire » et « les « pratiques imaginatives [qui] éclairent et enrichissent les sociétés dans lesquelles nous vivons. » La quête de vérité de l’humanité est une quête de possibles et non de coupables.

 

Alain Bertho

Notes

[1Jean Nicolas, La Rébellion française, mouvements populaires et conscience sociale (1661-1789), 2002 ; Steven Kaplan, Le pain, le peuple, le roi : la bataille du libéralisme sous Louis XV, 1986 ; Vladimir S. Lujblinski, La guerre des farines. Contribution à l’histoire de la lutte des classes en France, à la veille de la Révolution, 1979 ; Louise Tilly, « La révolte frumentaire, forme de conflit politique en France », dans Annales. Économies, sociétés, civilisations, tome 27, n°3, mai-juin 1972).

[2Sylvain Lazarus, Anthropologie du nom, Seuil, 1996.

[3Le Monde relève ainsi une remise en cause hâtive du confinement, l’accusation infondée contre le docteur Fauci sur l’hydroxychloroquine et le SRAS, un imaginaire pic de mortalité après le « Lancetgate », l’intox du Rivotril et de l’euthanasie des personnes âgées, l’exemple enjolivé de la Suède, les « camps d’internement » Covid au Canada, le test pour détecter le Covid-19 dès 2015. Libération relève « dix contre-vérités véhiculées par Hold Up » : l’OMS ne préconise pas le port du masque pour le grand public, le confinement n’a servi à rien, la Suède compte beaucoup moins de morts que nous, la « délation rémunérée » des médecins, l’OMS interdit les autopsies, on nous prévoyait 500.000 morts au Royaume-Uni, Laurent Toubiana a prédit la fin de l’épidémie, avec le Rivotril, l’État a organisé l’euthanasie des seniors, l’Institut Pasteur a créé le virus, les tests Covid existaient déjà en 2015… La tonalité est la même sur les ondes.

[4Jürgen Habermas, L’espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise, 1962.

[5Naomi Klein, La Stratégie du choc : Montée d’un capitalisme du désastre, Acte sud, 2010.

[6Saskia Sassen, Expulsions. Brutalité et complexité dans l’économie globale, Gallimard 2016.

[7Enquête menée à Grigny par Sylvain Lazarus et Amar Henni.

[8Michel Bakounine, Œuvres complètes, éditions Champ libre, 1974, volume 2, L’Italie 1871-1872, page 109.

[9Michel Dreyfus, L’antisémitisme à gauche. Histoire d’un paradoxe de 1830 à nos jours, La Découverte, 2009.

[10Marie Peltier, L’ère du complotisme : La maladie d’une société fracturée, 2016 ; Obsession : Dans les coulisses du récit complotiste, 2018.

[11Adam Baczko, Gilles Dorronsoro et Arthur Quesnay, Syrie. Anatomie d’une guerre civile, 2016, Paris, CNRS Éditions.

[12François Burgat, Comprendre l’islam politique, La Découverte, 2016.

[13Alain Badiou, D’un désastre obscur : Droit, État, Politique, L’Aube, 1992.

[14Paul Nizan, Les chiens de garde, 1932, chapitre 2.

[15La nouvelle judéophobie, Mille et une nuits, 2002.

[16L’Imposture décoloniale. Science imaginaire et pseudo-antiracisme, Paris, Éditions de l’Observatoire/Humensis, 2020.

[17Français encore un effort... pour rester laïques !, Ed. L’Harmattan, 2019.

[18Les Fondamentalistes de l’identité, Karthala, 2016.

[19La puissance des mères, pour un nouveau sujet politique, La Découverte, 2020.

[20Rokhaya Diallo, Racisme, mode d’emploi, Larousse, 2011.

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  • Un superbe article assez long et fourni en réflexion qui fait honneur à "Regards".

    Je soulignerai une phrase de l’auteur de l’article, Alain Berto :
    "La quête de vérité de l’humanité est une quête de possibles et non de coupables"

    Une phrase avec beaucoup de sens et qui peut être transposable à bon nombres de sujets :)

    bdpif Le 4 décembre 2020 à 12:10
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  • Bonjour
    bonne analyse dans l’ensemble,mais beaucoup de points à discuter .
    oui complotisme et anticomplotisme marche main dans la main pour évacuer l’analyse de classe,la lutte anticapitaliste,et anti impérialiste.
    mais je ferais remarquer ,que les gens ont sérieusement commencer à douter de l’information officiel,à partir de deux époques. Un ,la guère contre l’Irak, Avec ,la fameuse ,fiole " d’arme chimique",la plus grosse désinformation,manipulation,qui a fait comprendre au gens qu’on les balader,sur le plan international,que pour justifier toutes guerre ,il fallait intoxiquer les opinions publiques,et leur mentir. Avec l’aide des médias,embrigader volontaire.Cela sur le plan international......dorénavant ,on peut douter sérieusement de toutes informations sur tout conflit : yougoslavie,Irak,Syrie,Yémen.....je ne rentre pas dans le détail de chaque conflit,mais dans chacun ,on peut remettre en cause ,beaucoup d’informations.
    Deux ,la propagande ,le matraquage sur le traité européens ,pour faire voter les gens dans le sens des puissances économiques.DEpuis,les gens se méfie ,de toute info,les gens pensent que les élites manipule, tripatouillées permanence
    Cela ,n’est pas nouveau,de nombreux auteurs,universitaires ont fait un travail pour informer les gens,les alerter.Je pense à Chomsky,la fabrique du consentement,propagande,documentaire....
    bref les gens se savent manipuler,par les élites,politiques,dirigeants.Apres chacun y va de sa petite explicationcomplot juif,franc maçon,illumination,état profond....

    bob Le 4 décembre 2020 à 14:32
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