Accueil | Par Roger Martelli | 23 mars 2020

Lucien Sève : mort d’un grand philosophe marxiste

Le philosophe Lucien Sève vient de mourir du coronavirus à l’âge de 93 ans. Il aura fallu la petite bête qui tétanise nos sociétés pour abattre cet homme que nul n’avait pu asservir. Il était une grande figure, très insuffisamment reconnue, du communisme et de la pensée critique.

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Peu d’hommes auront compté autant dans ma vie intellectuelle et militante. Il faisait partie de ceux qui, comme Albert Soboul, grand historien de la Révolution française, ont légitimé intellectuellement mon choix politique du communisme, au moment du grand choc de 1968. Celles et ceux qui l’admiraient étaient en fait des myriades. Sa rigueur, son érudition marxologique et sa critique mordante ont fasciné plusieurs générations d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs et de militants.

 

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Lucien aurait pu avoir une carrière tout aussi tranquille que brillante. Il n’en a rien été. Normalien, professeur à l’automne de 1949, il est révoqué dès mai 1950 d’un poste de prestige, au lycée français de Bruxelles. S’il fait son service militaire, comme tous les jeunes Français, il le fait en Algérie, au sein du corps héritier du « Bat d’Af », le très disciplinaire Bataillon d’Afrique. Communiste et militant syndicaliste, il collectionne les mutations administrativement décidées avant d’atterrir au lycée Saint-Charles, où il reste jusqu’à la fin de sa carrière d’enseignant en 1970.

Science et lutte : les deux facettes de la quête de l’émancipation humaine

Marqué par les souvenirs de la guerre, plongé dans les pugilats idéologiques de la guerre froide, il faisait partie de ces intellectuels qui pensaient que la science et la lutte étaient deux facettes indissociables de la grande quête de l’émancipation humaine. Comme son ami Louis Althusser, comme tant d’autres, il fut sans réticence un intellectuel stalinien « à son créneau », très tôt un connaisseur érudit de Marx en version originale, comme il le fut de Lénine, grâce à son épouse Françoise qui maîtrisait parfaitement le russe [1].

Il ne fut pas facile, à cette génération, de se débarrasser des macules du stalinisme. En 1956, Lucien fit partie de ceux qui, tout en entrevoyant la tragédie d’une époque, ont d’abord considéré, comme Maurice Thorez et Mao Zedong, que la critique ne devait pas se confondre avec le reniement. Il estima donc, comme la grande majorité de ses camarades du PCF, que l’opportunisme était le principal danger.

Le premier grand combat public de sa vie fut mené contre la lecture de Marx entreprise par Roger Garaudy, alors considéré de fait comme le philosophe officiel du PC. Comme Althusser, il voyait dans ses approches une altération du marxisme, à terme source de capitulation. Mais à la différence d’Althusser, il choisit de combiner cet esprit de rigueur, confinant parfois à la raideur, avec le désir d’ouverture que le PCF engagea après 1962 et qui le poussa jusqu’aux rivages de l’eurocommunisme, entre 1975 et 1978.

Le choix du Parti communiste

En 1970, Lucien Sève choisit d’être permanent du Parti communiste. Le choix n’était pas sans conséquences redoutables : aux yeux du plus grand nombre, et d’abord à ceux des intellectuels, celui qui choisit d’être un révolutionnaire professionnel se met du côté de « l’intérêt de parti » et pas du côté de la « vérité » ou de « l’objectivité ». Au bout du compte, cela lui a valu de ne pas être reconnu pour le grand intellectuel que la somme et la qualité de ses œuvres désignaient pourtant. Il est vrai que le choix d’un engagement total, au sein d’un parti qui a été à la fois l’objet d’un choix conscient, une passion et un appareil, s’est avéré une contrainte façonnant la façon d’être, de parler et d’écrire. Mais ce respect du collectif militant d’insertion ne signifiait pas chez Lucien Sève l’obédience absolue de la foi. Il fut un permanent, membre du Comité central dès 1961 (il a alors 35 ans). En pratique, il fut considéré comme un philosophe officiel, même s’il s’en est toujours âprement défendu. Mais il n’accéda jamais au sacro-saint Bureau politique. Directeur des éditions du PCF depuis 1970, il quitta volontairement cette fonction en 1982, parce qu’il estimait ne plus disposer de l’autonomie de décision indispensable à ses yeux. Enfin, en juin 1984, alors qu’il était à l’apogée de son image dans le parti, il amorça le processus de distanciation qui fit de lui un refondateur en 1989 et lui valut même un temps d’être tenu pour l’âme d’un complot contre le parti. Lucien savait ce qu’il en coûtait de s’écarter de la ligne : il en assumait le prix.

Ce militant indéracinable a laissé une œuvre d’une incroyable richesse. J’en ai été un lecteur passionné, mais ne suis pas pour autant habilité à dire l’apport d’un travail avant tout philosophique. Je dirai seulement que j’en ai gardé l’admiration devant l’ascèse intellectuelle du chercheur, la conviction selon laquelle il n’est pas de science sans dispute et la fascination devant ce qui m’est apparu comme des intuitions géniales. S’il me fallait en retenir quelques-unes, ce serait notamment celles-ci : que l’abolition du capitalisme n’est rien sans la pensée de son dépassement, c’est-à-dire du processus qui conduit à sa disparition ; que l’histoire n’est pas une science des lois générales, au contraire plutôt une science de l’individu ; que Marx disait que l’émancipation de chacun était la condition de l’émancipation de tous, et pas le contraire ; qu’il ne servait à rien d’opposer forme et contenu, ou forme et structure, mais qu’il convenait de penser la formation, c’est-à-dire le processus construisant en même temps la forme, le contenu et la structure. Sans lui, je n’aurais jamais été capable de percevoir tout cela et bien d’autres choses encore.

Une figure tutélaire de la pensée marxiste

Dans le Parti communiste et dans sa direction, j’ai eu la chance et même l’honneur de côtoyer quelques grands noms de la légende communiste, comme Henri Rol-Tanguy ou Marie-Claude Vaillant-Couturier, pour ne citer que ces deux-là. J’ai de même la fierté d’avoir côtoyé Lucien Sève et de bénéficier de son amitié. Nous n’étions pas de la même génération, n’avions pas la même formation intellectuelle et n’étions pas d’accord sur quelques points. Mais si je n’ai jamais osé en faire un modèle, j’en ai fait continûment une figure tutélaire, depuis 1969. Une figure que j’aimais profondément, dont la perte me navre et crée un vide que rien ne saura combler.

En 2020, le PCF fête ses cent ans d’existence. Il le fera sans Lucien Sève. L’histoire a fermé bien des portes. La mort en ajoute une. Mais Lucien nous a suffisamment dit que, le communisme n’étant pas né avec le XXe siècle, il n’avait aucune raison de disparaître avec lui.

Roger Martelli
Historien, directeur de la rédaction de Regards, il a participé récemment à la publication de la correspondance de Louis Althusser et de Lucien Sève entre 1949-1987 (aux Éditions sociales en 2018). Il a aussi publié en 2018, toujours aux Éditions sociales, « Une dispute communiste : le Comité central d’Argenteuil sur la culture ». Lucien Sève fut, avec Louis Althusser et Roger Garaudy, l’un des protagonistes des débats entourant cette session du Comité central.

Parmi les ouvrages récents de Lucien Sève :
Penser avec Marx aujourd’hui. Tome I. Marx et nous, La Dispute, 2004.
Qu’est-ce que la personne humaine ? Bioéthique et démocratie, La Dispute, 2006
Penser avec Marx aujourd’hui. Tome II. L’homme ?, La Dispute, 2008
Aliénation et émancipation, Paris : Éditions La Dispute, 2012
• Penser avec Marx aujourd’hui. Tome III. La philosophie ?
, La Dispute, 2014
Pour une science de la biographie, suivi de « Formes historiques d’individualité », Éditions sociales, 2015
Octobre 1917. Une lecture très critique de l’historiographie dominante, suivi d’un choix de textes de Lénine, Éditions sociales, 2017
Capitalexit ou catastrophe. Entretiens avec Jean Sève, La Dispute, 2018.
Penser avec Marx aujourd’hui. Tome IV. Le communisme ?, Première partie,

Notes

[1Elle lui permit entre autres d’accéder aux travaux du psychologue soviétique Lev Vygotsky, dont elle traduisit les ouvrages principaux, Pensée et langage (1985) et Histoire du développement des fonctions psychiques supérieures (2014)

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  • Le décès de Lucien SEVE est une perte irréparable pour la pensée-Marx, et il n’aura pu achever la dernière partie de son extraordinaire tétralogie, Penser avec Marx aujourd’hui. Je le considère comme le plus grand continuateur de K. MARX.
    Ci-dessous mon récent commentaire après le compte-rendu par G. ALFONSI de la première partie du "Communisme" ?
    • Merci pour ce compte-rendu exhaustif du livre de Lucien Sève ; ça fait du bien , car à ma connaissance, et sauf erreur de ma part, en dehors de l’Humanité et d’Yvon Quiniou sur son blog, je n’ai rien trouvé dans la presse ; il faut dire que la conspiration du silence dont Marx déjà se plaignait au sujet du Capital joue à plein concernant Lucien Sève, et ce depuis "Une introduction à la philosophie marxiste", et j’ajouterais aussi chez beaucoup de "marxistes". Dans "Avec Marx, philosophie et politique", le titre de l’entretien avec E. Balibar est "Marx, tout est à refaire", celui de J. BIdet, "Reconstruire le marxisme". Que n’ont-ils lu ’L’homme" ? et "La philosophie" ? Il aurait été intéressant dans le cadre de ce livre d’entretiens de leur demander comment ils se situaient par rapport au travail de L. Sève... Donc un ouvrage fondamental à lire par tous ceux qui veulent changer le monde ou qui affirment qu’un autre monde est possible, mais qui en restent au stade des déclamations.
    Bernard LAURENCE Le 23 décembre à 13:47
    RÉPONDRE

    o Je partage votre sentiment : il existe une censure de fait de l’oeuvre de Lucien Sève, qui ne concerne pas seulement les médias du "Grand Capital".
    Gilles Alfonsi Le 26 décembre à 19:59

    Bernard LAURENCE Le 23 mars à 20:20
  •  
  • Très choqué. Oui, une "figure tutélaire". Il a permis un dégel théorique : que le concept de "communisme" ne reste pas "conservé dans le formel", un surnom usurpé. Malgré son âge, la mort de Lucien Sève est prématurée. Il avait à "terminer" une somme intellectuelle, sa "tétralogie"... Merci, Roger, de rappeler par exemple, au nombre de ses intuitions "qu’il ne servait à rien d’opposer forme et contenu, ou forme et structure, mais qu’il convenait de penser la formation, c’est-à-dire le processus construisant en même temps la forme, le contenu et la structure." (J’aimerais en retrouver des citations précises). J’ajoute : pas de matérialisme historique sans matérialisme dialectique, et réciproquement...
    Par ailleurs, le PCF pourra-t-il perpétuellement s’en tenir, comme l’a fait Fabien Roussel, à une évocation superficielle, pour ne pas dire désinvolte, de "relations pas simples avec le PCF, depuis les années 80, jusqu’à ce qu’il quitte le parti au début du 21ème siècle... Mais néanmoins un communiste résolu, toujours prêt au dialogue" ?!?... La dette que nous avons envers Lucien Sève exige mieux : un inventaire sérieux de "retards" théoriques et historiques patents, assortis de fautes stratégiques et politiques repérables !...

    Aubert SIKIRDJI Le 24 mars à 10:24
  •  
  • Par son érudition, l’acuité de ses vues et la qualité de ses travaux, Lucien Sève mérite le respect. Par son engagement au PCF et sa carrière d’apparatchik, beaucoup moins. Les responsabilités qu’il prit comme politicien sont difficiles à porter. Expert pour les études et la recherche conceptuelles, il voulut faire de la politique, domaine exigeant d’autres compétences et d’autres talents que les siens. Il ne vit pas qu’il en manquait, ni qu’il était peu disposé à les acquérir, l’eût-il voulu.

    Membre du comité central de 1961 à 1994, il eut du temps pour réfléchir aux conséquences morales de son soutien au régime socialiste, qui existait en Russie à l’époque. Qu’en fit-il ? Que disait-il au moins en privé de cette réalité, de la doctrine Brejnev, des mirobolants satrapes que furent les Ceausescu, les Ulbricht, les Husak ? De l’incompatibilité absolue entre la démocratie et le socialisme ? Entre les sources du socialisme – au sens marxiste – et les sources du Droit ?

    A son niveau d’intelligence, il n’a pas d’excuses alors qu’il lui aurait suffi de dire ‘ je me suis trompé’. Cela n’eût pas été déshonorant, au contraire. Nombre d’intellectuels un instant aveuglés par le communisme surent s’en départir dès que leurs yeux se furent dessillés. Ceux de Lucien Sève, que la mort vient de fermer, n’ont pas su rester bien ouverts et regarder ce qu’il fallait voir.

    Glycère Benoît Le 24 mars à 15:20
  •  
  • A l’attention de G. Benoît

    Quand vous déciderez-vous à lire Lucien SEVE, plutôt que divaguer sur son oeuvre et son action. Mais quand on a écrit :
    "Goebbels était docteur en philosophie, maints modestes antinazis ont fini à Dachau. Ils furent victimes du régime nazi, non du régime hitlérien", tout est possible...(cf votre commentaire après le compte-rendu du dernier livre de L.S. par G. Alfonsi)

    Bernard LAURENCE Le 24 mars à 19:10
  •  
  • @Bernard LAURENCE. Je ne divague pas et je maintiens ce que j’ai dit. Merci de me citer. La citation plus complète, du moins plus large, extraite d’un échange entre vous et moi à propos de l’article de Gilles Alfonsi du 15 décembre 2019, est la suivante :

    ‘Le sens moral n’est pas tributaire de l’expertise philosophique. Elle répond à une culture académique qui n’en préjuge pas, qu’elle soit rudimentaire ou très pointue. Goebbels était docteur en philosophie, maints modestes antinazis ont fini à Dachau. Ils furent victimes du régime nazi, non du régime hitlérien. L’hitlérisme, c’est ce qu’auraient dénoncé les gens usant des mêmes ressources que vous qui parlez de régime stalinien et non de régime socialiste.’

    Il n’y a rien de divagant dans cette position. Notre échange tourna court, ce que je pressentais, et je le pressens encore pour celui-ci. Selon vous, et selon Lucien Sève aussi, il me semble, le stalinisme est une déviation, une trahison du régime socialiste mis en place par Lénine en 1917. Pour moi, il en est la continuation logique, sans rupture des responsabilités politiques et morales. Le stalinisme n’existe pas, pas plus que l’hitlérisme. C’est un mot-outil, créé pour répondre à une nécessité politique, mais un concept vide. Il ne désigne pas un régime particulier : le PCUS est resté au pouvoir du début à la fin. La fin, c’est bien le mot.

    Glycère Benoît Le 24 mars à 21:17
  •  
  • @Bernard LAURENCE. J’ajoute pour préciser que le sens moral est intuitif. Ce qui me permet de rectifier une faute de construction dans la phrase citée, il aurait fallu écrire : ‘Le sens moral n’est pas tributaire de l’expertise philosophique. Celle-ci répond à une culture académique qui n’en préjuge pas…’. Une personne dépourvue de culture académique peut en être dotée, et agir en fonction de ce que lui dicte sa conscience, a contrario un expert pourra en être dépourvu. Ou l’inverse. Il n’y a pas de lien de causalité.

    Glycère Benoît Le 25 mars à 04:41
  •  
  • @ Glycère Benoît
    Ne vous blanchissez pas, d’entrée, en prétendant que cet homme "mérite le respect". Taisez-vous. Taisez-vous. Ce que vous faites est l’inverse du respect. Et par pitié, ne me répondez pas. Forcément, vos dits "échanges", raides et phraseux, ne peuvent que tourner court. On ne peut pas avoir envie de vous "répondre". Car ce ne sont pas des échanges, mais de votre part de sinistres clowneries polémiques, pas honnêtes, et complètement à côté de la plaque, dont je n’ai même pas envie d’essayer de tout comprendre ! Vous dîtes n’importe quoi. Et vous atteignez ici au comble : l’infâmie, sitôt la mort tragique d’un homme, de l’attaquer de manière plus que caricaturale : mensongère. Jouant sur "la fin", "les yeux qui se ferment", pour ainsi dire d’un aveugle... Vous êtes immonde. Précisément, est-il besoin de le rappeler, Lucien Sève a grandement contribué à la constitution d’une autre pensée, dédogmatisée, que celle qui faisait se demander "jadis" à un Jacques Duclos, si "ses yeux se fermeront avant d’avoir vu le Socialisme sur la terre de France"... Inventer qu’il aurait dédouané le concept de socialisme en se planquant derrière le faux concept de stalinisme, est une plaisanterie ridicule, fumiste, et calomnieuse. Vous n’êtes pas vous-même sorti du stalinisme en imaginant que le travail autocritique profond consiste à avouer en bloc et d’un coup : qu’on s’est globalement trompé, sans quoi l’on n’aurait pas d’excuse !... Allez vous coucher.

    Aubert SIKIRDJI Le 25 mars à 12:25
  •  
  • @ Glycère Benoît

    L’on ne "discute" pas en attribuant à autrui ses propres idées fixes.

    Aubert SIKIRDJI Le 25 mars à 12:48
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI. Il faudrait avoir pitié de vous qui m’insultez ? Vous êtes un drôle de commentateur. Apprenez que dans tout débat on doit accepter d’être contredit. Je ne suis pas d’accord avec la thèse de Lucien Sève qui voit dans le stalinisme une trahison, ou une déviation, du régime socialiste mis en place par Lénine en novembre 1917. J’ai le droit de le dire et je l’ai dit en termes mesurés, qui n’avaient rien d’offensant pour personne.

    Le caractère criminel et totalitaire de ce régime est attesté dès l’origine. La Tchéka a été créée en décembre 1917. Lénine a dissous en janvier 1918 l’assemblée constituante au seul motif que les bolcheviks y étayent minoritaires (168 sièges sur 703). Ces faits historiques n’empêchent pas de reconnaître, pour leur valeur propre, les grandes connaissances de Lucien Sève en matière de marxisme. Il en était l’un des meilleurs experts en France. Mais il était aussi un politicien de carrière, permanent du PCF. Il n’était donc pas un expert indépendant.

    Vous citez à l’appui de vos anathèmes Jacques Duclos, le type même de l’apparatchik kominternien. Il n’a pas vu le socialisme en terre de France, gémissez-vous. Ce qu’on y voit, c’est la démocratie. Ce n’est pas le même régime. Les citoyens de différentes opinions peuvent se parler sans s’insulter. Ils sont égaux en dignité et en droits. Un anticommuniste est l’égal d’un communiste, aussi respectable. Le comprenez-vous ? N’allez pas vous coucher. Réfléchissez, donc en restant éveillé, donc sans rêver, à la différence entre les deux régimes, la démocratie et le socialisme. Je vous y invite.

    Glycère Benoît Le 25 mars à 14:51
  •  
  • A L’attention de G. Benoit

    Ce "il me semble" (votre écrit de 21 h 17) confirme bien que vous n’avez pas lu L. Sève, que vous ne voulez pas le lire (par paresse ou peur de perdre vos certitudes ou de comprendre enfin quelque chose ?) c’est pourquoi votre argumentation tombe à plat.
    Si l’on vous comprend bien, il y a deux types de régime, la démocratie et le socialisme. Avez-vous déjà entendu parler du capitalisme ? Surtout en ce moment. Quel merveilleux système, en quelques jours des milliers de milliards de dollars se sont évaporés...Et pour aller vite : dans quel régime situez-vous l’Arabie saoudite ? Comment justifiez-vous l’assassinat de 500 000 communistes en Indonésie en 1965 ? Ils furent victimes de qui et de quoi ? Comme "maints modestes antinazis ont fini à Dachau" ...

    Bernard LAURENCE Le 25 mars à 15:50
  •  
  • @ G. Benoît

    Merci. Je ne vous ai pas attendu.

    Aubert SIKIRDJI Le 25 mars à 15:54
  •  
  • @ G. Benoît

    ...Et non, je ne gémis pas sur le fait que Jacques Duclos n’aurait pas vu le Socialisme en terre de France... Cessez vos bêtises schématiques !...

    Aubert SIKIRDJI Le 25 mars à 16:01
  •  
  • @Bernard LAURENCE. Mon argumentation ne tombe pas à plat. Elle ne porte pas sur l’œuvre philosophique de Lucien Sève, dont la qualité fait l’unanimité, mais sur les responsabilités qu’il prit en tant que permanent du PCF.

    Je ne dis pas qu’il n’y a que deux régimes possibles. Je dis que ces deux régimes, la démocratie et le socialisme sont radicalement différents et incompatibles. C’est vous qui ne lisez pas. À vous aussi il vous reste de la paresse à vaincre, des choses à enfin comprendre.

    Avez-vous déjà entendu parler du fait que le capitalisme n’est pas un régime politique ? Votre confusion fait tomber votre argument, du haut d’une certaine condescendance, qu’il est piquant d’imiter pour en souligner le côté incongru. On la voit volontiers chez les communistes quand il leur arrive de dialoguer avec ceux qui ne le sont pas – au demeurant je ne sais pas si vous l’êtes vous-même, mais vous avez leur manière – tels des sachants s’adressant à des bouseux incultes.

    Le capitalisme c’est l’économie, la production et l’échange, encadrés par le droit. Le régime c’est autre chose. Il n’y a pas que la démocratie en face du socialisme, d’autant que le socialisme a disparu, sauf dans quelques États. Le cas de la Chine est intéressant : régime communiste, économie capitaliste. Il existe encore maints régimes dictatoriaux, théocratiques, des autorités de fait, des gouvernements de rencontre. Qui justifierait les violations des droits de la personne qu’on y constate ?

    Loin de moi l’idée de justifier la répression anticommuniste en Indonésie. L’instauration du régime de Castro à Cuba fit des milliers de morts, exécutions sommaires, procès expéditifs, assassinats politiques, liquidations d’affidés de l’ancien régime. Ça ne fait pas de Batista un prix de vertu, mais c’est plus de victimes que lui-même ne fit. On aura beau jeu maintenant de dire que Fidel Castro lui aussi a trahi les idéaux du socialisme, etc. Ce filon est très productif.

    Glycère Benoît Le 25 mars à 17:32
  •  
  • @ Glycère Benoît
    .
    ...Décidément, vous me forcez à réagir. Qu’est-ce dont que cette façon que vous avez de séparer l’homme et l’oeuvre ?!?... Singulièrement, s’agissant de Lucien Sève, c’est du grand n’importe quoi !... Vous dîtes que "votre argumentation ... ne porte pas sur l’œuvre philosophique de Lucien Sève, dont la qualité fait l’unanimité, mais sur les responsabilités qu’il prit en tant que permanent du PCF. "
    Bigre !... Eh bien moi je vous dis qu’elle ferait bien mieux, votre argumentation, de porter sur l’oeuvre en question (encore faudrait-il que vous en soyez un peu capable), plutôt que d’en faire un objet de reconnaissance mondaine et "unanime" !...
    Premièrement, pour la raison que c’est quelqu’un qui, n’est-ce pas, de longue date, c’est justement posé la question de savoir ce que parler de BIOGRAPHIES veut dire, en approche marxiste !...
    Deuxièmement, cette oeuvre n’est pas faite, non, pour déclencher un concert d’unanimité. C’est INDISSOCIABLEMENT que l’on peut se poser la question des relations entre la dimension "encore passablement dogmatique" de certains de ses travaux, et sur ses responsabilités, comme vous l’avez écrit, "d’apparatchik"...
    De la même façon que c’est EN COHÉRENCE qu’il a finalement quitté le PCF, ce qui m’a fait noter au début de cette discussion qu’il ne s’agissait pas de traiter de cette séparation à la légère...
    C’est, oui, LA MÊME PERSONNE POLITIQUE ET PHILOSOPHIQUE qui, soi-dit en passant, a publiquement regretté, par exemple, la maltraitance qu’il a fait subir, à des moments différents, à des philosophes comme Henri Lefèbvre ou Louis Althusser, en tant qu’ "homme de Parti"...
    Je ne vous en dirai pas plus.

    Aubert SIKIRDJI Le 25 mars à 18:51
  •  
  • A G. Benoît
    C’est quoi la démocratie quand on travaille dans une multinationale capitaliste ?
    J’aimerais bien le savoir parce que mon expérience professionnelle ne m’a pas permis de l’expérimenter.
    " Le cas de la Chine est intéressant : régime communiste, économie capitaliste." Ne voyez-vous pas là une contradiction ?
    Lucien Sève y consacre 20 pages dans son dernier ouvrage "Le communisme" ? (p. 520 à 539). Mais il paraît évident que nous n’avons pas la même grille d’analyse : de tous côtés on entend qu’il faut changer de système, et on ne parle pas de la démocratie, mais du capitalisme qui est le mode de production archi-dominant, détruisant l’humanité et la nature à vitesse accélérée, et aujourd’hui entré en phase terminale.

    Par ailleurs, entièrement d’accord avec A. Sikirdji.

    Bernard LAURENCE Le 25 mars à 22:18
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI. Le sujet n’est pas ce dont nous sommes capables mais de comprendre pourquoi les régimes socialistes étaient instables, ce qui a provoqué leur écroulement. Ce but intellectuel n’est ni inaccessible ni tabou, même s’il exige des capacités que tout le monde n’a pas comme vous l’avez souligné. Je n’ai aucune idée des vôtres, à part que vous avez une propension à l’injure, ce qui a priori ne vous grandit pas dans tout débat. Mais effectivement ce n’est pas le sujet.

    Accessoirement à cette chute des régimes, qui a entraîné les partis communistes dans la marginalité ou la métamorphose, on peut se demander si le socialisme fut un bon régime malgré son instabilité et sa nature antidémocratique. Ce ne sont pas les philosophes qui pourront nous le dire mais les historiens. Je veux croire que là non plus vous ne m’avez pas attendu pour les consulter. Les témoins aussi. En ce moment, je relis ‘Retour de l’U.R.S.S.’ (suivis des ‘Retouches…’) de Gide. Tiens, à propos d’injures, les réactions communistes à cet ouvrage, c’était gratiné. Ce n’était pas un imbécile André Gide, il en avait des capacités, lui. Elles valaient bien celles de Lucien Sève. Il n’a pas eu besoin de passer soixante ans au PCF pour savoir à quoi s’en tenir sur la réalité. Ce n’est pas rien en politique, la réalité, alors qu’en philosophie on peut en faire abstraction.

    Là justement est un point intéressant, qui interroge le philosophe Sève, et non plus seulement le militant. Le socialisme est un régime dont la légitimité ne dépend pas de la volonté populaire – il n’y a pas de suffrage universel – mais d’une théorie philosophique, le marxisme-léninisme, qui constitue une référence censée être fixe par rapport au temps. Mais vient le moment où tout s’écroule. Sève, pour l’expliquer, dit que c’est le régime qui a trahi la philosophie et que le futur permettra au vrai socialisme de repartir sur des bases purifiées, le vrai marxisme, etc. C’est une thèse. Une autre thèse dit que c’est le marxisme lui-même qui contient un biais, un paralogisme, qui le rend impuissant à fonder un régime stable, faute d’avoir ce pouvoir d’anticipation total dont il était crédité. En tant que théorie, le marxisme reste une grande pensée, mais il ne peut se substituer à la volonté des peuples.

    Glycère Benoît Le 25 mars à 23:09
  •  
  • @Bernard LAURENCE. La démocratie c’est le régime parlementaire. Vous le trouvez mauvais. Vous avez raison il l’est. Dites par quel régime vous voulez le remplacer. Dites qui dans ce nouveau régime aura le pouvoir et par quoi ce pouvoir sera légitime.

    Glycère Benoît Le 25 mars à 23:16
  •  
  • @ Glycère Benoît

    Bon. Admettons que je vous en dise un peu plus. Je ne veux pas vous laisser comme ça, pantelant...

    Et d’une je m’en voudrais de vous injurier. Mes insultes et ma véhémence, c’est autre chose... C’est "juste" une colère ponctuelle. Car il n’est pas acceptable que l’on se comporte n’importe comment, au moment, encore une fois, d’un décès tragique. C’est une question de décence élémentaire.

    Peu importe que ce soit inconscient de votre part, vous n’avez pas d’excuse..., comme vous dites : et ne renversez pas les rôles, ...car c’est vous qui êtes venu injurier aussitôt un mort, en prétendant qu’il avait oublié d’enlever, pour aisni dire, les peaux de saucisson de ses yeux, avant de mourir !...

    C’est très mal, car d’abord très injuste. L’héritage de Sève est celui d’un considérable effort de LUCIDITÉ. Précisément, lorsque je vous vois vous perdre dans des considérations sur réalité et idéal philosophique, l’apport essentiel de Séve c’est de NOUS RAMENER AU RÉALISME, c’est-à-dire au "matérialisme historique"... On peut toujours s’interroger sur les "retards" du PCF et de son appareil, convoquer Gide, etc., etc. Et tant d’autres "témoignages", comme vous dites... Il y aurait beaucoup, beaucoup de choses à dire là-dessus, et je vous en donne acte.

    Mais quid de Sève, à ce propos ? Il est UN FAIT qu’à propos de la dite "condamnation du stalinisme", par le PCF, au milieu des années 70, Sève nous a appelé à ne pas nous en tenir, justement, à une vision de ce fameux stalinisme comme explicable par une simple "perversion de l’Idéal socialiste". Il n’a cessé par la suite d’approvisionner la conviction que c’est le Socialisme lui-même, comme synonyme de chosification du communisme, qui était à remettre en cause. C’est le B-A-BA de Sève, encore une fois, pour qui l’a un peu lu !... ( À côté de quoi, vous vous payez le luxe de présentement faire le mariole, en élucubrant sur "le pur" Socalisme ou "le marxime-léninisme", ...à total contre-sens, et en totale projection de votre propre anachronisme et fatuité idéologiques !... Je vous le confirme : c’est "un peu" déplaisant...)

    Il faut derrière aussitôt ajouter ceci : que ce "retour nécessaire à Marx", avec piqûre de rappel que le communisme n’est pas un Idéal métamorphisé en régime, en État, mais avant tout le mouvement de dépassement de l’ordre établi...., ce n’est pas sans une grande vigueur politique que Sève l’a posé : il a d’ailleurs noté à ce propos que LE CONCEPT DE REFONDATION, qu’il a lancé, est un signifiant qui a essaimé, jusqu’à un usage courant... J’ajoute qu’on pourrait enlever le "re-" de refondation : il s’est agi d’un véritable "fondamentalisme" marxien..., où d’ailleurs la question démocratique ne pouvait elle-même rester cantonnée à son immobilisation "libérale", à "un régime" de Représentation, mais se ressourcer centralement à l’héritage de Jaurès...

    De quoi parle Jaurès ? Et Séve après lui ? D’ÉVOLUTION RÉVOLUTIONNAIRE. Lucien ajoutait : " ou révolution évolutionnaire"... Autrement dit d’une vision PROFONDE non pas de "la Démocratie", comme idée toute faite, et "régime" tout établi..., mais de la DÉMOCRATISATION "COMPLÈTE" de la Société..., qui ne se résume certainement pas à une affaire de vote et d’élection !...

    Aubert SIKIRDJI Le 26 mars à 10:03
  •  
  • A l’attention de G. Benoît.
    Je n’ai jamais écrit que je trouvais mauvais la démocratie et le régime parlementaire. Je veux seulement en montrer les limites dans une société capitaliste ; par exemple le rejet par le peuple français de la constitution européenne en 2005 et sa remise en selle 2 ans plus tard par le Parlement (UMP+PS). Drôle de démocratie.
    Mais il y a un expert en la matière dont il ne faut pas oublier les propos, F. von Hayek, grand gourou de l’ultra-libéralisme : "Une dictature peut être un système nécessaire pour une période transitoire. Parfois, il est nécessaire pour un pays d’avoir pour un temps, une forme ou une autre de pouvoir dictatorial (...) Personnellement, je préfère un dictateur libéral plutôt qu’un gouvernement démocratique manaquant de libéralisme". Entretien donné au journal El Mercurio le 12 avril 1981. Il a rencontré Pinochet à deux reprises et la dictature a duré 16 ans (juste un période transitoire !!). J. Chirac lui a remis la Légion d’honneur et tout récemment E. Philippe faisait son éloge. Pour terminer, j’aimerais avoir votre avis sur l’avenir du capitalisme au vu de ce qui se passe en ce moment. Comment expliquez-vous une telle crise ?

    Bernard LAURENCE Le 26 mars à 18:40
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  • @Aubert SIKIRDJI. Je vous donne volontiers acte que les injures que j’ai cru déceler n’existaient qu’en apparence. On est donc dans le cadre standard de la démocratie, le dialogue courtois entre concitoyens, que nous n’avions pas vraiment quitté. Pour autant je ne pantèle pas. Mes positions ne me secouent pas spécialement, ça va merci.

    Le destin du régime socialiste est rempli. Il forme un tout cohérent, intégralement devenu un objet historique, qui nous assigne de comprendre pourquoi il apparut en 1917, pourquoi il disparut, entre 1989 et 1991. Cet ensemble est homogène par sa logique de fonctionnement et ses principes idéologiques fondamentaux. Le Komintern lui donnait une structure politique hiérarchisée, conforme à l’internationalisme prolétarien. Découper l’univers communiste a posteriori en sections contradictoires par nature est une démarche étrangère à l’esprit scientifique et à l’honnêteté intellectuelle. Si le dire s’écarte du style hagiographique qu’appelle la disparition d’une personnalité éminente, ce n’est pas là pour autant manquer au respect dû à sa mémoire, moins encore ignorer ce qu’on doit à la probité. On peut, même en de telles circonstances, exprimer dignement, sans haine, un désaccord sur le fond.

    Lucien Sève condamne le stalinisme, après avoir, comme d’autres, identifié le concept en le nommant, et l’avoir isolé. Mettons qu’on reconnaisse la validité du néologisme, aucune langue n’interdisant d’en créer, sauf à répondre des abus lexicaux. À l’évidence le régime fondé en 1917 était criminel. Staline meurt le 5 mars 1953. Le socialisme a-t-il changé alors de nature pour retrouver l’innocence qui lui était promise sur ses fonts baptismaux ? Quid de la répression à Budapest en 1956 ? Du Grand Bond en avant de 1958 ? Quid du XXème congrès du PCUS, où le parti au pouvoir avoua ses crimes, tout en y restant ? Dans un monde normal il aurait dû en être chassé pour ne jamais y revenir. Le Mur de Berlin (1961-1989), symbole à la fois de l’horreur de l’empire à son apogée et du fracas de sa chute, que devait-il au stalinisme ? Si Honecker est un stalinien, alors il faut admettre que le socialisme et le stalinisme c’est pareil, sans chercher le salut dans l’inflation sémantique par la grâce d’outils comme le maoïsme, le brejnévisme, le polpotisme, le kadarisme et même tiens le honeckerisme, etc.

    Mais si on l’admet, si on l’intériorise, on est confronté au vide, au néant. La philosophie a horreur du vide. Il est tentant alors de recourir à l’interprétation des textes originaux pour s’affranchir de soixante ans de militance au sein d’un parti qui avait justifié de tels crimes. Qu’y faisait Lucien Sève au moment où ils se perpétraient sans que sa voix eût retentit pour les condamner ? Pourtant il ne lui aurait pas donné une meilleure portée qu’en le quittant. On a l’exemple de militants sincères qui le firent dès 1956, parfois bien avant. Entre 1945 et 1950, le PCF perdit la moitié de ses adhérents.

    Glycère Benoît Le 26 mars à 22:52
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  • @Bernard LAURENCE. Je prends note que vous ne préconisez pas l’abolition du régime parlementaire, ce qui aurait logiquement été le cas si vous le trouviez mauvais. Personnellement je m’en tiens à la position classique : c’est le pire des régimes, à l’exception de tous les autres. C’est pour cela que je le soutiens, en constatant au passage son incompatibilité totale avec le régime socialiste. Voilà qui est clair. On aimerait la même clarté de votre côté.

    Nous ne sommes pas dans une société capitaliste. Nous sommes dans une société démocratique, c’est l’économie qui est capitaliste. Vous avez raison de pointer des exemples de ses défauts, portant sur ses modalités, une qui est souvent citée à charge, le référendum de 2005. Mais quid de ses principes ? Les manquements à leur respect que l’on constate ne les remettent pas fondamentalement en cause. Par exemple, c’est la République qui a bâti pour l’essentiel l’empire colonial français, qui ne passe pas pour un modèle d’émancipation des peuples. Pourtant la France est restée une démocratie, finissant par décoloniser.

    Hayek est un économiste. Il n’est pas une référence dans ce qui fonde le régime actuel de la France, même s’il a été décoré.

    Mon avis sur l’avenir de l’économie est qu’elle ne peut pas disparaître. On peut l’appeler le capitalisme si vous voulez, les deux mots sont presque synonymes. Même s’il arrive la pire chose qui puisse arriver au capitalisme, la prise du pouvoir dans un pays donné par le parti communiste, le capitalisme ne disparaît pas. Il entre en dormance, il devient souterrain, puis, après dix, vingt, cinquante ou cent ans s’il le faut, il réapparaît et le régime socialiste s’écroule. Parfois c’est le parti communiste lui-même qui rétablit le capitalisme, pour rester au pouvoir en confortant son économie, comme en Chine. Vous me demandiez si je n’y voyais pas une contradiction. C’est aux communistes chinois qu’il faut le demander. Au jeu des prédictions, j’avancerais même que c’est un scénario possible pour Cuba.

    Quant à la crise sanitaire actuelle, j’observe qu’elle a pris naissance dans un État gouverné par un parti communiste. Il n’a pas su tirer les leçons d’une précédente expérience, l’épidémie de SRAS en 2003. Il me paraît hasardeux d’affirmer que la pandémie actuelle est la faute du capitalisme et que grâce au socialisme le gens guériront. Mais je peux me tromper. Nous verrons si les scores électoraux du parti communiste s’améliorent et lui permettent, après avoir pris le pouvoir, d’appliquer un programme marxiste-léniniste où l’Homme Nouveau, prévu par la doctrine, pourra à terme émerger, sain de corps et d’esprit, indemne de toutes ces misères et maladies imputables au capitalisme.

    Glycère Benoît Le 26 mars à 23:39
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  • @ Glycère Benoît

    Ben dîtes, ce n’est pas la peine de vous demander : « - Étonnez-moi Benoît !... » Nan nan. Pas de surprise. D’un jour sur l’autre, vous n’écoutez rien, ou du moins vous faites à peine semblant, ...et vous rapportez le même pot de pâte à tartiner, bizarrement toujours le même et toujours entier. Avec le même rituel : 36.15. qui n’en veut ? Une cuillère pour papa, une cuillère pour maman... Ça écœure vite !...

    Je parle de pâte à tartiner, pour faire image de "pensée visqueuse".... Pensée ? Même pas..., car vous ne pensez pas. Vous égrenez plutôt une série de "réflexions" hystériques, pédantes, puériles et ampoulées, vierges de toute dialectique. Toujours les mêmes. Comme on enfile les perles.

    De confortables poncifs. AUJOURD’HUI criminels. Car c’est çui qui dit qui est.

    Vous vous abritez derrière le caractère, selon vous, intrinsèquement et initialement criminogène de l’idée communiste, en arguant de son caractère indivisible, insécable, faite pour des régimes d’un bloc,

    ...mais "la Chute" monumentale ayant eu lieu, ...ça vous donnerait raison, non pas de penser ou repenser la Démocratie, d’en faire travailler la contradiction interne, en relation avec la vie réelle...mais de la considérer, à nouveau comme un "Régime", peut-être pas parfait, mais vous permettant de tranquillement pencher pour lui, vu que c’est le moins pire !...

    C’est pareil, quelque part,... que Macron qui nous dit d’aller nous faire voir en dictature si l’on n’est pas content... Sauf que c’est justement devenu AUJOURD’HUI criminel de dire cela !...

    C’est le signe d’un point d’impasse historique. Non pas impasse partielle, mais impasse totale.

    Car il faut TOUT repenser, sur le mode de "la complexité", comme nous y invite quelque’un comme Edgar Morin....

    Nous sommes à un moment où aucune "pensée entitaire", parlant benoîtement de LA démocratie, de L’économie, DU communisme, DU socialisme, DU capitalisme, de L’écologie, DU féminisme, etc. comme de CHOSES prédéfinies, entre lesquelles nous n’aurions qu’à faire notre marché, sur on-ne-sait-quelle foire à l’Événementiel, n’est admissible !...

    Nous ne sommes pas ici à jouer avec des cubes.
    Nous sommes à un point terminal de l’idéologie du "CHOIX" !... Car oui, "la crise du coronavirus" nous montre que NOUS N’AVONS PLUS LE CHOIX. Qu’il faudra prendre des décisions et porter des actes radicaux, dans le bon sens du terme...

    Mais ce n’est pas la peine d’essayer de vous le dire.

    Car non, vous n’êtes visiblement PAS CAPABLE de l’entendre.

    Aubert SIKIRDJI Le 27 mars à 03:31
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  • @Aubert SIKIRDJI. Qu’est-ce que c’est que cette histoire de pâte à tartiner, de 36.15, de jeu de cubes ? A ce niveau de galimatias, je n’exclus pas le second degré, et vos messages une méthode destinée à égarer le débatteur et lui faire perdre son temps en lui balançant des régressions à l’infini. C’est une forme de la langue de bois, langage typique des communistes pour interdire le dialogue en donnant l’apparence qu’on le maintient. Vous utilisez au moins une de leurs ressources. C’est d’ailleurs, quand ils sont dans l’opposition, ce à quoi se réduit l’essentiel de leur identité.

    Tout ce que vous savez dire c’est que je suis un imbécile. C’est fort possible. Quand bien même cela serait ? Ce n’est pas le sujet. Nous ne sommes pas ici pour faire de la psychanalyse ou de la psychométrie, mais pour parler politique, à l’occasion de la disparition d’un grand penseur du marxisme qui fut aussi un militant et un responsable du PCF de 1950 à 2010.

    Je vous suggère de revenir sur l’histoire du régime socialiste et de comprendre pourquoi il s’est écroulé. Vous voyez dans sa chute de quoi engendrer une refondation du parti communiste, qui lui ouvrirait une perspective grandiose, après avoir fait table rase du passé. Vous ne m’avez pas attendu pour y réfléchir m’avez-vous dit. Très bien, faites-le, vous qui êtes intelligent, vous qui êtes un révolutionnaire évolutionnaire. Ne perdez pas votre temps à dialoguer avec un imbécile tout juste bon à tartiner de la pâte et à jouer avec des cubes.

    Glycère Benoît Le 27 mars à 06:38
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  • @ Glycère Benoît

    Oui, allez,... mes méthodes le signent, n’est-ce pas . Je vous l’avoue : je suis un communiste. Que le PCF , soit-dit en passant, ...a quitté il ya 35 ans...

    ..."Démocratie" ? Je vous ai parlé de CONTRADICTION INTERNE. La chute de régimes dits de démocratie populaire, qui identifiaient démocratie et socialisme "réel", a laissé béante la question : POUVOIR DU PEUPLE OU POUVOIR SUR LE PEUPLE ? !...

    Les libéraux identifient, eux, démocratie et capitalisme. Et la question reste béante, plus entière que jamais...

    Oui, je vous parle de jeux de cubes de couleurs... Je vous redis que la question n’est pas des "mérites comparés" de tels et tels "régimes"...

    Aubert SIKIRDJI Le 27 mars à 12:11
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  • J’oubliais un exemple récent de démocratie : l’adoption de la réforme des retraites par application de l’article 49-3 de la Constitution. Comme quoi ce mot sans son analyse concrète reste une abstraction.

    Bernard LAURENCE Le 27 mars à 16:25
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  • @ Glycère Benoît

    Il faudrait repartir des "principes élémentaires de Philosophie", de George Politzer, qui faisait le départ entre pensée magique, métaphysique, et pensée dialectique... Comparaison, effectivement très imbécile, n’est pas raison. Entre ce que l’on réduit, comment dire, à des essences, au lieu de se fader l’examen concret, courageux et profond des contradictions internes...

    Il n’y a pas "LE" régime socialiste en général, non. Il y a une histoire, il y a effectivement DES histoires sur lesquelles il faut consciencieusement revenir.

    Ce que Lucien Sève dit, par exemple, de Lénine et de la NEP, de la "prématurité" des conditions du socialisme, relève de l’analyse concrète. Rien n’est mécanique. Et vous ne me connaissez absolument pas : je suis le total contraire d’un table-rasiste. Je suis quelqu’un qui bondit chaque fois qu’il entend des raisonnements mécaniques, relevant d’une bien piètre "science expérimentale de l’Histoire", faite de séquences successives que l’on se contenterait de subir.

    Pour le dire de manière très réduite, je suis de ceux qui s’insurgent contre ce que je nomme le "périodisme" historique, contre un certain jésuitisme qui banalise les défauts d’anticipation et les "retards" politiques : un comportement idéologique qui voudrait que de toute façon on aurait "l’Histoire pour soi"... Rien n’est écrit. Et en réalité, l’Histoire ne repasse pas les plats.

    "La Chute" dont vous parlez, des "régimes" du dit "socialisme réel", ...était singulièrement en gestation, depuis la séquence de 68... Et je considère que le PCF a tord de sanctuariser l’ère Marchais, de ne pas révéler les "nouveaux retards" théorico-stratégiques qui l’ont habitée...

    Je refuse en conséquence tous les propos qui présentent "La Chute" comme un traumatisme, comme ceux qui, opportunistes, se sont contenté de chanter l’air d’un "communisme de nouvelle génération", en se dispensant de tout le travail de retour critique que cela impliquait !...

    Aubert SIKIRDJI Le 27 mars à 16:33
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  • @Aubert SIKIRDJI. Vous êtes communiste, je suis démocrate. Peu importe par quoi ces positionnements sont connotés. Nous devons vivre ensemble dans la même société, où il n’y a personne à liquider comme membre d’une classe parasitaire ou élément antisocialiste. Nous y vivons tous et nous ne faisons pas que tartiner de la pâte. Vous avez parfaitement raison d’être communiste, de votre point de vue. J’ai parfaitement raison de ne pas l’être, du mien. Ma présence vous gêne-t-elle dans la société existante et, potentielle, dans celle à l’avènement de laquelle il est plausible que vous militiez ? Je ne sais. La vôtre en tout cas ne me gêne pas, au contraire.

    La contradiction interne identifiée par le marxisme, et qu’à juste titre vous mettez en lumière, n’a rien de chimérique. Elle existe mais loin de travailler à l’ébranlement de la société elle crée des tensions qui, par leur résultante, contribuent à la maintenir debout. Les antagonismes qui ont cours en son sein, entre les classes, les groupes, les nations, les individus n’aboutissent pas à lui substituer une société où ils auraient disparu. C’est au contraire celles qui y prétendent, quand des révolutions et des guerres ont donné le pouvoir aux démiurges, qui finissent par s’écrouler. Le 9 Thermidor est leur épée de Damoclès. Le balancier revient au centre et l’État de droit reprend sa place et ses attributions.

    La solidité des régimes parlementaires, existant dans leur forme moderne depuis presque trois siècles – c’est en 1721 que Sir Robert Walpole devint en pratique le premier Premier ministre du Royaume-Uni – est à comparer avec l’histoire chaotique et brève des régimes socialistes. Remarquez, l’histoire fut aussi chaotique pour tous les régimes, la démocratie n’a pas été instaurée dans la douceur du dialogue consensuel autour d’une tasse de thé. Les nations se sont toujours forgées par le fer et par le feu, et elles continueront à le faire. L’histoire est tragique par nature, la démocratie ne prétend pas y mettre fin et c’est une des pires démagogies que de faire croire le contraire. Certes. Mais la stabilité institutionnelle, retenant dans l’architecture du droit ces contradictions internes en lesquelles sous voyez un vice rédhibitoire, n’est pas du côté du socialisme qui se targuait pourtant de les anéantir.

    La démocratie est un système ouvert, porteur en lui-même de cette démocratisation permanente qui est un processus sans cesse en cours, non un état de choses où tout serait abouti. Vous voyez ce type de dynamique avec sympathie. Croire que cet état puisse être atteint, ce qui serait alors la fin de l’histoire, est un des points d’appui idéologiques du communisme. L’émergence de l’Homme Nouveau le permettrait, avec en parallèle l’élimination de l’Homme Ancien. Ne vous désolez pas alors de vivre dans cette démocratie si éloignée des valeurs du marxisme : elle vous permet de vous en prévaloir, d’adhérer au PCF puis de le quitter, d’adhérer à un autre parti de cette mouvance ou d’une mouvance paramarxiste, ou marxienne tiens, le mot est repris par Sève lui-même, que sais-je encore. Les flexions sont si nombreuses. Il n’est même pas impossible qu’un parti communiste gagne les élections. Juridiquement rien ne l’interdit. Ainsi en plus vous vivez dans l’espoir.

    Glycère Benoît Le 27 mars à 17:20
  •  
  • @Bernard LAURENCE. Le coup de Prague c’est mieux ? Qu’en disait Lucien Sève et ses camarades à l’époque ?

    L’article 49-3 a deux fonctions, empêcher l’obstruction parlementaire et permettre à un gouvernement sans majorité pour le soutenir mais sans non plus pour le censurer de fonctionner. En cela il n’est pas une atteinte de principe à la démocratie. C’est plutôt l’obstruction, par son but délibéré de paralyser le parlement qui est un déni de démocratie. Les 40 000 amendements déposés, dont 23 000 de Mélenchon, en sont l’illustration caricaturale.

    Tous les gouvernements, de droite comme de gauche y ont eu recours. Le plus prodigue en ce domaine a été le second gouvernement Rocard (juin 1988-mai 1991), qui, ne disposant pas d’une majorité établie, l’utilisa 28 fois. Cela ne fait pas de Rocard un ennemi de la démocratie.

    Glycère Benoît Le 27 mars à 17:46
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  • @ Monsieur Glycère Benoît,

    "Perfection, c’est paresse." Paul Éluard.

    Non, non, ...vous n’êtes pas parfait.

    Vous êtes bien trop mieux : vous êtes comme le fameux 49.3, vous êtes plus que parfait, dans votre genre, Monsieur.
    Un point de perfection aboutie. Un vrai rêve de perfection.

    Y a pas mieux.

    Vous persévérez en l’occurrence à ne rien écouter, pire, à faire dire à l’autre le "parfait" contraire de ce qu’il dit, en fonction de vos préjugés ancrés.

    Je vous parle de contradictions internes... Vous en déduisez qu’elles constituent à mon sens un vice rédhibitoire !... Ah bon ? Première nouvelle ! Quand est-ce que j’aurais écrit cela ?!?... Dîtes ?

    Je vous révèle que je suis UN communiste, vous en déduisez que "je suis communiste", alors que vous "seriez" démocrate, en persistant à raisonner en terme d’essences...

    ...Le propre du démocrate, ce serait, n’est-ce pas, l’hospitalité envers les contradictions et les antagonismes, qui "tiennent le monde debout", ...et à l’inverse, le propre du communiste, ce serait de vouloir "liquider" ceux-ci, et de vouloir substituer à notre monde d’humanité vivante, des sociétés mortes, sous couvert d’homme nouveau et de fin de l’Histoire...

    Ce qui est pure folie, mais n’est-ce pas, l’espoir fait vivre, et le propre de la parfaite démocratie ce serait même, si l’on vous suit, de tolérer avec bienveillance de parfaits fous parfaitement furieux !...

    Et en quoi donc consisterait cette folie de volonté liquidatrice ? Dans son caractère intégral : on y voudrait liquider les biens parasites comme les personnes. Les classes parasites, de la même manière que "les éléments anti-socialistes"...

    La preuve ? Le coup de Prague.
    Ne vous ai-je pas signalé, en ce qui me concerne, que "la Chute" de systèmes ayant la fâcheuse tendance à évacuer les contradictions était en germe depuis 68 ? Vous n’en avez cure.

    Pas mieux !...

    Non, Pas mieux.
    Continuez comme ça...

    Aubert SIKIRDJI Le 27 mars à 20:31
  •  
  • @ Monsieur Glycère Benoît,

    ...En ce qui concerne votre question de savoir c’est quoi cette histoire, précisément, de 36.15 qui n’en veut de la pâte à tartiner et des cubes de couleur... Vous pouvez taper 36.15 qui n’en veut sur moteur de recherche... Il s’agit d’une expression tirée des "Deschiens"...
    Il y a un nouveau sketch à écrire : 36.15 qui n’en veut de la Démocratie, sous Macron...

    Aubert SIKIRDJI Le 27 mars à 21:01
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI. Où vous aurais-je dit que je ma considérais comme parfait, ou même que je prétendais à me rapprocher de cet état, fût-ce en rêve ? Première nouvelle !

    Vous vous prévalez du substantif ‘communiste’. Et vous récusez l’adjectif correspondant, qui d’ailleurs a la même forme. Quelle subtilité ! Elle m’avait échappé, forcément.

    J’ai repris vos arguments quasiment point par point, du moins les points qui me paraissaient les plus significatifs. Il m’a semblé que vous citiez les contradictions internes des sociétés démocratiques comme un défaut, non comme un avantage. Ce vice n’est pas selon vous rédhibitoire, soit, mais enfin il n’est pas devenu pour autant une vertu. J’ai bon là ?

    En revanche vous ne reprenez pas mes propres arguments, préférant l’attaque ad hominem. Peu m’importe, je vous réponds par politesse et aussi parce que vos propos, indépendamment du côté dialogue de sourd, sont, au moins en partie, intéressants. J’y vois une posture typique des communistes post-chute, si je puis dire, qui interprètent le marxisme-léninisme, doctrine constituant la base identitaire de leur parti, d’une façon si large que cela revient à en prendre le contrepied sur des point fondamentaux. Survivre après le désastre par la grâce de la virginité, de la prescription, du déni, de la métamorphose, il y a là quelque chose d’intrigant, et pas seulement pour les sémiologues. Afin de cerner les motivations de ces militants, on ne peut qu’essayer de dialoguer avec eux. Ce n’est pas chose facile : intervient alors la grâce de la langue de bois. Un aspect de celle-ci que vous chérissez particulièrement consiste à semer des guillemets un peu partout. De mon côté, j’en utilise fort peu. Finalement, ce qui nous distingue le plus, c’est le style.

    À mon tour de vous dire : continuez comme ça.

    Glycère Benoît Le 27 mars à 21:42
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  • @ Monsieur Glycère Benoît,

    1/- Vous avez écrit : "Vous avez PARFAITEMENT raison d’être communiste, de votre point de vue. J’ai PARFAITEMENT raison de ne pas l’être." Parfait c’est donc parfait...

    2/- Le vrai problème, c’est surtout que parler d’"être ou ne pas être ceci ou cela", ...cela reste sur le mode ontologique... Ça ne nous sort d’ailleurs pas vraiment de la problématique de "l’être suprême" ou de l’homme nouveau", ou, si l’on veut, ...de l’homme "achevé"...
    À ce propos, si je ne veux plus dire, en l’occurrence et de mon côté, que "je suis" communiste, de la façon que vous dîtes, vous, "je suis" démocrate..., c’est justement parce que je ne vous ai pas attendu, imaginez-vous, pour "rompre" avec toute forme d’idéologisation de ce genre... Mais il est vrai qu’il y a encore beaucoup de gens qui pensent, n’est-ce pas, que "Macron il est moderne"... Et même un genre parfaitement "achevé" d’homme moderne... On en reparlera...

    3/- "Le vice et la vertu". Évidemment que la rupture épistémologique qu’a opéré Marx, qui a permis de libérer une méthologie "d’esprit scientifique" de "découverte du continent Histoire"... n’évacue pas la question morale. Mais, y compris lorsque l’on constate que dans les pays du prétendu "socialisme réel", la politique a de fait avorté en Moralisme d’État hors-sol ...cela montre que "rien n’est jamais acquis" aux communistes, ...pour ce qui est de s’efforcer de ne pas SUBSTITUER (je reprends votre terme) des raisonnements institutionnels en terme de Bien et Mal, encore une fois : à la profonde et patiente analyse des contradictions OBJECTIVES.
    Évidemment, dire cela ce n’est pas évacuer la SUBJECTIVITÉ... Car y compris cet effort d’analyse ne peut que passer par une grande DIVERSITÉ D’INDIVIDUS en tous genres, et de toutes générations...

    4/- Sur mes attaques ad hominem. Ne la ramenez pas. C’est vous qui avez commencé, ...et, faut-il que je le redise ?... Sur un homme qui vient de mourir !... De manière affreusement inadmissible, pour qui connaît un peu l’oeuvre de Lucien Sève. Combien de fois faudra-t-il vous le rappeler ? C’est un manquement abject à la décence ordinaire. Après cela, ne venez pas parler de respect et de "politesse" !...
    En outre, en ce qui concerne le régime intellectuel qui est le vôtre, nourri de poncifs fatiguants sur le vice intrinsèque "du" communisme et la vertu instrinsèque "de la" démocratie, c’est celle d’un individu, pas de son voisin. Si c’est de la mauvaise foi "inconsciente", par simple paresse, ignorance et hallucination d’idéologie dominante, ce n’est pas moins excusable.

    5/- Vous me faites bien rire, avec votre description des communistes "post-Chute", qui aurait élargi leur identité de parti marxiste-léniniste à la taille glauque d’un marécage, peuplé de reniements de toutes sortes qui n’ont d’autre but que retrouver une bien hypothétique virginité ...
    Bon, vous dites cela de manière très curieuse, mais ce n’est pas totalement faux. "La Mutation" du PCF post-Chute n’y a d’ailleurs, au PCF-même, apparemment plus bonne réputation...
    Et c’est pourquoi je dis qu’il ne suffisait pas, pour le dire très vite,... d’ANNONCER un "communisme de nouvelle génération"..., ni de se contenter seulement de la considération que les défauts et les crimes du communisme du 20ème siécle furent juste causés par une lecture malheureusement à l’envers du propos du Manifeste de 1848, qui avait en réalité affirmé que c’était "le développement de chacun qui conditionnait le développement de tous"...
    Il ne suffit pas de dire cela, non, entouré de bons guillemets, pour tout redéfinir désormais d’une "nouvelle démocratie de Parti" !...
    Mais je vous ai déjà répondu à ce propos : singulièrement en cette année, de son centenaire, je considère que le PCF devrait produire un effort de reconsidération historique sans "hagiographie" (dont je ne vais pas ici poser les éléments qui pourrait indiquer "ma contribution"), ...singulièrement en repartant de l’ère Marchais... L’effort de cohérence THÉORIQUE que cela suppose permet et suppose tout autre chose que de fonctionner sur le mode de "reniement ou pas reniement" !... Et Sève peut y aider puissamment...

    6/- Ah bon ? Utiliser des guillemets relèverait de la langue de bois ? Bigre. Encore heureux que je n’ai pas encore produit de citations d’un actuel ou présent "secrétaire général" !... (Là, pardon, ...mais si j’ai encore mis des guillemets, ...c’est parce que maintenant l’on dit "secrétaire national"... Hi hi..)

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 01:27
  •  
  • ( ...J’aurais dû écrire : "d’un actuel ou d’un ANCIEN secrétaire général"... )

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 01:39
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI.

    Continuez comme ça.

    Glycère Benoît Le 28 mars à 06:16
  •  
  • Vi vi.

    ...Et vous ne continuez pas à prétendre de façon fort incongrue que les communistes se baseraient sur le "marxisme-léninisme" (du temps de Staline). Ça fait plusieurs belles lurettes que ce n’est plus le cas.

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 10:42
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI.

    Ici comme dans la politique en général continuez comme ça.

    Glycère Benoît Le 28 mars à 11:02
  •  
  • @ Monsieur Glycère Benoît

    Nous pouvons parler de "Post-Chute". Ok. Pour comprendre le comment du pourquoi de l’effondrement, surtout si vite...

    Je me sens au demeurant relié à l’Avant-"Communisme du 20 ème siècle" : je vous informe que j’ai un ancêtre qui ne parlait pas encore de marxisme-léninisme... Qui est mort sur les barricades de la Commune de Paris.

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 11:23
  •  
  • « Ici comme dans la politique en général continuez comme ça. »

    Ça veut dire quoi comme ça ?

    Comme des communistes et des Insoumis qui, n’est-ce pas, "bloqueraient la démocratie", ...et en face desquels ils n’y aurait pas eu d’autre solution que le 49.3 ?!?...

    Ben voyons...

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 11:31
  •  
  • @ Monsieur Glycère Benoît

    Continuer comme ça ?
    Je vous parle de la Commune de Paris.

    Macron aussi "continue comme ça" : en mai 2018, recevant Poutine à Versailles, il s’est fendu d’une petite phrase sans ambiguïté, comme quoi Versailles était "le lieu où la République menacée s’était réfugiée"...

    Ça faisait super bien d’ainsi faire le fort devant Poutine...

    https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-politique/l-edito-politique-10-mai-2018

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 11:41
  •  
  • Les barricades n’ont que deux côtés.
    Elsa Triolet.

    Ce n’est pas du manichéisme, c’est un constat.

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 12:09
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI.

    Votre ancêtre est mort courageusement pour ses convictions. Cela seul force le respect, et j’exprime le mien ici.

    Lénine sauta de joie, début 1918, lorsque son régime passa le cap des soixante-douze jours, la durée de la Commune de Paris. Il massacra – lui, Lénine, pas Staline – bien plus que les Versaillais, et ses victimes, liquidées pour leurs convictions, méritent aussi le respect. Lucien Sève leur en a-t-il témoigné continûment pendant les soixante ans qu’il passa au PCF ? Je n’en suis pas sûr. D’où ma position séparant l’homme et l’œuvre, refusant l’hagiographie pour peser équitablement les responsabilités politiques et morales. Vous trouvez cela inconvenant. Moi non, toutes choses égales par ailleurs. Cela n’enlève rien au talent du philosophe ni à la valeur de sa contribution à la marxologie.

    Vous avez mes encouragements pour la suite de votre action politique au nom de vos convictions, qui vous rapprochent, peut-on imaginer, de votre ancêtre. Les miennes sont radicalement différentes. C’est en leur nom que je poursuis ma propre action, qui inclut de défendre la séparation des pouvoirs, les attributions du parlement, le droit de suffrage. Il n’y a pas de démocratie sans parlement.

    Rosa Luxemburg disait que la liberté c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement.

    Glycère Benoît Le 28 mars à 13:15
  •  
  • « Je m’avance vers celui qui me contredit » (Montaigne).

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 13:26
  •  
  • @ Glycère Benoît

    Ah bon ? Vous êtes sûr ? Nous aurions ainsi des positions "radicalement différentes", en ce qui concerne "la séparation des pouvoirs, les attributions du parlement, le droit de suffrage" ?!?...

    Encore une fois, problème qui fâche : ...le 49.3 relèverait-il du "cadre standard de la démocratie", et du "dialogue courtois entre citoyens" ?!?...
    ...C’EST VOUS qui le soutenez, l’assassinat du Parlement...

    Vous êtes au demeurant un sacré loustic. D’une part vous SUPPOSEZ à autrui des "différences" irréelles. D’autre part vous vous attribuez mensongèrement des qualités démocratiques que vous n’avez pas.

    Évidemment, si moi je considérais, par je-ne-sais-quelle-humeur passagère, ... que vous êtes "au fond" un salopard, doublé d’un intellectuel malhonnête bien parfumé, ...vous êtes même capable de pousser le bouchon, pourquoi pas, jusqu’à me répondre que j’ai le droit de le penser, et que vous respectez mes convictions... À bonne distance...

    Nous n’avons pas la même vision du respect ni du "pluralisme", Monsieur. Pour vous, la liberté de l’autre qui pense autrement se conçoit, du moment que la "distanciation sociale", pour utiliser un concept actuel..., est elle-même respectée. Aucune modification de l’ordre social ne doit intervenir, qui contesterait la domination de "la classe parasite"... Votre respect, c’est, pour mieux dire,... le respect de l’OGRE social...

    De mémoire, il me semble que Luc de Vauvenarges compte parmi ses maximes que peu-importe au tyran l’opinion des gens, du moment qu’il règne... Et les macroniens ont poussé loin l’affaire : Macron est sûrement capable de nous chanter du Ferrat, si on le lui demande...

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 15:32
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI.

    Continuez comme ça.

    Glycère Benoît Le 28 mars à 16:07
  •  
  • @ Monsieur Glycère Benoît

    ...Comme ça quoi, Monsieur Benoît ?

    Comme un suppôt de Lénine "qui massacra plus que les Versaillais" ?

    ...Et hop là, une nouvelle tartine bien écœurante, avant de sortir...

    Ouais ouais, vu vos façons... Je suis sûr que vous êtes capable de me répondre "à la Lénine"... que les faits sont têtus...

    Allez, allez...

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 17:02
  •  
  • ...Les faits ?

    Des chiffres ?

    « ...Chez ces gens-là, on ne pense pas Monsieur, on ne pense pas. On compte... »,
    ...nous a chanté Brel...

    Oui, ...on compte, on compare des quantités...

    ...Comme on joue aux cubes, enfant, dans la baignoire...

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 17:55
  •  
  • Le droit le devoir de vivre -
    Poème. Paul Eluard.

    Il n’y aurait rien

    Pas un insecte bourdonnant
    Pas une feuille frissonnante
    Pas un animal léchant ou hurlant
    Rien de chaud rien de fleuri

    Rien de givré rien de brillant rien d’odorant
    Pas une ombre léchée par la fleur de l’été
    Pas un arbre portant des fourrures de neige
    Pas une joue fardée par un baiser joyeux
    Pas une aile prudente ou hardie dans le vent
    Pas un coin de chair fine pas un bras chantant
    Rien de libre ni de gagner ni de gâcher
    Ni de s’éparpiller ni de se réunir
    Pour le bien pour le mal
    Pas une nuit armée d’amour ou de repos
    Pas une voix d’aplomb pas une bouche émue
    Pas un sein dévoilé pas une main ouverte
    Pas de misère et pas de satiété
    Rien d’opaque rien de visible
    Rien de lourd rien de léger
    Rien de mortel rien d’éternel

    Il y aurait un homme
    N’importe quel homme
    Moi ou un autre
    Sinon il n’y aurait rien.

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 18:07
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI.

    Vous avez mes encouragements. Ne changez rien. Continuez.

    Glycère Benoît Le 28 mars à 18:20
  •  
  • @ Glycère Benoît

    Merci.

    Aubert SIKIRDJI Le 28 mars à 18:54
  •  
  • @Aubert SIKIRDJI

    De rien.

    Glycère Benoît Le 28 mars à 19:24
  •  
  • Déclaration de l’Association des Communistes Unitaires.

    Lucien Sève.

    La mort de Lucien Sève est un véritable choc et une grande perte. Il est l’image et un grand animateur d’un communisme vivant, qui s’inscrit dans les cheminements de celles et ceux qui sont en quête d’émancipation. Son cheminement à lui, est passé par la direction du Parti Communiste sans s’enfermer dans sa culture dominante qu’il assumait avoir dans un premier temps partagé. Il a multiplié ses efforts pour que ce qui devait être un outil ne se substitue pas à l’idéal. Lui-même considérait qu’il avait eu « trois âges » de communiste et était peu fier de ses débuts de philosophe au PC. Il disait gaiement que c’était son troisième âge le plus fécond. A ses propres yeux, il n’a jamais cessé d’évoluer vers un communisme encore impensé. Ainsi il a participé à ce que le Parti ne s’arroge plus d’être juge des pratiques hors du champ politique et c’est dans le même esprit qu’il a prôné de « commencer par les fins » c’est-à-dire que le seul guide soit l’horizon émancipateur à construire. Au fil du temps, il a contribué à dégager la pensée marxiste de tout dogmatisme : au lendemain de 68, il a intégré le rôle de l’individu et de sa subjectivité aux données de la lutte des classes, le « Je » base du « Nous » à une époque où cela n’était pas le credo des communistes et ce, tout en démolissant méthodiquement la théorie selon laquelle les uns seraient plus doués que d’autres ; travail qu’il a poursuivi avec l’aide de sa femme Françoise traductrice du trop méconnu Vygotsky. Il a mis en lumière un Marx moderne incluant la question de l’aliénation des individus. Il prônait de savoir chercher dans toute situation ce qu’elle pouvait comporter d’éléments contradictoires et donc de leviers. Ainsi, il dégageait des contradictions engendrées par la confrontation entre le capitalisme et la poussée des forces productives ce qu’il appelait le « déjà là » qui pouvait nourrir un processus révolutionnaire de dépassement du système, jusqu’à sa disparition. Au fur et à mesure qu’il se libérait (jusqu’à le quitter) de l’appareil, il libérait une capacité à dégager du présent et du mouvement que prenait la civilisation humaine, l’actualité du communisme, élaborant le concept de Révolution Anthropologique, incluant dans les enjeux de notre temps toutes les dimensions, possibilités de thérapies génétiques et de clonage humain comprises. Plus que jamais il fallait dépasser le capitalisme non par l’illusion de l’inspiration soviétique mais par un processus à la fois continuel et haché, entre les mains des exploités et dominés. Tirant les leçons de l’Histoire, il participait aux débats qui inscrivent la désaliénation dans un processus à la fois de dépassement de la domination du capital notamment au travail et à l’égard de l’État dont il portait de plus en plus une critique historique. Chercheur révolutionnaire, militant infatigable, Lucien venait d’impulser un travail collectif sous le vocable de « Capitalexit ». Il s’est éteint à 93 ans en plein travail et en pleine animation de travaux collectifs.

    Celles et ceux d’entre nous qui l’ont côtoyé perdent un ami et quelqu’un à qui ils sont redevables. Ceux-là viennent de perdre un peu d’eux-mêmes. Tous perdent un animateur d’une construction de pensée propre à changer le cours des actions populaires d’autant plus puissant qu’il était toujours si posé, à l’écoute et si réactif aux propos des autres.

    Nous saurons poursuivre nos travaux sur l’actualité du communisme.

    Aubert SIKIRDJI Le 29 mars à 01:46
  •  
  • Déclaration de Glycère BENOIT

    Tous les travaux se poursuivent et la vie continue. Ils y sont tous contenus et le marxisme aussi : il est contenu dans la vie et non pas l’inverse, contrairement à son hypothèse fondatrice. Seule la vie a un pouvoir d’anticipation absolu, aucune théorie philosophique ne le possède à sa place. En cela la disparition des régimes socialistes est un démenti. Elle est définitive et scelle le destin de tous ceux, hommes, régimes, partis, qui, prométhéens, avaient cru envelopper l’humanité de leurs prédictions et la guider vers un avenir qu’ils auraient eux seuls défini. Le régime socialiste ne reviendra pas. Il n’y aura pas de néocommunisme.

    Garder vivante la pensée marxiste, maintenir sa capacité heuristique, serait de rechercher la raison de l’écroulement des régimes qui se fondaient entièrement sur ce qui en avait émané. Cet écroulement a été inopiné, mais il n’a pas été fortuit. Il a donc une raison. Il y a là, pour les marxologues, un projet de travail fécond, en lien avec celui des historiens.

    Les associations inscrivent leur action dans la loi de 1901. Il y en a beaucoup, d’obédiences diverses. Certaines d’inspiration marxiste, d’autres d’inspiration antimarxiste. L’intelligence n’est le monopole d’aucune. Les partis ont un statut analogue, ils constituent eux aussi des associations, à but politique. Leur caractéristique est qu’on y adhère librement. La liberté de l’esprit est la règle en la matière. De ce fait, il y en a plusieurs, nécessairement, ils sont nombreux, et de surcroît cette pluralité est ouverte : leur nombre peut varier à la marge.

    La notion même de parti unique est une aberration en soi. La démocratie la rejette, actant par-là l‘impasse conceptuelle de tout projet politique qui l’exigerait. L’avenir est au pluralisme, sur le plan partisan comme sur tous les autres qui témoignent du travail de l’esprit humain. Celui-ci ignore tout magistère exclusif, toute vérité définitive. C’est heureux car autrement la recherche scientifique s’arrêterait. Le scientisme le croyait, mais c’est une imposture. Cela vaut pour toutes les sciences, y compris les sciences sociales.

    Le régime à parti unique est une telle absurdité que même les communistes, du moins ceux qui ne sont pas au pouvoir, l’ont effacée. Mais c’est là, pour continuer à combattre, abandonner les raisons mêmes de combattre. Cela signifie que dans le mouvement ouvrier les tenants de ligne social-démocrate, qui, avec Léon Blum, ont refusé de signer à Tours, le 29 décembre 1920, la motion Cachin-Frossard-Souvarine l’ont emporté. Cette motion est l’acte fondateur du PCF. La rejeter, c’est renier l’être à qui elle a donné naissance, c’est le tuer. Il est mort. Il ne survit plus que par inertie, les phénomènes politiques, comme les phénomènes économiques, étant amortis.

    Alors il n’y a pas lieu de crier bêtement ‘à mort le communisme’ : ce n’est plus d’actualité et ce serait bête de toute façon, ce serait imiter les imbéciles qui crient ‘à mort le capitalisme’. Et puis en politique on parle, sans crier, on se parle, tous les citoyens se parlent donc tous se reconnaissent. Il suffira de dire, calme et droit : vive la liberté.

    Glycère Benoît Le 29 mars à 06:29
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