Accueil | Tribune par Gérard Mordillat | 7 avril 2020

TRIBUNE. Réclamons des législatives anticipées

Pour Emmanuel Macron, après la pandémie, « les choses ne seront plus comme avant ». Très bien. Mais comment croire qu’elles pourraient être autres si les mêmes (ir)responsables demeurent aux commandes ? Il faut dissoudre l’Assemblée !

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Ce gouvernement a fait preuve de son impréparation (héritage mortifère de ses prédécesseurs), de son incompétence (incapable de prendre à temps les décisions que l’urgence commandait), de son cynisme (médaille d’or au préfet Lallement), etc. Il s’est disqualifié. Partant de là, si l’on accorde encore un minimum de crédit à la voie parlementaire, comment ne pas réclamer que la fin de la pandémie s’accompagne d’une dissolution du Parlement et d’un retour aux urnes pour des élections législatives.

 

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Comment croire que l’actuelle majorité serait capable de conduire les changements radicaux auxquels une majorité de citoyens aspirent ? Comment croire que les Playmobil d’En Marche, qui votent où on leur dit de voter, s’emploieront à faire immédiatement annuler les ordonnances restreignant les libertés publiques ? Celles qui dynamitent le Code du travail ? Qu’ils voteront un budget rectificatif redonnant aux services publics la place qui doit être la leur ? Qu’ils remettront en cause la vision marchande non seulement de l’hôpital mais de l’éducation, de la justice, des transports, de la poste ? Que leur priorité sera de s’attaquer aux inégalités ? D’agir pour augmenter les salaires des « héros du quotidien » – c’est à dire tous les salariés ! – et baisser le temps de travail ? Comment imaginer qu’ils contraindront par l’impôt (et non par la charité !) la finance à soutenir l’effort de redressement national ?

Ce qui « ne doit plus être comme avant » vaut aussi pour les forces d’opposition. Peut-on aspirer à restaurer une véritable démocratie, à refonder la République, prétendre gouverner pour le bien commun, si une fois le virus éradiqué, la bataille des egos, la défense des boutiques, l’esprit partisan prend une fois encore le dessus sur la nécessité de l’union contre toutes les forces de droite et les puissances financières qui les soutiennent ? Un nouveau monde est à construire. Il ne peut s’embarrasser de mesquineries, d’ambitions, de manœuvres politiciennes qui sont la farce de l’histoire dénoncée par Marx. L’appel à l’organisation d’élections législatives doit être un appel unanime.

Réclamons d’une seule voix la tenue de législatives anticipées !

La doctrine du néolibéralisme – donnée comme vérité révélée, « il n’y a pas d’alternative » – est celle des femmes et des hommes aujourd’hui au pouvoir en France, en Europe, aux États-Unis et leurs affidés. Ne nous y trompons pas. Ils aspirent à un monde réduit à un marché où tout s’achète et tout se vend avec pour seul horizon d’augmenter le profit de quelques uns quitte à détruire la terre et l’espèce humaine. Pour eux, que les choses ne soient « plus comme avant » signifie mettre en place un régime facho-libéral, une démocrature où au nom de la sécurité l’injonction « restez chez vous ! » deviendra la devise de l’État.

Les choses ne seront plus comme avant si nous sommes capables de combattre ces forces, de les renvoyer aux poubelles de l’histoire. Sinon, effectivement, les choses ne seront plus comme avant après la pandémie, elles seront pires.

 

Gérard Mordillat

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  • les naufrageurs ne peuvent pas être les sauveteurs du naufrage. ce n’est pas une question de personnes, c’est de l’idéologie qui les animes dont il doit être question. nul doute que les dirigeants actuels font ce qu’ils pensent être nécessaire ; cependant leur horizon, leur capacité à penser est limité par leur conditionnement intellectuel et moral. leur conscience sociale est malsaine et pervertie par leur conscience de classe.

    chaintreuil Le 9 avril à 16:08
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