Accueil | Par Thomas Portes | 9 juin 2020

TRIBUNE. Rendons à notre police sa mission de service public

Pour que cessent les violences policières, les mots ne suffiront jamais. Il faut réformer la police et mettre en place une institution de contrôle indépendante, nous dit Thomas Portes, responsable national du PCF.

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George Floyd. Ce nom est depuis une semaine sur toutes les bouches. Partout dans le monde, des mobilisations citoyennes sont organisées pour en finir avec les violences policières et dénoncer une impunité insupportable. Les images diffusées en direct glacent le sang tant le policier Derek Chauvin semble effectuer ce geste, à savoir placer le genou sur le cou de la victime pour l’étrangler, de façon banale. Comme si cela était normal. Non, ce n’est pas normal.

 

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En France, cette dramatique actualité vient s’entrechoquer avec les résultats de la contre-expertise demandée par la famille d’Adama Traoré. Celle-ci indique que le plaquage ventral, opéré par les gendarmes lors de l’arrestation du jeune homme, est à l’origine de sa mort. Là aussi des réponses doivent être apportées à la famille de ce jeune homme. Combien de temps l’institution policière va-t-elle nier la réalité ?

L’impunité des policiers auteurs de violences les encouragent à continuer. IGPN, ce nom sonne comme une deuxième mort pour les familles endeuillées, tant le résultat est couru d’avance.

Aujourd’hui la situation est d’une extrême gravité. Avec le confinement, la question des violences policières est à nouveau venue s’imposer comme un sujet majeur auquel il convient de répondre de manière claire et rapide. Disons-le franchement, la confiance entre la police et une très grande majorité de la population est rompue. Pourquoi ? Beaucoup ne supportent plus la culture du mensonge doublée à une culture du non-lieu systématique.

Pour Adama, Zineb, Cédric, Zyed, Bouna, etc. Il y a urgence à réformer notre police nationale, pour lui redonner une véritable mission de service public.

En France, ces violences policières s’inscrivent dans un contexte social particulièrement tendu. Le gouvernement d’Emmanuel Macron porte une immense responsabilité. Confronté à des mobilisations massives dans de très nombreux secteurs, il fait le choix de la violence et de la force pour imposer son calendrier néo libéral à coup de tirs de LBD ou autres grenades de désencerclement. 2300 manifestants blessés, 23 éborgnés, cinq mains arrachées, deux morts. Le bilan de la mobilisation des gilets jaunes suffit à lui seul à illustrer le comportement violent d’une police décomplexée par son rôle central dans l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron. Incapable de convaincre, multipliant les réformes impopulaires, le président de la République se repose aujourd’hui sur un homme comme Didier Lallement, Préfet LBD, qui ne cesse de théoriser une logique du camp contre camp pour justifier des tirs à bout portant sur des manifestants. Quand un pouvoir ne tient plus qu’à la force de la matraque, c’est qu’il est proche de s’écrouler.

De nombreuses institutions internationales ont rappelé à l’ordre la France quant à ses pratiques de maintien de l’ordre. Sous Emmanuel Macron un cap répressif a été franchi. Des citoyens l’ont payé de leur vie. Nous ne pouvons rester silencieux devant une telle situation.

Il y a urgence à mettre en place une institution de contrôle des violences policières, indépendante de la police et placée sous contrôle citoyen, permettant de mener un travail d’enquête sincère pour établir la vérité. Des policiers ne peuvent pas contrôler d’autres policiers. Demanderait-on à un cabinet spécialisé dans l’optimisation fiscale de contrôler une procédure d’évasion fiscale ? Non.

Alors pour Adama, Zineb, Cédric, Zyed, Bouna, etc. Il y a urgence à réformer notre police nationale, pour lui redonner une véritable mission de service public.

Pour nous, il ne faut pas des « forces de l’ordre » mais des gardes Républicains avec comme priorité le dialogue, la proximité et le sens du métier.

Nous exigeons un véritable retour au service public auquel les citoyennes et citoyens de ce pays ont droit.

 

Thomas Portes

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