Accueil > idées/culture | Par La rédaction | 7 juillet 2013

BANQUE VINCENT BERGERAT - Rapport d’activité 2006 - 2013

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Lab-Labanque / Rvb Books, Paris, Juillet 2013
120 pages. 52 photographies, 32 pages de texte français, anglais. 20x24 cm - 33€

Exposition [1] du 9 au 30 juillet à la galerie Rvb Books, 95 rue Julien Lacroix, 75020 Paris (métro Belleville).

BANQUE VINCENT BERGERAT, DEPUIS 2006.

La Banque Vincent Bergerat (BVB) est un organisme vivant, comme n’importe quelle banque, plante, animal, etc. Créée en 2006, la BVB s’inscrit à la suite, ou plutôt juste à côté, des fictions artistiques qui parcourent les 20 et 21e siècles, telles le Musée d’Art Moderne, département des aigles de Marcel Broodtaers (1968), dont le spectre d’activités s’étendit jusqu’à accueillir une section financière qui produisit des lingots d’or estampillés d’aigles. ou encore l’AWK (Académie WorosisKiga) de Gérard Gasiorowski, et ses 500 chapeaux signés des noms d’étudi- ants célèbres ou plus récemment, en 2001, la sixième (fausse) biennale des Caraïbes de Maurizio Cattelan.

La particularité de la BVB ne réside pas dans le fait qu’elle introduit la réalité, composante nécessaire - dans une certaine mesure - à toute construction fictive solide, mais plutôt dans la place donnée à cette composante, puisque finalement, ici, tout est réel, la création d’une monnaie spécifique, les transactions, la collection d’œuvres d’art, et même une bourse ; ce qui tend finalement à rapprocher la BVB et ses démarches diverses, des activités et dispositifs artistico commerciaux de Gilles Mahé, cf. cette pièce financée par Rudi Ricciotti - réalisée de 1993 à 1996 : Gilles Mahé joue au golf en pensant à Rudy Ricciotti.

NOTES SUR LE FONCTIONNEMENT DE LA BVB (extraits)

Une monnaie qui répond à la seule question réellement pertinente quand il s’agit d’argent : Combien ?
Et non pas : Aimez-vous le style Renaissance (50€) ? Le baroque /rococo (100 €) ? L’art nouveau (200 €) ? Aimez-vous George Washington (1 $) ? Préférez-vous Benjamin franklin (100 $) ?

Combien, la question est plus ou moins éludée par les monnaies qui tentent toujours et partout de faire diver- sion, de se faire passer pour des séries de tableautins, de petites leçons d’architecture, de petites icônes de papier plus ou moins indéchirable. La confusion est telle que bon nombre de personnes en viennent logiquement à encadrer ces petits tableaux et à les exposer chez elles en tant que tels, portraits et paysages miniatures.

Les billets de la Banque Vincent Bergerat se contentent de la beauté des chiffres et des nombres, et nous offrent cette beauté. Nés de ce retournement, ces billets sont à la fois monnaie et œuvres.

Ainsi l’argent ne sert plus uniquement à effectuer des transactions, acheter des devises ou des œuvres (cf. la collection d’art contemporain de la BVB), il est œuvre.
Chaque série émise porte un nombre : 1, 5, 8, 10, 20, 50, 100, 500, 800, pour la première émission (2006), puis 1, 2, 5, 9, 11, 22, 55, 99, 111, 222, 555, 999, pour la seconde émission (2013), ainsi que le nom de la banque, bien que cette information ne soit pas strictement nécessaire. Pas de nom de monnaie, il vient naturellement avec l’usage.

L’objet — billet —, conçu dans le seul but de représenter assez simplement un nombre et uniquement ce nombre, qui est sa valeur marchande quand il est vendu, prend vie à l’instant précis de la vente, sa valeur devenant infin- iment fluctuante et le nombre initial (la valeur faciale), un souvenir.

Remarque : À propos de questions fondamentales éludées et de diversions, noter, dans ce qui précède, l’ab- sence d’allusion à ce qui peut finalement apparaître comme l’unique motivation pour créer une banque : la per- spective d’être « à l’abri » une bonne fois pour toutes, faire de l’argent à volonté.

Notes

[1Quelques-uns des artistes de la collection d’art contemporain de la banque Vincent Bergerat, historiquement, les quatre premiers : David Artaud, Alexandra Compain-Tissier, Thomas Sabourin et Vincent Chhim, interviendront probablement, ou pas, pendant la durée de l’exposition.

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