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Accueil | Par Loïc Le Clerc | 7 décembre 2018

Petit guide pratique pour ne pas foirer sa révolution

A la veille de l’acte IV des gilets jaunes, la tension monte entre manifestants et forces de l’ordre. Le gouvernement est dans l’impasse et l’obsession sécuritaire.

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Décembre 2018. Vème République, cinquième puissance mondiale. Tout. Va. Bien. Alors que le mouvement des gilets jaunes ne cesse de prendre de l’ampleur, la répression policière de l’exécutif apparaît comme disproportionnée. Les armes dites "non létales" continuent de mutiler, de blesser grièvement voire de tuer. Le pouvoir en place envisage même d’envoyer l’armée lors de la prochaine manifestation. Dans le même temps, des lycéens sont humiliés par la police. Certains passent près de quatre heures à genoux, les mains sur la tête, parce qu’ils ont osé bloquer leur lycée de Mantes-la-Jolie. D’autres font 36 heures de garde à vue pour avoir tagué "Macron démission".

Face à sa propre crise, la démocratie libérale prend des airs d’Etat policier. Alors, les références à la révolution se multiplient parmi les manifestants. Et, quitte à la faire, cette révolution, autant ne pas commettre d’impair. Nous avons l’histoire avec nous, autant tirer les leçons et les enseignements des révolutions passées. Voici quelques pistes des "trucs à refaire" et des "trucs à ne pas refaire" afin que la "révolution des gilets jaunes" soit une réussite.

 

1789

Contexte

La France est un empire colonial dont la société est fondée sur les privilèges de naissance. La majorité des gens, du Tiers-État aux esclaves, n’ont aucun droit, aucune chance de s’élever dans la société. La France est au bord de la banqueroute, et connaît des crises économique (agricoles) répétées. Personne ne voit arriver la Révolution, mais ça fait une vingtaine d’années qu’on parle de la crise, que les révoltes grondent dans à peu près tous les secteurs de la société.

Les trucs à refaire

  • croire en la révolution
  • créer une alliance entre les députés (du moins une partie d’entre eux) et le peuple des faubourgs et des campagnes
  • accepter de se rassembler avec des gens qui ne pensent pas exactement comme nous contre un ennemi commun tellement redoutable que ça vaut le coup de dépasser ses intérêts, sa classe
  • comprendre que le peuple est le moteur de la révolution
  • mobiliser l’ensemble de la société pour permettre DES révolutions : la Grande Peur qui a amené la nuit du 4-Août fut répétée dans les campagnes

Les trucs à ne pas refaire

  • laisser confisquer la parole du peuple
  • refuser le droit de vote aux "libres de couleurs", aux esclaves, aux femmes et aux pauvres
  • imposer la République révolutionnaire (il faut la faire aimer !)
  • confondre unité et unanimisme

 

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1830

Contexte

Durcissement soudain de la monarchie de Charles X, qui a voulu être à nouveau absolue. Les Français étaient déjà habitués à l’idée de liberté. Le pouvoir devient inactuel. La bourgeoisie parisienne se soulève.

Les trucs à refaire

  • refaire confiance à l’esprit de 1789, malgré les mauvais souvenirs
  • multiplier les attroupements, les barricades
  • être nombreux ! (1830 submerge les armées de Charles X)
  • faire l’alliance des ouvriers, des artisans, des étudiants et des opposants républicains

Les trucs à ne pas refaire

  • se laisser confisquer le pouvoir par la bourgeoisie libérale
  • quitter la salle avant l’accomplissement de la révolution et être trahi par l’homme le plus populaire du camp républicain (La Fayette), qui prend peur et passe le pouvoir à un despote (Louis-Philippe)

 

1848

Contexte

C’est la fin d’un pouvoir qui avait trahi une révolution : celui de Louis-Philippe. Une nouvelle classe sociale commence à grandir : le monde ouvrier. Toujours pas de suffrage universel. Une paysannerie structurellement affectée par les moindres aléas économiques. La révolution de 1848, c’est celle de la défiance envers un pouvoir qui s’effondre sur lui-même, d’épuisement.

Les trucs à refaire

  • utiliser la force de la 1ère République
  • rallier la garde nationale au peuple
  • face aux interdictions de se réunir, de manifester : faire des banquets
  • abolir l’esclavage
  • mettre des ouvriers au gouvernement
  • ajouter de la poésie, du romantisme, dans les mots d’ordre

Les trucs à ne pas refaire

  • fermer les ateliers nationaux
  • désespérer les classes laborieuses
  • laisser une Assemblée conservatrice se mettre en place
  • laisser Louis-Napoléon récolter la mise

 

1871

Contexte

La France est en guerre contre la Prusse. Les Prussiens font le siège de Paris. Parallèlement, le Second Empire de Louis-Napoléon Bonaparte laisse place à une République qui, temporairement, a élu résidence à Versailles. Les "Versaillais", républicains conservateurs, négocient avec les Prussiens. Une partie du peuple se sent trahi. C’est dans ce contexte que naît la Commune.

Les trucs à refaire

  • créer des comités de quartier : il faut prendre conscience qu’une révolution se fait en partant de la communauté, qu’elle est municipale tout en étant universelle
  • avoir un programme social très avancé (école pour les filles, soupes populaires, droit de révocation, suppression des dettes, etc.)
  • avoir un art révolutionnaire

Les trucs à ne pas refaire

  • oublier les femmes
  • se faire massacrer par les Versaillais, faute d’organisation militaire liée à un conflit interne (jacobin majoritaire/libertaire minoritaire). Les libertaires refusant tout principe d’autorité et hiérarchique, ils vont rendre impossible une résistance "militaire" efficace.

 

Idées en vrac

  • ne pas remettre au pouvoir les gens qui ont déjà eu le pouvoir
  • ne pas se réinstaller dans les anciens lieux du pouvoir déchu
  • ne pas se précipiter, ne pas faire des élections tout de suite, supporter un moment de désordre, ou du moins d’un ordre auquel on n’est pas habitué
  • multiplier les lieux de discussion collective
  • penser à la révolution médiatique, de quels médias avons-nous besoin ?
  • s’inspirer des luttes féministes
  • récupérer l’argent

 

Voilà ! Peut-être qu’avec ces quelques clés de lecture, la révolution de 2018, ça ira ! Qui sait ?

 

Loïc Le Clerc, avec l’aide indispensable des historiens Thomas Branthôme, Laurence De Cock, Mathilde Larrère, Roger Martelli et Guillaume Mazeau.

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Vos réactions

  • Le mouvement des gilets s’inscrit dans la lignée des révolutions mentionnées ci-dessus. LLC aurait pu ajouter à la liste, 1936, 1968 voire 1995 qui ne sont pas des révolutions mais des mouvements populaires massifs.
    En ce qui concerne les " gilets jaunes" , numériquement le mouvement n’est pas massif physiquement, mais massivement populaire grâce à sa visibilité médiatique, aux réseaux sociaux et à ce qu’il exprime : l’injustice fiscale, les inégalités salariales et de revenus, la dégénérescence des processus de représentativité républicaine...Ses faiblesses sont la distorsion des revendications exprimées, l’absence de références idéologiques claires ( rien contre le capitalisme financier), le refus des convergences avec ceux qui ne sont pas "gilets jaunes"...Nul ne peut dire, à ce jour, comment le mouvement va évoluer mais on sent bien les premières divisions internes, entre " les modérés", les jusqu’au-boutistes, les " radicalisés"....et la "guerre" de la représentativité médiatique sur des bases individuelles et égotiques. Les ennemis du "Peuple" , patrons et médias conservateurs se sont déjà engouffrés dans les brèches.

    lucien matron Le 7 décembre à 16:26
  •  
  • Rien n’est pire qu’une révolution ratée.
    cessons de l’invoquer si les conditions ne conduisent qu’ à une réaction type 68 .

    jeandu13 Le 7 décembre à 16:35
  •  
  • Truc à ne pas refaire : ’’ne pas se faire massacrer par les Versaillais ’’
    Merci l’aide indispensable des historiens ...
    On pourrait ajouter ’’ne pas prendre un billet pour la Nouvelle Calédonie ’’

    José Le 7 décembre à 21:56
       
    • Bonjour,

      avec un peu de retard, je vous réponds afin de vous remercier pour ce commentaire, bien qu’ironique, sans lequel je n’aurais pas remarqué que j’avais oublié de modifier cette phrase avec le reste de la contribution d’un des historiens.

      Bien à vous,
      LLC

      Loïc Le Clerc Le 11 décembre à 17:07
  •  
  • Il y a quelque chose de pire qu’une révolution ratée : une révolution réussie. Peut-on parler de guerre civile ratée, de guerre civile réussie ? Non, toutes sont des horreurs, quel que soit le parti qui prend le pouvoir à leur issue. Les révolutions aussi. Elles sont constitutives de l’essence tragique de l’histoire, y compris celle de 1789-1799, dont la légende s’est saisie au détriment de la vérité historique.

    Si encore l’emballement révolutionnaire s’était arrêté à la Déclaration de droits de l’Homme et du Citoyen, les modérés auraient pu prendre la main au lieu de la laisser aux extrémistes. On aurait évité les massacres de Septembre, la Terreur, la guillotine dressée en permanence, la loi du 22 prairial, les colonnes infernales, le tout finissant par un coup d’Etat.

    Mais on ne peut réécrire l’histoire. Il y aura toujours des révolutionnaires, mus par l’idée que leur parti est la force du progrès. Il y aura toujours aussi des évolutionnaires, mus par l’idée qu’il n’y a pas de progrès qui serait détenu par un parti politique déterminé mais uniquement des conceptions du progrès, chaque parti ayant la sienne, toutes étant relatives, aucune n’étant meilleure que les autres, aucune n’étant excellente.

    Glycère Benoît Le 8 décembre à 06:38
       
    • Le progrès ? relatif ? Certains pourront considérer en effet que l’autorisation du travail des enfants s’avère un progrès pour des familles dans le dénuement le plus total qui cherchent à améliorer un ordinaire fait de survie... ou bien regretter que les enfants aient plus le sens du sacrifice que les responsables économiques et politiques du système globalisé inégalitaire qui, par aveuglement et dogme, font des lois de protection des mineurs, un dégât collatéral...
      Enfants qui de toute façon restent des victimes privilégiés si l’on se souvient d’hier des millions d’entre eux, morts de famine alors que la production mondiale aurait permis de les nourrir... ou d’aujourd’hui et de demain, si l’on s’en réfère aux conséquences de la pollution et du changement climatique que le même système économique mondialisé totalitaire impose !

      Bien sûr, on sera toujours tenter d’en rejeter la faute sur les familles de ces enfants qui n’ont, mais faut-il le rappeler, pas d’autre horizon que celui d’arriver à survivre au jour le jour... C’est alors oublier l’immense responsabilité de ceux qui accaparent richesse et pouvoir, et qui de fait concourent à fixer les règles de cet insupportable cadre de vie fait de choix cornéliens !

      Honnêtement, tout "relativisme" ne peut occulter le fait qu’un progrès qui n’est :
       ni partagé,
       ni émancipateur,
       ni éthique,
      ne peut avoir d’autre ambition que de représenter sous forme désirable et plus ou moins sophistiquée, la plus primaire des tentatives de domination... que ce soit de l’Homme sur l’Homme, ou de l’Homme sur la nature. Il existe bel et bien des progrès qui valent mieux que d’autres...

      carlos Le 9 décembre à 09:43
  •  
  • @carlos. Les conceptions du progrès sont relatives. Surtout dans le domaine politique, préempté par les partis. J’ai dit seulement cela, non que le progrès en soi est relatif. Il y a le progrès scientifique, en perpétuelle évolution, dépourvu de fin. Mais il faut être savant pour s’en prévaloir et préconiser l’application de telle idée nouvelle qui en est issue afin de résoudre le problème qu’elle a bien posé et dont elle a découvert la solution.

    N’est pas savant qui veut, alors que les partis politiques sont ouverts à tous. Rien ne permet d’en désigner un comme essentiellement vertueux, les autres essentiellement vicieux. Il n’y a pas le parti de l’intelligence face au parti de la bêtise. Le schéma inverse vous aurait-il convenu ? Il vous permettrait en tout cas la facilité de vous placer d’emblée sur le piédestal. Vous résistez mal à cette tentation. De surcroît c’est celui du socialisme, régime pour lequel vous avez toutes les indulgences. Les exemples que vous avez choisis, portant sur la maltraitance des enfants, pour démontrer que le progrès de la société en général vient de gauche, est heurté par la science historique. Science humaine certes, non pas science exacte, mais science tout de même.

    Le régime communiste installé en Russie à partir de 1917, issu d’une révolution, instaura la peine de mort pour les majeurs de douze ans. Régime révolutionnaire, et de gauche. Beaucoup d’enfants furent parmi les victimes des famines planifiées pour réduire les Ukrainiens, peu adeptes des thèses marxistes-léninistes. En RDA, la plus jeune victime abattue par les Vopos sur le Mur de Berlin avait 10 ans. Je vous invite à réfléchir encore à la relativité des différentes conceptions politiques du progrès.

    Glycère Benoît Le 9 décembre à 18:52
  •  
  • @glycere - Je suis ravi que vous précisiez donc votre propos en arguant du fait que ce n’est pas le progrès qui est relatif, mais les conceptions qui en sont faites... Le lièvre est donc levé car en lisant votre intervention, l’existence d’une quelconque définition du progrès social semblait apparaitre impossible en dehors de l’antagonisme que vous affirmiez... celui du dogmatisme partisan, ou celui du relativisme "culturel" (au sens large) :

    ... Il y aura toujours des révolutionnaires, mus par l’idée que leur parti est la force du progrès. Il y aura toujours aussi des évolutionnaires, mus par l’idée qu’il n’y a pas de progrès qui serait détenu par un parti politique déterminé mais uniquement des conceptions du progrès, chaque parti ayant la sienne, toutes étant relatives...

    Par contre, c’est bien qu’il n’y a pas que le progrès scientifique qui soit objectivable que de dire que le progrès social l’est aussi aux travers des 3 exigences citées (sans avoir besoin de me mettre sur un pied d’estale pour l’avoir fait ) :
     celle d’avoir une vocation universelle et donc d’être partagé,
     celle d’être émancipateur et donc de participer à alléger le fardeau de la condition humaine,
     celle d’être éthique, c’est à dire associé à un questionnement en terme de cohérences avec les droits humains, environnementaux et démocratiques.

    Je ne doute pas une seconde que les partis auxquels vous faites allusion hésitent un instant à dresser respectivement chacun sa liste "unique et inamovible" des différents éléments du progrès social, les ancrant au demeurant dans un pragmatisme qui confine généralement à l’opportunisme... Si j’en juge par votre réponse à mon encontre, vous souscrivez sans nul doute à l’une d’entre elle d’ailleurs.... En l’occurrence, plus la propension d’une formation politique à justifier d’un cadre inégalitaire déjà bien installé est forte, plus elle doit trouver des stratégies pour défendre l’indéfendable ! La plus répandue étant de s’appuyer sur l’épouvantail des régimes totalitaires "communistes" pour marteler qu’il n’y a pas d’alternatives et qu’on est déjà bien gentil de faire déjà le maximum pour des gens qui pourraient tout de même cesser un peu de se plaindre alors que ce sont en réalité des "privilégiés" voir, dans un discours plus assumé, des parasites qui vivent aux crochets des plus méritants de leur société (car enfin il y a quand même plus malheureux qu’eux sur terre.... pour l’instant)

    Pour vous rassurez, je ne défend d’ailleurs, aucun des régimes totalitaires dans l’Histoire passée... ou présente... Je n’imagine pas non plus que vous défendiez pour votre part une quelconque dictature sous prétexte qu’elle s’évertue beaucoup plus à libérer le marché, que les opposants qui ont échappé aux exécutions sommaires et qui animent bien involontairement la vie carcérale de leurs pays respectifs. Quant à votre préjugé sur l’exemple du travail des enfants, il est intéressant car il est notamment d’actualité dans un pays, la Bolivie, qui n’est pas réputé pour être un fer de lance du libéralisme et encore moins du néolibéralisme. Ceci histoire de vous ramenez à accepter une réponse, la mienne, qui n’est pas "partisane", mais citoyenne et démocratique...

    C’est bien en nommant les choses, et en s’entendant sur leurs définitions que toutes les oppositions politiques se révèlent... Il conviendra ensuite aux gens de juger de la cohérence des projets et de la pertinence des arguments. Croyez bien que comme tous citoyen, j’essaie de voter en conscience, et si cela ne va pas dans votre sens, j’aspire à aller pour autant dans le sens de la démocratie et de sa préservation, ne vous en déplaise...

    carlos Le 10 décembre à 12:12
  •  
  • @carlos. J’ai plutôt opposé l’esprit d’idéologie à l’esprit scientifique. Celui-là est partisan, sachant que tous les partis ne sont pas révolutionnaires, c’est-à-dire extrémistes. Il y en a de modérés, qui ont su développer autant une culture de pouvoir que d’opposition. La démocratie est formatrice. Mais d’autres, fermés à sa pédagogie, y sont rétifs. Rancuniers à l’égard du suffrage universel, qui ne les gratifie guère, ils continuent de vénérer la révolution comme concept fondateur et perspective providentielle. Si un destin heureux et la violence efficace les portent au pouvoir, le recours nécessaire pour fonder leur raison d’avoir triomphé n’est sûrement pas de consulter la volonté populaire au risque qu’elle les rejette et ruine leur régime nouveau-né. Ils la piétinent alors au nom de grands principes. Robespierre avait pris soin de de décréter que les Droits de l’Homme ne s’appliquaient pas à ses ennemis. Lénine, lui, les exterminait méthodiquement, avec les moyens de l’âge industriel.

    Les guillemets que vous utilisez pour nommer le communisme montrent que pour vous il aurait été dénaturé, trahi par les révolutionnaires bolcheviks, qui ne seraient pas de vrais communistes. Et que le PCF, qui les soutenait, est vierge de toute tache. Vous parez cette virginité perpétuelle d’une blancheur qui vous éblouit. Clignant des yeux, l’imposture d’un tel raisonnement continue de vous échapper, alors que pourtant vous en appelez à bien nommer les choses.

    La pédagogie de la démocratie a encore du travail avec vous. A moi aussi remarquez, comme à chacun de nous. Son enseignement aura porté ses fruits le jour où vous abandonnerez ces guillemets. Le diable est dans les détails.

    Glycère Benoît Le 10 décembre à 21:57
       
    • @glycere - les guillemets montrent surtout qu’englober des réalités théoriques différentes derrière un même vocable ne peut se faire qu’avec précaution... En l’occurrence, je ne suis encarté nul part et n’aspire pas particulièrement à le faire. Par contre, votre approche en dit long sur votre imprégnation idéologique et qu’il est drôle de lire ensuite la leçon démocratique que vous entendez dispensez après avoir fait montre d’un manichéisme, qui si je l’appliquais à votre encontre, vous placerait irrémédiablement dans le camp de ceux qui justifient la soumission des plus pauvres à un ordre "démocratique" dans lequel la valeur de la parole politique ne résiste pas à la préservation des intérêts des puissants... "Allons mais vous avez le droit de vote !" et peu importe que l’élu se renie dès qu’il est au pouvoir...

      carlos Le 11 décembre à 10:26
    •  
    • La pédagogie de la démocratie a encore du travail avec vous. A moi aussi remarquez, comme à chacun de nous. Son enseignement aura porté ses fruits le jour où vous abandonnerez ces guillemets.
      Manifestement en effet, nous avons tous deux du chemin à faire ! Quoiqu’il en soit, il est évident que nous ne suivons pas le même et j’entends bien poursuivre le mien qui ne voit pas la pédagogie comme un endoctrinement. On peut être libre de penser que l’esprit critique reste un enjeu majeur pour la démocratie. Or, le propre de celui-ci est de questionner les certitudes. Les vôtres ne semblent pas pouvoir l’être en tous cas.

      carlos Le 11 décembre à 11:56
  •  
  • @carlos. Le communisme n’est pas une réalité théorique. Il est une réalité. Il en fut une plutôt, puisqu’il est aujourd’hui presque partout disparu. C’était un régime politique et le nom qui le désigne doit être utilisé sans guillemets.

    Si l’on veut parler de la théorie, base de ce régime, on parle alors de l’idéologie communiste, ou de marxisme-léninisme, là aussi sans guillemets.

    Mon imprégnation idéologique, pour reprendre votre expression – en admettant que je la reconnaisse, le mot imprégnation ayant de plus une nuance péjorative – n’a rien de fermé, de dogmatique. Acceptant sans peine qu’on la combatte, elle est ouverte à la libre critique, y compris celle venant de moi-même. Je l’ai d’ailleurs exprimé, ponctuant ma remarque sur le travail que la démocratie devait encore faire avec vous : Avec moi aussi ai-je ajouté, comme avec chacun de nous (mille excuses pour la double erreur de plume, à mis pour avec). Défendre le régime parlementaire, c’est-à-dire la démocratie, est-ce de l’imprégnation idéologique ?

    En tout cas ce n’est pas une vue imprégnée d’exaltation révolutionnaire. Je compte sur l’évolution pour faire des progrès.

    Glycère Benoît Le 11 décembre à 13:03
       
    • Défendre le régime parlementaire, c’est-à-dire la démocratie, est-ce de l’imprégnation idéologique ?
      Et bien considérer que le seul régime parlementaire est synonyme de démocratie m’apparaît bien comme de l’imprégnation idéologique... Après tout, si votre darwinisme politique annonce que le régime parlementaire est un aboutissement, alors c’est qu’il est peut-être tout à fait adapté à un darwinisme sociale qui justifie les inégalités sociales par l’impossibilité de remettre en cause, sous peine d’effondrement du monde, la domination naturelle des plus forts sur les faibles...

      carlos Le 11 décembre à 13:48
  •  
  • @carlos. Faut-il nécessairement considérer qu’il y a un autre régime que le parlementaire, et aussi démocratique, pour être indemne de toute imprégnation idéologique ? Un autre régime qui soit différent dans son principe, autrement on ne ferait que mal nommer les choses, ce que vous comme moi nous combattons.

    Il est vrai qu’il y a aussi le régime présidentiel, plus rare, surtout représenté par les Etats-Unis. Mais ce n’est pas celui de la France.

    Le régime parlementaire encadre l’évolution de la société. Toutes les questions politiques et sociales y sont débattues par les représentants du peuple, qui votent les lois. Mais la recherche de solutions aux questions sociales peut s’orienter vers un changement de régime. Cet autre régime, alternatif au régime parlementaire, auquel vous semblez vous intéresser, il vous faut le nommer, le définir et le décrire au moins dans ses grandes lignes. Sur ce plan aussi, du travail vous attend. Quid du parlement, de la séparation des pouvoirs, de l’État de droit, des libertés publiques, bref de tout ce qui fait selon vous l’imprégnation idéologique ?

    Glycère Benoît Le 11 décembre à 14:34
       
    • @glycere - avant de le nommer ou d’en discuter les modalités, il conviendrait, pour agir en cohérence avec l’esprit de la démocratie, de ne pas le rejeter par principe... ou par dogmatisme... Vous pourriez d’ailleurs vous-même finir enthousiasmé par la tâche qui consiste à participer à une entreprise collective aussi émancipatrice et porteuse de sens que celle-là.

      carlos Le 11 décembre à 15:08
  •  
  • @carlos. La démocratie ne prétend pas à l’optimum. Elle a une logique de fonctionnement, qu’elle propose aux citoyens, libres de la juger. Elle reconnait même à ses ennemis le droit de s’exprimer contre elle, par les représentants qu’ils auront élus, et d’agir pour remplacer la constitution par une autre. C’est par exemple le cas des communistes, partisans du régime socialiste, totalement incompatible avec le régime parlementaire. Conduire sa réflexion politique dans une autre direction ne signifie pas qu’elle soit négligeable ou néfaste.

    Glycère Benoît Le 11 décembre à 17:49
  •  
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