photo cc Jean-Paul Romani
Accueil > Politique | Par Clémentine Autain | 17 mars 2016

Cette année, le printemps est en avance

Des jeunes dans la rue par dizaines de milliers, la Sorbonne et l’université Paris 8 fermées, des lycées bloqués partout en France, des syndicats battant le pavé avec eux… Un changement est lui aussi en marche.

Vos réactions (3)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

La mobilisation contre la loi El Khomri n’a pas molli. Alors que Manuel Valls et la ministre du Travail viennent d’annoncer des fléchissements pour calmer le jeu, c’est bien la philosophie du projet qui reste mise en cause, avec mordant et créativité. N’en déplaise à la CFDT, l’exigence du retrait pur et simple de la loi travail s’affichait aujourd’hui avec détermination.

À l’instar du Traité constitutionnel européen en 2005, tout fonctionne comme si plus les gouvernants disaient « Il faut mieux communiquer et expliquer », plus les mécontents étaient précis et concrets dans la remise en cause du projet de loi. Ce qui frappe dans les AG et réunions publiques, c’est que les lycéens et étudiants, comme les salariés, connaissent bien mieux que ne le croient les dirigeants le contenu de la loi. Leur rejet du texte n’est pas lié à un manque de pédagogie de la part du gouvernement – ou du MEDEF ! – mais à un désaccord profond.

La politisation d’une génération

Le choix de détricoter le droit du travail est aujourd’hui celui de François Hollande et Manuel Valls, mais il relève d’une logique qui est en réalité à l’œuvre depuis trente ans. Ce que le mouvement met en cause, c’est ce monde fait de chômage de masse, de précarité croissante, de mépris pour la jeunesse et les salariés en colère, de profits pour les uns et d’austérité pour les autres.

Ce mouvement est né de la conjonction entre un large refus de syndicats de jeunesse et de salariés, un succès inédit de la pétition en ligne contre la loi El Khomri et une critique politique virulente à gauche. Il a vite pris le visage d’une jeunesse en colère. C’est d’elle dont le gouvernement a peur. Il a raison. Car la contestation de ces jeunes est l’occasion d’une politisation de toute une génération et elle dépasse largement la loi travail.

Oui, une nouvelle génération critique est en marche. 
« Un pas en avant, trois siècles en arrière ! » : le slogan du jour chantait la régression sociale dont elles ne veulent plus. Nous non plus.

Vos réactions (3)
  • envoyer l'article par mail envoyer par mail
  • Version imprimable de cet article Version imprimable

Vos réactions

  • C’est un début, à condition de créer une situation intenable, économique et "policière", pour les larbins du MEDEF.
    Et de ce point de vue, la meilleure nouvelle a été révélée dans un article de Christian Mahieux (Solidaires) :
    "un appel de syndicalistes CGT, Solidaires, FSU, CNT-SO, LAB, etc., est en cours de signature. Il est intitulé « de la riposte à l’offensive » et met en perspective le blocage de l’économie, la généralisation et la reconduction du mouvement à compter du 31 mars pour obtenir le retrait du projet de loi et ainsi pouvoir lancer « notre contre-offensive »"
    Article intégral ici

    Louis Le 17 mars à 22:02
  •  
  • Une initiative à suivre dans la foulée de merci Patron ! : la nuit rouge http://www.convergence-des-luttes.org/

    Tristan Le 18 mars à 00:50
  •  
  • Tout ça c’est bien joli. Mais quand cette vaine et puérile agitation sera terminée, Ensemble, le Pc , Eelv pourront enfin passer aux choses sérieuses : préparer les primaires avec le p$.

    cantaous Le 19 mars à 18:00
  •