Accueil > Politique | Par Clémentine Autain | 23 septembre 2015

Syriza : une victoire de la soumission ou de la résistance ?

L’interprétation du scrutin grec est difficile, et reste suspendue à ce qu’Alexis Tsipras fera de ce succès électoral. Mais ce dernier comporte des enseignements importants et immédiats pour toute la gauche d’alternative en Europe.

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Le pari d’Alexis Tsipras est gagné. En initiant de nouvelles élections législatives, le leader grec appelait les électrices et électeurs à réaffirmer leur soutien au gouvernement. Alors que Syriza avait été élu pour tenir deux objectifs qui se sont révélés inconciliables – ne pas accepter un nouveau mémorandum ET ne pas sortir de la zone euro –, le peuple grec a validé l’option choisie par Tsipras. Il l’a fait sans l’enthousiasme des précédentes élections et avec une abstention croissante, 56,57 % de participation contre 63,87 % en janvier 2015, soit sept points de moins. Mais il l’a fait, évitant le grand bond en arrière qu’auraient constitué une victoire de la droite et une forte percée d’Aube dorée (lire aussi "Soirée de victoire douce-amère pour Syriza à Athènes").

Union populaire, dissidence de Syriza, pour qui la signature d’un troisième mémorandum était évitable à condition d’assumer la sortie de la zone euro, n’a pas convaincu. L’implication à ses côtés de personnalités telles que Yannis Varoufakis, Zoe Kostantopoulou ou Manolis Glezos n’y a rien fait. Pour UP, la barre des 3% qui permet d’être représenté au Parlement n’a même pas été franchie. Fort de ses 35% des voix, Syriza peut néanmoins écarter l’hypothèse d’une alliance avec le Pasok.

Pas de sortie de l’euro sans soutien populaire

Ce vote des Grecs est-il un vote de résistance ou de soumission ? Il n’est pas simple de répondre à cette question, d’autant que le sens d’un vote n’est jamais univoque. Mais la résistance opposée par Alexis Tsipras à la Troïka constitue sans aucun doute l’une des raisons de sa victoire. Négociant avec un pistolet sur la tempe, héritant d’une situation économique, sociale et financière exsangue dans un pays qui ne pèse que 2% du PIB européen, Alexis Tsipras a tenté. Il a affirmé un autre point de vue sur les solutions à même de redresser le pays et d’endiguer les inégalités. Il a impliqué son peuple par un référendum pour mener le rapport de force.

Bien seul, sans État partenaire et sans mobilisation européenne digne de ce nom, il a tenu tête là où tous les autres gouvernements de la zone euro se moulent les uns après les autres, sans broncher, dans les normes libérales des traités et de l’austérité. Cette attitude a donné de la fierté au peuple grec : c’est sans doute l’une des clés de réussite de Tsipras. S’il a perdu le bras de fer face à l’Eurogroupe, il est allé au combat.

L’alternative proposée par Unité populaire, le saut dans l’inconnu d’une sortie de l’euro, les Grecs n’en ont pas voulu. Tsipras avait donc raison de penser que son peuple n’était pas prêt à cette ultime confrontation. Or, qu’elle soit juste ou non sur le fond économique et politique, cette sortie ne peut se faire qu’à la condition que le peuple soit pleinement impliqué dans ce choix, qu’il soit convaincu qu’une telle voie est la bonne. L’une des leçons de ce scrutin est qu’il est inopérant politiquement de penser que l’on peut avoir raison contre le point de vue des masses populaires. On peut donc s’interroger : les dirigeants de l’UP n’ont-ils pas quitté Syriza sur la base d’une analyse fausse de l’état de conscience du pays ? En focalisant sur la sortie l’euro, ils n’ont pas convaincu. Ils ont ainsi couru le risque de la marginalisation de leur courant politique (lire aussi "Panayotis Lafazanis : « Unité populaire a allumé un feu souterrain »").

Point de départ ?

Une chose est sûre : l’histoire n’est pas finie. Et l’enjeu d’interprétation de cette séquence ne concerne pas que les Grecs. Il en va de l’ensemble des courants de la gauche d’alternative en Europe. François Hollande ou Martin Schulz ont eu tôt fait de souhaiter à Tsipras la bienvenue dans la social-démocratie. Tsipras ayant finalement accepté un troisième mémorandum doit se retrouver classé de leur côté, espèrent-ils. Le bras de fer gagné par l’Eurogroupe doit faire tâche d’huile et rappeler qu’il n’y a pas d’alternative aux politiques d’austérité. Or, non seulement ce n’est pas sa famille politique mais la bataille qu’il a menée, aucun dirigeant de la social-démocratie européenne ne l’a menée.

Ce qu’a réussi Tsipras, c’est une démonstration politique. Elle peut être interprétée comme désespérante parce qu’il a échoué à éviter un nouveau mémorandum. Elle peut aussi être vue comme un point de départ, celui d’une prise de conscience nouvelle à l’échelle européenne sur la nature actuelle de l’Union européenne, la dureté et la détermination de ses dirigeants.

Cette prise de conscience a eu le mérite d’ouvrir une période de grande agitation intellectuelle et politique : des voies nouvelles se cherchent pour sortir du carcan des traités européens, du néolibéralisme et de l’austérité. Dans toute la gauche radicale européenne, on discute de mesures unilatérales, des façons de se protéger, des moyens d’organiser la confrontation sociale et politique avec la Troïka, de la non application de tout ou partie des traités, des formes accrues de coopération nécessaire entre les pays et les forces politiques qui refusent la logique imposée. Il s’agit de ce point de vue d’un tournant historique.

Une solution politique

La suite n’est pas écrite : Alexis Tsipras, qui a aussi gagné parce qu’il est un homme neuf en politique, non corrompu, apparaissant comme sincère et honnête dans ses choix, avec une méthode, la consultation de son peuple, là où les autres dirigeants leur écrasent la tête, continuera-t-il à se battre comme il le promet ? Réussira-t-il à dégager quelques marges de manœuvre pour appliquer une politique différente de ses prédécesseurs, à combattre la corruption ou l’emprise de l’Église, à bâtir d’un État digne de ce nom, à s’emparer pleinement d’autres enjeux, sur le contenu de l’éducation, la démocratie sociale, la lutte contre le sexisme, etc. ? Ou se moulera-t-il dans les normes dominantes, laissant périr l’espoir déjà entamé et quittant les rives de la gauche d’alternative ?

Nul ne le sait. Nous n’avons aucun intérêt à présager du pire par anticipation. S’il faut être lucide sur les difficultés qui vont être les siennes, notamment parce qu’il va devoir concrètement privatiser le port du Pirée ou baisser les pensions, il serait dramatique de dilapider plus encore tout espoir et de rejeter Tsipras dans les bras d’une gauche qui ne l’est plus.

La gauche radicale française a pris sa part dans la campagne électorale grecque. Sans doute imprudemment. Elle est en tout cas apparue divisée. Jean-Luc Mélenchon avec le Parti de gauche a soutenu avec vigueur Unité populaire, et a enthousiasmé les foules au stand de la fête de L’Humanité en invitant Yannis Varoufakis. Pierre Laurent avec le PCF a, de son côté, soutenu sans sourciller Alexis Tsipras. Une position unifiée se cherche. Elle doit éviter un double écueil : d’une part, celui du repli national et de la focalisation sur la sortie de la zone euro ; d’autre part, la continuité des slogans et de la stratégie, comme si l’expérience grecque n’invitait pas à muscler les discours et les propositions. La solution n’est pas institutionnelle, mais politique. Et elle suppose de savoir articuler un rapport de forces national et européen. La ligne de crête est étroite. Mais pour réussir, elle doit être tenue.

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  • On l’a compris, démonstration alambiquée à l’appui, Regards.fr et donc Clémentine Autain et Ensemble ne mèneront pas la bataille pour une sortie de l’Euro, pourtant pièce maîtresse du système germano-capitaliste bruxellois.
    Pas mieux pour nous condamner à laisser faire le seul parti promettant cette sortie !
    Chapeau la gauche “critique” !

    Jean-Marie Le 23 septembre 2015 à 12:23
       
    • Pour l’instant la sortie ou non de l’euro n’a pas été tranchée dans Ensemble, de même que l’analyse sur la situation grecque. Une discussion va être lancée sur ce sujet.
      Pour ma part, je pense que la mise en place d’un plan B avec une sortie de l’euro doit être envisagée. Après ce qui s’est passé en Grèce, il me parait évident qu’aucune politique anti-austérité n’est envisageable dans le cadre de l’euro, je me pose même la question de savoir si elle est envisageable dans le cadre des institutions européennes qui prônent la concurrence libre et non faussée.
      Tiré la conclusion, comme le fait Clémentine, qu’Unité Populaire s’est fourvoyée car les Grecs sont contre la sortie de l’euro, est un peu rapide. Il faut avoir conscience dans quelles conditions la campagne a été menée et comment Tsipras a manœuvré pour éviter tout débat de fonds aussi bien à l’intérieur de Syriza que publiquement. Même la question du 5 juillet n’était pas complète car elle aurait du évoquer la sortie éventuelle de l’euro en cas de refus du mémorandum.

      Patrick Le 23 septembre 2015 à 14:05
  •  
  • Patrick

    L’entêtement germano-bruxellois ne laisse pas d’autre solution que l’éclatement de l’UE. Par son poids économique et politique, la France peut y conduire.
    Contrairement au FN, la gauche critique, si elle s’en donne les moyens, n’en fera pas une fin en soi, n’en déplaise aux Joffrin et imbéciles assimilés.

    Jean-Marie Le 23 septembre 2015 à 14:46
  •  
  • Le traité de Maastricht était à deux doigts d’etre rejeté par les français...à 2% près environ (Arlette Laguillier de FO appelait à une abstention internationaliste...sic)....le traité constitutionnel européen a, lui, été rejeté par la majorité des français, et remisé sur la scène par la droite et le PS pervers qui avait appelé à "l’abstention".

    Cela n’a pas empeché le "capital fascisme" d’installer la situation que l’on connait aujourd’hui, situation qui va à l’encontre de l’intéret des peuples (faut il rappeler les millions de chomeurs qui jalonnent l’Europe capitaliste).

    Affirmer que proposer une sortie de l’Euro correspondrait à un repli sur soi est une stupidité politique (ou opportuniste).

    On voit bien que les "masses" sont méprisées, manipulées, y compris quand les peuples de certaines nations rejettent les traités qui leur ont été proposés (la France en particulier).

    Une sortie progressiste et internationaliste de l’Euro, tout au moins dans le cadre d’un plan B, appelons ça comme on voudra, ou tout au moins(également) "une proposition de sortie", reviendront sans cesse sur le devant de la scène tant le traité de Maastricht à scellé de long en large, de haut en bas, l’avenir "capitaliste" de l’Euro dévolu entièrement à la libre circulation des capitaux à laquelle devront se soumettre les peuples et les travailleurs de l’Europe.

    Se soumettre, c’est à dire accepter l’exploitation, le dumping social, la concurrence mortifère tous azimuts, l’efficience totale de la banque centrale européenne en matière de monnaie spéculative, etc., voilà ce qui attend cette Europe "moderne", quitte à affamer un peuple (les grecs) s’il le fallait....on est bien loin de la "liberté, égalité, fraternité" (est-ce si ringard aux yeux de certaines ou certains ?)...

    Tsipras, après avoir privatisé, baisser les pensions, etc., aura beau jeu de mettre en avant la "renégociation de la dette grecque", il le fera toujours en tant que "dominé". Est ce que la France, et le français, pourront etre dominés de la sorte ?....

    Je crains que "sans proposition de sortie de l’Europe, ou plutot de cette Europe (capitaliste)", les appels à la "fronde" (des traités) restent lettres mortes à ce stade. A moins d’avoir pour seule ambition de faire partie du concert des "baveux" sempiternels sur telle ou telle manière d’appliquer l’économie de marché européenne (la socialiser, sic...ou laisser libre cours aux mécanismes du marché), en dehors des travailleurs, retraités et chomeurs....

    PIETRON Le 23 septembre 2015 à 15:41
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  • "cette sortie ne peut se faire qu’à la condition que le peuple soit pleinement impliqué dans ce choix, qu’il soit convaincu qu’une telle voie est la bonne. L’une des leçons de ce scrutin est qu’il est inopérant politiquement de penser que l’on peut avoir raison contre le point de vue des masses populaires."

    Il est faux de penser que les classes populaires en grèce seraient opposées à la sortie de l’euro. Elles se sont abstenues en bloc, comme les jeunes, car elles ont perdu confiance dans les partis.

    Les électeurs de syriza sont maintenant les classes moyennes européistes.

    Coma81 Le 24 septembre 2015 à 00:35
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  • Je suis en accord avec ce texte rien ne se fera sans le peuple surtout pas la sortie de l’euro.
    Ceux qui prônent cette sortie économistes ou politiques disent tous qu’il y aura 2 ou 3 années très difficiles pour les gens. Personne ne dit ce qui se passera politiquement pendant ces 2 ou 3 (ou plus) années.

    Il est clair pour moi que si les grecs n’ont pas fait consciemment et démocratiquement le choix d’assumer ces années difficiles, ils se désolidariseront du gouvernement qui a pris cette décision et la voie sera ouverte pour l’extrême droite.

    Claudine Reboux Le 24 septembre 2015 à 10:05
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  • On ne peut qu’être d’accord
    "Une chose est sûre : l’histoire n’est pas finie. "
     :-)

    Pour le reste : "mon avis " ...
    on est pas sûr que les Grecs soient trop impressionnés par l’avis de Clémentine ; il eût mieux valu une déclaration collective

    clara zavadil

    clarazavadil Le 24 septembre 2015 à 10:21
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  • Être porte parole d Ensemble sans l être tout en l étant. En fait n en dire qu à sa guise.. Pas d accord avec sa pensée sur le peuple. A quoi est prêt le peuple français ? A quoi sert de militer et faire avancer des idées ?

    laguêpe Le 24 septembre 2015 à 10:52
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  • Une chose est sûre pour moi Clémentine se trompe totalement. L’histoire est belle et bien finie. Il ne s’agit pas d’un point de départ mais bien d’un terminus, tout le monde descend. Evidemment ce dimanche personne n’est allé dansé le Sirtakis place de La République.
    Difficile évidement à admettre pour Clémentine, JLM et tous les raconteurs d’histoire, qui laissent croire que par un jour de grand soir... ou par un coup de baguette magique demain tout va s’arranger.
    Tsipras, le grand copain de JLM, le mentor, le frère de pensée est t il devenu un traître ? ou simplement a t il fait tout ce qu’il pouvait ?
    Il fallait un plan B !!! Sorti de sa manche ou de sa chaussette.

    Admettez la réalité. En économie, il y a des lois fondamentales dont on ne peut se soustraire. Et cessez de croire les embobineurs, les théoriciens, les apragmatiques.
    La solution , c’est de sortir de l’Euro, stopper l’immigration non choisie, renvoyer les illégaux, revoir les traîtés internationaux , sortir de l’Europe pour pouvoir mettre en place des plans d’Etat (sur l’énergie propre par exemple, la voiture électrique etc..)ce que nous empêche de faire l’Europe, et faire passer en priorité les 6,5 millions de chômeurs français.
    Ca ne se fait pas comme ça.
    Le reste c’est du blabla

    totoLeGrand Le 24 septembre 2015 à 23:50
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  • " L’interprétation du scrutin grec est difficile, et reste suspendue à ce qu’Alexis Tsipras fera de ce succès électoral."
    Pourquoi se bercer d’illusions ? Il en fera forcément ce qu’exigent Merkel et l’UE néolibérale !
    Hollande, serviteur zélé de l’oligarchie, mais qui est tout sauf un imbécile, l’a fort bien compris en se précipitant pour le féliciter chaleureusement. A-t-on oublié qu’il y a un an environ, Hollande et le PS avaient refusé de recevoir Tsipras à Paris ? C’est que le Tsipras d’alors représentait un danger pour l’oligarchie...
    Celui d’aujourd’hui ne l’est plus. Il s’est hollandisé et a capitulé devant Merkel. Définitivement.

    François 70 Le 25 septembre 2015 à 12:36
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  • J aime bien comme Autain relève le niveau d’ Ensemble ;)

    TH

    STORA Antonin Le 25 septembre 2015 à 21:19
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  • Valoriser l’option démocratique contre l’avant garde éclairée me parait fondamental, on ne peut agir contre le vote, c’est fabriquer une brèche mortifère et chaque fois cela s’est révélé catastrophique dans l’histoire, il faut travailler en amont dans un espace délibératif pour infléchir le vote. Ensuite ce travail reprend, mais si les Grecs qui votent ne veulent pas sortir de l’euro ceux qui étaient pour cette sortie n’ont pas pris au sérieux l’espace délibératif ou alors ils ont échoué.
    Donc Clémentine Autain a raison de défendre le point de vue issu des scrutins sur la sortie ou non de l’euro.
    Les peuples aussi pensent, pas seulement les élites autoproclamées intellectuelles ou politiques.
    Valoriser l’ouverture du temps et donc considérer qu’une bataille perdue ne ferme pas tous les possibles entrouverts par l’espérance première , est un parti pris nécessaire pour ne pas laisser étouffer l’inventivité qui se manifeste avant, pendant et après ce genre d’événements. C’est le contraire de la logique du grand soir que de reconnaître l’incertitude du temps historique, quand les nouvelles sont bonnes mais aussi quand elles sont mauvaises. Donc oui Clémentine Autain a raison de considérer que ce n’est pas fini.
    D’ailleurs dans l’histoire peu de choses finissent vraiment, il y a toujours possibilité de rouvrir le temps, redonner une chance à ce qui s’était imaginé, refabriquer les conditions de possibilité et les rapports de force qui permettront à cette puissance de l’imaginaire de trouver une place dans l’empirie. C’est ce qu’il nous reste à faire . Ne pas laisser se refermer le temps, refuser de faire de l’histoire grecque une dystopie en faire une utopie.

    malkalumineuse Le 26 septembre 2015 à 19:18
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  • Le "haro sur Syrisa" m’insupporte. Quel rapport de forces et quelle démonstration politique avons-nous réussis ici en France pour dicter à la gauche grecque ce qu’elle aurait dû faire ? Être de gauche cela se construit et cela se démontre en marchant.
    Je suis très intéressé par la construction populaire et politique en développement en Grèce. À l’amont de la question des banques et de l’euro, la désarticulation de l’économie est extrêmement avancée en Grèce, or la même désarticulation sape des zones entières de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de l’Allemagne et de la France, sans parler de l’arc méditerranéen et de l’Europe centrale. Voilà pourquoi les initiatives de la gauche grecque me semblent essentielles à soutenir et à partager. Parce que les questions qu’ils se posent, les voies de développement qu’ils commencent à explorer sont nos questions et les voies que nous avons à construire ici et maintenant.

    Eugène BÉGOC Le 27 septembre 2015 à 18:54
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  • Merci à tous les contributeurs...ça vous forge une pensée critique rapidos ici...
    Mon sentiment est que face aux traités néo libéraux européens, il apparait , à la lumiére des évènements de cet été (pistolet sur la tempe grecque par l’ UE et revirement Tsiprassien à 180°) que le petit peuple (nous ? koi...) commence à comprendre les propos de Lordon, d’Onfray ou de Sapir (oh mon Dieu !!!).
    L’état a assimilé les demandes du Medef (cf l’ ami Macron, Cice, etc...), les syndicats sont faibles dans le privé et manipulés dans le public pour finalement ne plus pouvoir que défendre des postes pour les copains ( c’est triste mais c’est l’essence de toute organisation que de finir par ne plus servir les intérêts de ses usagers mais seulement des gens qui la compose ...sniff), ceci posé, il reste des travailleurs ou des chômeurs soumis à des employeurs qui réclament des régressions sociales comme planche de salut en implorant un état qui ne veut plus que faire semblant d’accompagner l’uberisation du marché de l’emploi. Pourtant, face aux employeurs petits, moyens et gros, nous , j’entends tous les citoyens français, ne demandons qu’une chose : un acteur qui croit que la justice sociale de juste redistribution des richesses est possible...
    Qui cela peut il être aujourd’hui ? Personne... Surtout pas le marché libre et la main invisible qui donne plutôt dans la voyoucratie (voir sur facebook "unsoupcondententeillicite" ; de multiples exemples ).
    Demain : un état nation souverain sur les leviers puissants . Soient la monnaie nationale, une banque centrale nationale, des banques privés qui soit séparées entre activités casino et financement du réel, bref un retour d’une pensée forte et confiante dans le fait que tirer les erreurs de l’euro soit une forme de progressisme et non de recul...comme les intellectuels "bien pensants" le pensent.
    Et comme dit Clémentine, un retour du pragmatisme hors des appareils de pensée... "Un imbécile qui avance va toujours plus loin qu’un intellectuel assis ."
    Audiard ...je crois.
    _

    frafor Le 29 septembre 2015 à 09:04
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  • Sur la visite de Hollande en Grèce, ce 23 octobre 2015.

    Hollande est définitivement ignoble : après avoir contraint la Grèce à s’endetter et s’appauvrir davantage, le voilà en chef d’escadrille de patrons et d’industriels qui, tels des rapaces s’abattant sur une proie affaiblie, vont racheter à bas prix les derniers biens de ce pays.

    Un vrai socialiste aiderait plutôt la Grèce à conserver ce qui lui reste et à obtenir ce qui lui manque.

    Hollande tient plus de Louis XV que de Jaurès.

    Jean-Marie Le 23 octobre 2015 à 22:21
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  • Clémentine Autain écrit : "Pierre Laurent avec le PCF a, de son côté, soutenu sans sourciller Alexis Tsipras", ah bon ! si on n’en est sur pour Pierre Laurent, pour le PCF c’est moins évident puisque la question ne lui a pas été posée !!
    C’est comme d’écrire que le peuple grec a refusé la sortie de l’Euro, ah bon ! quand a-t-il refusé la sortie de l’Euro ? Lors du référendum certainement pas puisque la question n’était pas posée, pour les législatives ce n’était justement pas la question.
    Alors on dit quoi sur ces deux propos qu’il ne suffit pas de répéter pour qu’ils deviennent vérité.

    Mazon Michel Le 15 novembre 2015 à 07:40
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