Accueil > Monde | Par Gildas Le Dem | 16 mars 2018

Abandon des Kurdes à Afrin : la faute d’Emmanuel Macron

Loin du nouveau monde promis durant sa campagne, le président de la République cautionne le régime turc et ses exactions contre les Kurdes du YPG. Une compromission infamante pour la France, au nom d’intérêts indéfendables.

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On nous promettait donc un nouveau monde. Macron, président du monde, héraut des droits de l’homme et d’un monde ouvert, libre. Mais, depuis plus de sept semaines maintenant, les forces turques de la dictature d’Erdogan et leurs supplétifs syriens, parfois directement issus des rangs de l’État Islamique, assiègent la ville-refuge, la ville autrefois libre et ouverte d’Afrin.

Pire, depuis ce mercredi, les forces turques opèrent une percée décisive à ses portes malgré la présence et la résistance des combattants kurdes du YPG, la branche syrienne du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan). Si l’on en croit l’agence Reuters et le New York Times, l’eau est désormais coupée, en amont, par les forces turques.

Dans une ville qui accueille également des réfugiés de toutes confessions, la situation sanitaire devient intenable. Sur la centaine de milliers d’habitants et de réfugiés que compte la ville, une dizaine de milliers est d’ores et déjà déplacée, fuyant le manque d’eau et les bombardements des hélicoptères d’attaque légers de l’armée turque, qui prennent également pour cible les zones habitées par les civils.

Égards et contrats pour Erdogan

Selon le témoignage des Forces antifascistes à Afrin (des volontaires occidentaux qui ont rejoint les rangs des forces kurdes pour combattre l’État Islamique), « à ce jour, près de 300 civils ont été sauvagement tués, y compris les femmes et les enfants, tandis que les blessés s’élèvent à plus de 700 personnes ».

Qu’a fait, que fait la France, pendant ce temps ? Elle n’a rien trouvé de mieux, en la personne d’Emmanuel Macron, que de recevoir Erdogan comme elle avait déjà reçu Poutine et Trump ; de signer un contrat portant sur un système de défense anti-missiles avec la Turquie ; enfin, dans la foulée, de reconnaître le PKK comme une organisation "terroriste". On croit rêver.

Car enfin, à qui doit-on les premières victoires contre l’État Islamique et ses menées terroristes (véritables, celles-là, comme nous avons pu l’éprouver en France), sinon aux combattants et aux combattantes kurdes du PKK ? Aurait-on déjà oublié la bataille de Kobané ? Et avec cette première victoire contre l’État Islamique, un peuple libre qui – une fois de plus – s’était hissé aux avant-postes pour défendre le droit à l’autodétermination et l’auto-organisation ; pour défendre et reconquérir la liberté des femmes, des minorités religieuses aussi ; et armé, avec cela, d’une impeccable vision égalitaire ?

Il faut le dire sans détour : c’est une honte, une infamie sans nom, qu’Emmanuel Macron ait osé qualifier de terroristes les représentants du PKK et du peuple kurde et, avec les autres dirigeants européens, les abandonne aujourd’hui au silence et à la mort.

Le monde selon Macron

Mais il faut aller plus loin, et s’interroger sur les raisons de cette compromission. Pourquoi ce geste de capitulation, qui renforce une dictature aux frontières de l’Europe ? Sinon parce que cette dictature est, en fait, devenue le fondé de pouvoir de l’Union européenne dans la crise des migrants ? Pourquoi tout concéder à Erdogan, si ce n’est pour faire de la Turquie un rempart chargé de contenir les migrants ?

On le sait : Erdogan menace, depuis le printemps 2017, de lever l’accord qui veut que tout migrant arrivé sur les côtes européennes après avoir transité par la Turquie puisse y être renvoyé (un accord dans le cadre duquel, de plus, l’UE verse trois milliards d’euros à la Turquie). Ce que l’eurodéputé belge Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts au Parlement européen affirmait déjà en mars 2017 pèse sans doute non moins, aujourd’hui, sur le destin des Kurdes : « C’est parce que l’Union européenne refuse de faire ce dont elle est capable en termes de réfugiés que nous nous mettons à la merci de ce gars [Erdogan] ».

Il faut donc se demander quel est ce monde, la nature de cette ouverture au monde que prônait Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. La réponse est désormais évidente : c’est une ouverture au monde, mais au monde des puissants et des puissances (qu’on reçoit avec allégresse sous les ors de Versailles).

Mais ce monde de puissants demeure lui-même fermé à ceux qui, ici ou ailleurs, souffrent et luttent pour un peu de pain ou de liberté. Ici, en France : ceux qui ne sont rien, ou sont regardés comme des hommes de second rang (les migrants). Ailleurs : les peuples qui à Afrin, ou dans la Goutha, sont autant de vies qui ne comptent pour rien. Emmanuel Macron s’était fait le champion de l’ouverture au monde et à l’Europe. Il n’est, en vérité, que le gardien, le chien de garde d’une Europe des banques et des barbelés.

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  • Tout à fait d’accord avec vous et en plus Macron soutient la position britannique prise hier accusant sans preuve la Russie de l’assassinat de l’espion russe et de sa fille sur leur sol, sanctions à venir à la clé...Pour une volonté délibérée de provocation afin d’embraser un plus plus la situation vers un conflit généralisé "y a pas mieux ". Aussi compte tenu du contexte social chez nous il m’apparaît important que les manifestations à venir soient importantes et suivies pour "dégager ce gouvernement "

    jaime Le 16 mars à 18:24
       
    • Macron a la solidarité de classe chevillée au corps....et nous qu’avons nous....?

      Dominique FILIPPI Le 17 mars à 23:29
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    • Le lien entre la politique SNCF du gouvernement et la question russe est à clarifier......

      Dominique FILIPPI Le 17 mars à 23:32
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    • Vous attendiez quoi d’autre d’un Emmanuel Macron ?????

      Esménard Le 18 mars à 13:32
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  • A PROPOS DU KURDISTAN

    Le Kurdistan : Un territoire trois fois convoité.

    TERRITOIRE politique :

     Une base permanente pour un allié objectif des Etats Unis : Israel qui se considère comme le seul ayant droit dans la région

    « Les Kurdes sont profondément solidaires d’Israël et un Kurdistan indépendant sera bénéfique à l’Etat juif », a estimé le journaliste kurde Ayoub Nouri. Il précise qu’à « l’heure actuelle, Israël est un pays confronté à de nombreux conflits, mais avec la présence d’un Etat kurde indépendant,
    Israël bénéficiera de la présence d’un ami et d’un allié sincère dans la région, et le Kurdistan pourra servir de zone tampon face à la Turquie, l’Iran et l’Irak. »

    Rappelons qu’Israël et les Kurdes ont entretenu des liens étroits depuis les années 1950. Des agents du Mossad avaient été envoyés au nord de l’Irak pour aider Mulla Mustafa Barzani dans sa rébellion contre l’armée irakienne. L’assistance était principalement dans le domaine sécuritaire et militaire, mais elle s’est élargie au fil des ans à l’aide médicale et aux relations commerciales. Selon certains observateurs, Israël importe les trois quarts de son pétrole du Kurdistan irakien. Le désir d’alliance est également présent chez les Kurdes.
    Soulignons que l’économie kurde repose fortement sur le pétrole, sans presque aucune activité du secteur privé, à l’exception de grands chantiers de construction. Très peu de produits sont

    « Le Kurdistan deviendrait la seconde patrie des Juifs après Israël » pense Hamma Mirwaisi, auteur de « Le retour des Mèdes ». « Depuis l’empire des Mèdes, les Kurdes ont toujours traité les Juifs comme des partenaires égaux au Kurdistan. Peut-être du fait d’Abraham, le patriarche de la nation juive, qui, d’après moi était un Kurde indo-européen et non un sémite Africain comme certains érudits Juifs l’affirment, du fait que Moïse était né en Egypte. De même une grande proportion de la population kurde descend des 10 tribus juives perdues, exilées par l’Empire assyrien au Kurdistan. Quelle que soit la raison, les Kurdes ont toujours traité les Juifs en égaux, alors que les sheikhs musulmans les encourageaient dans la discrimination (dhimmi) ».

    « Le Kurdistan peut absorber des millions de Juifs, car c’est un territoire immense qui a besoin du savoir juif. Chaque nation pourrait être une bénédiction pour l’autre, et vivre en paix et prospérité pour les générations à venir »

    Depuis la fin des années 1980 en territoire Kurde Turc et Kurde Irakien se trouvent des forces spéciales Israéliennes (les Mistara’avins ) en place pour soi-disant officiellement aider les Kurdes à obtenir leur indépendance vis-à-vis de la Turquie et de l’Irak .

    APPROVISIONNEMENT EN EAU DOUCE

     ressource en eau douce (revenant moins chère que la désalinisation d’eau de mer .

    LE KURDISTAN : objectif principal d’Israel pour l’approvisionnement en eau douce suite à la sécheresse qui sévit dans ce coin de la planète depuis 2012 (et comme par hasard début des hostilités en Syrie) .

    Le Jourdain, le lac de Tibériade, la mer morte sont en train de connaître une déperdition en eau la plus importante depuis plus de 80 ans.

    L’eau ne peut provenir que de cette partie de la région
    PRECEDENTS :

    1964 : bombardement par l’armée de l’air Israélienne de voie de détournement de l’eau en syrie

    1966 : Bombardement par l’armée Israélienne du barrage hydraulique Miskheiba en construction

    1967 : Israël bombarde le chantier Syro-Jordanien d’un barrage sur le Yarmouk , affluent du Jourdain

    DANS LES ANNEES 1980 : incursion de l’Armée Israélienne dans le sud Liban pour empêcher les Libanais de détourner au profit de leurs irrigations l’eau du LITANI

    FIN DES ANNEES 1980 : s’intensifient les plans pour faire parvenir de l’eau du sud de la Turquie ou du Kurdistan Irakien pour alimenter le territoire Israelien. Ces aqueducs géants ne pouvaient passer que par les territoires Kurdes Irakiens et par l’Irak . Le problème à été Saddam – HUSSIEN .

    2017 :Le mois de février le plus sec depuis 87 ans en Israël et cette année 2018 n’est pas près d’arranger la situation même si les deux premiers mois ont été très pluvieux en Israél mais pas suffisants

    « C’est un mois de janvier très rare, de façon certaine » a-t-il affirmé à la radio de l’armée israélienne. « Il n’y en a pas eu de tel, à Jérusalem depuis 1860, et au nord depuis plus d’un siècle. »
    Seulement un millimètre de pluie est tombé sur la capitale, le mois dernier, contre une moyenne de 200 millimètres pour janvier.

    La mer de Galilée n’est montée que de onze centimètres pendant le mois de janvier, selon le quotidien Walla, contre environ un mètre en janvier 2013.

    Et tout récemment 2018 :

    https://fr.timesofisrael.com/lete-en-israel-devient-plus-chaud-plus-long-etude/

    L’été en Israël devient plus chaud, plus long – étude

    Comme si l’été n’était pas assez long et chaud en Israël, les scientifiques de l’Université de Tel Aviv (TAU) prédisent que les mois chauds et secs de la région s’étendront de quatre mois à six mois d’ici 2100.

    La Méditerranée orientale, qui comprend Israël, l’Egypte, la Jordanie, la Syrie, le Liban et le sud de la Turquie connaît des « changements climatiques monumentaux » qui affecteront de manière significative les écosystèmes et la santé humaine, ont annoncé mercredi les scientifiques de TAU.

    Question : pour remplir les piscines du Roi Salomon faut-il en passer par le génocide de centaines de milliers de Syriens dont plusieurs milliers d’enfants innocents ???

    RESOURCES GAZ ET PETROLE

    La Turquie hausse le ton au sujet de l’exploitation des ressources gazières au sud de Chypre. Convoité par Israel dans le bloc 9 qui se situe en territoire Libanais. Le Liban pourrait donner un contrat d’exploitation à une société française .

     ressource en gaz et pétrole destinées aux pays européens en passant par le : Golan, ensuite un parcours sous marin : Chypre, les iles grecques , la grèce, l’Italie et enfin l’Europe

    Le parcours terrestre ( moins cher) n’étant plus à l’ordre du jours la présence d’ASSAS devenant compliqué malgré les (accusations, très certainement fausses de bombardements au moyen de produits chimiques , quel intérêt aurait-il vu comment il est surveillé , épié )

    Au fait les produits chimiques retrouvés flottants dans des emballages étanches en méditerranée, ne comportaient pas des inscriptions en langue Russes, Nord coréennes ou iraniennes mais bien des inscriptions en langue Américaine .

    PROCHE ORIENT Le 18 mars à 10:40
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  • @ Le 18 mars à 13:32 Esménard
    Je ne pensais pas à Macron supporter du Capital national et international mais au déroulé de l’article qui manque de liant entre ces deux aspects d’une meme politique

    Dominique FILIPPI Le 18 mars à 14:03
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  • Ce qui est sûr c’est que lorsque la solution pacifique la plus simple passe par le fait de demander à la population ce qu’elle pense de l’indépendance, on choisit rarement d’y avoir recours et on préfère laisser se développer une résistance armée qui aura contribué à rendre les choses de plus en plus difficile pour tout le monde

    carlos Le 19 mars à 11:01
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