Accueil | Par Guillaume Liégard | 17 janvier 2018

D’après lui-même, Emmanuel Macron choisit d’être indigne

Chaque jour, un membre de la rédaction de Regards prend la plume pour livrer son humeur. Mercredi, à Guillaume Liégard de nous donner son point du vue... sur les vaines promesses du candidat Macron en matière d’immigration.

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C’était il y a bien longtemps, pensez donc, le 2 janvier 2017, il y a plus d’un an !!

Dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde, on pouvait lire de nobles propos : « la chancelière Merkel et la société allemande dans son ensemble ont été à la hauteur de nos valeurs communes ; elles ont sauvé notre dignité collective en accueillant des réfugiés en détresse, en les logeant, en les formant ». L’auteur de ces propos humanistes ? Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle souhaitant marquer nettement sa différence vis-à-vis de Marine Le Pen.

C’était le temps de la bande-annonce, celui de la poudre de perlimpinpin pour électeurs socialistes en déshérence, bref un pot de miel qui allait vite, très vite se refermer. Le gouvernement à peine nommé et les élections législatives pas encore gagnées, le très droitier Valeurs Actuelles, dès le 6 juin pouvait titrer victorieusement : « Contre toute attente, Collomb adopte une politique anti-migrants » (lire ici mais ce n’est pas obligé).

Le projet de loi « Asile et immigration », que le ministre de l’Intérieur doit présenter au mois de février, suscite un vent de contestation. À la sortie d’une réunion de travail à l’hôtel de Matignon, une trentaine d’associations (dont Emmaüs, le Secours Catholique, la Ligue des droits de l’Homme) ont dénoncé un texte répressif. Les mêmes associations ont saisi le juge des référés du Conseil d’État pour demander la suspension de la circulaire qui permet le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence.

De la promesse à la trahison

Plus ennuyeux encore pour l’exécutif, une partie de la majorité parlementaire La République En Marche (LREM) semble gênée aux entournures. Lors des questions d’actualités au gouvernement, le 19 décembre, Sonia Krimi, députée En Marche de la Manche, avait fustigé la politique menée en déclarant que "les centres de rétention deviennent des centres de détention" et sont "indignes de la République" (écouter ici).

La « fronde » semble même atteindre le cœur de la macronie avec une tribune publiée dans Le Monde le 16 janvier, au moment même, où le président organisait son périple médiatique et publicitaire à Calais. Le texte, intitulé « M. Macron, votre politique contredit l’humanisme que vous prônez ! » revient notamment sur des faits graves, avérés et répétés mais toujours niés par l’exécutif en rappelant notamment que « nous nous sommes hélas réveillés dans un pays où on arrache leurs couvertures à des migrants ».

Mais au-delà des faits en eux-mêmes, attestés depuis des mois, la qualité des signataires n’est pas banale : on y retrouve notamment Jean Pisani-Ferry, inspirateur du programme du candidat Macron, Thierry Pech, directeur général de la fondation Terra Nova ou encore Laurent Berger, secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT).

Collomb et Macron, seuls contre tous

Il y a peu le Canard Enchaîné rapportait les propos délicats de la députée LREM Aurore Bergé à l’égard des associations d’aide aux migrants : "Il ne faut pas se leurrer, beaucoup de ces associations sont noyautées par des militants politiques d’extrême gauche” et Gérard Collomb d’ajouter : "et l’extrême gauche, ne l’oublions pas, ce sont des millions de morts en URSS". Voilà donc qu’il faut ajouter à cette longue liste de meurtriers d’extrême-gauche, la direction de la CFDT et celle de Terra Nova, qui l’eut cru ?

Ministre de l’Intérieur et Président sont pour l’instant droits dans leurs bottes. Pourtant selon ses propres critères, Emmanuel Macron a choisi de mener une politique indigne et de fouler « nos valeurs communes ». Reste à savoir si ce changement de pied deviendra le boulet du renoncement équivalent au célèbre « mon ennemi, c’est la finance » de François Hollande.

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Vos réactions

  • Collomb nous rappelle notre devoir de mémoire à l’égard des victimes du communisme.

    Glycère Benoît Le 17 janvier à 11:10
       
    • @Glycere - le devoir de mémoire est-il donc incompatible avec le devoir d’humanité ? C’est en tous cas ce que Collomb, par ses actes, semble indiquer clairement...

      carlos Le 17 janvier à 11:30
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    • @Carlos. Non bien sûr. Collomb ne nie pas le devoir d’humanité. Membre du gouvernement il doit voir tous les aspects de la crise migratoire et prendre les bonnes décisions en tenant compte de leurs conséquences sur le long terme. Il pense et agit en responsable. Les partisans de l’accueil indifférencié et maximaliste, sans distinguer les migrants économiques et les réfugiés politiques, sans limite, n’auront jamais à répondre de leur action. C’est plus facile, mais la facilité n’est pas toujours une bonne conseillère. Comment mesurer la part de la misère du monde que la France a le devoir d’accueillir ?

      Glycère Benoît Le 17 janvier à 13:44
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    • @glycere - Vous évoquez l’idée qu’il n’y aurait pas d’autre alternative "responsable" au tri préalable des migrants avant tout traitement de dossier de demande d’asile, que souhaite imposer G. Collomb. Or, il n’y a de choix plus facile que celui fait par ce ministre qui s’assoie ainsi sur la complexité des cas afférents et sur le temps nécessaire pour traiter en toute justice chaque demande !

      Car, la distinction entre migrants économiques et réfugiés n’est aisée que dans 1 cas : la guerre. Or, si les victimes de guerre entrent indubitablement dans le cadre du droit d’asile et sont en mesure de bénéficier du statut de réfugié, toutes les personnes affluant de pays qui ne sont pas en guerre ne peuvent pas en être exclues à priori ! En effet, les persécutions subies à titre personnel (homosexualité, etc...) ou plus globalement le non respect de leurs droits permettent à qui le demanderait d’accéder au droit d’asile (et cela concerne souvent des pays où beaucoup d’occidents passent leurs vacances !).

      D’autre part, la mise en place de politiques étatiques discriminantes partout dans le monde (les Roms en sont l’exemple type européen mais il y en a bien d’autres) teintent certaines migrations d’une couleur économique alors qu’il s’agit bien souvent de la résultante d’une discrimination volontairement appliquée.

      Le tri par nationalité n’est donc absolument pas pertinent... et s’avèrerait même criminel !

      Pour resituer réellement le débat à son échelle, la question n’est pas de savoir si la France doit accueillir tout la misère du monde, la réalité des faits indique que ce n’est pas ce à quoi elle a à faire face (pour rappel, beaucoup de ceux qui parviennent à franchir notre frontière n’ont d’autre ambition que de quitter notre pays pour celui qu’ils ambitionnaient d’atteindre)... La question est de savoir si la patrie des droits de l’Homme est encore capable de traiter humainement des gens en situation de détresse et de fragilité extrême, ce à quoi elle s’est engagée en signant des textes internationaux défendant les droits humains, faut-il le rappeler !

      carlos Le 17 janvier à 15:00
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    • @Glycere Benoît

      Vos affirmation sont celles de la vieille droite française, la plus réactionnaire, vos positions vis à vis des migrants ne sont pas très différentes de celles de l’extrême droite européenne.

      Votre aveuglement idéologique vous empêche de prendre conscience que les mouvements migratoires économique ou pas , sont non seulement inéluctables, mais que vous le vouliez ou non ils vont s’ amplifier , et c’est irréversible. Les pays riches récoltent ce qu’ils ont semé.

      Vous pourrez construire touts les mûrs que vous voudrez , ou érigez toutes les barrières de barbelés les plus hautes possibles, vous n’empêcherez pas les Hommes de passer . Ils sont près à mourir pour cela , ils le disent eux mêmes , et malheureusement certains en meurent.

      C’est vous qui êtes dans le rêve, mais le problème c’est que votre rêve est mortifère.

      De plus La France , pays riche , de plus en plus riche , est en partie responsable de la situation de guerre ou de pauvreté que connaissent les pays du Sud et leur population. Et G Collond à le devoir d’être à la hauteur de ce qui fait la force de la France pays de la déclaration des « droits de l’homm et du citoyen « aux yeux des autres Nations , lui procurant ainsi une influence internationale, alors que c’est un petit pays d’ environ 60 millions f’habitants.

      Mais la hauteur de vue de G Collomb s’arrête aux opportunités qui se présente à lui pour servir sa carrière et ses ambitions, et pour cela en bon social démocrate, il est près à tous les reniements , à toutes les bassesses.

      Gege Le 17 janvier à 15:59
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    • @Gege. Vous m’infligez les poncifs éculés de votre idéologie de la vieille gauche française la plus rétrograde, très proche par le simplisme de celle de l’extrême gauche. Vous voyez, je me mets à votre niveau, c’est plus convivial.

      Glycère Benoît Le 17 janvier à 23:34
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    • @Il est dans la pratique difficile de distinguer un migrant économique d’un réfugié politique. Pourtant cette distinction a un sens en droit et la France ne peut manquer de s’y référer. Si cette distinction n’existait pas, n’importe qui pourrait se dire réfugié et la notion perdrait toute valeur. La position de Gérard Collomb est donc justifiée, même si elle lui attire l’antipathie des organisations humanitaires. Il ne pouvait en adopter d’autre à moins de sombrer dans l’incompétence. En cela il agit en homme responsable, capable, outre d’avoir une vision en profondeur, de prendre des décisions éloignées a priori de sa culture politique mais qu’il sait utiles au pays.

      Glycère Benoît Le 17 janvier à 23:39
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    • @glycere - je n’ai nullement remis en question la distinction qui existe en migrant économique et bénéficiaire du droit d’asile, bien au contraire ! Mais j’affirme qu’un tri prealable à toute analyse de cas s’avère injuste, inéquitable voir criminelle compte tenue de la complexité du monde actuel ! La question de l’efficacité que vous invoquez pour justifier cette inhumanité de traitement et ce non respect de l’esprit des textes juridiques internationaux et que vous posez donc est celle de l’étalon à utiliser pour en juger et manifestement le seul qui trouve grâce à vos yeux et à ceux de Collomb consiste à chiffrer le nombre de reconduite à la frontière... Bel esprit comptable, au demeurant fort incompatible avec l’esprit du droit !

      Carlos Le 18 janvier à 07:38
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    • @Glycère Benoît

      La déclaration des droits de l’homme et du citoyen des « poncifs éculés » . Le fait que les flux migratoires ne vont pas cesser , mais vont s’amplifier , qu’aucun barbelé, aucun mur ne pourra empêcher cela , qu’il vaudrait mieux s’attaquer aux causes (l’immense majorité des migrants sont des réfugiés)
      des « des poncifs éculés « . La responsabilité des pays riches par rapport à ces flux migratoires , à cause des guerres qu’ils ont déclenché, du pillages des richesses et du dérèglement climatique dont ils sont responsables « des poncifs éculés » . Le fait que la France est un des pays européens qui a accueilli , dans des conditions indignes, le moins de réfugiés c’est des « poncifs éculés » . C’est l’hôpital qui se fout de la charité.

      Je n’ai aucune convivialité à partager avec vous .

      Comme a chacune de vos réponses vous évacuez totalement les arguments qui vous sont objectés . Vous êtes la malhonnêteté intellectuelle faite homme . Vous êtes le digne héritier de Charles Maurras et de « l’action française »

      Gege Le 18 janvier à 08:04
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    • @Carlos. On ne peut reconnaitre un principe juridique et se refuser à l’appliquer en toute circonstance. L’application du droit d’asile se fonde sur le dossier du demandeur. Qu’on lui accorde le statut de réfugié politique ou qu’on le lui refuse se fonde sur ce que dit ce droit dans son cas. La décision n’est pas faite a priori. En attendant qu’elle s’établisse le demandeur est traité en conformité avec les règles de droit et d’humanité dont la France n’entend pas déroger. Les conditions pratiques, avec une pression démographique terrible, parfois concentrée en quelques points du territoire devenant névralgiques, ne permet pas toujours un traitement satisfaisant sur le plan la dignité des personnes. Cela questionne notre conscience. Cette question porte sur les conditions d’accueil provisoires, non sur la décision elle-même.

      Glycère Benoît Le 18 janvier à 09:04
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    • @glycere - la mobilisation des associations et ong en charge du dossier ne fait pas suite à une poussée de fièvre bolchevique ou staliniste généralisée, mais bel et bien car il y a une remise en cause par le gouvernement au travers de sa circulaire du principe fondamental que vous formulez vous même (je vous cite donc) :

      Qu’on lui accorde le statut de réfugié politique ou qu’on le lui refuse se fonde sur ce que dit ce droit dans son cas. La décision n’est pas faite a priori.

      Carlos Le 18 janvier à 09:13
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    • @glycere - si vous poussez un peu votre réflexion, vous n’aurez d’autre choix que de convenir que la logique du tri à l’oeuvre ici ne peut être fondée que sur un jugement prealable, aveugle, totalement ignorant de la situation réelle de l’individu ainsi recensé ! Maintenant, la logique du chiffre peut tout à fait être celle du gouvernement, alors il conviendrait dans ce cas qu’ils l’assument clairement... Il est en effet tout à fait usuel que le droit technocratique s’oppose régulièrement aux principes issus des droits de l’Homme et du citoyen. Autant éviter les contresens et l’utilisation d’une novlangue qui ridiculise ceux qui s’y adonne... Fussent-ils G. Collomb ou E. Macron... Accuser les associations d’extrémisme politique comme ce ministre se le permet c’est le comble de la mauvaise foi !

      Carlos Le 18 janvier à 09:28
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    • @Carlos. Les dossiers sont examinés et il n’y a pas d’intention du gouvernement français de traiter les demandeurs d’asile en dehors du droit. En dehors du respect dû à leur dignité d’hommes non plus. Il n’y a pas de dérogation, de manquement systématique à ses devoirs de la part de l’État, d’incompétence de ses personnels ou de méchanceté. Le droit d’asile ne s’applique pas aux migrants économiques. Le fait d’être chômeur, dans tout pays, n’entre pas dans les cas reconnus de persécution politique. On peut se poser la question de savoir s’il ne convient pas de l’y faire entrer. C’est un débat.

      Glycère Benoît Le 18 janvier à 09:32
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    • @Glycere - En l’occurrence, je ne débats pas ici de l’opportunité d’intégrer les considérations purement économiques à la recevabilité d’une demande en droit d’asile ! J’ai pourtant l’impression que vous tentez, à défaut d’arguments, de réduire la discussion à ce débat d’une autre nature que celui qui nous oppose aujourd’hui.

      De plus, vous insistez sur le fait que le gouvernement français n’a pas l’INTENTION de traiter les demandeurs d’asile en dehors du droit alors que, d’une part, à moins d’être dans le secret des dieux vous n’avez aucune idée de ce qui motive le consensus gouvernemental sur la mise en place de cette circulaire (vous remarquerez que je n’ai pas préjugé jusqu’ici de leur ambition à vouloir s’attirer les faveurs d’un certain électorat d’extrême droite, d’un certain électorat Vallsiste, ou plus communément Wauquiezien... alors qu’ils n’hésitent pas à agiter de façon absurde et aberrante le chiffon "rouge" de l’extrême gauche), d’autre part, il reviendra au Conseil d’Etat, puisque saisi, de statuer sur la nature "légale" des circulaires d’ores et déjà mises en place et dont un certain nombre de juristes s’accordent à penser que sur deux points au moins, elles sont manifestement illégales et attentatoires aux droits et libertés :

      => la circulaire autorise, sans base légale, des équipes relevant du ministère de l’intérieur à pénétrer dans des centres d’hébergement protégés pour y réaliser des contrôles ;
      => les centres d’hébergement se voient donc contraints, en les permettant, de participer à la collecte et à la transmission illégale de données personnelles et confidentielles des personnes hébergées aux autorités ;

      C’est factuellement une remise en cause notamment du principe d’accueil et de prise en charge inconditionnel en hébergement d’urgence prévu par le Code de l’Action Sociale et des familles au profit de « toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale  », quels que soient sa nationalité ou son statut administratif. Et faut-il rappeler que cet accueil et cette prise en charge s’opère de fait bien amont du traitement des demandes d’asiles elle-mêmes...
      Le tri "à la volée" selon la nationalité ou le statut administratif des personnes dans les centres d’hébergement abouti donc sur le fondement de critères discriminatoires (puisqu’ils ne laissent pas le temps d’une analyse sérieuse pour chaque dossier) à viser certaines personnes sans abri et sans droit au séjour, et abusivement puisque sans une étude réelle et consciencieuse de la situation de celles-ci, à faire l’objet d’un placement en rétention ou d’une mesure d’éloignement du territoire...

      Justifier cela par Le droit d’asile ne s’applique pas aux migrants économiques, c’est être totalement à côté des vrais enjeux !

      carlos Le 18 janvier à 12:51
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    • @Carlos. Le chiffon rouge est agité par les gouvernements de gauche qui instrumentalisent l’immigration illégale afin de faire monter le Front National. C’est le chiffon rouge de l’extrême droite, non de l’extrême gauche. Cet effet est toujours utilisé, nous sommes là dans la tactique politique, c’est un autre aspect du problème.

      Pour statuer sur le cas d’un demandeur d’asile il faut procéder à des vérifications. Elles sont nécessaires, on ne peut considérer que sa parole suffit. Les contrôles ne doivent pas évidemment contrevenir à des dispositions existantes. S’il en est qui les rendent impossibles, il faut modifier le droit pour que l’attribution de ce statut, sur la base des données obtenues par ces contrôles, puisse être arbitrée par le juge.

      En situation d’urgence le législateur n’ignore pas qu’il y a des priorités. Les autorités s’acquittent alors de leur mission en tenant compte des devoirs particuliers qu’elles créent. Toute situation d’urgence est transitoire et ne saurait modifier, une fois que son traitement propre a été assuré, la position du demandeur d’asile au regard des critères d’attribution du statut de réfugié politique.

      Glycère Benoît Le 18 janvier à 22:56
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    • Glycère Benoit,
      Oui bien sûr. Collomb nie le devoir d’égalité. Membre du gouvernement il voit tous les aspects des excès de la haute finance et il prend les mauvaises décisions en ignorant leurs conséquences sur le long terme. Il pense et agit en irresponsable. Les partisans de la liberté de circulation indifférenciée et maximaliste des capitaux, sans distinguer les petits porteurs des grands délinquants en col blanc, n’auront jamais à répondre de leur action. C’est encore plus facile, et la facilité est toujours une bonne conseillère. Comment mesurer la part de la très grande richesse que la France a le devoir d’endiguer ?

      Péneau Lionel Le 19 janvier à 00:56
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    • @glycere - L’une des causes de la mise en place de cette circulaire correspond peut être à ce que vous écartez d’office à savoir que nous sommes là face à de la tactique politique, purement électorale... L’objectif étant de continuer à affaiblir les autres partis pour preparer l’avenir.

      Pour le reste, indiquez vous qu’il faille modifier le droit pour rendre des contrôles, aujourd’hui, attentoires aux libertés individuelles, conformes au droit ? Parce que ca ne colle pas avec le discours que vous tenez ensuite sur le fait que les autorités doivent s’astreindre à le respecter y compris en situation d’urgence... Du coup je ’e vous suis plus.

      Carlos Le 19 janvier à 07:12
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    • @Lionel - j’avoue que votre manière de contrargumenter me plait assez... C’est d’autant plus drôle que ce qui en sort est relativement exact !

      Carlos Le 19 janvier à 07:35
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    • @Carlos. La recherche de données permettant de statuer sur un demandeur d’asile n’est pas a priori attentatoire aux droits de la personne. Les protections juridiques existent. Interdire tout contrôle dans les centres d’accueil en est-il une ? C’est une question qu’il et légitime de se poser. Des personnes affaiblies, désorientées, démunies voire en détresse peuvent être l’objet d’abus, même de la part des autorités d’un État de droit. C’est à lui alors de veiller à ce que cela n’arrive pas, de faire respecter les procédures, de sanctionner le fautif s’il y a lieu. Il n’est pas réputé y manquer. Les organisations humanitaires y veillent aussi et elles ont raison.

      Un statut doit être défini pour chaque migrant. Cela exclut de rester impuissant face à ceux sur lesquels on ne dispose pas des données suffisantes pour le faire. Vouloir rendre pérenne cette situation de fait est-elle la bonne approche pour résoudre la crise migratoire ? Je ne pense pas. Ce serait faire en quelque sorte du ‘sans-papier’ un être au-dessus des lois. Or personne n’est au-dessus des lois. Même pas lui.

      Glycère Benoît Le 19 janvier à 08:44
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    • @glycere - j’ai parfois l’impression que vous ne lisez pas les arguments qu’on vous oppose, au risque de voir une discussion tourner en rond...

      Il n’est pas question de faire du "sans papier" un être au-dessus des lois, ce qu’il n’est pas et ce que personne ne demande, aucun projet de loi ne va d’ailleurs en ce sens, mais d’empêcher par contre le gouvernement de tordre le droit (c’est exactement ce qui se passe) dans un sens qui va clairement à l’encontre des droits humains et des libertés qu’est censé garantir un État de droit, eue et vue la correspondance qu’on lui accorde avec des régimes démocratiques dont la principale caractéristique consiste à garantir des libertés aisément resumées par communément l’ensemble des droits dits humains...

      Car, cette circulaire en autorisant l’intervention de l’Etat à un moment qui est, d’après le droit, le moment de l’accueil inconditionnel des personnes fragilisées et probablement sans aucun statuts pour les étrangers, c’est à dire au début d’un parcours de prise en charge, oblige les agents des services de l’Etat à opérer un premier "tri à la volée" qui ne peut aboutir, car il est dans leurs mission devant toute infraction constatée d’agir (être sans papier et venir d’un pays qui n’est pas en guerre, voila du coup qui est problématique), qu’à prendre des mesures contre ceux des étrangers qu’ils n’estiment pas entrer dans la case "demandeur d’asile", avant même toute étude sérieuse et consciencieuse de dossier ! Et tout le monde s’accorde sur la difficulté de statuer sur chaque cas compte tenue de la complexité du monde...

      Ce contrôle, dont l’objectif n’est rien d’autre qu’un tri se voulant permettre d’augmenter l’efficacité du traitement global de la problématique migratoire, s’avère, dans ses effets, totalement contraire aux textes de loi français qui jusqu’ici faisaient montre d’une humanité évidente et de circonstance face à la misère et au désespoir. Quel Etat de droit mettrait en place des mesures discriminatoires pour consentir à traiter dignement des individus en situation de détresse extrême ? Or, C’est exactement ce qui se prépare...

      Carlos Le 19 janvier à 09:26
    •  
    • @Carlos. Je lis vos interventions avec intérêt. Les arguments qui y figurent sont défendables et attaquables comme tout argument.

      Le tri à la volée n’existe pas, l’expression ne veut rien dire. Le but du gouvernement, cadré par la circulaire Collomb, n’est ni de priver les migrants de leurs droits, ni de les empêcher de bénéficier des soins médicaux et des gestes humanitaires que leur état requiert ni de les malmener au titre d’une politique du chiffre. Le but est de maîtriser le flux migratoire dans le respect des lois.

      La circulaire Collomb ne contrevient pas à l’État de droit. Que des personnels administratifs viennent à l’intérieur des centres d’accueil effectuer des contrôles ne le menacent ni dans ses règles écrites ni dans son esprit, même si des gens honorables et bien intentionnés, des associatifs, des intellectuels, certains juristes ont pu s’en inquiéter. Les principes qui en sont le fondement ne sont pas bafoués.

      Glycère Benoît Le 19 janvier à 12:17
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    • @Glycere - La circulaire en question prévoit l’envoi d’équipes mobiles dans des structures d’accueil d’urgence (j’ai bien dit d’accueil d’urgence), avec un délai de prévenance de 24h , et dont l’objectif est d’examiner "rapidement" une situation afin d’orienter vers un dispositif adapté les personnes contrôlés... L’idée c’est d’intervenir rapidement pour "désengorger" les structures d’accueil d’urgence qui elles n’ont aucun critère discriminatoire si ce n’est celui de n’avoir pas de toit et d’être en situation de fragilité extrême.

      Qu’est ce que cela traduit concrètement dans les faits pour les agents des services de l’Etat qui doivent appliquer cette circulaire dans une structure différente chaque jour ? cela implique qu’ils orientent concrètement dans la journée :

       Les réfugiés, vers un « logement pérenne ». Celui qui peut justifier l’être en tous cas.

       Les demandeurs d’asile vers le dispositif dédié.

       Les étrangers en situation irrégulière soit vers « une aide au retour » soit vers un dispositif de « retour contraint ».

       Les personnes dont on ne peut déterminer le statut exact, vers un examen de situation dans des délais brefs aboutissant très probablement à une mesure d’éloignement, précise le texte.

      Comment établir, pendant le temps affecté au contrôle, qu’un étranger en situation irrégulière ou non définit administrativement est un futur réfugié et donc admissible au dispositif de demande d’asile ou s’il n’est qu’un simple migrant économique qu’il faut orienté vers une mesure d’éloignement du territoire ? Si vous ne parvenez à comprendre que ce traitement correspond à un "tri à la volée" (je persiste et je signe) renvoyant à un examen rapide, à l’aveugle et donc tout simplement "discriminatoire" de la situation de chaque étranger contrôlé , car l’empêchant tout simplement d’entrer dans le parcours de prise en charge à l’issu de cet accueil d’urgence inconditionnel, susceptible de l’amener à un examen sérieux, consciencieux et pesé de son éventuel dossier de demande d’asile, c’est que vous tolérez d’emblée que la décision prises dans l’urgence par des agents des services de l’Etat puisse n’avoir aucun recours administratif ou juridique pour celui qui la subit...

      Or, l’Etat de droit pour être considéré comme tel doit fournir les moyens de recours administratifs ou juridiques en cas de violations possibles de droits : De quel recours dispose un étranger en situation d’extrême fragilité qu’on décide arbitrairement d’orienter vers une reconduite à la frontière et donc d’éloigner du seul parcours "légal" qui lui permettrait de faire valoir ses droits auprès des autorités ?

      carlos Le 19 janvier à 13:26
    •  
    • @Glycere - il y a l’intention d’une loi, ou d’une circulaire, et ce à quoi elle conduit... Ne dit on pas que l’enfer est pavé de bonnes intentions ?
      Bref, j’ai épuisé tout argument utile sur le sujet sans pour autant que le débat nous ait conduit à repenser l’avis divergent sur le sujet que nous entretenons.
      Je me retire donc et vous souhaite une bonne journée.

      carlos Le 19 janvier à 13:49
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  • @Glycère Benoît Le 17 janvier à 13:44

    26 e rang de l’UE pour la qualité de l’accueil des migrants selon Human Rights........................................

    Berlingo Le 17 janvier à 14:59
  •  
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