Memorial de l'holocaust, Berlin. CC H. Raab
Accueil | Par Gildas Le Dem | 19 janvier 2018

De la banalisation de l’accusation d’antisémitisme

Chaque jour, un membre de la rédaction de Regards prend la plume pour livrer son humeur. Vendredi, à Gildas Le Dem de nous livrer son point de vue... sur le danger grandissant du raccourci mensonger lorsqu’il s’agit d’antisémitisme.

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Les accusations d’antisémitisme saturent de façon inquiétante l’espace public. Procédant par association et contamination, celles-ci visent à disqualifier moralement des adversaires politiques et intellectuels. Alors Bourdieu, Mouffe, Mélenchon, tous antisémites ? Le cas de Pascal Boniface n’est malheureusement pas isolé. Les accusations d’antisémitisme tendent, aujourd’hui, à se multiplier dans l’espace public, politique et intellectuel.

Et elles touchent désormais des figures qu’on pouvait légitimement présumer inattaquables. C’est ainsi que le rabbin Delphine Horvilleur, pour s’être élevée contre la reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale de l’état d’Israël, s’est vue attaquée, insultée, menacée et accusée d’antisémitisme sur les réseaux sociaux – une campagne relayée, notamment, par la Ligue de Défense Juive, une organisation extrémiste pourtant interdite, aussi bien aux Etats-Unis qu’en Israël.

Il y a quelques semaines encore, c’est le jeune site Le Vent Se Lève, média d’opinion indépendant et proche des thèses du « populisme de gauche » qui – notamment dans la personne de Lenny Benbara, son directeur de publication – s’est vu accusé de soutenir des thèses antisémites. La raison ? Elle est évidement tout à fait ubuesque. Le Vent Se Lève avait en effet eu la (très bonne) idée d’interviewer longuement Johann Chapoutot, grand historien français qui a renouvelé la compréhension du nazisme.

Des liens de cause à effet qui n’en sont pas

Or, Johann Chapoutot, universitaire pourtant au-dessus de tout soupçon – il vient de renoncer à prendre le nazisme comme objet d’études, tant ce dernier lui inspire désormais dégoût et horreur – s’est notamment expliqué de ses thèses devant un public de spécialistes de Carl Schmitt. Le nom de Carl Schmitt est bien entendu sulfureux : immense juriste, théoricien qui a rénové la pensée politique, celui-ci s’est aussi très largement compromis avec le régime nazi.

Conclusion invraisemblable, pourtant : puisque le site Le Vent Se Lève interroge un grand historien français qui a lui-même présenté ses travaux devant des universitaires schmittiens, alors ce dernier peut, par contamination, être accusé de proximité idéologique avec le nazisme et l’antisémitisme.

Le procédé est grossier. Et injurieux. Il n’est pourtant pas nouveau et a également cours dans l’espace politique. On le pressentait durant la campagne présidentielle, plus précisément durant l’entre deux-tours, où Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens faisaient l’objet sur les réseaux sociaux des soupçons les plus inqualifiables pour n’avoir pas donné de mot d’ordre, sinon de ne pas voter en faveur du Front National.

Depuis, les accusations se sont précisées. C’est d’abord l’essayiste Eric Marty, habitué du procédé, qui a porté le fer dans les colonnes du Monde, en amalgamant populisme et antisémitisme. Il est vrai qu’un animateur de France Culture l’avait précédé, en associant sournoisement la théorie du « populisme de gauche », développée par Chantal Mouffe, et Carl Schmitt (en omettant bien sûr que, si la référence à Carl Schmitt est effectivement majeure chez Chantal Mouffe, cette dernière reste encadrée par une critique, très puissante, des thèses du juriste allemand).

L’instrumentalisation du débat d’idées

Conclusion improbable, là aussi : Chantal Mouffe est l’inspiratrice de la stratégie populiste de la France Insoumise ; or cette dernière se réfère à Carl Schmitt ; donc Jean-Luc Mélenchon est antisémite. C’est enfin Jean Rouaud qui est venu ajouter sa pierre à l’édifice dans une chronique parue dans les colonnes de L’Humanité (ce dont, aussitôt, et avec une certaine élégance, la direction du quotidien communiste a tenu à s’excuser).

On n’en finirait pas de recenser ce genre d’accusations : c’est Jeremy Corbyn qui, ces dernières années, se vit accusé d’antisémitisme par Caroline Fourest ; mais également Pierre Bourdieu dans l’émission hebdomadaire d’Alain Finkielkraut. Cette saturation de l’espace public et intellectuel doit nous inviter à l’analyse. Il faut, bien entendu, réfléchir au retour de l’antisémitisme en France et en Europe (à sa résurgence, ses formes nouvelles). Les événements qui se sont, par exemple, récemment déroulés en Suède ou les profanations de stèles, en France, sont évidemment répugnants.

Mais cela ne devrait pas autoriser, devrait même interdire, la mobilisation politique d’affects et de souvenirs traumatiques – ceux de la Shoah – à des fins partisanes ou géopolitiques. Et l’instrumentalisation, indigne, d’une cause sacrée à gauche, dessert, en vérité, un combat qui a, devant lui, des adversaires à nouveau tout à fait redoutables et autrement réels. On doit donc autant refuser la banalisation de l’antisémitisme que la banalisation de l’accusation d’antisémitisme.

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Vos réactions

  • Texte ignoble qui pratique ce qu’il pretend dénoncer : l’accusation sans fondement. Je n’ai jamais « accusé » quiconque d’antisemitisme, et surtout pas Jean-Luc Mélenchon qui n’a rien a voir avec cela. Et même pour ceux qui « ont à voir »,j’ai toujours appliqué une prudence extrême, m’intéressant plutôt à leurs aveux, les accusations dont ils ont fait l’objet, qu’à les enfermer dans un qualificatif aussi ignoble que celui d’antisémite. Ce texte diffamatoire ne cite aucun de mes propos ni aucune source..

    Eric Marty Le 19 janvier à 10:35
       
    • @Eric, je pense qu’il est fait référence notamment aux passages suivants de votre tribune (en lien dans le billet d’humeur du vendredi) et à la logique que le raisonnement global induit... Je n’apprécie pas particulièrement de sortir des éléments de leurs contextes et je m’en excuse donc, mais puisque vous évoquez le fait qu’il n’y a aucun fondement à la critique formulée par l’auteur du texte ci-dessus, et puisque je l’ai moi-même lu, laissez moi vous rafraîchir la mémoire :

      Ce symptôme nous a rappelé que le fascisme est aussi un racisme de classe. Les Déat, les Doriot tenaient le même discours anti-oligarchie que celui de Le Pen, avec le même souci d’établir, parallèlement à un racisme ethnique, l’identification personnelle des ennemis du peuple à une faction économique. Cette pseudo-haine de l’argent, si elle a pris alors la forme particulièrement répugnante de l’antisémitisme, témoigne que le fascisme n’a jamais été une simple métaphysique de la race mais qu’il s’est toujours appuyé sur le ressentiment social, la haine aveugle du « gros » : ce qu’on appelle le populisme.

      Or, il est bien évident que, si le slogan lepeniste du « banquier Macron » s’est adressé au « petit peuple » fascisant que Marine Le Pen méprise et cajole, il a atteint et largement contaminé les « insoumis » de Mélenchon. Une telle rencontre eût-elle été possible si, au national-populisme de Le Pen, Mélenchon avait opposé autre chose qu’un national-corporatisme ? La réponse est négative.

      Le langage de Mélenchon a trop souvent été un appel aux simples frustrations de ceux qu’il appelle « les gens ». Comment ne pas avoir été sidéré par la péroraison de son discours du dimanche 23 avril : « Vous, tous les gens, patrie bien-aimée, vous êtes un matin tout neuf… », où se mêlent le langage de Déroulède pour « la patrie » et le plus patelin de la mythologie populiste pour « les gens » ?

      Le populisme mélenchonien, confus, violent, rudimentaire, apparaît aujourd’hui comme le point de ralliement de l’activisme désordonné de groupes sociaux en déshérence, et comme la conclusion fatale d’un choix politique crucial, celui d’une aventure personnelle, hors de son propre parti, qui a pu rencontrer des succès d’estrade mais qui ne peut que mal se terminer.

      Si Le Pen a largement échoué au second tour grâce à l’intelligence politique d’Emmanuel Macron, il y a aujourd’hui le risque que cette lourde défaite électorale ne devienne étrangement l’affaire des mélenchoniens, leur chose, l’objet de leur ressentiment et de leur colère, comme si le populisme de gauche prenait le relais de ce désir de mise à mort du « banquier Macron » que l’extrême droite a manifestement échoué à satisfaire.

      => disons que globalement, l’idée qui me vient en lisant votre tribune c’est que le populisme de gauche (ou mélenchonien, ou de la France Insoumise... comme on voudra le qualifier) reste inéluctablement le même que celui du populisme dit d’extrême droite, à savoir un fascisme, une haine sociale qui s’articule inexorablement avec une haine raciale ou de l’Autre, dont la conclusion inéluctable la plus répugnante est l’antisémitisme (car déjà mise en lumière par l’une des plus grandes tragédies du 20ème siècle)... Vous ne l’écrivez pas aussi crûment mais je vois difficilement une autre interprétation que celle-ci !

      Ceci dit, il est clair que le résumé de Gildas Le Dem ne rend pas justice à la démonstration argumentée que vous avez développé sur le sujet.

      Mais s’il fallait simplement en schématiser le raisonnement, nous obtiendrions :
      1) antisémitisme = fascisme = populisme
      2) populisme = lepen (Front National) = Mélenchon (France Insoumise)
      Et c’est parce qu’il manque dans votre exposé la conclusion clairement écrite au points 1 et 2, à savoir :
      3) antisémitisme = Lepen (Front National) = Mélenchon (France Insoumise)
      qu’il est effectivement inexacte d’en tirer le fait que ce soit votre conclusion... Pour autant, il n’est pas difficile de comprendre alors pourquoi tout le monde s’en presse d’en tirer celle rapportée par G. Le Dem...

      carlos Le 19 janvier à 11:31
  •  
  • Merci de constater que le texte de G Le Dem est inexact et ne rend pas justice à mon argumenation. L’absence de sources est en référence au fait qu’il fait de moi une sorte de spécialiste de ce type d’accusation. L’applatissement de mon propos pour aboutir à la conclusion de G Le Dem’ est indigne et me plonge dans le plus profond dégoût. Les syllogismes que vous reconstituez pour éclairer les processus mentaux de G. Le Dem en disent long sur les capacités et les compétences cognitives de certains
    mélenchoniens. Je pense qu’il est grand temps d’organiser en effet une véritable discussion sur cette question des fausses accusations d’antisemitisme et sur les fausses dénonciations d’accusations d’antisemitisme qui sont toutes deux le symptôme du niveau très bas du débat intellectuel en France...

    Eric Marty Le 19 janvier à 12:43
       
    • @Eric - par soucis de transparence, je me dois de préciser pour l’assistance ainsi que pour vous même que je suis sympathisant de la France Insoumise... et que, comme beaucoup de compagnons, je crois plus aux vertus du débat argumentée notamment démocratique qu’à la nécessité de faire taire les points de vue opposés aux miens.

      carlos Le 19 janvier à 14:14
  •  
  • Cher Eric Marty,

    Pour éclairer le débat, je me contenterai de citer, de manière explicite et ouverte, les passages à mes yeux les plus contestables de votre tribune parue dans Le Monde, à laquelle renvoyait en effet un lien (à titre de référence, donc). Chacun, ainsi, pourra juger sur pièces.

    Je parle donc d’ « amalgame entre populisme et antisémitisme ».

    Voici le premier passage en question : « Cette pseudo-haine de l’argent, si elle a pris alors la forme particulièrement répugnante de l’antisémitisme, témoigne que le fascisme n’a jamais été une simple métaphysique de la race mais qu’il s’est toujours appuyé sur le ressentiment social, la haine aveugle du « gros » : ce qu’on appelle le populisme. »

    Je passe sur le point de contact et de rencontre, établi à partir du seul mot de « populisme » - car de l’histoire du concept, et de ses différenciations, nous ne saurons rien, il ne sera jamais de question – au point de « rencontre » donc, écrivez-vous, entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon (sic). Vous évoquez même ici une forme de « contamination » (mais qui donc ici établit une contamination et une confusion, sinon vous ?).

    Je passe, encore, sur la comparaison avec Déroulède (je sais bien qu’elle a un précédent, celui d’un propos de Cécile Duflot, mais cela n’enlève rien au caractère injurieux – et insensé - de la comparaison).

    Je passe aussi sur le fait que l’évocation de Déroulède prenne le relais de Déat et Doriot (il est vrai que vous parliez alors de Marine Le Pen, mais puisque Doriot et Déat ont établi un point de « rencontre » entre la gauche et l’extrême-droite antisémite, l’on peut s’autoriser à penser que vous aviez autre chose en tête).

    Je passe sur tout ceci, déjà quelque peu nauséabond, en en venant plus directement au point le plus délicat, au « relais », cette fois, établi entre « le désir de mise à mort du banquier Macron » (que vous n’avez pas manqué d’associer plus haut à Rothschild) et « le populisme de gauche ».

    Voici donc le « populisme de gauche » réduit au relais d’un « désir de mise à mort du banquier Macron », c’est-à-dire aussi bien, d’un désir de mise à mort de Rothschild (« le banquier, qu’il s’appelle Macron ou aussi bien Rothschild », écriviez-vous). Je m’abstiendrai, ici, d’aller plus avant dans des spéculations sur ce que vous pouvez bien penser de la nature de ce désir de mise à mort, selon vos dires, dans le populisme de gauche, Je ne retiendrai, en définitive, que l’absurdité du raisonnement et l’outrance des termes (« désir de mise à mort », il faut vraiment le faire et l’écrire).

    Et je laisserai donc, en définitive, les lecteurs libres de juger.

    Cordialement,
    GLD.

    Gildas Le Dem Le 19 janvier à 12:48
  •  
  • Bonjour
    Je ne conteste pas les procés d’intentions, fait dans la sphère intellectuel, les procédés ignobles, tout cela est malsain, est conforte l’antisémitisme ordinaire....
    Qu’il ne faut pas oublier, aussi bien dans l’extrème droite, que dans les quartier populaires.(on fait silence la dessus) les gens sont loin de carl schmitt, mais certaines personnes plus "médiatiques" sévices sur les réseaux sociaux.
    Quand a Mélenchon , on n’arrête pas de le faire passer pour tout et n’importe quoi :Franc Maçon, antisémite, ou pro-sioniste,, illuminati...

    BOB Le 19 janvier à 13:14
  •  
  • Cher Eric Marty,

    Je réponds à votre dernier commentaire, puis je m’arrêterai là.

    Vous parlez d’indignité et de dégoût. C’est assez comique, de la part de quelqu’un qui n’hésite pas à manipuler des mots aussi graves que le « désir de mise à mort », mobilise avec beaucoup de légèreté le souvenir d’ « une des plus grandes tragédies du 20eme siècle » (ce que fût en effet la Shoah, mais dont on ne devrait pas instrumentaliser la mémoire dans une tribune relative à l’élection présidentielle française de 2017), enfin vous ne vous privez pas de comparaisons aussi injurieuses que celle que, sans tact aucun, vous établissez avec Déroulède. Vous blessez moralement des adversaires, mais vous vous plaignez, par la suite, d’être blessé. Voici pour l’indignité, chacun pourra se demander où elle se trouve.

    Vous évoquez ensuite un applaudissement intellectuel. Mais il ne fallait pas, alors, pratiquer le plus pauvre et indigent des réductionnismes. Eussiez-vous écrit dix lignes d’histoire, vous auriez consacré quelques mots, du moins, à l’histoire du populisme américain, par exemple, qu’il vous serait difficile de faire entrer dans votre cadre « intellectuel ».

    Eussiez-vous écrit dix lignes de philosophie politique, vous auriez dû toucher, là encore, quelques mots de philosophie politique lorsque vous évoquez, tout aussi légèrement, le « populisme de gauche ». Eussiez-vous lu, par exemple, Chantal Mouffe, vous auriez appris, et appris à vos lecteurs par la même occasion, que la théorie dite du populisme de gauche s’est forgée dans un dialogue critique extrêmement serré avec Carl Schmitt, précisément sur la question de la mise à mort. L’analyse de Chantal Mouffe veut en effet que la démocratie, s’il doit y en avoir, s’articule à ce principe : en régime démocratique, nul n’est en droit de définir un adversaire comme ennemi, c’est à dire comme un protagoniste représentant une menace existentielle, et donc se sentir en droit de l’anéantir.

    On se demande donc, ici, qui pratique l’applatissement et l’indigence intellectuelle. Là encore, vous vous plaignez. Mais il vous aurait d’abord fallu mettre en pratique des normes de rigueur et d’honnêteté intellectuelle. Il est trop facile de se donner tant de facilités, et avec quelle violence, aussi feutrée soit-elle, pour ensuite protester, quand il ne s’agissait d’abord que de s’appliquer à soi-même ce qu’on exige d’autrui : un peu de rigueur et de tact.

    Cordialement,
    GLD

    Gildas Le Dem Le 19 janvier à 13:24
       
    • Oui, restons en là, car votre propos devient de plus en plus aberrant. Pour ne prendre qu’un exemple, je ne mobilise aucunement « le souvenir d’une des plus grandes tragédies du 20eme siècle », c’est-à-dire la « Shoah » puisqu’il n’en est à aucun moment question dans mon texte du Monde, même de manière subliminale. Je vous quitte donc consterné par le niveau de votre pensée.

      Eric Marty Le 19 janvier à 15:54
  •  
  • 1.. Le populisme est défini dans mon texte du Monde 1. comme ressentiment social et haine du « gros » et du « riche » 2. Par opposition au marxisme tel qu’il se définit à partir du Capital de Marx ou ce qu’on appelle le « socialisme scientifique » (Engels). Innombrables sont les textes qui, dans la tradition marxiste (Lénine, Trotsky), font de cette coupure opérée par Marx et Engels, une coupure salvatrice et essentielle. Ma référence au Capital et au jeune Marx était tout de même assez claire. Puis celles au régime stalinien et à la Révolution Culturelle tout aussi précises. Sans compter celle à Michel Foucault.
    2. A aucun moment je ne parle de points de contact ou de point de rencontre entre M. Le Pen et J-L Mélenchon. Mais de processsus de contamination envers les discours des partisans de la F.I. (« Les Insoumis »),notamment par l’assimilation de Macron, comme personne, à la figure univoque du « banquier de chez Rothschild » qui était récurrente pendant la campagne électorale. Contamination à laquelle un discours réellement marxiste (non populiste) aurait dû faire obstacle.
    3. Mon assimilation « insensée », selon vos termes, de Mélenchon à Déroulède s’appuie sur une citation extaite de la péroraison « insensée « de son discours au soir sur premier tour où il invoquait sa « patrie bien aimée » et en appelait « aux gens » dans une indifférenciation sans aucun critère de classe qui en effet est aussi un symptôme du discours populiste.
    4. Le désir de mise à mort était à entendre comme mise à mort symbolique bien entendu (« l’outrecuidance » que vous me prêtez me fait penser que vous ne l’avez pas compris) ;la mise à mort consistant essentiellement dans la réduction de Macron à une identité individuelle qui est celle du « banquier ». Mise à mort d’autant plus désespérée que, mieux que Mélenchon, Macron est celui, qui, gràce à son intelligence politique, a su briser, au moins pour un temps, l’ascension de Marine Le Pen.
    5. L’ensemble de vos supputations repose non sur ce que j’aurais écrit mais sur ce que j’ai « en tête ».... En revanche, je mettais en garde contre les dérives post-électorales de FI. Les dérives sont très vite apparues, notamment au travers des déclarations d’une des députés FI, Mme Obono.
    6. Votre texte s’inscrit dans la stratégie actuelle de la FI, victimiser JL Mélenchon. C’est un choix qui peut se défendre dans la conjoncture actuelle. Admettez que de cette tactique je ne veuille pas servir de mitraille.
    7. Je constate avec satisfaction que vous ne réitérez pas dans votre réponse l’incrimination de votre article selon laquelle j’aurais taxé JL Mélenchon d’antisémitisme. Il ne l’est pas en effet, ni de près ni de loin.
    EM

    Eric Marty Le 19 janvier à 14:35
  •  
  • Cher Eric Marty,

    Quelques précisions donc :

    1) Quant à votre « conception » du populisme. Elle eut du d’abord discuter les travaux contemporains, auquel fait par exemple référence Jean-Luc Mélenchon. C’est un geste minimal, procéder à une lecture préalablement interne : s’assurer de ce que dit un discours avant de prétendre ce qu’il veut dire.
    Eussiez-vous consulté, par exemple, les travaux de Laclau et Mouffe, vous auriez pu alors vous poser des questions quant à l’essentialisme de classe qui voudrait qu’un sujet politique puisse être réduit à sa position de classe, et que cette réduction le préserve d’affects et de prises de position conservatrices ou mêmes réactionnaires concernant par exemple, le genre, la sexualité, la race. C’est pour comprendre que l’on puisse être à la fois socialiste, mais aussi par exemple homophobe, raciste, misogyne, que Laclau et Mouffe ont dû rompre avec l’essentialisme de classe, véritable obstacle épistémologique.

    Le minimum de rigueur intellectuelle aurait été d’en faire part. Au lieu de quoi vous reprenez, comme si elle allait de soi, une conception marxiste du reste assez datée (il est toujours assez drôle de constater que, face au populisme, les mêmes qui passaient leur temps à dénoncer les effets néfastes du marxisme en redécouvrent soudain les vertus). Les travaux de Lars T. Lhir sur Lénine et le populisme vous auraient permis de relativiser une lecture assez dogmatique, comme la relecture des travaux de Marx sur la commune vous auraient montré que la dite coupure n’est pas aussi effective que vous le dites. Enfin, définir le populisme comme haine du « gros » est très grossier, plus encore l’opposition entre une oligarchie et un « « petit peuple » fascisant » (écrivez-vous, ce sont vos mots). Outre le mépris de classe dont vous faites preuve au passage (en dépit des brevets de marxisme que vous vous attribuiez précédemment), vous semblez imaginer que pour le populisme de gauche comme pour vous, le peuple est quelque chose de donné. Là encore, dix minutes de Laclau et Mouffe eussent suffit, puisque justement pour eux le peuple n’est ni une catégorie sociologique, ni un référent empirique donnés d’avance, mais au contraire un performatif, une construction politique. Le minimum de rigueur est de citer un adversaire, de s’assurer de ce qu’il dit encore une fois, avant de procéder à une interprétation qui lui fait violence, et de projeter des cadres intellectuels bien faits pour le disqualifier moralement.

    2) De rencontre, il est pourtant bien question dans votre tribune. Là encore, je vous cite : « Une telle rencontre eût-elle été possible si, au national-populisme de Le Pen, Mélenchon avait opposé autre chose qu’un national-corporatisme ? La réponse est négative ». Pour ce qui est de faire obstacle à l’antisémitisme et au racisme sur la seule base d’un essentialisme de classe, je vous renvoie au point 1.
    3) Je maintiens que la comparaison avec Déroulède est tout à fait indigne. On peut ne guère goûter ces références à la patrie chez Jean-Luc Mélenchon (c’est mon cas). Mais en revanche, pourquoi prendre pour référent de la comparaison Déroulède, et non par exemple Jaurès ? Sinon pour injurier et calomnier, et là encore pratiquer de très douteux sous-entendus ?
    4) On est donc rassuré que ce désir de mise à mort soit symbolique, mais l’on eut été heureux de le savoir plus tôt. Sans quoi il fallait, en effet, tout bonnement interdire à des mouvements comme le FN et la FI (quoi qu’on en pense par ailleurs) de se présenter à des élections. Je ne reviens pas sur ce que symbolique ou non, ce désir de mise à mort supposé peut avoir de douteux et de curieux sous votre plume, puisque si vous en faites mention, celle-ci ne vaut pas démonstration. Là encore, on eut aimé lire une citation, une référence vous permettant d’établir entre ce désir et populisme de gauche. Enfin, vous affirmez qu’Emmanuel Macron a permis de faire reculer Marine Le Pen. Affirmation péremptoire là encore : les suffrages qui se sont portés sur Marine Le Pen n’ont pas été réduits entre 2012 et 2017, et s’ils ont été réduits quelque part, c’est au cœur des classes populaires, par la candidature de Jean-Luc Mélenchon, mais passons.
    5) A quelles dérives faites-vous allusion chez Danièle Obono ?
    6)7) Il est assez comique, à nouveau, de parler de stratégie de victimisation quand, dans vos précédents commentaires, vous vous êtes même présenté comme une victime, après n’avoir pas hésité à employer des procédés, je le répète, tout sauf exempts de rigueur d ne votre tribune, ainsi que des comparaisons et des associations (de noms, d’idées) injurieuses.

    Cordialement,
    GLD

    Gildas Le Dem Le 19 janvier à 20:18
       
    • Je ne répondrai vraiment que sur un point car il est factuel. Je ne parle pas en effet de rencontre entre M Le Pen et JL Mélenchon, je parle de la rencontre entre les thèses lepenistes et les Insoumis (contamination des seconds par les premières). La citation que vous donnez indique simplement que le discours de JL Mélenchon n’a pas pu y faire barrage. C’est tout. C’est très différent de dire qu’un discours n’a pas fait barrage et de dire qu’il y a rencontre entre ce discours et un autre. N’est-ce pas ?
      Sur le reste. La reconfiguration de la notion de populisme par Mouffe et d’autres theoriciens reste à mon sens purement spéculative. Elle n’engage nullement une réflexion sur une des dimensions capitales du politique, à savoir la rhétorique de l’orateur : je n’ai pris comme exemple que les « ma patrie bien aimée » et « vous les gens ! ». Or ce type d’invocations engage autre chose que ce que Mouffe redéfinit, il engage tout un rapport au monde qui me paraît non-émancipateur, mais au contraire aliénant et enfermant.
      Pour ce qui est de mes références à Marx. Marx peut nous permettre de penser que dans certaines configurations historiques, moments de crise profonds, moments sans alternatives émancipatrices, sans avenir immédiat, un représentant du Capital (Macron) peut être conjoncturellement préférable à des représentants de l’émancipation à cause de leur impuissance, de leurs insuffisances, et précisément de leur populisme. Dans de toutes autres circonstances, quelqu’un comme de Gaulle, tant en 1940 qu’en 1958-1962 (pour l’Algerie), a pu également apparaitre de manière provisoire comme une solution conjoncturellement meilleure que tout autre.
      Enfin, sur les échecs des forces émancipatrices du fait du populisme, je vous conseille de lire ou relire Luttes de classes en France de Marx, vous y trouverez un portrait des erreurs de Mélenchon.

      Eric Marty Le 20 janvier à 10:02
    •  
    • Je ne crois pas que ce soit exact.

      D’une part, il n’est pas vrai que la redéfinition que propose Mouffe et Laclau n’ait pas de dimension rhétorique. C’est même tout l’inverse et on le leur a assez reproché : la construction politique du peuple est d’abord discursive, elle s’articule d’abord dans la promotion de signifiants différentiels, qui permettent de construire differentiellement la frontière entre adversaires. Or dire la « patrie » ou les « gens », c’est bien dire autre chose que les « français » et la « nation ». C’est une manière d’imposer le primat de la souveraineté populaire sur la souveraineté nationale, d’une politique démocratique à caractère extensif sur celui d’une politique à caractère exclusif. Cette différence peut sembler minime, elle est pourtant décisive, notamment pour la question qui nous occupe. Elle désigne le « banquier » comme adversaire non parce qu’il serait étranger, mais bien parce que la banque vient, en contexte néo-libéral, limiter l’exercice de la souveraineté populaire et de la démocratie (comme on l’a vu en Grèce, dans le fonctionnement des institutions européennes actuelles, etc.). Elle ne désigne donc pas le « banquier » et l’oiligarchie en général comme adversaire parce qu’etrangers, encore moins les étrangers en général. Et c’est justement ce qui a permis de déplacer et de capter des affects des classes populaires en les réorientant hors des voies haineuses du Front National. C’est tout l’inverse, c’est la FI qui a enfin regagné les électeurs des classes populaires à une politique démocratique, a réinvesti le terrain des alliances entre classes populaires et politiques féministes, environnementalistes, etc., et a enfin permis, après des décennies d’emprise du FN, de réduire son score chez les classes populaires, les jeunes, etc (tout comme du reste l’ont fait Bernie Sanders ou Jérémy Corbin à leur manière). Mais il est vrai que si l’on considère que le « petit peuple » est définitivement « fascisant », alors autant l’abandonner moralement et politiquement à son sort après l’avoir abandonné et livré à des politiques de paupérisation, de précarisation et de déclassement.

      D’autre part, s’il faut relire les écrits de Marx sur la France, alors relisons les, mais relisons les vraiment. Car entre les écrits sur 48 et Bonaparte et ceux sur la Commune, on ne peut pas ne pas être surpris par une inflexion majeure. Autant les premiers organisent une position de repli sur la base de la seule appartenance de classe (mais cette appartenance est aussi exclusive à l’égard d’autres appartenances de classe comme d’autres positions de sujet comme celle des femmes), autant les seconds célèbrent une politique conquérante et expansive, où il en va aussi d’alliances entre la classe ouvrière et des fractions dominées des classes dominantes, mais aussi des femmes, des étrangers, etc. Ce n’est déjà plus un simple ouvriérisme (et, quoi qu’on en pense par ailleurs, dans ce contexte le patriotisme joue un rôle emancipateur, car enfin ce sont les Versaillais qui sont défaitistes). Je ne sais donc ici qui est marxiste, si donc on veut bien relire Marx un peu plus finement que selon des grilles de lecture établies et somme toutes conventionnelles.

      Gildas Le Dem Le 21 janvier à 19:59
  •  
  • @Éric et @Gildas - Je tiens à vous indiquer qu’il est particulierement intéressant d’assister à votre échange car il présente l’avantage d’inscrire la tribune, autrement figée dans la critique qu’elle formule, dans une dynamique de dialogue qui enrichit tous ceux qui vous lisent...

    Carlos Le 19 janvier à 20:55
       
    • Oui, je crois qu’on avance. On a dépassé en tout cas la question oiseuse de l’antisemitisme prétendu de JL Mélenchon... merci de votre lecture.

      Eric Marty Le 20 janvier à 10:06
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  • Moi aussi, je trouve ce dialogue épatant. Nous vivons ensemble, parlons ensemble, mais en fait nos mots n’ont pas la même signification pour chacun. Un mot au hasard, gauche. Je rajouterai que si tout le monde dit troué comme un gruyère, alors moi aussi, pour n’être pas exclu.

    franck-y Le 20 janvier à 10:23
       
    • Oui, moi aussi, je commence à trouver ça très bien...

      Eric Marty Le 20 janvier à 10:56
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  • "Enfin, sur les échecs des forces émancipatrices du fait du populisme, je vous conseille de lire ou relire Luttes de classes en France de Marx, vous y trouverez un portrait des erreurs de Mélenchon",

    conclut Éric Marty.
    Il avoue ainsi que toute son argumentation n’avait d’autre but pratique que d’assommer Mélenchon, et donc la FI, - comme si celle-ci se résumait à un individu, selon la vision déformante du présidentialisme électoraliste façon Ve République ; et il avoue par là-même que son propre "désir de mise à mort" le porte à discréditer le seul mouvement actuellement capable en France de mobiliser les citoyens à grande échelle contre la politique d’Emmanuel Macron.
    C’est pourtant celui-ci, en tant que chef d’État adepte de l’idéologie néo-libérale, qui se trouve résolument placé du mauvais côté de la Lutte des classes, celui du capital.
    L’argumentation d’Éric Marty contre le "populisme", mot tricheur s’il en est, ne fait donc que déguiser sous un discours philosophique et des querelles de vocabulaire (utiles seulement quand elles sont honnêtes et complètes) une stratégie délibérément politique.

    C’est son droit. Mais alors qu’il le dise, qu’il ne fasse pas semblant d’ignorer tous les textes et toutes les actions qui prouvent que la FI combat le capitalisme, tant nommément que sur le terrain, en appelant à l’unité des classes populaires contre un système économique dévastateur, et à leur prise de conscience politique.

    Mais qu’il reconnaisse alors que par ce moyen, il escamote aussi complètement la vraie et juste question posée par Gildas Le Dem dans son article :

    "Les accusations d’antisémitisme saturent de façon inquiétante l’espace public".

    L’accusation d’antisémitisme est en effet devenue le procédé obligé de tous ceux veulent accabler moralement leurs adversaires politiques, en assimilant antisionisme et antisémitisme.
    Les travaux de Shlomo Sand démontrent pourtant à l’évidence que le sionisme est une reconstruction de propagande opportuniste, qui n’a servi qu’à justifier l’occupation de la Palestine et les violences faites à ses habitants par Israël.

    Dans l’état actuel des choses, critiquer la politique colonialiste et agressive d’Israël, c’est s’opposer à la bien-pensance Euro-OTAN et à l’impérialisme US au Moyen-Orient : c’est donc se placer , cette fois, du bon côté de la Lutte des classes.

    Par suite, tous les moyens sont bons pour faire porter le fardeau dégradant des crimes nazis et de leur idéologie, sur ceux-là même qui luttent le plus efficacement contre l’extension actuelle du fascisme en alertant et en mobilisant l’opinion contre sa résurgence à l’échelle de l’impérialisme mondial.
    Il me reste à espérer que la position d’Éric Marty sur ce sujet est plus proche de l’UJFP que de la LICRA ou du CRIF.

    Autrement Le 20 janvier à 13:51
  •  
  • Bonjour. Et en plus de ça on évite de porter cette accusation... là où il conviendrait peut-être parfois de le faire ! J’ai évité de le faire dans le courrier (ci-dsessous) adressé au Chef de Cabinet de Belloubet, mais après tout l’intéressé était libre de sa lecture. Cordialement

    * * * *

    Luc Nemeth Paris, le 18 novembre 2017
    à
    Ministère de la Justice
    Cabinet

    (cf. précédentes)

    Avec tout le mépris du peuple qui est celui de l’actuel régime madame Belloubet, Garde des Sceaux, n’a pas même accusé réception de mes précédentes et des pièces les accompagnant. Je l’y informais de ce qui suit et rappelle, afin de devancer toute argutie, qu’il s’agit de faits qui ne relèvent pas de l’exercice de voies de recours -mais de la sanction des magistrats incriminés, en cas de confirmation des faits.

    1.- Reims, Tribunal correctionnel, 30 janvier 2017 ; réf. 17jc153/16144000030

    Dans cette situation où étaient en jeu des intérêts haut placés, dans laquelle des poursuites infondées en fait et en Droit avaient été engagées contre moi, et qui n’aura cessé de voir bafoués tous les principes du Droit français et de la jurisprudence (voilà évidemment qui commence à faire beaucoup) : il s’est trouvé un magistrat pour rendre un jugement en catimini, non sans avoir mis toutes les chances de son côté et ce, en procédant à dissimulation de pièces de procédure. Sachant que parmi ces pièces figuraient... mes écritures en défense : pour autant qu’ici je dispose d’un avis autorisé je crois pouvoir dire que même en Italie fasciste la justice ne s’amusait pas à ça.
    On concédera à l’intéressé de n’avoir pas fait les choses à moitié : assuré qu’il était de l’impunité il a procédé à une majoration du droit fixe de procédure et ce, au motif que je n’aurais "pas fourni d’excuse reconnue valable par le tribunal", sic. Mon dieu il n’y a qu’en France, et à l’égard de monsieur Luc Nemeth vis-à-vis duquel manifestement tout est permis, que l’on voit des TRUCS pareils : mon absence due à une cardiopathie avait été excusée.

    2.- Reims, Cour d’appel, 24 juillet 2017 ; réf. 17/00708

    Bien qu’il s’agisse d’une situation dans laquelle l’impartialité de la justice n’est pas assurée j’ai fait appel, conformément à une position de ma part constante : Alexandre Nemeth (croix de guerre 1939-40 avec palmes, ancien résistant), pour ne citer que lui, n’a pas risqué sa peau pour que la France des "éternels" salauds continue de dicter sa loi. Hélas entretemps des élections présidentielles avaient eu lieu, la magistrate avait pris trop à la lettre la campagne du vainqueur qui s’était vanté de gouverner par ordonnances et elle a donc rendu une ordonnance de non admission -dont la partie la plus savoureuse vaut d’être rappelée :

    Attendu en l’espèce que Luc NEMETH a formé appel principal le 07 avril 2017, par lettre recommandée réceptionnée le 09 avril 2017 par le greffe de la cour d’appel de REIMS, en qualité de prévenu, des dispositions pénales d’un jugement contradictoire à signifier à son égard, rendu le 30 janvier 2017 par le Tribunal Correctionnel de Reims, signifié à personne le 31 mars 2017 :
    Que cet appel formé plus de dix jours après la signification du jugement, par lettre recommandée avec accusé de réception est irrecevable ;

    (il suffira ici de rappeler que même en 1582, année du passage du calendrier julien au calendrier grégorien, un délai de dix jours n’a jamais séparé un 31 mars d’un 7 avril)

    Dans sa ferveur macronienne cette magistrate a même procédé à une audacieuse escalade sur le terrain des ordonnances car sinon on voit mal, quel intérêt juri-diforme présentait le procédé qui a consisté à me faire signifier son dit-arrêt par le Greffe sous l’appellation : ordonnance de désistement d’appel. Ben voyons.

    Je ne trahis aucun secret d’Etat en rappelant que madame Belloubet n’a pas trop à se plaindre du salaire que la République lui verse : même si ce devait être le cas, cela ne la dispense pas de la politesse ; et en tout état de cause cela ne la dispense pas du travail auquel en contrepartie, elle est tenue.

    L. Nemeth,
    ex-Technicien d’Art
    Docteur en Histoire contemporaine

    luc nemeth Le 20 janvier à 15:39
  •  
  • Pauvre Éric Marty,il se croyait définitivement en orbite autour du point Goldwin,il vient de s’y écraser dans un crasch piteux.
    Merci à Gilles et à Autrement pour leur rigueur sobre que je partage.

    Maurice Le 20 janvier à 18:58
       
    • @maurice - au demeurant, Éric Marty a pu se défendre de ce qu’il considérait comme une injustice et une interprétation erronée de la réalité, à savoir le fait d’avoir accusé J.L. Mélenchon d’antisémitisme. Je note donc, en conclusion, qu’il ne le pense pas... pour autant, je conçois tout à fait, y compris en tant que sympathisant de la FI, qu’il puisse cependant entretenir un point de vue extrêmement critique et dur sur cette personnalité politique, et par extension, compte tenue de la probabilité qu’il le pense totalement soumis à J.L. Mélenchon, sur le mouvement de la France Insoumise. Le tout étant que l’injure gratuite ne se substitue pas exclusivement au débat d’idées.

      Quoiqu’il en soit, si l’exemple d’E. Marty doit servir à quelque chose, c’est à démontrer la difficulté à trouver de bons arguments solides, car malgré tout de fait "discutables" par nature, pour illustrer ce que beaucoup de monde, manifestement, tend à constater : l’utilisation de plus en plus récurrente de l’accusation d’antisémitisme pour disqualifier celui avec qui on ne veut pas débattre... Cette accusation tue en effet le débat aussi sûrement que la peste tuerait son hôte à l’époque du Moyen-Age ! Elle s’avère d’ailleurs bien plus efficace que celle de "populisme", qui tend à se redéfinir sous l’influence de C. Mouffe ou "d’autoritarisme ", que cette fois les politiques de tous bords eux-mêmes ont contribué à relativiser en mettant à toutes les sauces la "fermeté" avec pour objectif à peine voiler de courtiser un électorat qu’on suppose, puisque tenté par l’extrême droite, en mal justement d’autorité.

      Ce que je remarque, c’est qu’il est intéressant de voir que si la méthode et les moyens d’accéder au pouvoir sont interrogées, l’objectif et le contexte de fond eux apparaissent fort vaporeux. En effet, à considérer le néolibéralisme, en tant que paradigme majoritairement partagé aujourd’hui, dans ce qu’il a de différent avec le libéralisme :

       sur sa propension à oublier de revendiquer une nécessaire distance de l’Etat pour préserver les libertés individuelles et à lui substituer un État autoritaire légitimé par un droit de fait plus technocratique que démocratique préservant les intérêts financiers et économiques d’une minorité (dont le "territoire" est mondialisé) et actant l’éloignement des centres de décision de la nation (ou du peuple selon là manière dont on voit les choses) seul en mesure de le pérenniser en tant qu’idéologie totalitaire... La dérégulation de l’Economie, et l’augmentation des inégalités et injustices qu’elle génère, ne pouvant se faire et se maintenir en effet qu’au prix de la soumission ("consentie", puisque chacun veut respecter le droit, convaincu que celui-ci correspond toujours à la volonté du peuple, ou "forcée", puisque nul ne pouvant ignorer la loi, il faut être prêt à en supporter les conséquences lorsqu’on y déroge) de ceux qui les supportent et donc de leur liberté,

      et sa responsabilité probable dans :

       le choix d’une logique de prédation mondialisée extrême qui, si elle finit par mettre en danger le seul écosystème capable d’accueillir l’humanité, a les moyens de résister à la prise de conscience globale d’une partie de la population mondiale,

       l’émergence de nouvelles formes de nationalisme et/ou de problématiques identitaires, parallèlement à la mise en concurrence économique et sociale insupportable des peuples qu’elle impose ainsi qu’à l’abandon de mécanismes collectifs de solidarité au profit de ceux relevant de la "solvabilité " ( lié à l’objectif d’imposer une logique de marchandisation totale, à défaut de l’abandon effectif du secteur non-marchand),

      alors pourquoi, devant tant de questionnements possibles, tenter d’étouffer le débat politique d’une importance considérable qui s’imposerait en toute logique en invoquant l’idée que ceux qui le posent seraient liés à l’ambition d’une discrimination écoeurante, unanimement reconnue par tous dans son expression historique la plus terrible, basée foncièrement sur la peur et la haine de l’Autre ? Par quelle étrange et obscure interaction de la pensée est-il possible qu’en toute bonne foi, certains en arrive là ? Car après tout, à moins de prouver incontestablement qu’il s’agit d’une volonté délibérée, rien n’indique que ce soit le cas !

      Carlos Le 21 janvier à 09:24
  •  
  • Lu plus haut : " En démocratie, nul n’est en droit de définir un adversaire comme un ennemi, c’est- à- dire, comme un protagoniste représentant une menace existentielle et se sentir en droit de l’anéantir" (sic) .
    Comme c’est beau et quelle hauteur de vue ! Mais redescendons , voulez-vous, prosaïquement, sur le terrain de la lutte des classes dans la France actuelle où une certaine justice et une certaine classe politique invoque "l’État de droit" pour sanctionner et anéantir socialement, économiquement et politiquement ceux qui veulent changer l’état des choses en s’en prenant au pouvoir des riches.

    Dans la dernière période, alors que "l’alternative émancipatrice" a pour l’heure du plomb dans l’aile, pleuvent les condamnations de syndicalistes et de jeunes communistes dans la région Auvergne Rhônes Alpesà des peines de prisons avec sursis et de lourdes amendes, au motif qu’ils avaient participé à la lutte contre la loi travail en 2016 Et, ceci, sans compter les licenciements de délégués du personnel ou d e délégués syndicaux qui s’opposent à l’application des ordonnances macron dans les entreprises...Apparemment, le capitalisme et sa justice de classe, ne s’ embarrasse pas de scrupules démocratiques pour liquider le syndicalisme et le communisme sur les lieux de travail.

    Manu C Le 20 janvier à 19:22
       
    • @Manu C

      « Apparemment, le capitalisme et sa justice de classe, ne s’ embarrasse pas de scrupules démocratiques pour liquider le syndicalisme et le communisme sur les lieux de travail. »

      Ce n’est pas une nouveauté , mais vous proposez quoi ? D’adopter les mêmes méthodes, pas de scrupules démocratiques ? C’est quoi « le communisme sur les lieux de travail » , quel est le lien avec le syndicalisme ?

      Gege Le 22 janvier à 08:11
  •  
  • C’est la méme chose partout. Ici en Grande Bretagne nous avant eu une avalanche des accusations absurde d’antisemitisme depuis quelques années. Ces accusation sont devenus particularment virulent aprês l’election de Jeremy Corbyn comme chef du parti travailliste. On en a eu des centains d’articles avec des titres comme "Labour and the left have a problem with antisemitism" (The Guardian).

    David Pavett Le 21 janvier à 11:51
  •  
  • Continuez d’importer le conflit Israelo-Palestinien en France, continuez d’attiser la haine contre les Juifs de France, les reformistes, les laics, les religieux, tous dans le même sac ! et vous continuerez de devoir pondre des papiers où vous déplorez ("oh lala mais que peut-on faire ?’) les profanations de cimetières juifs et autres menaces contre les synagogues ou les individus. Quand il ya des millions de votants Arabes, la gauche populiste sait de quel coté sa tartine est beurrée.

    Laurence Le 28 janvier à 00:13
       
    • Que fait le CRIF sinon importer le conflit israélo-palestinien en France ? Toute sa mission est là et confondre antisémitisme et antisionisme est un des outils qu’il se donne pour l’accomplir, en soutien inconditionnel à Israël dans son conflit avec la Palestine. Tous les gouvernements israéliens, qu’ils soient de droite ou de gauche, car Israël est une démocratie et connait l’alternance, sont d’accord pour rejeter la solution à deux États. C’est le point fixe d’un conflit par ailleurs très compliqué et inextricable : il n’y aura pas d’État palestinien, tel est le credo absolu d’Israël.

      Toute personne qui s’y inscrit en faux est accusée d’antisémitisme, accusation qu’il est difficile de réfuter une fois portée sur la place publique. S’en défendre en criant à la calomnie ne fait qu’aggraver l’affaire du plaignant car être accusé, surtout rétif, revient ici à être coupable, et être coupable c’est être pestiféré : malade, contagieux, taré, indigne de faire partie du corps social. C’est être un Untermensch. Le débat politique autour du conflit du Moyen-Orient est ainsi empuanti, l’action diplomatique est rendue évanescente et l’occupation de la Cisjordanie peut continuer jusqu’à la solution finale de la question palestinienne.

      Glycère Benoît Le 28 janvier à 10:54
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