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Accueil > Politique | Par Pierre Jacquemain | 6 février 2018

L’humanité perdue de Macron

A quelques semaines du débat sur le projet de loi "Asile et immigration" et alors que la politique sécuritaire du gouvernement se durcit, les intellectuels et les artistes se mobilisent dans une tribune publiée dans Libération. En vue d’une mobilisation plus large ?

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Au printemps prochain, les parlementaires seront invités à débattre de la loi dite « Asile et immigration ». Et la ligne que le gouvernement a fixée est claire : « humanité et fermeté. » Pour la fermeté, on le croit sur parole. Pour l’humanité, on s’interroge davantage. Et l’on cherche encore le mode d’emploi d’une Obligation de Quitter le Territoire Français - OQTF pour les initiés, humaine. Comment fait-on une OQTF humaine ? Comment opère-t-on une reconduite à la frontière, avec humanité ? L’humanisme d’Emmanuel Macron serait-il « cet humanisme qui a servi à justifier, en 1948, le stalinisme et l’hégémonie de la démocratie chrétienne », comme l’analysait le philosophe Michel Foucault, tout en ajoutant : « À la fin des fins, cet humanisme a constitué d’une certaine manière la petite prostituée de toute la pensée, de toute la culture, de toute la morale, de toute la politique des vingt dernières années. »

En 10 ans, près de 20 000 réfugiés ont trouvé la mort en traversant la Méditerranée. En quelques mois, les sommets montagneux ont aussi dévoilé leurs premières découvertes macabres. Depuis 2016, selon l’AFP, une dizaine de personnes auraient perdu la vie dans les Alpes-Maritimes. Et à Calais, quatre migrants sont toujours entre la vie et la mort, après les affrontements de la semaine dernière. La mort, cette mort-là, celle qui nous glace à coup de chiffres, parfois d’images – comme celle du jeune Aylan allongé sur une plage turque –, ne semble pourtant plus nous indigner. Presque banale. Un phénomène passager. Comme si nos indignations s’estompaient avec le temps. Et à quelques semaines de l’ouverture du débat parlementaire, si les solidarités locales s’organisent – tout en faisant l’objet d’une criminalisation de leurs actions –, la contestation à gauche peine à s’imposer.

Sans doute qu’à gauche, le débat sur la politique migratoire n’est pas consensuel. Parce qu’il touche aussi à la question des frontières. Un débat qui est loin de faire consensus. Pourtant, la question ne peut se réduire à « ouverture » ou « fermeture » des frontières. Car si aujourd’hui, les migrations sont principalement le fait des pays en guerre ou en ruine, demain, comme le rappelait la jeune députée Mathilde Panot dans la Midinale du 18 décembre dernier : « Personne ne prend en compte que, d’ici 2100, on aura 250 millions de réfugiés climatiques. » Des migrations que les pays du Nord, très largement responsables du réchauffement de la planète et des conséquences désastreuses sur les pays du Sud, devront assumer pleinement. Plus qu’une question d’humanité, c’est une question éminemment politique, presqu’un devoir, qui s’impose à nous.

Une tribune bienvenue

C’est le sens de la tribune publiée aujourd’hui dans les colonnes de Libération et signée par de nombreux intellectuels et artistes – parmi lesquels Virginie Despentes, Annie Ernaux, Eric Fassin, Raoul Peck ou Patrick Chamoiseau – et qui prennent la mesure de l’urgence de la situation, alors que plusieurs exilés occupent l’université de Paris 8 pour dénoncer le projet de loi « Asile et immigration » : « nous demandons au gouvernement de retirer ce projet de loi indigne d’un Etat qui se prétend démocratique ; de cesser de sanctionner celles et ceux qui apportent une aide vitale aux arrivant.e.s en détresse ; de répondre à la proposition des organisations engagées sur ce terrain de tenir une conférence impliquant tous les acteurs pour construire ensemble une nouvelle politique migratoire respectueuse du droit d’asile comme du droit des étrangers, en phase avec les enjeux contemporains et tournée vers l’avenir ».

C’est la gauche toute entière qui doit parler d’une voix. Une voix unique. Politiques compris. Car l’inquiétude est d’autant plus importante qu’en Europe, l’extrême droite gagne du terrain : en Autriche, en Pologne, en Hongrie et même en Allemagne jusqu’à récemment. Du côté de la France, personne ne s’est véritablement ému de l’entente cordiale entre le président français et le chancelier autrichien, Sébastian Kurz. La rencontre qui s’est déroulée il y a tout juste un mois à l’Elysée leur avait même permis de « minimiser leurs différences », comme l’avait ainsi titré Le Monde. La banalisation est à ce point ancrée, jusque dans le cœur de l’institution européenne, que le jeune chancelier, désormais allié à l’extrême droite, s’apprête à prendre la tête de l’Union européenne au second semestre. Et de se dire que tout est encore possible. Même le pire.

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  • Il y a de quoi de s’indigner effectivement et je les en remercie !!! Pour autant ces mêmes personnes , intellectuels et
    artistes ,s’indignent-elles de l’augmentation de la pauvreté , du nombre de SDF , de suicides au travail , des 1% qui se partagent 82% de la valeur ajoutée produite en 2017, des dernières lois favorables aux revenus du capital et a contrario de celles qui contraignent les salariés à une misère sociale programmée à travers les ordonnances de la loi travail ....et j’en passe .... A quand une tribune de leur part pour le dénoncer également et appeler à une insurrection des consciences .... sur un journal de gauche comme libération ????

    jaime Le 6 février à 15:01
       
    • @jaime - Je crains que ces tribunes n’aient pas pour vocation de signifier un réel engagement de ceux qui les signent, mais sans sombrer dans un cynisme absolu, relèvent plus habituellement d’un échange de bons procédés entre, d’un côté, des gens connus se livrant à une opération de "revalorisation d’image" sur un sujet peu "risqué" car plus moral que politique (faisant consensus sur le fond... ce qui fait qu’il y a peu de chances d’en voir une un jour foncièrement marquée politiquement), et de l’autre, une ambition militante visant à "interpeller" le plus grand nombre pour susciter une réaction naturelle d’affect dont l’objectif à terme est d’aboutir à une prise de conscience politique plus large...

      En espérant que l’objectif ait été atteint et avec un peu de chances, les indignations soulevées chez les lecteurs de cette tribune, auront peut-être pour séquelles d’alimenter une colère salutaire face à la misère sociale que vous dénoncez... Pour peu que médiatiquement, il s’en trouve pour briser cet insupportable silence, comme vous le faites remarquer vous-même. Plus il y aura de média libres à fortes audiences, plus il y aura de possibilités d’interpeller les citoyens et de provoquer une "insurrection des consciences" ! Si ça doit passer par des tribunes pour que les gens commencent à s’interroger sur les injustices de ce monde, alors mieux vaut ne pas se priver de cet outil ! Ca n’empêche pas de rester lucide.

      carlos Le 6 février à 17:06
    •  
    • jaime : les catholiques de gauche cherchent avant tout le salût de leur âme. C’est une approche égoïste qui consiste à trouver un pauvre pour lui offrir la charité et ainsi acheter sa place au paradis.

      Pour ce qui est de la vrai gauche, les choses sont simples : les migrants réactionnaires qui font la promotion de l’obscurantisme religieux : AU GOULAG !

      kheymrad Le 9 février à 14:27
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  • @Carlos Le 6 février à 17:06

    "Ca n’empêche pas de rester lucide." Et à LFI la lucidité s’entretient à la moraline.... Résultat on est classé par "les gens "au rayon de l’angélisme anti identitaire des intellos qui marchent à coté de leurs pompes......Wauquiez a de beaux jours devant lui avec son néo populisme de droite...Notre position alambiquée sur l’immigration n’a aucune chance de rencontrer quelque écho que ce soit ! Commençons par dire que nous ne voulons plus d’immigration massive, que nous ne voulons plus de français qui mettent la loi de Dieu au dessus de la loi des hommes, que nous adopterons la tolérance zéro sur la question de l’égalité hommes-femmes chez les musulmans, que bous donnerons à la police les moyens suffisants pour faire respecter la laïcité intégrale et vider les zones géographiques communautaristes des voyous qui les peuplent. C’EST LE SEUL discours que les gens sont capables d’entendre...Nous ne serons crédibles que si ce que je viens d’écrire devient une ligne politique sinon nous resterons des marginaux...Que préférez vous le parler vrai ou la moraline à deux balles ? Parce que si vous pensez que les gens nous ferons parvenir au pouvoir que sur l’économique et le social ou l’institutionnel...vous bous plantez totalement...Le peuple français veut conserver son identité.

    Dominique FILIPPI Le 6 février à 18:23
       
    • @Dominique - stigmatiser une communauté peut être dans l’ère du temps où plus "efficace" en terme électoral (ce que je ne crois pas). Ceci dit, c’est admettre que le populisme est effectivement univoque, et que le seul qui vaille est celui qui propose une identité homogène du peuple de laquelle est exclue toute une partie de la population pour les raisons qu’on voudra (religieuse, etc...).

      On pourra alors toujours faire comme les autres et se gargariser à loisir avec les termes de "justice" et "d’équité", jusqu’à finir l’entreprise qui consistait à les vider de leur substance.

      Ce sera bien sûr sans moi, car j’aurai de fait compris que LFI ne voudrait plus de la démocratie et d’une pluralité nécessaires à la constitution d’un peuple hétérogène capable de se vivre malgré tout comme tel. Présumant de fait que LFI ne serait plus en mesure de protèger l’altérité en tant que composante naturelle de l’humanité... altérité qui participe, dans le "dialogue" ou "l’opposition" qu’elle implique, à une remise en question permanente possible de notre société, une révolution permanente en quelque sorte, dont il conviendrait que les institutions d’une 6eme république ne lui opposent pas un "déterminisme" amenant à la torpeur ou pire à la guerre...

      Je comprends bien que le chemin vers le pouvoir peut-être plus facile lorsqu’on flatte les plus bas instincts des gens que d’avoir à les convaincre, mais s’il est nécessaire d’être clair, cela ne justifie pas qu’LFI fasse totalement le contraire de ce qu’elle prônait jusqu’aujourd’hui ! Peut être le mouvement suivra t’il vos recommandations et, s’il perdait en cohérence, gagnerait un peu plus de voix chez certains, le tout étant que dans sa toute nouvelle ambition d’atteindre le pouvoir (le moyen choisi pour le faire influant sur la fin, la question serait dorénavant : pourquoi faire ?), il n’en perde pas plus qu’il n’en gagnerait...

      carlos Le 7 février à 07:47
    •  
    • Dominique : et l’identité du peuple français, c’est la Révolution !

      Nous n’avons pas à accepter de recevoir des migrants réactionnaires, qui diffusent l’obscurantisme religieux, et qui poussent les prolos et les fils de communistes dans les bras du FN !

      L’angélisme des Cathos de Gauche : ça suffit !

      kheymrad Le 9 février à 14:29
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  • @Carlos Le 7 février à 07:47
    Le peuple français veut conserver son identité et çà ni toi ni moi n’y pouvons rien. Tout le reste n’est que littérature. Crois bien que çà me désole mais nous ne pouvons nous contenter de faire l’amour avec la morale car trop de morale tue la morale....et l’amour...

    Dominique FILIPPI Le 7 février à 08:31
       
    • @Dominique - oui mais de quelle identité parle t’on ?

       de son identité républicaine qui porte la Liberté, l’egalité et la fraternité ?

       Ou bien de cette identité fantasmée du peuple ne renvoyant juste qu’à une religion, une couleur de peau et la culture majoritaire de la communauté la plus importante ?

      Dans le premier cas, on affirme une identité républicaine, inclusive, et dans le second une identité communautariste, exclusive...

      Je doute que la plus grande partie des francais, dont beaucoup ont des racines à l’étranger (c’est mon cas), face à cette contradiction cornelienne qu’impose cette vision homogène identitaire, ne lui préfèrent pas une identité foncièrement républicaine capable de préserver les particularismes traditionnels autant que la liberté de chacun a s’en extraire...

      Carlos Le 7 février à 08:59
  •  
  • Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes s’applique aussi aux peuples européens. Leur destin n’est pas de se soumettre à l’immigration illégale. Ils le refuseront.

    Glycère Benoît Le 7 février à 08:48
       
    • @glycere - l’immigration illégale n’est pas un projet de société...

      Carlos Le 7 février à 09:02
    •  
    • ...j’ajouterai que s’en défaire non plus...

      Carlos Le 7 février à 09:27
    •  
    • @Carlos. L’accepter encore moins. Un État de droit ne peut tolérer que ses lois soient bafouées. Les rédacteurs de la tribune publiée par Libération sont des irresponsables, des imposteurs. Ils parlent de la ‘prétendue crise migratoire’ alors qu’il s’agit d’une crise migratoire, une vraie, et que ce phénomène est nouveau. Il nous impose une recherche de solutions à laquelle nous ne sommes pas habitués. Cela est vrai pour nous tous, que l’on soit de gauche ou de droite. Les auteurs de la tribune sont de gauche et bien mal inspirés. La droite fait-elle mieux ?

      C’est en restant inerte que l’État de droit perdrait sa nature et négligerait ses fonctions à commencer par la protection qu’il doit garantir à ses citoyens. Il disparaitrait, et la démocratie avec lui. La menace est là. C’est aussi un enjeu d’identité, thème que vous évoquez dans un autre message. À propos, je vous fais remarquer que l’identité de la France existait bien avant la Première République.

      Glycère Benoît Le 7 février à 10:21
    •  
    • @glycere - je n’ai pas envie d’en refaire l’article mais puisqu’il le faut...

      Un État de droit ne peut tolérer que ses lois soient bafouées.
      => la circulaire Collomb qui résume bien l’idée que se font les Etats des solutions à apporter à l’afflux d’exilés sur le territoire, s’oppose directement au droit en ce qu’elle va à l’encontre du principe fondamental du code de l’action sociale et des familles qui prévoit l’accueil inconditionnel de toute personne en situation de détresse. Et il est bien clair qu’il ne s’agit pas ici d’accorder un statut à toute personne le demandant, mais juste un abris à des personnes en situation de détresse extrême. Elle bafoue donc le droit français ...

      Ils parlent de la ‘prétendue crise migratoire’ alors qu’il s’agit d’une crise migratoire, une vraie, et que ce phénomène est nouveau
      => Si l’on considère que l’accélération croissante du nombre de conflit depuis les années 90 et des catastrophes climatiques un peu partout sur le globe, ne pouvaient en rien laisser prévoir aux Etats un afflux d’éxilés (et je vous annonce d’ores et déjà que ce n’est que le début) alors je veux bien croire que le manque d’anticipation des autorités sur un tel phénomène si prévisible pose un vrai soucis... Notamment lorsque cela conduit le pouvoir à s’assoir sur l’Etat de droit en mettant en place des mesures d’exception ruinant toute possibilité de recours pour les exilés faisant l’objet d’une politique indubitablement répressive... Or, la possibilité de recours est en effet une limite essentielle imposée par l’Etat de droit à toute puissance publique qui n’est pas une dictature ou un régime autoritaire ! Tout indique donc plus une crise de l’Asile qu’une crise migratoire... A bon entendeur...

      C’est en restant inerte que l’État de droit perdrait sa nature et négligerait ses fonctions à commencer par la protection qu’il doit garantir à ses citoyens.
      => C’est un non sens ici puisqu’il s’agit de mettre en place une circulaire qui bafoue la loi... L’Etat de droit n’a pas pour fonction d’imposer la volonté des uns à tous, mais de garantir une égalité des sujets de droit (et le droit s’applique à tous sur le territoire, à la puissance publique, aux français mais aussi aux étrangers) ! Si la loi est bien la volonté du peuple, alors il convient qu’elle soit discutée comme il se doit plutôt que passée en force, surtout quand un des garde-fous de la démocratie, à savoir la société civile ( au sens de l’ensemble des associations à caractère non gouvernemental et à but non lucratif comme forme d’auto-organisation de la société) tire la sonnette d’alarme ! Heureusement, il y a un conseil d’Etat et j’espère bien que celui-ci, malgré notre 5ème république très monarchique, saura faire prévaloir la justice.

      C’est aussi un enjeu d’identité, thème que vous évoquez dans un autre message. À propos, je vous fais remarquer que l’identité de la France existait bien avant la Première République.
      => Je ne récuse absolument pas qu’il y ait dans le fond effectivement une question d’identité du peuple français, cependant c’est bien d’une construction dont nous parlons et non d’une évidence qui se pose là... Alors lorsque vous indiquez que le peuple français à cause de l’immigration illégale est en danger, Il conviendrait dès lors de voir en quoi cette construction est compatible avec un schéma démocratique et surtout lequel ! En l’occurrence, celle d’un peuple qui serait fondé par la "coutume" ou la "tradition" homogène de la communauté majoritaire ne pourrait s’affirmer dans autre chose qu’une organisation communautaire de la gouvernance... et non dans une vision universelle et équitable du droit (les lois affirmant l’autorité d’une des communautés... et non de toutes). Si je voulais être un peu provoquant je dirais qu’une France du "travail" de la "famille" et de la"patrie" pourrait parfaitement s’y inscrire. Fort heureusement, l’un des récits de l’Histoire nationale, auquel j’adhère, encore très puissant aujourd’hui puisqu’on voit aux frontons de nos mairies toujours écrits, Liberté, Egalité, Fraternité, renvoie bien à une approche plus compatible avec les principes de nos démocraties modernes que la précédente, de ce que doit être le peuple français pour s’inscrire pleinement dans une république démocratique.

      carlos Le 7 février à 13:45
    •  
    • @Carlos. Qu’aurait-ce été si vous aviez eu envie ! Vos arguments sont intéressants en eux-mêmes, qu’on les approuve ou qu’on les rejette.

      Accorder l’asile pour des raisons humanitaires, dans l’urgence sociale ou sanitaire, n’interdit pas de vérifier le statut des personnes qui en sont l’objet. Dès que les conditions d’urgence sont levées, la loi s’applique comme elle le fait dans les cas où elles n’ont jamais été réunies. Le droit n’est pas bafoué. Une situation d’urgence ne saurait durer indéfiniment et ne crée pas par elle-même un cas exorbitant du droit. Il ne doit pas y avoir de vide juridique.

      Les migrants ne sont pas des exilés. Ils sont soit des réfugiés politiques soit des migrants économiques. Le droit ne s’applique pas de la même façon dans chaque cas et le gouvernement en tient compte dans le traitement des dossiers. Les institutions chargées de vérifier la bonne application de la loi veillent à ce que ce traitement soit conforme aux textes en vigueur. La volonté du gouvernement n’est pas de s’y soustraire. Il entend que tous, Français comme étrangers, respectent les lois, y compris quand il s’agit de leur obéir. Elles s’imposent à tous, par la force si besoin, et ceux qui y contreviennent ne peuvent se prévaloir de l’avoir fait sous aucun motif.

      Cette question de l’identité de notre pays est autant affaire de raison que de passion. On ne saurait l’aborder sur le fond en quelques lignes, aussi bien me suis-je contenté de rappeler que la France, en tant qu’État comme en tant que nation, n’est pas née le 22 septembre 1792.

      J’observe un autre point – en dehors quelque peu du sujet – qu’illustre votre référence à la république, qui est la forme de l’État en France, son régime étant parlementaire et sa structure centralisée. Selon vous, tout citoyen d’une nation souveraine doit-il faire allégeance à la forme de l’État investi de cette souveraineté ? Autrement dit, tout vrai Français doit il être républicain, tout vrai Espagnol doit-il être royaliste, par exemple, tout vrai Allemand, tout vrai Britannique, etc. ?

      Glycère Benoît Le 7 février à 16:35
    •  
    • @Glycere - C’est justement parce que la circulaire vise à s’appliquer dans une structure d’accueil d’urgence avec des conditions qui ne sont pas réunies pour que la vérification du statut soit correctement effectuée et qu’aucun recours n’est prévu pour celui qui en fait les frais que c’est elle, par son application justement, qui crée "un cas exorbitant du droit" appelée à durer quoiqu’il en soit beaucoup trop !

      Techniquement, le terme "exilé" est plus juste dans ce cas précis qui nous concerne, à savoir "la prise en charge de l’urgence", car les personnes concernées n’ont aucun statut défini à ce moment là ! En effet, un exilé fuit autant les guerres, les exactions que la misère ou le chaos économique et social... Il n’y a donc pas de questions à se poser à ce moment là, juste à appliquer le code de l’action sociale et des familles car l’exilé n’a pas encore commencé son parcours administratif. J’espère que cette belle institution qu’est le Conseil d’Etat saura rappeler le droit à cette occasion.

      Pour finir en répondant à votre question : non, tout citoyen n’a pas à faire allégeance à l’Etat. Mais dans tout Etat de droit démocratique qui se respecte, on doit lui permettre d’avoir ce raisonnement... C’est d’ailleurs ce que paradoxalement beaucoup reprochent à la démocratie aujourd’hui, permettre la liberté d’opinion et de conscience...AUSSI POUR LES AUTRES !

      carlos Le 7 février à 17:53
    •  
    • @Carlos. C’est bien parce que les migrants n’ont pas de statut défini qu’il faut leur en donner un. C’est aussi une urgence, dont les conditions se sont aggravées. L’accueil des migrants est une mesure temporaire, destinée à parer aux dangers qu’ils affrontent, à soigner leurs souffrances, mais aussi à permettre aux autorités d’appliquer la loi. Elle ne dit pas de laisser tout migrant s’installer durablement en France du seul fait qu’il y a pénétré, après qu’il s’est rétabli des épreuves qu’il a subies.

      L’urgence assigne aux autorités un devoir moral envers les migrants mais ne donne pas de droit particulier à ceux-ci après qu’elles l’ont accompli. Si un migrant ne remplit pas les conditions pour s’installer définitivement en France, la reconduite à la frontière n’est pas un abus de droit.

      Même si en prendre conscience est douloureux, la politique face à la crise migratoire doit avoir un volet répressif si les migrants sortent du droit. Leur situation, quelque tragique qu’elle soit, ne les place pas au-dessus de la loi.

      Glycère Benoît Le 8 février à 06:38
    •  
    • @glycere - il n’est pas question de dire qu’il ne faut pas donner un statut aux exilés qui n’en ont pas ! Vous faites semblant de ne pas comprendre... Mais de garantir leur entrée dans un parcours administratif à l’issue de l’accueil d’urgence qui leur permettra notamment de pouvoir opérer des recours en cas d’abus des pouvoirs publiques !!!!! Ce que cette circulaire n’autorise pas... Un déni complet de l’Etat de droit !

      Il ne s’agit que d’un dispositif pour désengorger des structures d’urgence et opérer une répression sur une population qui n’a pas de statut défini et à laquelle on va en attribuer un ARBITRAIREMENT ! Qu’on raccompagne des personnes à la frontière lorsque leur dossier a été étudié correctement ne me pose aucun problème, qu’on le fasse a la tête du client si !

      Rien ne peut justifier l’inhumanité d’une politique repressive arbitraire pouvant potentiellement aboutir à la mort de celui qui en fait l’objet ! Et j’exagère à peine...

      Mais je constate qu’aucun argument légal, moral ou de bon sens ne peut faire changer d’avis celui qui croit agir en toute responsabilité ... La fin justifie les moyens ...

      Carlos Le 8 février à 06:55
    •  
    • @Carlos. La fin ne justifie pas les moyens. Ceux que le gouvernement se donne, moyens techniques, en personnels et juridiques, pour faire face à la crise migratoire et lui trouver des solutions sur le long terme, et non pas seulement dans l’urgence, ne font pas le lit d’un régime ignorant des droits de l’homme et des libertés publiques.

      Ni le Chef du gouvernement ni le ministre de l’intérieur ne sont des monstres, des irresponsables ou des aventuriers. Ils ne sont pas non plus des bisounours. Ils font face à une situation dangereuse pour l’avenir de notre pays et doivent prendre des mesures. C’est autrement difficile que de signer des tribunes dans les journaux ou de claironner des leçons de morale. Leur mission est redoutable et s’ils ne parviennent pas à s’en acquitter, le peuple, voyant que le pays n’est pas défendu, saura choisir d’autres dirigeants qui eux sauront y parvenir.

      Glycère Benoît Le 8 février à 07:38
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    • @glycere - Êtes vous en mesure de qualifier exactement de quel danger ce gouvernement responsable est censé nous protéger dans le cas du traitement des exilés ?
      Faisons nous l’objet d’une invasion militaire ? D’une tentative de déstabilisation orchestrée par une puissance étrangère ? S’agit il de protéger une identité française millénaire (avec toute l’ambivalence que cette expression peut avoir) face à une culture homogène en situation d’hégémonie disposant d’un arsenal adapté pour mener une guerre de civilisations ? Ou alors contre une vague d’étrangers qui souhaitent, bien que formant une communauté hétérogène, dans une stratégie de guerilla partagée malgré tout par chacun d’entre eux, devenir un insidieux "ennemi de l’intérieur" qui par le nombre réduirait à néant cette identité française ( dont j’attend que ceux qui l’évoquent puissent m’en donner les caractéristiques ) ?

      Que votre réponse soit oui à l’une de ces questions, ou qu’elle soit non, alors vous devriez dans tous les cas être déçu par une circulaire qui n’accorde aucuns moyens supplémentaires aux préfectures pour embaucher du personnel compétent afin de composer des équipes mobiles censées, d’après le texte, opérer le travail de tri des exilés pour désengorger les structures d’accueil d’urgence (puisque c’est l’objectif annoncé)... Lorsque l’arbitraire, faute de moyens, devient la norme et s’impose comme la méthode, il ne faudrait pas s’étonner que ce soit la justice qui en patisse.

      Parler de la réalité du pouvoir ne doit pas se borner à faire l’inventaire des qualités et défauts de ceux qui l’exercent car les monstres n’existent pas... Malheureusement... mais peut renvoyer à examiner les choix qui sont fait dans toutes leurs complexité et réfléchir à leur resultantes probables en terme citoyen (c’est à dire à l’aune de l’intérêt général). En l’occurrence, je comprends parfaitement que certaines personnes puissent avoir peur de l’étranger, l’illégale, de l’altérité en somme... Vu le contexte sécuritaire mais aussi économique et social, le "rejet" apparait effectivement comme un réflexe évident. Pour autant, la réponse qui consiste à l’excuser voir à le renforcer en mettant en place des mesures que l’extrême droite, drapée dans son fantasme, estimerait aller dans le bon sens (et c’est un euphémisme).

      Carlos Le 8 février à 11:30
    •  
    • @Carlos. Il n’y a pas de monstres. Mettons. Mais il y a des irresponsables, des incompétents, des démagogues et il arrive que le pouvoir leur échoie. Cela ne semble pas être le cas cette fois-ci à en juger par les mesures prises face à la gravité de la situation. Vous la niez, persistant à ne voir que des exilés et non des migrants. Ce biais lexical traduit obstinément l’illusion sur laquelle s’appuie votre optimisme. Je doute que les démographes, en particulier les spécialistes de l’Afrique, le partagent.

      Les projections sur les décennies à venir, à l’échelle des temps historiques, sont alarmantes. L’Afrique ne pourra ni former ni même nourrir le milliard d’enfants que le croît démographique lui destine sur son sol. Ils le quitteront en masse. Ce n’est pas un fantasme dans lequel il serait tentant de se draper. C’est une prévision. Songez au Kosovo, même si ni l’échelle ni le contexte ne sont les mêmes. On y vit le remplacement d’une population par une autre, avec des conséquences politiques qu’il serait sage de méditer.

      Et il serait prudent d’anticiper les développements de la crise migratoire plutôt que de les subir quand il sera trop tard, en se lamentant sur l’air du ‘si seulement nous avions su’, qui est la providence des velléitaires. Nous faisons l’objet d’une invasion démographique. Libre à chacun de la nier, ou non. C’est tout l’objet du débat et celui-ci sera porté devant les Français. Par leur vote, ils le trancheront.

      Glycère Benoît Le 8 février à 13:11
    •  
    • @glycere - Ce vous appelez "biais lexical" n’est autre, comme j’ai vainement tenter de m’en expliquer précédemment, que la tentative de coller au plus près à la réalité : Le terme "migrant" renvoie consensuellement à une motivation économique ou sociale, alors qu’"exilé" par contre englobe une réalité plus vaste dont celle des demandeurs d’asile.
      Or, il serait à priori inapproprié de désigner comme "migrant" toute personne étrangère en situation irrégulière sur le territoire avant de rassembler tous les éléments utiles à l’obtention ou non d’un statut particulier ! J’imagine qu’il n’était pas dans votre intention de nier par avance le statut de réfugié à ceux des exilés qui pourraient y prétendre...
      Cette confusion, qu’entretient d’ailleurs sciemment le gouvernement, est probablement à l’origine de la crise de l’asile (plus que la crise migratoire) que nous vivons aujourd’hui ! Car pour l’heure, nous parlons de l’équivalent de moins d’1% de la population du pays... Ce qui ne veut pas dire qu’à moyen/long terme, compte tenu notamment du dérèglement climatique, il n’y ait pas une grosse crise, celle-là, véritablement migratoire qui s’annonce ! A moins de mettre en place un véritable projet de société visant à promouvoir à l’échelle internationale et à installer des termes d’échange équitables et démocratiques avec nos partenaires étrangers les plus modestes ainsi que de proposer de nouvelles missions et un nouveau périmètre d’action au HCR, car face un problème planétaire on ne peut que lui opposer un remède mondial...

      Quant à la "responsabilité" dont vous présumez que ce gouvernement fait preuve, elle illustre à merveille, la fameuse "éthique" du prince de Macchiavèle devant faire passer la raison d’Etat par nécessité devant le droit... La fin justifiant au combien les moyens.
      D’autant que vous posez la circulaire comme étant efficace sur le fond, alors qu’aucun moyens supplémentaires n’est prévu pour que les agents des pouvoirs publics puissent mener à bien la mission de tri arbitraire qui leur a été assigné au travers de cette directive ! Elle doit par contre bien l’être
      dans la forme, à savoir qu’elle trouve bien grâce aux yeux d’un certain électorat, ce qui d’après l’imparable logique boutiquière qui prévaut en politique (si j’en crois une de vos précédentes démonstration), constitue bien là l’essentiel de la manoeuvre.
      Quoiqu’il en soit, je subodore que le répéter ne vous questionnera pas plus sur ce que cela implique mais bon puisque vous finissez par poser l’équation par la force des choses comme une opposition entre efficacité et droit, je serai bien curieux de connaître votre avis sur le choix qui devrait être celui d’un.e démocrate...

      Ce qui est le plus dérangeant dans votre raisonnement, c’est que si vous désignez le danger comme une invasion démographique pouvant mener à un "grand remplacement" (voir votre exemple kosovar), vous estimez semble-t’il qu’une "fermeture" des frontières française et européenne suffirait à contenir un flot de population d’une intensité "alarmante" (qualificatif que je vous empreinte) qui n’a pas peur pour sa part de risquer la mort lors de son périple. Pensez-vous que ceci soit vraiment suffisamment ? Et s’il ne s’agit que d’une première étape, alors faites moi frémir en m’indiquant quelle est la suivante !

      carlos Le 8 février à 15:38
    •  
    • @Carlos. Les hommes n’ont pas attendu d’être tous diplômés en linguistique pour s’exprimer. Sinon personne n’aurait osé prendre la parole ou la plume et le règne du mutisme n’aurait pas facilité la compréhension entre eux. Celui du charabia n’est pas mieux me direz-vous. La démocratie du parloir savant, où les gens du peuple sont tous assez éclairés quant à savoir de quoi l’on parle et savoir ce que parler veut dire, est une utopie. Un verbiage la remplace souvent, en attendant l’harmonie du langage clair et concis. Tendu vers cet horizon on apprécie comme une balise vers le progrès tout effort personnel, même modeste. Je ne suis pas toujours sûr que vous le fassiez.

      C’est cet effort qui est nécessaire pour coller à la réalité. Mais loin de l’adhérence vous voulez en recréer une autre ou du moins en donner une image déformée pour appuyer votre opinion. Votre choix des mots, ‘exilé’ plutôt que ‘migrant’, la privilégie. Pourtant c’est le mot migrant qui est correct. Il désigne son objet sans ambiguïté, en outre c’est celui qui est en usage. On peut remarquer qu’il est neutre, indemne de charge idéologique. C’est peut-être pour cela que vous l’écartez. Peu propice à la polémique, vous voulez lui en substituer un autre qui s’y prêtera. Alors va pour exilé, sorti de votre chapeau.

      Mais une personne qui quitte son pays, volontairement ou sous la pression économique, pour chercher du travail ailleurs n’est absolument pas un exilé. C’est un migrant. Une personne qui s’en va librement vivre ailleurs, parce qu’elle préfère un autre pays au sien, est un migrant. À l‘opposé une personne fuyant des persécutions politiques est un réfugié, non un exilé. C’est aussi un migrant. Une personne condamnée par la justice au bannissement est lui un exilé, ou un banni. Sa peine est de quitter le territoire, il doit partir en exil. C’est aussi un migrant. Un paysan chassé par la montée des eaux ou la sécheresse est un migrant. Un migrant est une personne qui se déplace et franchit les frontières, dans un sens ou dans un autre. Il y a ainsi les immigrants et les émigrants. Ce mot n’est connoté par aucune motivation ou cause particulière, qu’elle soit politique, économique ou autre. Il les recouvre toutes et donc désigne les gens dont on ne connaît pas celle qui les a poussés sous nos latitudes.

      Glycère Benoît Le 8 février à 20:31
    •  
    • @glycere - Comme quoi, chacun voit midi à sa porte puisqu’il n’y a pas plus connoté à mon sens que le terme de "migrant"... Quoiqu’il en soit, vous aurez compris que je lui préfère pour sa justesse celui qui désigne un état (une fragilité psychologique, sociale, politique... face aux difficultés liées à l’immersion dans une culture différente et à la pregnance d’un sentiment d’éloignement) à savoir le qualificatif d’"exilé", qui contrairement à ce que vous indiquez, n’empêche pas qu’il soit le fait de la volonté propre de l’individu.
      Ceci étant clarifié, je remarque que vous préférez disserter sur une définition que de répondre aux questions introduites dans le même post...

      Carlos Le 8 février à 22:12
    •  
    • @Carlos. Non, c’est bien le terme migrant qui est juste. Le terme exilé ne renvoie pas à un état physique ou psychologique mais à une cause précise qui ne concerne pas tous les migrants. Il est très facile – et tentant – de commettre des impropriétés dès lors que l’on considère que le sens des mots est disponible. Par ailleurs j’ai commenté votre message sur le fond et sur la forme, et même vos messages en général.

      Glycère Benoît Le 8 février à 22:36
    •  
    • @glycere - exilé peut être et renvoie surtout à un état... Merci à M. Selz de m’en avoir persuadé. Je passe donc...
      Sur le fond, je repose donc mes questions :
      puisque vous finissez par poser l’équation par la force des choses comme une opposition entre efficacité et droit, je serai bien curieux de connaître votre avis sur le choix qui devrait être celui d’un.e démocrate...

      vous estimez semble-t’il qu’une "fermeture" des frontières française et européenne suffirait à contenir un flot de population d’une intensité "alarmante" (qualificatif que je vous empreinte) qui n’a pas peur pour sa part de risquer la mort lors de son périple. Pensez-vous que ceci soit vraiment suffisamment ?

      Et s’il ne s’agit que d’une première étape, alors faites moi frémir en m’indiquant quelle est la suivante !

      Carlos Le 9 février à 01:05
    •  
    • @Carlos. L’état d’exilé n’est pas celui de tous les migrants. Il y a même probablement très peu d’exilés parmi eux. Je le rappelais, et l’avantage de s’exprimer clairement. S’efforcer de le faire n’a pas pour but de faire frémir l’interlocuteur. Ce n’est pas le mien en tout cas. Trouver le mot juste contribue à élever le débat, agiter un épouvantail non.

      Il n’y a pas d’opposition entre efficacité et droit. Le gouvernement n’est pas hors la loi. Le droit peut être répressif, c’est le droit pénal. Mais vous ne voyez qu’un choix binaire, le tout répressif ou le tout humanitaire, ce dernier étant seul conforme au génie français. Je dis non. Prendre sa part de la misère du monde implique de fixer une limite et de la faire respecter.

      La situation démographique est alarmante, en particulier en Afrique. C’est une menace au même titre que la menace climatique ou les menaces politiques qui fourmillent et que personne ne maîtrise. L’extrême difficulté d’agir sur le facteur source n’est pas une raison pour céder au fatalisme, en gémissant ‘on ne peut pas arrêter la mer avec ses bras’. Il y a un champ d’action pour la volonté politique et les Français l’exprimeront.

      Le destin de la démocratie n’est pas la pente fatale.

      Glycère Benoît Le 9 février à 08:21
    •  
    • @glycere - Je me suis exprimé clairement sur le choix du mot éxilé qui s’est imposé à moi, comme à d’autres, non par référence au petit Robert, mais après avoir questionné l’utilisation du mot "migrant" ainsi que les connotations qu’on lui donne... Je ne cherche pas à vous convaincre de l’utiliser, car tout "à côté de la plaque" que je sois, j’ai bien compris qu’il était en effet beaucoup trop neutre pour le message que vous souhaitez véhiculer sur les étrangers sans situation administrative... Laissons donc cela.

      Si vous n’aviez pas pour but de me faire frémir, c’est pourtant ce que j’ai ressenti en lisant vos propos car le soucis du mot juste qui vous anime laisse penser que vous pesez vos mots. En l’occurrence, je n’ai pas l’habitude de poser les choses en terme de choix binaire mais je vous faisait remarquer que c’est ainsi que vos propos sur votre conception de la responsabilité de l’Etat à l’égard des étrangers sans statut se présentait.
      Pour vous, le gouvernement n’est pas hors la loi, je gage que le conseil d’Etat vous démentira... La question n’est pas de savoir si le droit peut être répressif (il le peut) ou si je suis fervant défenseur du "tout humanitaire" ( car je ne le suis pas... encore une fois vous montrez votre fébrilité à réfléchir sans le filet de vos certitudes) la question est de savoir à quel moment cela implique un déni de l’Etat de droit !

      Quoiqu’il en soit, "agiter les bras" devant une menace ne la fera pas disparaitre. Et la fermeture des frontières ne revient pas pour moi à autre chose... Vous ayant moi-même donné des pistes sur les solutions que j’entrevoyais (toutes internationales au demeurant) J’attendais donc de votre part que vous m’expliquiez jusqu’où il fallait aller pour endiguer le péril migratoire à venir ? J’attends toujours d’ailleurs.

      Carlos Le 9 février à 09:50
    •  
    • @Carlos. Détenez-vous la solution à la crise migratoire ? Si oui je vous admire. Si non nous en sommes tous les deux au même point. Je ne saurais vous indiquer un remède dont je ne dispose pas. Qui le connaît ? Vous pouvez attendre longtemps avant qu’un génie nous le prescrive. D’ici là, rétifs à s’en remettre aux diafoirus de la politique, dans le meilleur des cas il nous reste à faire le bon diagnostic, essayer de prévenir les complications et traiter les symptômes. Vous craignez que cela ne se fasse au détriment du droit, le gouvernement étant débordé. Le risque est réel qu’il le soit. Les garanties juridiques me paraissent néanmoins solides. C’est un gouvernement que vous n’aimez pas, alors vous lui prêtez toutes sortes de turpitudes. Mais ce que doit faire tout gouvernement dans une telle situation n’est de toute façon pas très aimable. Nous verrons ce que dira le Conseil d’État, compétent en matière administrative. Ses avis seront écoutés sinon entendus.

      Les partis ne manqueront pas de proposer des solutions, celui où va votre sympathie n’étant pas le moins prolixe en la matière. C’est de lui qu’il vous faut attendre quelque chose, s’il ne vous a pas assez éclairé. L’avantage de la démocratie est que l’information circule. Je préconise, à côté de toutes ces propositions, que nous soyons informés de la situation réelle, sous forme quantifiée, de l’immigration illégale.

      Glycère Benoît Le 9 février à 11:21
    •  
    • @glycere - Absolument, l’information est effectivement primordiale pour éclairer la prise de décision de tout citoyen qui se veut conscient de ses choix politiques.

      Carlos Le 9 février à 11:49
  •  
  • @Carlos Le 7 février à 08:59
    Tu as une vision idéologique de l’identité. Celle ci est la résultante de sa composante républicaine et des autres composantes que tu as identifiées. Cette mauvaise appréciation de ce qu’est l’identité te (nous) met en position marginale par rapport au ressenti majoritaire et c’est bien celui là qui compte car sans l’adhésion de la majorité il n’y a aucun changement réel. Je suis presque gêné d’avoir à rappeler de telles évidences...

    Dominique FILIPPI Le 7 février à 13:46
       
    • Les commentaires et l analyse de Carlos sont empreintes d humanisme et se réfèrent a ce qui a fondé l unité de destin de la nation et de la république Française.

      Je ne partage pas tout , bien sur mais je ne partage pas pour une fois votre principe de réalisme.

      Dans le cas qui nous occupe " le projet Macron" , il faut tenir bon car rien de ce qui a donné naissance a l’autre aspect de l identité française n’est pas évoqué c’est a dire la Laïcité comme facteur d’assimilation.

      La gestion Macron est seulement une gestion libérale, économique, évidement parcellaire loin d être globale .

      Le risque est qu il parvienne a enfumer tout le monde une fois de plus.

      buenaventura Le 7 février à 14:22
    •  
    • @Dominique -" sans l’adhésion de la majorité il n’y a aucun changement réel. Je suis presque gêné d’avoir à rappeler de telles évidences
      => D’où l’intérêt d’interpeller pour convaincre ! Plutôt que de suivre le courant vers cet océan d’injustice et de misère qui se prépare à force d’inhumanité et que de fait justement il vaudrait mieux ne jamais atteindre !

      carlos Le 7 février à 18:04
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  • Même chose pour la Corse....

    Dominique FILIPPI Le 7 février à 14:20
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  • @Carlos Le 7 février à 18:04

    Voir le réel serait donc voir le Malin, pire avoir commerce avec lui.... Te rends tu compte ce qu’a ta démarche de religieux , de dogmatique ? Comment peux tu concevoir de gagner MAJORITAIREMENT les consciences au changement en leur imposant TA conception de l’identité ? D’autres s’y sont risqués en URSS, en Chine et ailleurs avec les résultats que l’on sait....En avant pour "l’homme nouveau " ?Il faut une bonne fois pour toutes admettre que ce qui compte c’est que dans un premier temps notre peuple se donne les moyens politiques de faire reculer matériellement le néo-libéralisme en Europe et tout le fatras idéologique qui va avec !Dans ce premier temps il faudra respecter une conception de l’identité de la France qui n’est pas la notre , s’allier avec des gens qui ne pensent pas comme nous, risquer d’être battus politiquement par eux...Non...pour les gens l’identité ce n’est pas seulement des idéaux abstraits mais surtout une façon d’être (que d’ailleurs nous partageons au quotidien !). En clair, nous devons nous prononcer contre tout ce qui est allogène et inassimilable pour être entendus sinon nous continuerons à effrayer , à être pris pour ce que nous ne sommes pas c’est à dire des partisans de la violence sur les consciences , un courant de pensée dangereux pour la démocratie, des éternels mécontents stériles .Mélenchon-Maduro-Obono meme violence , c’est cette ignominie que les chiens de garde de la bourgeoisie ont fait progresser ces derniers mois (voir le triste spectacle de l’émission politique et les ravages qu’elle a fait) !Avec cette conception de l’humanisme, tu ne réussiras qu’une chose...Leur donner du grain à moudre !

    Dominique FILIPPI Le 7 février à 19:02
       
    • @Dominique - En dehors de toute considération religieuse ou dogmatique, nous sommes en train de parler de mesures répressives à l’encontre d’étrangers certes en situation irrégulières mais en totale contradiction avec des textes internationaux (qui ont trait à la dignité humaine et non au libre-échange) mais aussi avec des articles législatifs nationaux (code social et de la famille) auxquels en tant qu’Etat de droit nous devrions nous astreindre à respecter et surtout à défendre ( je parle de tout État démocratique) plutôt que de céder à la tentation démagogique ! La question que je te retourne c’est donc en quoi faire progresser les idées d’extrême droite fera reculer matériellement le néo-libéralisme en Europe ?

      Carlos Le 7 février à 19:22
    •  
    • Ma conception du Peuple, au combien hétérogène n’induit pas bien au contraire, que j’impose quoique ce soit à qui que ce soit... Mais elle induit qu’on puisse opposer ses points de vue respectifs dans un cadre qui continue à le permettre. Il y a moins de militants que de gens à convaincre !

      Carlos Le 7 février à 19:27
  •  
  • @Carlos Le 7 février à 19:22
    Ce qui alimente la droite extreme et l’extreme droite, c’est que nous ne donnons pas la certitude par notre comportement à la majorité de notre peuple que nous saurons défendre notre identité millénaire dans un monde qui va trop vite pour les gens et provoque un réflexe de fermeture qui n’est pas près de cesser puisque la planète vit sous la férule du néolibéralisme et que le changement climatique frappe déjà très fort avec son cortège futur d’énormes migrations .LFI ne gagnera la confiance des gens que si elle est capable à la fois de réclamer des moyens pour la police, de mobiliser sur le terrain et dans les discours nationaux, locaux ,dans les quartiers sensibles et ailleurs la population sur les ghettos ethniques qui se multiplient et leur caractère dangereux ou anxiogène ET EN MEME TEMPS de promouvoir la fraternité et la solidarité en réclamant la fin des sans papiers, l’obtention de la nationalité française à tous ceux qui déjà présents la souhaitent, la chasse à la chasse au facies, la protestation contre les discriminations à l’emploi, la lutte contre l’exclusion scolaire.

    Dominique FILIPPI Le 8 février à 06:57
       
    • @Dominique FILIPPI. À mon tour de t’inviter à considérer que tes adversaires politiques, y compris ceux de la droite extrême et de l’extrême droite, ne sont pas des cons à œillères et que LFI n’a pas le monopole de l’intelligence.

      Glycère Benoît Le 8 février à 07:47
    •  
    • @Dominique - Je te suis tout à fait dans le constat que tu fais (même si l’expression "identité millénaire" n’évoque rien pour moi, j’entends bien que c’est le fantasme de beaucoup) et les solutions que tu indiques ci-dessus sont tout à fait à même de combattre le sentiment d’insécurité diffus dans la population (l’Etat doit se donner les moyens de mener à bien ses missions de services publics), mais ne te rends-tu pas compte à quel point le PAS que tu franchis est énorme en proposant comme tu l’as fait :

      - nous ne voulons plus d’immigration massive,
      => J’imagine que là, tu parles d’immigration "illégale" et dans ce cas, laisse moi te rappeler que l’estimation faite grâce notamment à l’Aide Médicale d’Etat (encore un dispositif ouvert aux sans statuts) rapporte que la fourchette va de 6 % à 10 % de la population immigrée qui est de l’ordre au total d’un demi-million de personnes... soit moins de 1% de la population du pays (67 millions). Et là Dominique, j’ai une mauvaise nouvelle, c’est que si ça c’est déjà un problème, alors que diras-tu lorsque les déplacements légaux et illégaux de population vont encore augmenter avec le dérèglement climatique !

      Dire qu’on ne veut pas d’immigration massive ne va pas la faire s’arrêter !!!!! Il faut anticiper tout ça en montrant au peuple que nous sommes force de propositions internationales (car la solution n’est pas nationale) par exemple en proposant au HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés) de nouvelles missions, de nouveaux moyens et très probablement un nouveau périmètre à l’intérieur même de nos propres frontières au besoin ! En effet, il faudra bien envisager la mise en place d’un réseau de solidarité mondial pour faire face à un problème mondial !

      - nous ne voulons plus de français qui mettent la loi de Dieu au dessus de la loi des hommes,
      => En France, tout citoyen qui contrevient à la loi doit être puni, qu’il le fasse pour raison religieuse ou non ! As-t’on déjà vu sortir libre du tribunal quelqu’un ayant commis un délit au nom de dieu ? Tout citoyen français en contre-partie a pour lui la libérté de conscience... C’est comme ça que ça marche déjà ! Alors que faut-il changer ?

      - nous adopterons la tolérance zéro sur la question de l’égalité hommes-femmes chez les musulmans,
      => Et sinon, sur la question de l’égalité homme-femme chez les non-musulmans, là on peut s’arranger ? La loi dans notre république n’a pas pour objet de s’appliquer à une communauté mais à toute personne sur le territoire !

      - nous donnerons à la police les moyens suffisants pour faire respecter la laïcité intégrale et vider les zones géographiques communautaristes des voyous qui les peuplent.
      => Qu’est-ce que la "laïcité intégrale" ? Celle de M. Valls sinon de Mme Lepen ou bien celle de loi originelle dont le rapporteur moquait la "police du vêtement" que certains voulaient imposer dans l’espace public !
      Et pour être bien sûr, s’il s’agit de vider les "voyous", alors il y a aussi ceux en "cols blancs" qui ne fréquentent pas les mêmes quartiers dont il faudrait s’occuper... Et si c’est une affaire de religieux un peu trop zélé, alors il conviendra aussi de faire le ménage sur les champs-Elysées ou la côte lorsque débarquent de la péninsule arabique les meilleurs clients de nos boutiques de luxe...

      Chercher ou conforter chez les gens l’idée qu’il faille un bouc-émissaire, ne conduit qu’à apporter plus de Confusion ! La preuve ! On passe allégrement de l’immigration illégale à la vie des quartiers ! Il faut rappeler aux gens lorsqu’ils l’oublient que la République marque on ne peut mieux son périmètre : La loi s’applique aux individus, de quelque communauté qu’ils soient !!!

      carlos Le 8 février à 12:58
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  • Glycère Benoît Le 8 février à 07:47

    Je te crois capable d’enlever tes œillères....encore un effort....

    Dominique FILIPPI Le 8 février à 08:16
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  • @Carlos Le 8 février à 12:58

    J’ai lu et relu point par point ton argumentation et je trouve que tu es en toute bonne foi dans la dénégation du réel auquel tu substitues ton idéologie. Ta démarche est celle de la majorité des militants LFI ; je doute que ce soit celle des 7 millions JLM et je suis certain que tu es aux antipodes de ce que pensent et veulent les gens. Or c’est avec eux qu’il faudra digne du PCF de la grande époque "on a l’éternité devant nous pour faire évoluer les mentalités". Les gens ne peuvent attendre l’éternité et en politique il faut savoir distinguer le possible du souhaitable et ce n’est pas de l’opportunisme de dire çà car seule une majorité satisfaite au plan économique et social ouvrira les yeux sur son racisme ordinaire.

    Dominique FILIPPI Le 8 février à 13:53
       
    • @Philippe - Ta sentence est donc tombée. Fort bien, mais pour bien resituer les choses, le réel pour toi c’est donc le ressenti supposé d’une majorité de français ou tout du moins de celle de l’électorat de la France Insoumise, et ce que tu pointes comme mon idéologie en somme, la conviction que s’attaquer à des boucs-émissaires ne résoudra aucun des problèmes qui nous pourrissent la vie ni ne nous aidera à surmonter aucune des épreuves qui nous attendent.

      Les gens n’ont effectivement pas l’éternité pour choisir car une des facettes du réel ( j’en ai une autre conception que toi et qui m’apparait plus empirique que théorique, à savoir ici la destruction du seul écosystème pouvant abriter l’humanité ) va de plus en plus vite se rappeler à leur attention...
      Ce sera alors une bien triste, bien amère mais trop tardive leçon que nous devrons tous tirer sur la distinction politique entre le "possible" et le "souhaitabe" car il n’est quasiment presque déjà plus possible de rembourser cette dette écologique alors qu’il aurait été souhaitable de le faire à temps... La nature en soldera les intérêts avec la disparition de l’humanité.

      Il y a là un gros soucis (qui est loin d’être le seul), c’est que notre société faite de frustrations imprime un réflexe d’insatisfaction récurrent y compris en politique ... Une fois qu’on la compris, on peut choisir de l’excuser et de s’en servir pour accéder au pouvoir (le risque étant qu’une fois au pouvoir, il faille pour s’y maintenir et agir, tenir le mensonge pour une vérité... et dans ce cas, à quoi aura servi de le prendre ?) ou croire qu’on peut toujours faire appel au libre-arbitre de chacun, car seul capable d’inhiber tout déterminisme allant dans le sens initialement prévu et de lutter contre toute démagogie en interpellant les gens et en leur donnant les éléments de réflexion afin qu’ils puissent décider en conscience !

      carlos Le 8 février à 17:11
  •  
  • @Carlos Le 8 février à 17:11
    Conseils de lecture : "Pour Marx" et "introduction à la philosophie pour les non philosophes" où Althusser développe le concept d’AIE (Appareils Idéologiques d’Etat) et montre comment l’alienation n’est pas que négation de la négation mal résolue mais en fait une surdétermination induite par l’idéologie dominante et par conséquent une négation d’une pratique théorique . Les analyses que tu développes m’y ont fait penser et montrent combien une pratique théorique qui n’est pas en phase avec le mouvement dialectique de la contradiction peut mener à des impasses idéalistes (ici dans ton cas l’eschatologie du dérèglement climatique et les vertus de l’éducation populaire qui libéreront par la pédagogie les "masses laborieuses" comme on disait jadis...autre illusion réformiste). Je confirme donc que ta vision du réel est totalement sous l’emprise de l’idéologie dominante donc non marxiste. Ceci dit c’est ton droit le plus absolu de ne pas l’être.

    Autre lecture qui permet d’y voir plus clair ’’La stratégie du choc" de Naomi Kleinsur la stratégie de l’impérialisme néolibéral qui nous montre que seule une majorité déterminée du peuple quelle que soit ses croyances, sa conception du monde peut venir à bout de la peur de l’inconnu chère à Glycère Benoit et à tant d’autres. IL S’AGIT DE DONNER AINSI UNE DYNAMIQUE A LA CONTRADICTION MOTRICE DES SOCIETES HUMAINES.

    Dominique FILIPPI Le 8 février à 18:13
       
    • @Dominique - je note l’interprétation quelque peu osée d’Althusser pour émettre un diagnostique à mon égard :
      Je confirme donc que ta vision du réel est totalement sous l’emprise de l’idéologie dominante donc non marxiste. Ceci dit c’est ton droit le plus absolu de ne pas l’être.
      => puisque je suis "totalement sous l’emprise de", il devrait en toute logique me rester très peu de volonté propre à exprimer non ? Ceci dit, je n’oserai pas te contredire intégralement sur ce point car ne me voyant pas en dehors de ce monde, je me sais "sous influence"... Pour autant, sans en connaitre réellement les limites, je les devine malgré tout un peu. En l’occurrence, tout diminué que je sois, je dois admettre mon admiration sur le fait que tu sois donc immunisé quant à tout ce qui t’entoure et que seul ton libre-arbitre préside à tes pensées et à tes actes.
      Connaissant Althusser, je m’en tiendrai à ton second conseil de lecture compagnon.

      Carlos Le 8 février à 22:23
    •  
    • @Dominique FILIPPI. Je ne sais pas où tu en es avec la vision du réel que tu as devinée chez Carlos, mais en ce qui me concerne je sais : à côté de la plaque. La peur de l’inconnu ne m’est pas spécialement chère. Que signifie dette phrase au fait ? Que j’éprouve de la peur face à tout ce que je ne connais pas ? Que j’ai objectivé ce ressenti pour bâtir des plans d’action politique ? Que je l‘ai imputée à ceux dont je ne partage pas les idées pour montrer la faiblesse de leur origine ? Que je l’ai repérée chez d’autres pour compatir à leur souffrance ? Tous ces cas ne me concernent pas. En plus des livres sur le marxisme que tu recommandes, avec pertinence car ils sont sérieux, tu devrais te plonger dans ceux sur la divination et l’astrologie.

      Glycère Benoît Le 8 février à 22:28
  •  
  • @Carlos Le 8 février à 22:23

    Nous sommes tous sous influence plus ou moins..Je ne prétend pas détenir la pierre philosophale mais une formation marxiste çà aide...

    Dominique FILIPPI Le 8 février à 23:41
  •  
  • "Tous ces cas ne me concernent pas." Tu es donc comme les rhéteurs médiévaux de la Sublime Porte qui disputaient sur le sexe des anges alors que les musulmans prenaient d’assaut Constantinople sûrs qu’ils étaient du caractère éternel de leur bon savoir. TINA ?

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 00:00
       
    • Non. La fin de la guerre froide n’a pas tari le débat politique. Elle l’a déplacé. Les tenants du marxisme-léninisme n’y participent plus en tant que porteurs d’un projet. Reste la question de leurs responsabilités, que l’histoire nous pose.

      Glycère Benoît Le 9 février à 07:58
    •  
    • le projet est simple : les porteurs de l’obscurantisme religieux, AU GOULAG !

      les cathos de gauche : retournez chez Bayrou et arrêtez de contaminer nos rangs avec votre tolérance vis à vis du poison religieux.

      kheymrad Le 9 février à 14:33
  •  
  • @Carlos Le 8 février à 22:23
    Est-il besoin de préciser que c’est pour en finir avec l’idéologie raciste dominante (oui dominante !)que les idéaux de la République doivent partir en reconquête...

    Pour qu’ils puissent repartir en reconquête (oui on en est là !)je confirme qu’il faut :
    1. Régulariser , respecter, faciliter l’intégration de tous les nouveaux arrivés légaux et illégaux ; leur nombre effectivement limité le permet.
    2.Faire de la lutte contre la ghettoïsation des musulmans anciens et nouveaux un axe de lutte majeur car elle alimente tous les rejets et tous les phantasmes racistes.
    3. Affirmer qu’au-delà d’un seuil de compatibilité socio-culturel le vivre ensemble n’est plus souhaitable voire possible.
    4. Déployer un militantisme de combat (pour çà le courage physique est essentiel sinon c’est du vent !)vis à vis des voyous (pour la grande majorité d’entre eux issus de l’immigration de longue durée) qui pourrissent la vie de millions de musulmans et non musulmans dans les banlieues et ailleurs. J’espère que nous en avons encore les moyens humains...
    5.En finir avec le droitdel’hommisme hypocrite et bobo présent à LFI....fréquent tous chez ceux qui habitent les zones protégées...
    6.Se battre pour le droit au travail de tous à salaire égal.

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 06:58
       
    • @Dominique - J’avoue ne pas savoir si le racisme est majoritaire en France (je suis tout à fait disposé à l’admettre en fonction des arguments) mais quoiqu’il en soit, je suis de ceux qui pensent qu’il faut le vaincre en convainquant ceux qui s’y confortent qu’il n’y a aucune sécurité à s’y perdre. Fondamentalement, je ne suis donc pas opposé à ta "reconquête".

      Sur les points précisément que tu évoques :
      1. Régulariser , respecter, faciliter l’intégration de tous les nouveaux arrivés légaux et illégaux ; leur nombre effectivement limité le permet.
      => Je présume que nos divergences proviennent de la dernière phrase : pour moi, moins d’1% de la population du pays ça reste un chiffre "limité" ; pour toi, j’ai la nette impression, mais peut être me contrarieras tu, que tu estimes le seuil déjà trop élevé pour que, si l’Etat se donne les moyens de le faire dans de bonnes conditions, l’opinion publique n’en fasse pas un problème.

      2.Faire de la lutte contre la ghettoïsation des musulmans anciens et nouveaux un axe de lutte majeur car elle alimente tous les rejets et tous les phantasmes racistes.
      => absolument ! c’est pourquoi il conviendrait de faire respecter le droit contre toute tentative institutionnalisée de stigmatisation d’une communauté spécifique (de la part d’acteurs de la vie publique comme les offices HLM, les mairies, etc...)... Car le "ghetto" (des pauvres) n’est pas le fait unique de la population concernée mais d’une volonté d’exclusion globale favorable à sa création. Pour autant il me semble que, dans la complexité des causes qui ont fait qu’on en est arrivé là, il y a clairement le maintien récurrent des habitants de ces ghettos dans une situation économique et sociale difficile. Lutter contre la misère jouera un rôle indubitablement pour l’éradication des ghettos.

      3. Affirmer qu’au-delà d’un seuil de compatibilité socio-culturel le vivre ensemble n’est plus souhaitable voire possible.
      => Aborder le "vivre ensemble", c’est parler de "mixité" de façon globale. Si je suis tout à fait d’accord sur le fait que le plus gros frein provienne des disparités économiques, il est clair que dans certains quartiers hupés de Paris, les différences purement culturelles n’enveniment en rien les relations de bon voisinage ! Il faut voir, Dominique, que ce point sinon va à l’encontre de l’éradication des ghettos évoqué dans le point n°2... En effet, si au-delà d’un certain seuil de compatibilité socio-culturelle, le "vivre ensemble" est impossible, ça induit de fait la nécessité d’entretenir des ghettos... C’est un peu le soucis de faire le grand écart entre des idées qui postulent le fait :
      - qu’il soit impossible pour la République de régir la vie entre individus de communautés différentes sans accorder à une communauté majoritaire le statut de juge et arbitre de ce qui doit être pour tout le monde.
      - et celles qui rappellent que la République n’a pas à choisir entre une communauté ou une autre, mais à garantir qu’aucun individu ne soit stigmatisé de part son appartenance à l’une d’entre elles ! En somme, la république garantie le respect de l’Etat de droit et de la loi comme volonté du peuple (quelque soit son hétérogénéité) et de l’intérêt général.
      À jongler avec des notions antinomiques, il va falloir faire attention à ne pas sombrer dans la schizophrènie !

      4. Déployer un militantisme de combat (pour çà le courage physique est essentiel sinon c’est du vent !)vis à vis des voyous (pour la grande majorité d’entre eux issus de l’immigration de longue durée) qui pourrissent la vie de millions de musulmans et non musulmans dans les banlieues et ailleurs. J’espère que nous en avons encore les moyens humains...
      => les voyous doivent être combattus... Ou qu’ils soient et de quelques communautés qu’ils proviennent. Il faut donc donner les moyens à l’Etat de remplir cette mission essentielle qu’est la sécurité publique partout sur le territoire.

      5.En finir avec le droitdel’hommisme hypocrite et bobo présent à LFI....fréquent tous chez ceux qui habitent les zones protégées...
      => Si le droitdelhommisme c’est dans ton esprit, la culture de l’excuse alors soit, "a bas le droitdelhommisme !"... Mais laisse moi te dire que cette expression à plus à voir avec une famille culturelle marquée par la négation de l’esprit critique et la volonté de dénoncer la nécessité de comprendre dans toutes leur complexité les phénomènes humains (isoler ce qui est du fait de l’individu de ce qui lui est imposé), qu’avec celle qui dénonce l’hypocrisie et l’inaction des gens "bien pensants".

      6.Se battre pour le droit au travail de tous à salaire égal
      => absolument !

      Je te laisse ici de quoi voir ce qui nous sépare et ce qui nous unis...

      Carlos Le 9 février à 11:42
    •  
    • 1. Les nouveaux arrivés légaux et illégaux sont majoritairement de Droite et d’Extrême Droite. ON N’EN VEUT PAS, ou alors dans des centres de rééducation fermés.

      kheymrad Le 9 février à 14:47
  •  
  • @Carlos Le 8 février à 22:23
    Est-il besoin de préciser que c’est pour en finir avec l’idéologie raciste dominante (oui dominante !)que les idéaux de la République doivent partir en reconquête...

    Pour qu’ils puissent repartir en reconquête (oui on en est là !)je confirme qu’il faut :
    1. Régulariser , respecter, faciliter l’intégration de tous les nouveaux arrivés légaux et illégaux ; leur nombre effectivement limité le permet.
    2.Faire de la lutte contre la ghettoïsation des musulmans anciens et nouveaux un axe de lutte majeur car elle alimente tous les rejets et tous les phantasmes racistes.
    3. Affirmer qu’au-delà d’un seuil de compatibilité socio-culturel le vivre ensemble n’est plus souhaitable voire possible.
    4. Déployer un militantisme de combat (pour çà le courage physique est essentiel sinon c’est du vent !)vis à vis des voyous (pour la grande majorité d’entre eux issus de l’immigration de longue durée) qui pourrissent la vie de millions de musulmans et non musulmans dans les banlieues et ailleurs. J’espère que nous en avons encore les moyens humains...
    5.En finir avec le droitdel’hommisme hypocrite et bobo présent à LFI....fréquent tous chez ceux qui habitent les zones protégées...
    6.Se battre pour le droit au travail de tous à salaire égal.

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 06:58
       
    • 1. Les nouveaux arrivés légaux et illégaux sont majoritairement de Droite et d’Extrême Droite. ON N’EN VEUT PAS, ou alors dans des centres de rééducation fermés.

      2. La lutte contre l’obscurantisme religieux est une priorité pour la gauche depuis toujours.

      3. Comme en Europe de l’Est sous l’URSS, il faut avoir une politique de répression religieuse pour permettre la paix et le vivre ensemble

      4. Les petits mafieux anti-communistes d’extrême droite : AU GOULAG !

      5. En finir avec les Cathos de gauche qui se cachent derrière les Droits de l’Homme

      6. TRAVAIL OBLIGATOIRE POUR TOUS !

      kheymrad Le 9 février à 14:43
  •  
  • @Glycère Benoît Le 9 février à 07:58

    Si tu avais lu Althusser dont je me réclame tu saurais que le marxisme léninisme n’est pas marxiste....et que c’est pour çà qu’il a été criminogène. Et que la plupart des marxistes aujourd’hui ne sont plus depuis au moins une vingtaine d’années des marxistes léninistes !Tu as donc remis tes œillères..

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 08:13
       
    • GLYCERE...
      Te rend tu compte que tu insultes d’abord ta propre intelligence ?

      Dominique FILIPPI Le 9 février à 08:50
    •  
    • @Dominique FILIPPI. Je n’en ai jamais eu, pour autant que je puisse m’attribuer des qualités. Mais dois-je agréer qu’on m’impute un vice, ici un vice de l’esprit, la cécité politique ? Je mettrais plutôt mon honneur à m’en défendre. Le débat politique est animé par les partis, en cela ils contribuent à la formation de l’opinion publique. Le PCF est l’un d’eux et il puise sa raison d’être ultime, quand toutes les autres ont disparu, dans l’idéologie marxiste-léniniste. Pour un communiste rejeter Lénine c’est se renier à la seule fin de pouvoir continuer à exister.

      Maintenant la question du découplage entre marxisme et léninisme est intéressante. Je suis prudent aujourd’hui devant les facilités qui n’ont d’autre but que de continuer à surnager après avoir dit les pires contresens. Le marxisme est une grande pensée, une parmi d’autres. Chacun est libre d’y adhérer ou non, aucun déficit intellectuel n’entre en jeu a priori dans un tel choix. Ainsi la phrase, que tu as peut-être dite, ‘je suis marxiste’ a un sens. Elle ne fournit aucune information sur l’intelligence de qui la prononce. La phrase complémentaire, ‘je ne suis pas marxiste’, et la phrase inverse, ‘je suis antimarxiste’, ont aussi un sens et là non plus ne fournissent aucune information sur l’intelligence de qui la prononce. Il n’y a pas d’œillères.

      Glycère Benoît Le 9 février à 09:09
  •  
  • Le PCF n’a JAMAIS été marxiste. Et en plus il est mort. Donc il y a bien œillères. Et LFI n’en a plus rien à battre vu que son identité n’est pas marxiste et qu’elle ne se réclame que d’une chose la révolution citoyenne donc ne crains pas pour ta maison, ta télé , ton frigo ...aucun commissaire politique ne viendra comme en Ukraine dans les années 30 ! Mais il ne faut jamais désespérer. Mais si tu recommences sur ce registre je ne perdrai plus mon temps .

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 11:41
       
    • Sur le registre des responsabilités je risque bien de recommencer. Je ne perdrai pas mon temps à le faire ni toi le tien à ne pas me répondre. Comme ça tout ira bien.

      Que le PCF n’ait jamais été marxiste-léniniste, c’est ton avis. Quel est celui du PCF là-dessus ? On pourrait lui demander après tout. Sa qualité de kominternien et de féal de l’URSS pourvoyait déjà suffisamment à son identité. Il la revendiquait ainsi. Aujourd’hui la disparition des deux répond à la question de sa mort, du moins pose celle de sa survie. Tu n’as pas tort en un sens d’affirmer cette question aussi close que son tombeau. A contrario on peut dire qu’il survit en ne gardant qu’une forme nominale, aucun parti n’étant tenu à la rationalité.

      Par ailleurs tu ne me disputeras pas qu’un parti dispose de la personnalité juridique. Ne faisant pas exception, le PCF est responsable de ce qu’il dit et fait. Ce qui s’est passé en Ukraine entre juillet 1932 et décembre 1933 n’est donc pas une question destinée à être close. La réalité du communisme en général non plus. Ces questions se posent à notre conscience et les réponses actuelles, ou plutôt les absences de réponse, ne la laissent pas tranquille.

      Glycère Benoît Le 9 février à 13:18
    •  
    • moi je suis marxiste léniniste ascendant Stalinien.
      Le cocktail parfait pour sauver la jeunesse anti-obscurantisme religieux des bras du FN

      kheymrad Le 9 février à 14:37
  •  
  • La propagande anti-staliniste des petits bourgeois est à vomir.

    kheymrad Le 9 février à 14:23
       
    • @ kheymrad
      "Tu as besoin de repos camarade" aurait dit en te lisant un adepte du "socialisme réel" cher à Brejnev...sans aller jusqu’à Staline...qui lui t’aurait envoyé en Sibérie...

      Dominique FILIPPI Le 9 février à 16:38
    •  
    • l’anti-stalinisme primaire est un négationnisme.
      Sans Staline, les NAZI seraient resté au pouvoir en Europe de l’Ouest jusque dans les années 80.... comme Franco en Espagne.

      kheymrad Le 9 février à 17:01
  •  
  • @Glycère Benoît Le 9 février à 13:18

    Je trouve que ton entendement faiblit. Je te croyais plus intelligent. Tant pis.

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 16:40
       
    • Tu perds du temps, Dominique, là je sens. Comment peux-tu te commettre avec un individu aussi médiocre que moi ? Pense à ta réputation, tu la perds aussi. Ça fait beaucoup en une seule ligne de texte. Un marxiste ne devrait fréquenter que l’aristocratie de l’esprit, c’est logique : tes pairs ont mission de conduire la société vers le Progrès, ils sont donc supérieurs intellectuellement à moins de sombrer dans l’imposture. Moi je peux blablater sans risque : pas de réputation à défendre, je n’en suis plus à une avanie près, et le caractère démocratique de la société garantit mes droits civiques malgré ma bassesse. Résiste à la tentation de me répondre. Le mieux est que tu ne lises plus mes messages. Détourne les yeux quand ils apparaîtront, songe au paradis à gagner, au peuple à élever, aux Untermenschen à liquider.

      Glycère Benoît Le 9 février à 20:43
  •  
  • GLYCERE MIT UNS !

    Dominique FILIPPI Le 9 février à 22:55
  •  
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