Accueil > Société | Par Catherine Tricot | 26 février 2018

SNCF : une "réforme" libérale qui rate la révolution des mobilités

Appuyée sur le rapport Spinetta, la réforme de la SNCF promeut des mesures dont on a pu mesurer les conséquences néfastes au Royaume-Uni. Mais l’opposition à ce démantèlement libéral ne suffit pas : il faut promouvoir un autre modèle.

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Un train à grande vitesse va relier Londres et Birmingham. Le gouvernement de Theresa May vient de programmer un investissement de 49 milliards d’euros pour que, dans moins de dix ans, la capitale du Royaume-Uni et la seconde ville anglaise soient à moins de cinquante minutes l’une de l’autre. Ce train est un élément majeur dans la création d’une conurbation de vingt millions d’habitants.

Au-delà même du Brexit, il s’agit d’une recomposition du tissu anglais, autant géographique qu’économique. Londres étouffe sous le coup de la cherté du foncier, des logements, des transports urbains et pour tout dire, de toute la vie quotidienne. Les classes laborieuses ne peuvent déjà plus y vivre. En élargissant substantiellement le rayon londonien, une réponse est esquissée pour intégrer moins les classes populaires que les classes moyennes désormais éloignées de la capitale.

Ce pharaonique projet outre-Manche résonne avec celui du Grand Paris express et avec les réformes de la SNCF qui s’annoncent. Ici comme ailleurs, les transformations du monde (réchauffement climatique, métropolisation, nouvelles mobilités…), mais aussi le vieillissement des infrastructures, les importants besoins en financement enclenchent des projets ou des réformes qui redéfinissent le système de transports.

Le défi : promouvoir une vraie vision alternative

On doutera fortement de la portée du projet Spinetta. Bouclé en quelques mois, il s’apparente surtout à une collection de mesures pour faire des économies structurelles et réduire encore un peu la desserte des villes françaises – pas seulement les petites –, et pour remettre en question le statut des cheminots. En guise de prospective, il surfe sur les évolutions intéressantes d’autopartage sans convaincre qu’il s’agit d’une révolution.

Dans trois semaines, une mobilisation est programmée pour s’opposer au projet Spinetta, déjà en passe d’entrer en application. Mais le défi, dans ce combat qui s’engage autour du système ferroviaire sera de promouvoir une vision globale alternative. Comme pour l’école, la santé, l’agriculture, le logement, le service public, la formation professionnelle.…

On ne gagne plus sur la défensive. Ces systèmes, les uns et les autres, sont en bout de course. Cela ne signifie pas que tout est obsolète, mais que la cohérence est perdue et qu’il faut la reconstruire. Macron est crédité non de vouloir changer le système, mais les systèmes. Secteur après secteur, il démontre cette ambition réformatrice structurée par une vision libérale. Pour contrer Macron, c’est à ces niveaux systémiques qu’il faudra porter la réplique.

L’opinion publique peut être gagnée. Dans le pays berceau du néolibéralisme contemporain, 60% des Britanniques seraient favorables à la renationalisation de l’ensemble des concessions de chemin de fer, contre seulement 25% favorables à leur gestion privée.

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  • L’opinion publique peut être gagnée.

    Oui et ce sera bien la seule chance qu’auront les personnels de la SNCF d’échapper a la fin de leur statut et les habitants des zones périphériques urbaines et rurales d échapper a un retour au tout bagnole et au amplitudes de trajet travail insupportables.

    Les organisations syndicales sont exsangues, déjà en nombre d adhérents et surtout en militants, la SNCF n échappe pas a la règle.

    le taux de syndicalisation en France est de 11% , ce chiffre un des plus bas d ’Europe ( moyenne a 23%° cache des disparités bien plus flagrantes, des désert syndicaux géographiques et de secteurs d’activités très marqués.

    Face a Macron, dictateur économique qui pratique la politique de la terre brûlée, une "riposte syndicale de grande ampleur" ne sera pas a la hauteur de "l’attaque sans précédent qui " bla bla bla !!!

    Si l on veut être honnête et rendre aux syndicaliste et personnels de la SNCF, ce qui leur reviens, a savoir : les système de retraites privé comme publique on été sauvé en 1995, c’est grâce a la lutte des cheminots.

    Si l’ensemble des fonctionnaires et des « régimes spéciaux » de retraites on été préservé ainsi que le système dit par « répartition » dans le secteur privé c’est grace a la détermination des cheminots.

    22 ans après la mobilisation sera-t-elle ? Pourra t-elle être au même niveau ? On peut en douter ! Non pas parce que les cheminots sont devenus des égoïstes blasés , mais tout simplement que comme beaucoup de bastions syndicaux , il sont fatigués par cette perpétuelle bataille pour sauver ce qui peut l être avec une France disons le bien indifférente quand elle n’est pas perméable au discours sur les privilèges dont les cheminots bénéficieraient sans vergogne .

    Car ne nous y trompons pas ce n’est pas la SNCF et son fonctionnement qui sont visés, mais bel et bien, le statut des cheminots en en corollaire le système des retraites de l’ensemble des salariés.

    La fausse excuse de la « mise en concurrence du rail « est un leurre, les différents traités européens donnent tout loisirs a l état Français pour mettre en place la concurrence « libre et non faussée ».

    D’ailleurs les premières déclarations de non fermeture des « petites gares » sont déjà claironnées, mensonge évident mais en fin de compte ce seront les régions et l impôt local qui se substitueront a « désengagement » de l état, vous-savez-bien-la-concurrence !

    Ce qui est le vrai objectif par cette « réforme » a coup d’ordonnances c’est de casser avant 2019, le statut des cheminots et bien entendu son « régime particulier de retraites »

    Juppé a bien briefé le poupin élyséen MACRON » « surtout petit fait gaffe aux cheminots dégomme les en premiers » et comme ça tu seras tranquille en 2019 pour en finir avec le système par répartition.

    Les libéraux ce droite comme de gauche, et les mutuelles attendent depuis des années cette opportunité « en finir avec la sécu » et son système de retraites.

    L’objectif le même que Juppé, Sarko ; Fillon, straus Kahn c est la mise en place du système de retraite « Piketty » autrement dit , le système de retraite individuel par points que les spécialistes nomment « les compte notionnels a la suédoise ».

    La riposte ne peut cette fois ci se limiter que sur le statut de la SNCF, le rôle des syndicats et de la FI c’est d’anticiper et de mener la bataille des idées sur le lien a faire entre le statut cheminot et les retraites du Public/ privé.

    Si on ne gagne pas l opinion publique sur ce point, la bataille de 2019/2020 sur le régime généra des retraites est déjà perdue .

    buenaventura Le 27 février à 10:20
       
    • Si on ne gagne pas l opinion publique sur ce point, la bataille de 2019/2020 sur le régime généra des retraites est déjà perdue

      la tâche s’avère ardue...

      carlos Le 27 février à 17:50
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  • la tâche s’avère ardue.....carlos ...........(sic)...
    .........69% ’France Info) pour la suppression du Statut des Cheminots
    Démanteler un Service Public rien de plus simple lorsqu’ à l’entrée de l’abattoir on fourgue des millions d’actions à des petits porteurs , tu sais tes voisins du quartier qui espèrent concrétiser leur rêve de changer de Bagnole, devenir proprio d’un logement,d’avoir une place au soleil............z’ont déjà eu la peau des Poste- Télécoms, Edf, Gdf,........

    buda Le 27 février à 23:55
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  • Ies français sont Des veaux

    C D G

    buenaventura Le 28 février à 08:38
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  • Sur regards c est pareil

    3 reactifs sur la sncf
    4 sur les riches
    9 sur bourdieu

    42 et 145 sur le pc alors que tout le monde s en fout

    buenaventura Le 28 février à 08:43
       
    • lol... si je laisse juste le "rire" j’ai " il y a 1 erreur dans votre saisie, veuillez vérifier les informations " ! C’est le monde qui tourne pas rond, pas mon commentaire !

      carlos Le 28 février à 10:07
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  • L’opinion publique est opposée au statut car on lui a mis en tête que les cheminots sont des privilégiés...çà ne serait venu en tête de personne il y a quelques décennies mais depuis la crainte du chômage et les peurs qu’il génère, la précarisation,segmentation ,flexibilisation du salariat ont transformé notre peuple en peuple de moutons à tondre...Cette réforme de la SNCF, celle des retraites passeront par ordonnances....comme la loi travail...Toutes les lois néolibérales passeront si on s’en tient à une démarche syndicale. TOUT EST POLITIQUE ET RIEN QUE POLITIQUE. Pour être crédible, il faut se comporter en parti de gouvernement et dire aux gens que leur vie ne changera que si nous faisons avec d’autres 50% des voix....Pour çà il faut un parti avec de très nombreux élus et pas une bande d’anciens stals repentis ou d’allumés immatures comme on en rencontre trop à LFI. Résultat les 500 000...sont devenus 50 000....en 9 mois....Donc imprimez vous bien dans le crâne qu’il faut cesser de faire du folklore sud-américain car le parti macrono-médiatique nous ridiculise avec çà !Gravez vous profond que sans d’autres que LFI on arrivera jamais au pouvoir....donc on sera obligés de faire avec Hamon, Mamère, Aubry, Maurel et autres faux culs...que çà nous plaise ou non...et même avec les derniers des apparatchiks du PCF....car tous ceux là représentent encore dans l’inconscient collectif du peuple LA GAUCHE historiquement constituée...même si tous ces anciens partis sont vomis au présent...même s’ils n’ont plus d’audience pour leur politique actuelle...ON N’Y ARRIVERA JAMAIS SEULS !

    Dominique FILIPPI Le 28 février à 14:41
       
    • Ce que je vous ai dit là en termes volontairement abrupts, Roger Martelli vous a dit en termes modérés exactement la même chose....dans sa réponse à Bompard....

      Dominique FILIPPI Le 28 février à 14:48
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    • @D. Filippi - Fut un temps ou dans la longue histoire de la médecine, les gymnases de la Grèce antique étaient devenus si experts dans l’art de soigner les corps que les asclépiades laïques et les temples préféraient aller y faire des conférences que de perdre tout crédit et influence auprès de la population...

      La France Insoumise est aujourd’hui un lieu de "rencontre" entre des gens différents qui ont l’intuition que "l’avenir en commun" est à même de proposer un remède au désespoir et au renoncement, comme l’expérience populaire avait fait des gymnases antiques des polycliniques plus fréquentées que l’antre des "médecins" de l’époque... Comme ces gymnases, le mouvement FI est tout à fait ouvert à ceux des anciens et nouveaux partis ou formations politiques, qui souhaitent venir y discuter de projets politiques d’espoir à concevoir en commun !

      Par contre, venir comme une fleur et proposer une alliance de circonstance sans portée à long terme, si ce n’est celui de cacher les ferments d’une discorde génératrice de la prochaine désillusion politique, cette fois définitivement fatale à toute aspiration optimiste de progrès social, les gens ne s’y tromperont pas et n’y adhèreront pas...

      carlos Le 28 février à 18:05
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  • @Carlos Le 28 février à 18:05

    "La France Insoumise est aujourd’hui un lieu de "rencontre" entre des gens différents "

    La France Insoumise pour l’instant c’est ELECTORALEMENT 10% d’anciens sympathisants communistes ou gauchistes ou PG+ un % variable d’électeurs PS volatiles et POLITIQUEMENT des communistes ou socialistes défroqués nostalgiques d’un passé glorieux qui sont l’essentiel des militants réels sur le terrain (au mieux 30 000 personnes...).

    "Par contre, venir comme une fleur et proposer une alliance de circonstance sans portée à long terme"

    Je traduis...Je suis un vil opportuniste qui érige son impatience en argument théorique...

    L’alliance ne peut se faire que sur le long terme qu’entre partenaires profondément différents...et les chefs ne peuvent se rencontrer que sur la base d’un mouvement de masse en bas...qui les contrôle à tout moment...On en est loin...Mais si on ne donne aucun signe de discussion sur le fond...au sommet...rien ne viendra d’en bas....c’est çà que tu as du mal à saisir....La prévention contre nous est immense...c’est aussi çà que tu ne comprends pas....Il faut être unitaire pour deux disait les communistes entre 34 et 36 et on a eu le FP....

    Je crains fort que Bompart soit comme le craint Roger Martelli....un gymnase....pour être gentil ...pour ne pas dire un sectaire...J’ai entendu parler et compter d’exclusions bc + au PG qu’au PCF et quand on sait qui est à la manœuvre à LFI......il y a de quoi s’inquiéter et Roger dans sa réponse à Bompart laisse filtrer une certaine angoisse ("puisque LFI n’est pas une secte"....)à ce sujet dont dépend tout l’avenir de la gauche populiste....donc le notre....

    Dominique FILIPPI Le 28 février à 18:36
       
    • @D. Filippi - "La France Insoumise pour l’instant c’est ELECTORALEMENT 10% d’anciens sympathisants communistes ou gauchistes ou PG+ un % variable d’électeurs PS volatiles et POLITIQUEMENT des communistes ou socialistes défroqués nostalgiques d’un passé glorieux qui sont l’essentiel des militants réels sur le terrain (au mieux 30 000 personnes...)".

      => je ne suis ni ancien communiste, ni ancien PS, ni du PG, ni particulièrement engagé auprès de la FI par une soumission militante indéfectible alors que je réserve mon vote pour l’heure à la France Insoumise... J’en connais au moins un deuxième qui arpente les posts de Regards et qui s’affiche comme étant électeur de la France Insoumise tout en répondant à ces mêmes caractéristiques... A combien estimez-vous le nombre d’électeurs potentiel correspondant à ce profil ?

      Quant à l’unité, elle ne se décrète pas par le "haut", il y a des discussions à mener avant d’y prétendre et notamment sur des points en totale contradiction avec le programme pour lequel j’ai voté aux présidentielles et aux législatives, à savoir "l’avenir en commun"... Comme je l’ai déjà dit, ce programme n’est pas sacré et peut parfaitement évoluer mais certainement pas dans la dynamique inverse à celle qu’il prétend tenir actuellement !

      carlos Le 28 février à 18:56
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  • @Carlos Le 28 février à 18:56
    "je ne suis ni ancien communiste, ni ancien PS, ni du PG, ni particulièrement engagé auprès de la FI par une soumission militante indéfectible alors que je réserve mon vote pour l’heure à la France Insoumise.."

    Pourquoi, réserves-tu ton vote c’est contradictoire avec tout ce que tu écris ? Tu n’es pas un OVNI...

    Dominique FILIPPI Le 28 février à 19:14
       
    • ou alors tu te plais à l’être....ce qui est ton droit...

      Dominique FILIPPI Le 28 février à 19:16
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    • D. Filippi - Si les seuls électeurs étaient ceux que tu pensais, alors il y aurait encore moins de monde aux urnes...

      carlos Le 1er mars à 07:41
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  • bon... à chaque fois que je mets un lien dans un de mes posts (même avec le spip), celui-ci passe à l’as... du coup je recommence mais cette fois à vous de mettre le http puis triple www puis sncf (.com) avant le lien :
    sncv1/fr/Presse/HTML-statut-cheminot-qu-est-ce-que-c-est/789234

    carlos Le 16 mars à 14:27
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