Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 27 novembre 2019

Alain Coulombel (EELV) : « Je dis banco quand j’entends Ruffin parler de front populaire écolo »

Le second tour du congrès d’EELV aura lieu samedi 30 novembre. Avec sa motion, le Souffle de l’écologie, arrivée en troisième position, il compte bien peser dans les négociations. Alain Coulombel, secrétaire national adjoint du parti, est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur la manifestation des agriculteurs à Paris mercredi 27 novembre 
« Le monde agricole a des difficultés dans les conditions actuelles de la compétition internationale et il est frappé de plein fouet par les problématiques touchant à l’environnement, à l’aménagement du territoire, au bien-vivre et à la santé alimentaire. »
« Le modèle issu de l’après-guerre, productiviste et industrialiste, est inadapté aux conditions et besoins actuels de la société française et mondiale. »
« Les agriculteurs veulent pouvoir vivre dignement de leur métier parce qu’ils aiment ce qu’ils font et qu’ils aiment la terre. »

 Sur les enjeux du deuxième tour du congrès d’EELV 
« Notre souhait, avec “Le Souffle de l’écologie”, la motion que je conduisais dans cette campagne, c’est d’arriver à une synthèse des différentes motions du premier tour pour que le mouvement sorte fédéré autour d’un projet politique fort. »
« Notre souhait, c’est qu’il n’y ait qu’une seule liste au deuxième tour samedi. »
« Face à des enjeux qui dépassent largement EELV, nos petites histoires internes ont très peu d’importance. »
« Avec la motion “Le Souffle”, nous avons, pour ce premier tour à EELV, défendu une ligne sans ambiguïté, à l’inverse des autres motions qui avaient un discours beaucoup plus flou sur les orientations stratégiques des trois années à venir. »
« Notre orientation [avec “Le Souffle”], c’est le rassemblement [à gauche]. »
« Il y a un enjeu électoral : présenter une alternative crédible à Macron-Le Pen. »
« Il faut que l’on commence à construire un axe de rassemblement autour d’une matrice écologiste, sans édulcorer notre projet politique, mais en tenant compte des évolutions significatives qui existent dans le camp de la gauche dans notre direction. »
« Ce serait un aveuglement voire une stupidité politique de notre part que de refuser ce qui s’annonce aujourd’hui : l’enjeu du congrès, c’est donc de définir une orientation politique suffisamment précise [sur la question du rassemblement]. »
« Je ne le souhaite pas [un rassemblement des 3 motions contre celle de Julien Bayou et Sandra Regol]. »
« Julien Bayou et Sandra Regol ont fait 43% au premier tour de ce congrès donc ils ne sont pas majoritaires même si très largement en tête : il faut donc que l’on travaille à s’entendre ! »

 Sur le rassemblement à gauche 
« On a un long chemin à tracer pour nous emmener jusqu’aux présidentielles de 2022. »
« Quand j’entends le discours de François Ruffin sur la nécessité d’un front populaire écolo, je dis banco – comme l’a dit Eric Piolle, comme l’a dit aussi un peu quelque part, de manière un peu plus feutrée, Yannick Jadot. »
« Ce que je constate, c’est qu’un type comme François Ruffin, il y a 2 ans et demi, n’aurait jamais tenu ce discours-là : il y a donc, à l’intérieur du camp de la gauche, qu’on le veuille ou non, des évolutions significatives par rapport aux problèmes que nous posons sur la table depuis des années. »
« Les municipales auraient pu être une première étape dans la construction du projet [de rassemblement]. Ce que je souhaite, c’est que dès après les municipales, on se prépare aux régionales autour d’un projet commun. »
« [Avec les municipales], on a peut-être raté une étape – même s’il y a des municipalités où, aujourd’hui, les écolos sont en train de faire des listes communes : comme à Saint-Denis par exemple avec le PCF. »
« On a voulu faire des villes de plus de 100.000 habitants un symbole [en présentant des listes autonomes]. »
« Il faut réconcilier un imaginaire de gauche qui existe depuis le début de la révolution industrielle et un imaginaire écologiste qui s’est construit à partir des années 60-70 et qui est en pleine expansion. »
« Le discours que tient Philippe Martinez à la CGT vis-à-vis de l’écologie est tout à fait significatif et il faut l’entendre ! »

 Sur Yannick Jadot 
« Yannick Jadot est quelqu’un de fondamentalement ancré dans des valeurs de gauche. »
« Je ne crois absolument pas que Yannick Jadot puisse suivre la voie des Barbara Pompili ou François de Rugy qui, eux, se sont complètement fourvoyés dans l’opportunisme politique. »
« Yannick Jadot est de ceux qui essaient de penser autrement la situation qui est la notre : dans une société complexifiée par les enjeux sociaux, technologiques, scientifique, il cherche une voie alternative à l’axe droite-gauche. Ce qui le fait parfois tenir un discours qui pourrait apparaître comme libéral de droite ou de gauche mais qui est, en réalité, la recherche de chemins différents. »
« Lancer, vers l’extérieur, que l’on est pour l’économie de marché, c’est un symbole fort qui parle, en particulier, à une partie de l’électorat de gauche… Et c’est quelque chose dont, à mon avis, il aurait fallu parler autrement. »
« Un candidat naturel – Yannick Jadot ou quiconque –, dans la situation qui est la notre aujourd’hui, ça serait, à mon sens, une erreur politique qui ne nous permettrait de toutes les façons pas de faire un résultat satisfaisant. »
« Avant de penser à qui pourrait demain incarner l’écologie à la présidentielle, il faut construire le chemin ensemble avec une partie des gauches qui s’écologisent. »

 Sur le Big Bang 
« Le projet écolo doit structurer demain l’alternative au libéralisme et au fascisme. »
« L’intérêt du Big Bang, c’est de réunir à la fois Elsa Faucillon du Parti communiste, Clémentine Autain venant plutôt de la France insoumise et nous venant d’EELV et de construire une symbiose entre ces trois pôles. »
« Il y a des envies communes de réfléchir aux enjeux liés à un autre modèle de croissance. »
« C’est très simple de critiquer la croissance mais qu’est-ce qu’on met à la place ? »

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  • Cela m’amuse toujours que l’on parle avec dédain du"modèle productiviste et industrialiste" issu de la seconde guerre mondiale. J’aurais aimé que ce point de vue soit présenté, alors, à ceux qui sortaient de cette guerre, et voir comment leurs promoteurs auraient été reçus par ces derniers ! La survie de la planète se posait alors en d’autres termes et ce n’est que récemment que l’on prend conscience des méfaits, non pas du modèle productiviste seul, mais de celui (beaucoup plus inquiétant à de nombreux égards) que porte le Capitalisme, surtout dans sa variante actuelle, financiarisée et mondialisée. La lutte contre lui impose d’autres thèmes unificateurs et d’union de lutte que, prioritairement, l’écologie tous azimuts... Les écolos feraient bien d’y réfléchir avant de vouloir imposer leur seule vision hégémonique... et quelque peu égoïste.

    signé : un vieux de 85 ans.

    Abbé Béat Le 27 novembre à 18:07
  •  
  • Bonjour

    D’autant qu’à la sortie de la guerre, ce besoin de reconstruire la France, avait été bien calé sur le fameux "Plan Marshall" qui a mis sur le pays durablement sur les rails d’un capitalisme ravageur.
    On en ressent les funestes conséquences à nos jours.

    Roland RICHA Le 28 novembre à 11:20
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