Accueil | Par Fabien Perrier | 8 juin 2018

Aloys Vimard : « On parle beaucoup de chiffres mais nous, en mer, on voit des individus »

Depuis l’Aquarius, un bateau affrété par SOS Méditerranée pour aller secourir les réfugié-es en mer au large des côtes libyennes, Aloys Vimard, coordinateur de Médecins sans frontières, répond aux questions de Regards.

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VERBATIM

 

 Sur le mode opératoire de l’Aquarius 
« On part en général pour trois semaines en mer. »
« On patrouille dans les eaux internationales au large de la Libye et on essaie de repérer des embarcations en détresse qui ont besoin d’assistance. Ensuite, on contacte les autorités italiennes qui coordonnent le sauvetage. »

 Sur les conditions de traversée des migrants 
« Les départs des migrants dépendent beaucoup de la météo. »
« On est préparé à toutes les éventualités. »
« Ils préfèrent parfois se jeter à la mer sans savoir nager plutôt que de retourner en Libye. »
« Certains ont déjà cinq ou six fois essayé de traverser. »

 Sur la naissance d’un enfant à bord de l’Aquarius 
« Se retrouver dans les eaux internationales et accompagner une dame qui donne naissance à un enfant, c’est un moment assez incroyable. »
« Il y a déjà eu six naissances à bord de l’Aquarius. »

 Sur les sauvetages 
« Les moments de sauvetage sont toujours délicats. »
« Les migrants sont traumatisés par leur expérience dans leur pays d’origine, par leur parcours mais aussi à l’idée d’être renvoyé en Libye. »

 Sur l’Union européenne 
« L’Union européenne met tous ses efforts, jusqu’à donner des millions pour former des garde-côte libyens pour qu’ils puissent intercepter les migrants en mer. »
« Les politiques européennes mettent en avant la sécurité des frontières avant la sécurité des personnes en détresse. »
« L’Italie et l’Union européenne essaient de donner la priorité aux Libyens pour intercepter les gens et les ramener en Libye : ce n’est pas du tout conforme aux lois internationales maritimes. »

 Sur ce qui se passe avant la traversée 
« Il y a plein de raisons qui poussent les migrants à prendre la route : ils fuient la guerre, les conflits, l’instabilité économique, des problèmes familiaux… »
« Les migrants tombent souvent dans des réseaux de passeurs qui les maltraitent. »
« Il y a de la torture : beaucoup sont détenus pendant des mois voire des années. Et certains sont mineurs. »

 Sur les missions des ONG en Méditerranée
« Dans cette crise, on parle beaucoup de chiffres mais nous, en mer, on voit des individus. »
« C’est avoir une vision très simpliste que de dire que l’on pousse les gens à prendre la fuite. »
« Tant qu’il y aura des personnes qui se noieront en mer Méditerranée, le plus possible, on mettra tout en œuvre pour intervenir et leur porter assistance. »
« Les ONG ne réalisent qu’une partie des sauvetages : c’est le devoir de tout bateau en mer de porter assistance à des personnes qui sont en détresse. »
« Un sauvetage s’achève dans un port en sécurité. Or la Libye ne peut pas être considérée comme un port en sécurité. »
« On demande aux ONG de tourner le dos à des personnes en détresse. »
« Il y a une volonté de criminaliser les ONG en disant qu’elles sont affiliées à des réseaux de passeurs. »
« On va continuer à patrouiller et à témoigner. »
« Notre devoir, c’est sauver des vies mais aussi amener les personnes secourues dans des lieux sûrs. »

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