Accueil | Par Pierre Jacquemain | 10 janvier 2018

Amaëlle Guiton : "Il faut repolitiser le débat sur le numérique."

Faut-il nationaliser Google ? Pourquoi une loi sur les fake news ? Quels sont les enjeux de la neutralité du net ? Pour en parler, Amaëlle Guiton, journaliste et auteure de "Hackers, au coeur de la résistance numérique" (Ed. Au Diable Vauvert) est l’invitée de #LaMidinale.

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 Sur la fin de la neutralité du net aux Etats-Unis 
« La neutralité du net, c’est tout simple : c’est l’idée que quand une information part d’un point A vers un point B, elle doit parvenir à destination sans être ralentie, sans être détournée, sans être modifiée, sans être empêchée de quelque manière que ce soit. »
« Pour que le réseau soit intelligent, il faut que les tuyaux soient bêtes. »
« On a un cadre européen assez protecteur de la neutralité du net. »
« Les fournisseurs d’accès commencent à dire : la neutralité, c’est un vrai problème, notamment pour dégager des marges, pour investir dans le réseau. »
« Le patron d’Orange a dit qu’il allait peut-être falloir revenir [sur la neutralité du net]. »
« A partir du moment où il n’y a plus de neutralité du net, un fournisseur d’accès à internet peut très bien passer un accord avec un fournisseur de services, Netflix par exemple, pour que les contenus aillent plus vite pour ses abonnés. »
« Concrètement, il n’y a plus le même internet pour tout le monde. »
« La fin de la neutralité du net, c’est une prime aux gros. »

 Sur la législation sur internet 
« Sur internet, c’est le code qui fait loi. Et le code, il embarque des valeurs et des visions de la société. »
« Quand on a des acteurs comme Google ou Facebook qui deviennent très puissants, on ne peut pas se passer de cadre législatif. »
« Il faut légiférer pour limiter le pouvoir des grands acteurs. »

 Sur le projet de loi contre les fake news 
« Contrairement à ce qu’Emmanuel Macron a l’air de dire, on a déjà un cadre légal sur les fausses nouvelles : la loi de 1881 concernant la liberté d’expression, le code électoral et aussi tout ce qui concerne la diffamation. »
« Il y a une question que j’ai trouvé intéressante mais qu’Emmanuel Macron ne tire pas jusqu’au bout, c’est la question de la transparence pour les annonceurs type Facebook. »
« Il n’y a pas de raison pour que [la loi contre les fake news] ne s’applique uniquement pendant les campagnes électorales. »
« Ca relève de l’effet d’annonce sans s’attaquer au vrai problème : le modèle économique des grands acteurs. »

 Sur la question du pluralisme sur internet 
« Depuis quelques années, on se retrouve avec des acteurs privés de droit américain qui exercent à bien des égards des missions de service public. »
« Aujourd’hui, le moteur de recherche sur internet, l’annuaire universel qu’est Facebook, ce sont des choses dont tout le monde s’est saisi. »
« Je constate qu’il existe des débats qui auraient paru lunaires il y a encore deux ans sur ‘Faut-il nationaliser Facebook ?’ ‘Faut-il démanteler Google ?’ »
« On est en train de remettre de la politique à cet endroit-là. »
« Il faut repolitiser le débat sur le numérique. »

 Sur le complotisme 
« Dans le débat, il y a une confusion entre fausses nouvelles et complotisme ; ça peut s’articuler à certains moments mais ce n’est pas la même chose par nature. »
« Imaginer que les actionnaires intiment l’ordre aux journalistes de couvrir la campagne de Macron, c’est ne pas savoir comment fonctionnent les rédactions. »

 Sur les dangers d’internet 
« Des acteurs économiques savent en permanence où l’on est. »
« Pour conserver un peu de vie privée en ligne, il faut vraiment faire des efforts. »
« Je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup de résistance. »
« On avait une vision très techno-optimiste et puis l’on s’est rendu compte qu’internet servait aussi à surveiller. »
« Pour qu’internet reste un vecteur de libération, il faut se battre. »
« Dans une société où chacun peut être l’émetteur et le récepteur de l’information, ça change tout, pour le meilleur et pour le pire. »

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  • Il est clair que le territoire numérique doit rester libre et non tomber dans l’escarcelle des groupes d’intérêts privés... C’est parce que cet océan est immense qu’on peut y voir les gros comme les gafas... Mais ils n’y maîtrisent rien... Pour l’instant.

    Carlos Le 13 janvier à 09:17
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