Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 25 octobre 2021

Anasse Kazib : « Je suis le cauchemar de l’extrême droite »

Anasse Kazib a quitté le NPA pour créer avec d’autres anciens membres du parti de Philippe Poutou, le mouvement Révolution permanente. Il en est le candidat à l’élection présidentielle. Il est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur les attaques racistes dont Anasse Kazib fait l’objet 
« Je suis l’objet d’attaques racistes à cause de mon teint basané. Je suis issu de l’immigration. Ils nous détestent par le fait même de notre existence. »
« Quand on cumule le fait d’être un ouvrier, d’être racisé et de brigue l’Elysée, c’est pour eux quelque chose d’incroyable et qu’ils doivent couper le plus rapidement possible. »
« Je concentre le cauchemar de l’extrême droite. »
« Le programme du RN ou de Zemmour montre que l’extrême droite est profondément anti-ouvrière. »
« Mes principaux ennemis, c’est la classe dominante - dont la catégorie la plus réactionnaire. »
« Notre ADN c’est la lutte de classes et la lutte contre le capitalisme. »
« Zemmour revendique une France qui n’est pas la nôtre : pour moi, la France n’est pas celle des Bonaparte et des rois. Ma France, c’est celle des sans-culottes, celle des insurgés de Saint-Domingue, de la grève de 36 ou de 68. »
« Il y a une avancée structurelle de l’extrême droite, du racisme et du révisionnisme. »
« Le bloc bourgeois a toujours été raciste. »
« Il y a un retour de plus en plus important de la lutte de classes. »
« La bourgeoisie soutiendra toujours Hitler plutôt que Lénine. »
« Je plaide l’unité de notre classe face au fascisme. »

 Sur la République et ses symboles  
« Pour moi la République est un régime parlementaire. »
« Quand on parle de ‘valeurs républicaines’ on parle des valeurs de la classe dominante et de la bourgeoisie. C’est une lecture contre-révolutionnaire. »
« Le jour de la Bastille, si BFM avait interrogé Louis XVI, il serait en direct à la télévision pour dire combien il est contre ce qui est en train de se passer. »
« Notre République est une République bourgeoise. »
« On fait monter une polémique [sur la couleur des drapeaux] de mon meeting parce que je m’appelle Anasse Kazib et que je suis d’origine marocaine. On n’a jamais demandé à Arlette Laguillier ou à Nathalie Arthaud de ré-émigrer parce qu’elles préféraient l’Internationale à La Marseillaise. »
« Je concentre la haine et la colère : on ne veut pas accepter qu’un ouvrier issu de l’immigration puisse être communiste. »

 Sur les autres candidats de gauche 
« C’est ma première candidature quand ça sera la troisième pour Nathalie Arthaud et Philippe Poutou. On connaît leur discours. »
« Quand on voit Philippe Poutou, on voit qu’il n’a pas envie d’y aller. »
« Ma candidature n’est pas une candidature de témoignage. »
« Il faut redonner une boussole de classe pour lutter contre le discours dominant mais aussi contre le discours de la gauche traditionnelle. »
« Je n’ai pas de problème à faire une politique de front unique avec LFI. Demain, n’importe quel militant, Coquerel ou Mélenchon, m’appellerait pour une manifestation, je le ferais avec le plus grand plaisir. Mais politiquement, stratégiquement, nous n’avons pas les mêmes préoccupations. On ne cherche pas à avoir des ministres de l’Intérieur ou à faire une police républicaine. On n’est pas là pour ‘moyenner’ avec le système capitaliste, comme le dit Jean-Luc Mélenchon. »
« Nous voulons construire une véritable organisation révolutionnaire à l’extrême gauche. »

 Sur la "nouvelle génération ouvrière" 
« Ma candidature est là pour mettre du lien entre les différents secteurs qui militent de manière séparée. »
« Quand on regarde la gueule de la classe ouvrière, elle est blanche et racisée, elle est féminine. »
« Il n’y a pas un recul des luttes, mais il y a un recul de la conscience de classes. »
« La spontanéité des masses n’est pas suffisante. »
« Cette élection présidentielle doit être l’occasion de redonner un moral ouvrier, une fierté ouvrière. »
« La jeunesse des quartiers populaires se préoccupe aussi du climat et de l’avenir (…) mais c’est hype quand c’est la jeunesse climat derrière Greta Thunberg mais c’est interdit pour la jeunesse et la génération dite "Adama" [Cf. Collectif La vérité pour Adama Traoré]. »
« Pendant des décennies, on a fait croire que la gueule du marxisme et de la lutte de classes, c’était l’ouvrier de la CGT derrière son camion a gueuler pour en finir avec le plan Juppé. Pour eux, le marxisme, c’est dire que quand tu luttes contre le patriarcat, t’es un woke, quand tu luttes contre le racisme systémique, t’es un woke et t’es un islamogauchiste et un indigéniste. Ils ne comprennent pas que le marxisme c’est la lutte pour l’émancipation de notre camp social, pour en finir avec l’exploitation et l’oppression. »

 Sur la place des paroles contestataires de gauche dans les médias 
« Les gens regardent énormément la télé, qu’on le veuille ou non. »
« Les réseaux sociaux sont aussi très investis par les beaucoup de gens. »
« Il y a des gens qui regardent la télé avec une sorte d’envie et d’autres avec une forme de rage du type “qu’est-ce que l’on va encore dire sur les musulmans ? Sur la classe ouvrière ou les jeunes de banlieue ?” »
« Après mon dernier passage dans Touche Pas à Mon Poste, je sais que j’ai gagné mon intervention dans l’émission : je suis venu en tant que victime parce que tu es menacé de mort et ils ont passé 15 minutes à me déglinguer pour des histoires de drapeau. Leur préoccupation première n’était pas de savoir si j’allais bien ou la condamnation de la montée de l’extrême droite la plus violente… A l’image, même si les gens ne savent pas qui je suis ou s’ils ne sont pas d’accord avec l’intégralité de ce que je dis, il y a pour les humanistes, une solidarité qui naît. »
« Beaucoup d’abstentionnistes me disent que, si j’ai les 500 parrainages, ils voteront pour moi. »
« Au fond, tout le monde sait très bien que le système est verrouillé : c’est pour ça qu’il y a les Gilets jaunes, qu’il y a 80% d’abstention aux élections régionales parce que ça ne va pas changer leur vie ou remplir leur frigo. Même s’ils ont cette conscience de classe ou s’ils ne sont pas révolutionnaire, en lisant entre les lignes, ils voient que je me fais attaquer mais, des Grandes Gueules aux piquets de grève, je ne transigerai pas. »
« La gauche institutionnelle, c’est mon camp mais c’est trahison sur trahison. »
« DSK venait jouer au foot dans notre cité à Sarcelles et après tu vois que c’est un gars qui viole des femmes de chambre et qui truande le fisc : ces gens-là nous ont vraiment bien baladé. »
« Les masses laborieuses ne votent plus et nous, on veut leur redonner du moral pour qu’après la présidentielle, on est la détermination de lutter et de construire une organisation révolutionnaire qui dit que, dans la lutte de classes, on va en découdre avec le système et qu’on ne va pas se contenter de dire “Macron démission” mais que c’est nous qui devons prendre le pouvoir car c’est nous qui produisons les richesses. »
« Au final, qu’on soit noir, arabe ou blanc, lorsqu’on est prolétaire, on est victime de la même exploitation de classe et ce n’est pas Mamadou qui te plonge dans la misère, c’est ton patron pour que lui puisse récupérer des profits. »

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