Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 14 mai 2018

Alain Krivine (NPA) : « Il faut une bonne grève générale qui dure »

Ancien dirigeant de la LCR, il a été candidat à l’élection présidentielle de 1974. Figure historique du mouvement de Mai-68, il a plus récemment participé à la construction du NPA. Alain Krivine est l’invité de La Midinale pour faire un petit tour d’horizon de l’actualité sociale.

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VERBATIM

 

Sur ce qu’il faut retenir de Mai-68
« Je crois qu’il faut transmettre deux choses : pour un immense mouvement spontané, il n’y a pas besoin de parti. Mais pour faire aboutir ce mouvement sur le plan politique, il y a besoin d’un ou plusieurs partis politiques. »
« En 68, il n’y avait pas de parti implanté dans la classe ouvrière. »
« Sur le plan politique, Mai-68 a été un échec. »
« En 68 on scandait ‘dix ans, ça suffit’ aujourd’hui on pourrait scander ‘un an, ça suffit’ »

Sur le mouvement social aujourd’hui
« La liaison du mouvement ouvrier avec le mouvement étudiant est évidente parce que la moitié travaille pour payer leurs études et leurs logements. »
« Le mouvement étudiant est plus faible qu’avant. »
« Le prolétariat est plus gros qu’avant mais il n’y a plus d’usine comme Renault-Billancourt. »
« Les gens ne font plus de différence entre la gauche et la droite, ils sont perdus. »
« Il faut une bonne grève générale qui dure. »

Sur la place du politique dans le mouvement social
« Je crois que les politiques ont leur place mais ils ne doivent pas remplacer les étudiants. »
« Le mouvement jeune est capital à condition qu’il se noue et lie avec le mouvement ouvrier et à condition qu’il garde son autonomie. »
« Les politiques ont à proposer, pas à imposer. »

Sur le rapport luttes / conquête du pouvoir
« Le problème n’est pas de se présenter, c’est de savoir ce qu’on dit. »
« Jamais ça n’a été par des bulletins de vote ou des élections qu’on peut véritablement diriger le pays ou imposer des revendications. C’est par des luttes et des grèves générales. »

Sur la France insoumise
« Mélenchon dort avec le portrait de Mitterrand au-dessus de son lit : c’est un mégalo de première. »
« Mélenchon est plus à gauche que le PCF sur certains points, plus à droite que d’autres sur certains points. »

Sur les européennes de 2019
« On peut avoir des listes mais toujours avec cet objectif de s’adresser à des millions de gens. »
« Je crois qu’on n’a pas intérêt à faire des alliances. »
« On a un problème : on est populaire mais isolé. »

Sur le NPA
« Il faut construire un parti qui est à la fois unitaire, radical, anticapitaliste et internationaliste : c’est ce qui nous sépare de Mélenchon ou d’un groupe comme Lutte Ouvrière - qui a de bonnes idées mais qui est très sectaire - ou d’un groupe comme les lambertistes qui sont à la fois opportunistes et sectaires. »

Sur l’extrême droite en Europe
« Ceux qui bénéficient de la crise du capitalisme c’est l’extrême droite, nationaliste, anti-immigrés et un peu anticapitaliste. »
« C’est plus facile d’être nationaliste, anti-immigrés quand il y a une crise que d’être internationaliste et anticapitaliste. Et c’est là-dessus qu’il faut travailler. »

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Vos réactions

  • Ce type a quelque chose de fascinant.
    Il répète inlassablement les mêmes mantras depuis 50 ans au moins, ne se lasse pas, ne s’interroge pas, ne gagne jamais aucune bataille politique ou électorale, ne représente rien,
    tous les autres partis sont trop ceci ou pas assez cela...Bref : le néant intellectuel .

    pierre93 Le 15 mai à 09:26
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  • Dommage qu’ il n’y ait pas plus d’union entre gens de gauche. On ne peut pas se cantonner a des dogmes fermés qui bloquent chacun dans ses conceptions de la lutte. L-important, c’est la lutte, quelle qu’elle soit et s’exclure d’une victoire possible des luttes sociales sous pretexte que certains sont plus "purs" que d’autres me navre vraiment...le citoyen lambda, moyennement politisé mais avec un coeur bien a gauche ne s-y retrouve plus dans ces différences malheureusement. De plus, ces luttes, il faut les réinventer car le monde bouge constamment. La realite ouvrière d’aujourd’hui n’a plus rien a voir avec celle d’il y a 50 ans. Le capitalisme a rogné le pouvoir de la classe ouvrière et l’a bcp affaiblie. Comment supporter une greve genérale si les propres leaders de la gauche ne peuvent pas se mettre d’accord sur les strategies de lutte de base...Dommage !

    Clotilde Le 15 mai à 22:51
       
    • @Clotilde Le 15 mai à 22:51

      A vous lire j’ai le sentiment que selon-vous il suffirait que des « leaders » de « gauche » s’unissent , pour que le « citoyen lambda » (c’est qui ? ) , « faiblement politisé » (c’est quoi être politisé ?) , descend dans la rue déclenchant ainsi une grève générale.

      Votre conception du champ politique et social me semble pas correspondre à la réalité. Le « citoyen lambda faiblement politisé » auquel vous faites référence est au contraire très politisé. S’abstenir massivement à chaque élection ou voter FN sont des gestes très politiques, même si ce sont de fausses solutions. Penser qu’il suffirait que des « leaders » (c’est qui , c’est quoi ? ) s’unissent pour reconquérir ces citoyens lambdas relève de la croyance. La « pureté » n’a rien à faire en politique, masquer des désaccords de fonds derrières des accords de façade, on a déjà fait le coup aux français en 81 , on en voit le résultat aujourd’hui.

      Gege Le 17 mai à 07:34
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  • Bonjour Je pensez que Mélenchon dormez avec le portrait de Staline.mao.hitler ........ridicule comme argumentation .lE NPA veut tellement prendre la place de France insoumise qu’Il dit n’importe quoi et surtout fait ne. importe quoi

    bob Le 18 mai à 08:48
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