Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 21 juin 2018

Anne Sabourin : « Il faut d’abord rassembler la gauche sociale et ensuite la gauche politique »

Les élections européennes n’ont lieu que dans un an. Pourtant, elles font déjà l’objet d’âpres discussions à gauche. Au PCF, un appel à été lancé pour rassembler toute la gauche - hors PS - et présenter des listes communes. Anne Sabourin, responsable du pôle « Europe » au PCF, est l’invitée de La Midinale.

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 Sur la citoyenneté européenne 
« Je me sens européenne et citoyenne du monde. »
« On a besoin de nous unir si on veut changer le monde et le système dans lequel on est. »

 Sur la position du PCF sur l’Union européenne 
« On a toujours été très critique sur la construction européenne telle qu’elle s’est faite. »
« La construction européenne doit se faire au service des populations, des besoins humains et non ceux de la finance. »
« La majorité des Français critique l’Union Européenne telle qu’elle est mais ne considère pas qu’une sortie de l’UE serait la solution. »

 Sur le budget commun de l’UE (Merkel/Macron) 
« Il faut rappeler que le réflexe premier des dirigeants a été de mener des politiques d’austérité qui cassent toutes les politiques de solidarité. »
« Il n’y a rien en terme de contenu, sur les politiques sociales qui pourraient être menées dans le cadre d’un budget de la zone euro. »
« Tous les observateurs savent et disent qu’une crise plus violente va arriver, parce que le niveau de capitalisation financière est encore plus haut qu’en 2008. »
« L’ambition [de ce budget] c’est plutôt de dire ’on va sauver les intérêts des marchés’ et dire aux marchés ‘continuez à spéculer on vous prépare le golden parachute pour la prochaine fois’. »

 Sur ce qu’il faudrait faire en priorité 
« Il faut faire des politiques qui tiennent comptent des besoins humains. »
« Il y a une envie de mobilité, de partage, de rencontrer les voisins. »
« Plutôt que privatiser les services publics de transport, il faudrait avoir une vraie politique de transport européenne. »
« Il nous faut des politiques qui nous fassent nous rencontrer et converger vers le haut. »

 Sur le bilan des eurodéputé-es communistes 
« Nos eurodéputé-es servent à résister, à alerter : ils sont des lanceurs d’alertes. »
« Il y a un rapport de force dans le Parlement européen : il est possible d’obtenir des majorités pour des politiques avantageuses comme ça a été le cas sur le droit des femmes. »

 Sur les élections européennes de l’an prochain 
« Rassembler la gauche aux européennes n’est pas une question de croyance, c’est une obligation. »
« Il y a des débats de fond avec la France insoumise, Benoît Hamon, EELV : ça ne peut pas être le prétexte à ne pas nous accorder sur un certain nombre de propositions communes. »
« Il y a une forme de mur qui se dresse face aux luttes : le mur de Macron et le mur du néolibéralisme européen. Il faut qu’ensemble on soit capable de porter les aspirations [de ces luttes] en France et en Europe pour faire exploser ce mur. »
« Il faut renouveler la gauche à partir des luttes de ceux qui ont sont en train de se battre. »
« Il faut d’abord rassembler la gauche sociale (…) et ensuite la gauche politique. »

 Sur la question migratoire 
« On travaille au quotidien avec les associations pour militer pour l’accueil des migrants. »
« Il y a des Européens qui ne sont pas dans la ligne du rejet. »
« Il y a une bataille idéologique monstrueuse devant nous parce l’extrême droite a marqué des points et a même bénéficié d’un ralliement idéologique de la droite qui s’est radicalisée. »
« Il y a un environnement très hostile à l’accueil des réfugiés. »
« Il y a des mesures à prendre à l’échelle nationale d’accueil, de respect du droit d’asile et de respect des engagements pris au niveau européen (…). Et puis à l’échelle européenne, il faut militer activement pour une répartition juste entre les pays européens. »

 Sur le mot « populaire » 
« Populaire : c’est la vie, l’amour, les rencontres, l’amitié, le rire. C’est les moments de convivialité. C’est dans l’ADN des communistes. »
« C’est le chainon manquant entre la vie normale et la politique. »

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  • Tout ça est bien joli, mais moi aux européennes je n’ai aucune envie de voter pour un parti (le PCF) qui soutient toujours l’infâme TSIPRAS trois ans après sa forfaiture de l’été 2015.

    Bref, le PCF devrait sérieusement clarifier sa ligne, et ce sans aucune ambigüité. Après ça, peut-être, on verra... mais faudrait qu’il se dépêche.

    hopfrog Le 21 juin à 21:17
  •  
  • L’ancien,PCF était eurocritique.

    Celui d’aujourd’hui,sous l’influence du PS et des

    dirigeants,actuels du PCF,est devenu depuis 20

    ans,Eurolâtre,avec les résultats électoraux,proches de 1% en

    2017.

    Pourquoi,changerait il,c’est ce que Brossat,Vieu et Sabourin

    posent,non ?

    Quelqu’un comprend il qq chose aux discours de Brossat,Vieu

    et Sabourin ?

    Que pensent ils de l’UE,surdésiquilibré,vers un

    germanocentrisme aberrant ?

    Maurice Le 21 juin à 23:39
  •  
  • « La majorité des Français critique l’Union Européenne telle qu’elle est mais ne considère pas qu’une sortie de l’UE serait la solution. »

    Ce type d’affirmation n’a pas plus de sens que : « Une majorité de Français ne considère pas qu’une sortie du capitalisme serait la solution. », « Une majorité de Français ne considère pas qu’une sortie de la 5ème république pour une 6eme république serait la solution », « Une majorité de Français ne considère pas que la sortie du nucléaire serait la solution », etc , etc, etc...

    Comme si il existait « Une solution » capable de tout résoudre , comme si un parti qui se revendique révolutionnaire, devait se conformer à la pensée dominante, la pensée unique ou supposée comme telle .

    l’EU qu’il faut distinguer de l’Europe est une construction politique, une institution politique, dont la doxa est l’ordolibéralisme . Doctrine qui apparue en Allemagne dans les années trente, sa « règle d’or » : l’etat ne doit pas intervenir dans l’économie, il faut laisser faire le marché, d’où entre autre l’indépendance de la BCE vis à vis du politique. Le respect de cette doxa par les institutions de l’EU est la condition exigée par les Allemands pour leur entrée dans l’EU . C’est à ce prix qu’ils acceptèrent d’abandonner le mark au profit de son clone : l’euro .

    Le cadre ansi formé par les institutions de l’UE ne permet pas la mise en place d’autres politiques que celles que l’on nous impose aujourd’hui. La question qui se pose n’est donc pas de sortir ou pas de l’UE , mais dès demain car il y a urgence, qu’elle sera le cadre permettant de mettre en place d’autres politiques .

    Dans cette perspective je ne vois pas en quoi refaire « l’union de la gauche » cet à dire mettre en avant les points d’accord et glisser sous le tapis les désaccords, peut permettre d’avancer autre part que dans le mur.

    Gege Le 23 juin à 09:23
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