Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 28 février 2019

Arthur Nazaret : « L’écologisme est la seule idée un peu nouvelle du XXe siècle »

La grande histoire de l’écologie politique des années 70 à aujourd’hui, de celles et ceux qui ont structuré ce mouvement, est racontée par Arthur Nazaret, journaliste politique au JDD, dans « Une histoire de l’écologie politique » (Éditions La Tengo). Il est l’invité de #LaMidinale.

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VERBATIM

 

 Sur ce que recouvre le terme « écologie » de 1970 à aujourd’hui 
« L’écologie de René Dumont n’est clairement pas celle d’Emmanuel Macron. »
« L’écologie est un concept, une idéologie qui s’est définie au fil du temps, donc forcément le sens du mot a changé. »
« Pour René Dumont, l’écologie, c’est forcément quelque chose qui est antilibéral, probablement anticapitaliste, ce qui n’est pas le cas pour bien des écologistes d’aujourd’hui. »
« L’écologisme est la seule idée un peu nouvelle dans ce siècle si l’on considère que le marxisme, c’est à la fin du 19è et que le libéralisme, c’est un peu la même chose. »
« Contrairement au marxisme et au libéralisme, les écologistes n’ont pas un corps doctrinaire très formé, très clair, très net. Ils n’ont pas de grands penseurs totémiques. »

 Sur la possibilité d’une maison commune de la famille écologiste 
« Le point commun des écologistes, c’est qu’ils se décrivent comme antiproductivistes, ce qui leur permet de se définir et de se différencier. »
« Les écolos disent que, dans un monde où les ressources sont finies, on ne peut pas avoir une croissance infinie. »
« Ce qui lie aussi les écologistes historiquement, c’est la lutte contre le nucléaire. C’est le fil qui a accompagné les écolos durant des années. »

 Sur les écologistes face au TCE de 2005 
« Il y a ceux qui considèrent que le traité n’est pas bien parce que c’est libéral et ceux qui le considèrent aussi, mais qui y trouvent des avancées. »

 Sur les années Mitterrand 
« François Mitterrand n’a jamais été écologiste, ce qui ne l’a pas empêché de s’y intéresser et de l’utiliser. »

 Sur l’indépendance politique des écologistes 
« Le rapport des écolos à la gauche vient d’assez loin. Au début, ils discutent avec la gauche alternative. Pendant longtemps, ils ont un rejet, un dégoût de ce que représente le socialisme. Et, au fur et à mesure, ils vont s’en rapprocher. »
« Ils ont longtemps été seuls parce qu’ils avaient besoin de s’affirmer. »
« Dans toute l’histoire de l’écologie, ils ont souvent été d’accord - voire toujours - sur le corpus doctrinaire mais il y a toujours eu de grosses batailles pour savoir avec qui il fallait faire des alliances. »

 Sur la ligne politique des écologistes aujourd’hui 
« Les écologistes répètent souvent que l’écologie, en soi, est un arbre et donc n’est pas une branche de l’arbre socialiste ou l’arbre de la gauche. »
« Les écologistes ont toujours eu ce besoin de s’affirmer comme une idéologie et un courant de pensée indépendant, ce qui ne les a pas empêchés de faire des alliances. »

 Sur ce que dit le départ de Nicolas Hulot du rapport de l’écologie et du gouvernement 
« Nicolas Hulot a fait le constat que l’écologie n’était pas soluble dans le libéralisme. »
« On s’aperçoit petit à petit que la politique d’Emmanuel Macron n’est pas compatible avec les aspirations des écologistes. »

 Sur la victoire et les échecs des écologistes 
« [À l’échelle de leur histoire], il y a une victoire culturelle et une défaite politique des écologistes. »
« Les écologistes ont imposé leurs thèmes mais ça n’est pas pour autant que leur politique est appliquée. »

 Sur l’opportunité d’un parti politique écologiste 
« Les écologistes disent qu’ils que les écologistes sont peut-être les mieux placés pour faire de l’écologie. »
« Le pari de Nicolas Hulot, c’était de décloisonner l’écologie et d’aller là où ça se passe, il faut aller dans le parti majoritaire pour convaincre. Il a vu que ça n’avait pas marché. »
« Tout au long de l’histoire de l’écologie, beaucoup de partis se sont dit écologistes (…) mais historiquement ce que l’on constate aujourd’hui c’est que les seuls qui ont subsisté, le seul fil rouge entre guillemets, c’est le parti Vert. »
« Jean-Luc Mélenchon n’était pas sensible à la base [à la question écolo] (…) mais il s’est converti en fréquentant Marie-Noëlle Lienemann, et dès les années 80, il fait des textes aux congrès qui sont des textes très écolos et très en avance par rapport à ce que pense la majorité des socialistes de son temps. »
« La conversion écolo de Jean-Luc Mélenchon est extrêmement sincère. Aujourd’hui, ça n’est peut-être pas le thème qu’il met le plus en avant. »
« Mélenchon n’entretient plus de bonnes relations - et c’est un euphémisme - avec les écolos. »

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  • rappelons qu’il est absolument impossible de faire une politique écologique dans le cadre du libéralisme et de l’économie de marché. EELV est un parti de tartufes carriéristes qui se contre-foutent de l’écologie et refuse d’instaurer le Socialisme en France au profit de la soumission à l’Union Européenne.

    pwetpwet Le 1er mars à 14:29
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  • Nous sommes tous écologistes. L’écologie n’est pas une idéologie, point d’application d’une opinion ou d’une croyance, mais une science, fondée sur des critères objectifs et sur leur analyse rationnelle. Elle ne saurait être la référence d’un discours partisan. L’idée qu’il puisse y avoir un parti écologiste est en elle-même absurde, comme le serait celle d’un parti mathématicien ou d’un parti juridique.

    Glycère Benoît Le 1er mars à 15:23
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