Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 22 septembre 2021

Aurélie Trouvé : « La gauche est en forme »

Aurélie Trouvé est porte-parole d’Attac. Elle vient de publier Le bloc arc-en-ciel : pour une stratégie politique radicale inclusive aux éditions de La Découverte. Elle est l’invitée de #LaMidinale.

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...ET A LIRE

 Sur la radicalité  
« La radicalité c’est l’idée de remettre en cause les racines du système. »
« La radicalité que l’on défend n’a rien à voir avec celle d’un Zemmour ou d’une Le Pen qui ne veulent pas remettre en cause les racines du système. Ce qu’ils veulent faire c’est approfondir le système tel qu’il existe. »
« Nous voulons changer les racines du système pour qu’il réponde aux urgences sociales, écologiques et démocratiques. »
« Il y a un besoin de radicalité. On ne répondra aux enjeux actuels sans radicalité, sans remise en cause des racines du système. »
« Il faut répondre aux aspirations qui ont été exprimés dans les différentes mobilisations de ces dernières années - des Gilets jaunes aux féministes en passant par les mobilisations pour le climat. »
« Les mouvements sociaux portent la radicalité en eux. »
« Le quinquennat de François Hollande a galvaudé la gauche par manque total de radicalité. »

 Sur la primaire écologiste 
« Yannick Jadot se place dans une perspective d’aménagement à la marge du système qui me semble inopérante face aux enjeux écologiques. Quand il dit qu’on peut faire avec l’économie de marché et la libre entreprise, il se plante complètement. Il faut s’attaquer frontalement aux intérêts des multinationales en les régulant drastiquement et faire reculer l’économie de marché en s’attaquant au capitalisme. C’est l’inverse de ce qu’il dit. »
« Sandrine Rousseau porte une vision de radicalité et de remise en cause du système. »
« Jadot et Rousseau portent deux visions de l’écologie politique très différentes. »

 Sur le bloc Arc-en-ciel 
« Il faut créer du collectif et ça passe par des luttes communes entre les mouvements sociaux et ce qui relève des partis et mouvements politiques - comme ce fut le cas dans le mouvement des retraites ou dans les mobilisations contre l’extrême droite. » 
« Il y a un besoin de sortir d’une défiance mutuelle : d’une part des mouvements sociaux vis-à-vis des mouvements politiques qui est d’ailleurs une défiance plus générale de la population vis-à-vis de la politique et d’autre part il y a besoin du côté des partis politiques de sortir de l’idée d’instrumentalisation ou d’indifférence vis-à-vis des mouvements sociaux. »
« Il faut repenser un appareil politique qui inclut les aspirations des mouvements sociaux. »

 Sur l’articulation du politique et du social  
« Je prône l’autonomie des organisations syndicales et associatives ce qui n’empêche pas les luttes communes. »
« Il y a un paradoxe. Il y a d’un côté les mouvements sociaux qui depuis dix ans sont relativement forts ; il y a aussi des idées de gauche assez fortes dans la société ; et pourtant, côté offre politique, sur le plan électoral, on a des difficultés à voir aux prochaines élection - pour l’instant - une force qui l’emporterait et qui changerait société. »
« Les mouvements sociaux, par leur créativité et leurs alliances, peuvent irriguer les organisations politiques. »
« Quand je parle de bloc arc-en-ciel, il y a le rouge des traditions syndicales communistes, le vert des mouvements écologistes, le violet des féministes, le jaune des insurrections populaires, et le multicolore des luttes antiracistes, LGBT+ : et cette alliance arc-en-ciel se construit en ce moment dans les mouvements sociaux et sil faut espérer que ça irrigue le politique - au sens électoral. »

 Sur le passage du social au politique  
« Il manque des luttes communes et une réelle transformation des appareils politiques. Ça n’est pas parce qu’il y a quelques personnes issues des mouvements sociaux qui vont vers les appareils politiques que ça change l’appareil politique. »
« Ça n’est pas que de la faute des partis politiques, il y a aussi un problème des mouvements sociaux avec ce rejet ou cette idée que la politique au sens électoral serait mal et pourrie, cette idée du ‘tous les mêmes’. »

 Sur la question démocratique  
« Je porte beaucoup l’idée du tirage au sort. »
« Il y a un tas d’expérimentation démocratique dans les différentes mobilisations sociales et il faut pouvoir s’en inspirer. »
« Je fais aussi la critique des mouvements gazeux. Il faut pouvoir savoir qui est élu, par qui et qui représente qui - y compris quand c’est du tirage au sort. »
« Dans les mouvements gilets jaunes et d’autres, il y a eu des expériences extrêmement intéressantes du point de vue du processus démocratique. »

 Sur le triptyque ‘planifier, relocaliser, socialiser’ 
« Il faut partir des besoins sociaux et écologiques et les définir démocratiquement. Il faut partir ensuite sur les objectifs liés à ces besoins. Et mettre en place les instruments d’une politique publique. C’est la planification. »
« Il y a de quoi converger sur un programme commun radical. Le levier, c’est la planification parce qu’on ne fera pas sans vision de long terme où la puissance publique a un rôle central mais pas unique. L’autre levier est celui de la relocalisation : c’est l’idée de répondre à ce besoin de territoire mais aussi de s’extraire des marchés internationaux et de renverser la question du protectionnisme en lui préférant celle de la relocalisation. Enfin, le dernier levier est celui de la socialisation. Il y a besoin de faire reculer la frontière de l’économie de marché. »

 Sur les batailles gagnées, oubliées 
« Dans les dernières mobilisations victorieuses, de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes en passant par la ferme des mille vaches ou Europacity à Gonesse, on a vu une autre manière de faire et d’être ensemble et de faire société. Dans ces mobilisations, il y a des alternatives qui sont mises en avant et en ce sens, on n’est pas que dans la résistance. »
« Il y a de quoi puiser tout un programme dans les mouvements sociaux. »
« Il y a dans les mouvements sociaux, au-delà des idées mises en avant, ce que j’appelle la complémentarité des tactiques : du lobbying au plaidoyer en passant par les manifestations classiques, le sabotage jusqu’au piquet de grève et aux jets de robes d’avocats - ce qui s’est fait dans le mouvement des retraites -. Il y a eu l’idée dans toutes ces mobilisations qu’on était riches de notre diversité de tactiques, sans jugement. »
« Dans le mouvement des retraites, j’ai trouvé qu’il y a eu un grand pas qui a été fait de complémentarité et de respect des tactiques de chacun. »

 Sur les espoirs de la gauche 
« Il faut irriguer les partis politiques et les forces électorales de ce qu’il se passe dans la gauche sociale. »
« La gauche est en forme. »
« Dire que la France est à droite arrange la droite mais je suis convaincue que c’est faux, notamment du point de vue des idées, de la gauche prise au sens large. »
« J’espère que la gauche a encore une chance de victoire. »
« Il ne faut pas faire l’impasse sur 2022. »
« Il y a une reconstruction longue de la gauche. »
« Le renouvellement de la gauche va venir de ce qu’il se passe dans les partis politiques actuellement et dans les mouvements sociaux et de notre capacité à faire ensemble. »

 Sur la possibilité de son engagement politique 
« Pour l’instant, je suis porte-parole d’Attac et donc je m’en tiens à mon mandat dans mon organisation. »
« Je n’exclue pas l’engagement politique lorsque j’aurai quitté mon mandat à Attac. »
« Je tiens pour l’instant au respect de mon mandat. »

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