Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 29 mai 2020

Aurélie Trouvé : « Le gouvernement va vouloir faire taire les voix sociales qui s’opposent à lui »

Cette semaine, une trentaine d’organisations parmi lesquelles Attac France, la CGT, Greenpeace, Oxfam France, l’UNEF ou encore la Confédération paysanne ont lancé un plan de sortie de crise avec 34 propositions chiffrées et financées. Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France, est l’invitée de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur la méthode de travail entre organisations  
« La méthode, c’est déjà de prendre le temps : ça fait plusieurs mois qu’on discute ensemble. »
« On est des organisations donc on respecte la démocratie interne. Ca veut dire qu’il faut aussi prendre le temps avec nos instances. »
« Il y a eu beaucoup de respect et d’écoute. Et des amitiés qui se sont formées au fur et à mesure du temps. »
« On a commencé avant la crise avec les mouvements retraites, le mouvement climat et les gilets jaunes. Des mouvements anti-système. On est parti sur des bases radicales et systémiques. »
« On voulait répondre concrètement au slogan fin de vie / fin du mois. Les préoccupations de fin du monde et de fin du mois doivent être abordées ensemble. »
« On se bat pour un même système qui articule les exigences sociales, écologiques et démocratiques. »
« La crise a accéléré notre démarche. »

 Sur les retours des partis politiques  
« Notre initiative est partie d’une tribune qui avait été soutenue par tous les partis de gauche et de l’écologie. On les a invités à un dialogue avec nous. On refera une discussion au mois de juin avec eux. »
« L’objectif, c’est que les politiques se saisissent de nos propositions. »
« Nous aussi, on fait de la politique et on n’est pas uniquement dans un rôle d’interpellation. On a une légitimité, avec nos expertises, à faire des propositions en commun. D’autant que nous avons été capables de dépasser nos cultures et nos approches différentes. »
« Nous tenons à notre autonomie et notre indépendance… ce qui ne nous empêche pas de dialoguer de manière saine avec les partis politiques qui partagent nos idées. »

 Sur l’hôpital public et le plan d’urgence 
« Je suis sûre que la mobilisation va se poursuivre. Je pense que c’est sur les hôpitaux et la santé pour tous que nous allons mobiliser dans les semaines et les mois à venir. D’autant que la santé a une dimension environnementale très forte. »
« Parmi les causes avancées de cette pandémie, la déforestation a favorisé le passage des virus des espèces animales à l’espèce animale. »
« Il faut des masques gratuits, des tests pour tous, des services aux personnes dépendantes : nous allons appeler tous ensemble à se mobiliser le 16 juin, en s’appuyant sur les soignantes et les soignants qui sont en première ligne. »
« Il est temps non pas d’applaudir les soignants mais de les soutenir. »
« Le temps n’est pas venu à la cohésion nationale ou de tracer un trait sur les responsabilités : au contraire, il est temps que les responsables de ce désastre partent. »
« Les responsables de ce désastre ne sont pas qualifiés pour dessiner le monde d’après. »

 Sur l’Etat d’urgence sanitaire  
« Ce qui pose problème, c’est que l’Etat d’urgence sanitaire est prolongé bien au-delà de ce qu’il faudrait. »
« Ce gouvernement ultra libéral est en train de poursuivre son rouleau compresseur et de fabriquer un choc ultra libéral beaucoup plus important qu’avant en profitant de cette crise. »
« Le gouvernement va avoir besoin d’une dimension autoritaire très forte. Il va vouloir faire taire les voix sociales qui s’opposent à lui. »

 Sur la proposition d’une hausse des salaires 
« Ça demande un vrai dialogue et une vraie prise en compte des représentations de salariés. Ce qui n’a pas été le cas pour les retraites. Et pas d’un gouvernement qui s’agenouille devant le MEDEF. »
« Il y a une mesure toute simple d’abord : il faut augmenter le SMIC. »
« Il faut rehausser les salaires dans la fonction publique et rattraper le retard du gel de l’indice. »
« Si l’on veut relancer la demande vers les services, il faut aussi du pouvoir d’achat des classes moyennes et précaires. »
« Ce que veut le gouvernement est absolument anti social mais aussi inefficace sur un plan économique. »

 Sur le financement des 34 propositions  
« On peut dégager plusieurs dizaines de milliards d’euros via une fiscalité plus juste et redistributive. »
« Il faut un ISF rénové, une taxe sur les transactions financières efficace, une suppression des niches fiscales inutiles. »
« Nous plaidons pour un pôle public bancaire qui draine l’épargne populaire et qui permette de financer les besoins sociaux. Il est temps de resocialiser une partie du secteur bancaire pour que le financement se fassent en faveur des besoins sociaux. »
« Il faut que la BCE arête d’injecter des centaines de milliards d’euros sur les circuits financiers en alimentant la spéculation financière. Il faut remettre à plat la politique monétaire européenne. »
« Il faut que la BCE annule une partie de la dette publique. Cette idée fait son chemin, pas seulement chez les économistes de gauche et altermondialistes. »

 Sur les relocalisations d’entreprise  
« Je suis à fond pour la relocalisation solidaire mais on n’a pas pu tout traiter dans ce plan de sortie de crise. »
« On veut que ce plan de sortie de crise soit évolutif. Il est non figé, non ficelé, il est tout à fait partiel. »
« La relocalisation et la démondialisation sera certainement aussi quelque chose qui sera utilisé par l’extrême droite donc il s’agit bien de montrer qu’on n’est pas dans le même jour d’après que l’extrême droite et que la solidarité internationale - très présente dans notre plan de sortie de crise - est centrale. »

 Sur le combat féministe  
« Je soutiens la démarche de Anne Soupa. »
« On ne peut pas avoir une gauche, une gauche sociale et politique, qui se dit féministe sans une représentation équilibrée, à parité, entre les femmes et les hommes dans toutes les responsabilités symboliques et institutionnelles. »
« Je plaide pour la parité stricte et ça commence par chez nous, à gauche. »
« Je n’en peux plus de discuter qu’avec des hommes quand il s’agit de discuter avec des représentants syndicaux, associatifs et surtout politiques. »
« Je pense qu’on porte avec nous des siècles de domination patriarcale. »
« Il y a en ce moment des contre réactions aux mouvements féministes qui se sont développés. »
« Dans le mouvement des retraites, les mouvements féministes n’ont jamais été aussi présents. »

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