Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 30 novembre 2020

Aurélien Beaucamp : « Il y a une discrimination institutionnalisée des personnes porteuses du VIH »

Demain 1er décembre, c’est la journée de lutte contre le Sida. En pleine crise sanitaire du Covid, où en est la lutte contre le VIH ? Aurélien Beaucamp, président de l’association AIDES, est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur l’évolution du VIH 
« On est à un moment où on sait qu’on peut mettre fin à l’épidémie d’ici 2030 même si on aura pas de vaccin. »
« On a des traitements qui sont très efficaces aujourd’hui. »
« Si demain on dépiste toutes les personnes qui ignorent leur statut sérologique et qu’on les met toutes sous traitement, on va arriver à la fin de l’épidémie. »
« On a tardé à agir en conséquence. »
« La lutte contre l’épidémie est devenu un combat politique. »
« Une personne qui vit aujourd’hui avec le VIH ne transmet plus la maladie à partir du moment où elle a un traitement. »
« 700.000 personnes dans le monde meurent chaque année des suites d’une complication liée au VIH. »
« Il y a 6200 contaminations chaque année en France. »

 Sur la PrEP 
« La PrEP est arrivé en 2016 et ça a été un de mes premiers combats lorsque je suis devenu président d’AIDES. »
« Il s’agit de prendre un traitement, sous forme de pilules, avant d’être exposé aux risques : ça révolutionne la palette d’outils de prévention qu’on a à notre disposition avec le dépistage, le préservatif, le traitement. »
« Au départ, c’était réservé aux populations les plus vulnérables. »
« Le déploiement de la PrEP ne s’est pas fait à la hauteur. »
« Aujourd’hui, après quatre ans d’existence, on traine encore la patte avec seulement 25.000 ou 30.000 personnes sous PrEP et 95% de personnes gays ou bi. »
« Il faut qu’on arrive à toucher d’autres populations, notamment les plus vulnérables, comme les migrants par exemple. »
« On n’a pas eu de campagne nationale pour parler de la PrEP ou de l’indétectabilité. »
« Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et qu’il continue de manière plus poussive ses messages de prévention. »

 Sur VIH et Covid 
« Pour le Covid, on a fait comme si rien n’avait existé. On n’a pas pris en compte l’expérience des différentes pathologies et épidémies qu’on a pu avoir auparavant - même si on se rappelle de ce qu’il s’est passé. »
« Les populations qui ne vont pas bien à la base, vont encore moins bien aujourd’hui. On rajoute de la discrimination à la discrimination et de la précarité à la précarité. »

 Sur les discriminations et la sérophobie 
« Quand on traite de VIH ou d’hépatites, il faut aussi traiter de la lutte contre les discriminations. »
« Les migrants, les travailleurs du sexe ou les usagers de drogue se trouvent aujourd’hui plus encore mis au ban de la société. »
« Il y a un système de discrimination en France qui est presque institutionnalisé. »
« Autant le VIH n’est plus une maladie mortelle, c’est une pathologie chronique, autant la vision d’une personne qui vit avec le VIH n’a pas changé : il y a une culpabilisation. »
« La sérophobie est présente dans la famille ou au travail. Certains métiers sont fermés aux personnes qui vivent avev le VIH : les métiers de l’armée, les pompiers. Beaucoup des métiers de la fonction publique. »
« Quand vous avez le VIH vous avez des surcotes dans les assurances ou les emprunts. C’est une discrimination institutionnalisée. »

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