Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien, Pierre Jacquemain | 3 juin 2020

Azzedine Taïbi : « Le comportement des policiers en France est le même qu’aux États-Unis »

Solidarité autour de la famille Traoré, quartiers populaires, ouverture des écoles et inégalités, déconfinement, municipales : on fait le point avec le maire de Stains (Seine-Saint-Denis). Azzedine Taïbi est l’invité de #LaMidinale.

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UNE MIDINALE À VOIR...

 

ET À LIRE...

 Sur le rassemblement pour Adama Traoré 
« La prise de conscience date depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, et le confinement a sans doute donné un coup d’accélérateur à la mobilisation. »
« Les violences policières sont extrêmement graves et sont souvent vis-à-vis des populations des quartiers populaires. »
« La mobilisation donne un peu de baume au cœur et donne une nouvelle perspective qu’il faudra continuer à construire. »
« Le comportement des policiers en France est le même que celui que nous connaissons aux Etats-Unis. »
« On ne peut pas laisser passer cette violence policière qui, derrière, caractérise une violence institutionnelle, sur des bases de racisme et de justice sociale. »
« Il y a un eu hier un appel à ce que la République reconnaisse tous ses enfants. »

 Sur la ville de Stains 
« La situation sociale de Stains s’est dégradée. »
« Il y a une mobilisation citoyenne qui commence à prendre forme à Stains, y compris avec des revendications tournées vers la justice sociale ou les questions de bien vivre ensemble. »
« Les quartiers populaires restent stigmatisés et ont d’ailleurs payé un lourd tribut pendant le confinement. »
« J’ai déposé plainte contre l’Etat pour rupture d’égalité. »
« La République est en échec en Seine-Saint-Denis. »

 Sur la faible réouverture des écoles en Seine-Saint-Denis 
« Le nombre de décès sur mars-avril-mai 2020 par rapport à l’année dernière a quadruplé. »
« Les conséquences sur les habitants de nos villes ont été dramatiques - ils étaient souvent ces travailleurs en première ligne. Il y a une envie de la part des citoyens d’envoyer leurs enfants à l’école. »
« La situation du décrochage scolaire est terrible dans nos villes mais on n’a pas découvert le décrochage depuis le confinement. »
« J’ai fait le choix de ne pas ouvrir l’ensemble des écoles. »
« J’ai des écoles qui ne sont pas adaptées à la mise en place des gestes barrières. »
« Ce que je demande c’est des moyens conséquents pour l’éducation. »
« Je prépare une rentrée scolaire pour septembre. »

 Sur les alternatives locales 
« J’essaie d’apporter des actions et des projets pour la réussite éducative. »
« 60% de mon budget communal est dédié à l’enfance et à la jeunesse. »
« Parfois je suis obligé de me substituer à l’Etat sur les moyens financiers mais aussi sur les moyens humains. »
« Aucun enfant à Stains n’est abandonné. On a réalisé un suivi sur les enfants décrocher avec l’académie et les services de la ville. J’ai demandé aux équipes d’aller sur le terrain. On a aussi équipé 500 familles de tablettes numériques. »
« Il faut que l’État mette des moyens conséquents dès la rentrée scolaire. C’est la priorité. »

 Sur les municipales et les mairies communistes 
« Sur le cas de Saint-Denis, j’aurais aimé qu’il y ait un accord et on était pas loin de l’avoir entre la FI et le PCF. »
« Ce qui est regrettable c’est que souvent l’absence d’accord repose sur pas grand chose. Des postures personnelles ou des égos. »
« Certains ont tout intérêt qu’il n’y ait pas d’accord ; »
« Ça me ferait mal au cœur que la ville de St Denis bascule. »
« La politique de Mathieu Hanotin [candidat socialiste à Saint-Denis] n’est pas une politique de gauche. »
« Les conséquences de ces divisions ne sont pas seulement celles des états-majors mais aussi celles des quartiers populaires où les populations sont en grandes difficultés. On a besoin de politiques sociales innovantes dans ces villes. »

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  • Je pense que c’est honteux de laisser se banaliser le terme de "décrocheur" qui ne sert qu’à rendre les enfants responsables de leur échec scolaire ... Même plus que "responsables" : comme si le "décrochage" était leur projet ! Du coup, si le problème est celui d’une psychologie enfantine rétive au savoir et aux apprentissages ... Ce n’est même plus la peine d’interroger l’institution scolaire sur ses critères et ses méthodes : "la continuité pédagogique made in Blanquer est un succès" et "le télé-enseignement le support incontournable de toute innovation pédagogique" : chacun pour soi chez soi et La Main Invisible partout pour tous. Alleluia !

    Frédo Le 3 juin à 19:04
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