Accueil | Entretien par Pablo Pillaud-Vivien | 20 février 2020

Benjamin Amar : « Il serait absurde de dire que le mouvement social s’essouffle »

Dixième journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites. Où va le mouvement ? Le gouvernement peut-il tenir ? Benjamin Amar, membre de la direction nationale de la CGT, est l’invité de #LaMidinale.

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 Sur la situation sociale 
« Il serait absurde de dire que le mouvement social s’essouffle. »
« Les agents qui se sont tapés deux fiches de paie à zéro euro commencent fatalement à tirer la langue. »
« On est dans une période de congés donc on est dans une période de creux. »
« Sans doute que les effectifs ne seront pas les plus importants par rapport à ceux qu’on a connus mais qu’importe, la mobilisation est toujours là et, à la rentrée, d’autres secteurs vont entrer dans la lutte. »
« La mobilisation va se cristalliser dans le débat parlementaire et s’ajouter à la mobilisation de la rue. »
« Il y a de quoi amplifier plus encore les manifestations. »
« On est au cœur de la bataille et le gouvernement a énormément de plumes à perdre là-dedans. »

 Sur la possibilité d’un retrait de la réforme 
« On est toujours persuadé qu’on peut gagner le retrait de la réforme. On a énormément de Français qui sont derrière nous. »
« La situation ne cesse d’évoluer : le gouvernement fait des choses hallucinantes. »
« Dans le projet de loi, il y a un âge pivot systémique. »
« Le gouvernement nous avait dit que la valeur du point serait indexée sur les salaires et le gouvernement opère un rétropédalage en nous parlant de valeur indexée sur un indice du revenu d’activité qui n’existe pas. »
« Il n’est écrit nulle part dans le projet de loi qu’il doit y avoir une retraite minimale à 1.000 euros, contrairement à ce qu’avait annoncé le gouvernement. »

 Sur le débat parlementaire 
« L’opposition de gauche fait entendre sa voix et je leur fais confiance pour éclairer le débat public. »
« Il y a besoin d’un relai entre le débat parlementaire et les manifestations. »
« Sous prétexte qu’il y aurait eu trop d’amendements, on sent la majorité vouloir court-circuiter le débat parlementaire. »
« La majorité va tout faire pour faire de l’enfumage et allumer des contre-feux : on le voit avec Emmanuel Macron qui lance le débat sur le séparatisme islamiste. »
« Quand une situation sociale devient problématique, on bascule vers l’identitaire. »

 Sur la conférence de financement 
« La CGT a dit qu’elle attendait de voir si ses propositions étaient retenues. Si elles ne le sont pas, la CGT ne reviendra pas. »
« Traditionnellement, la CGT ne pratique pas la politique de la chaise vide et on accepte de mettre les mains dans le cambouis pour faire avancer les choses. »
« Il faut dire aux Français qu’on a joué la carte de la confrontation mais que ces négociations ne sont qu’un simulacre. »
« On ne peut pas passer notre temps à accréditer l’idée que le gouvernement ouvre le dialogue. »
« La CGT a d’autant plus raison que cette conférence de financement est une impasse. Même ceux qui ont accepté cette conférence ne sont d’accord sur rien. »
« Cette conférence va lamentablement foirer. »
« La CGT va proposer une contre-conférence de financement avec des propositions solidaires : l’égalité salariale femmes/hommes (c’est entre six et sept milliards dans les caisses des retraites), l’élargissement de l’assiette aux dividendes versées aux actionnaires (c’est 14 milliards dans les caisses de retraites) notamment. »

 Sur l’état de la démocratie 
« Les libéraux et les macronistes ont une responsabilité évidente dans la situation : nous sommes un pays marqué par des tensions sociales et politiques très fortes. »
« Nous faisons face à un gouvernement tenté par la stratégie de l’intimidation et du musellement. Il cherche tous les prétextes pour intimider et faire taire les oppositions. »
« Pour la première fois en France et dans la plupart des démocraties, avec les gilets jaunes, on s’est retrouvé avec des gens éborgnés, des gens avec des mains arrachées et une répression policière et judiciaire incroyable. »
« On a des signaux faibles hallucinants comme le fait que le compte Twitter du Syndicat des Avocats de France ait été supprimé. »
« Il y a quelque chose d’incestueux dans les rapports entre les pouvoirs. »
« Il est temps que le pouvoir en place réalise l’état de la situation mais je reste très sceptique. »

 Sur la mobilisation du 8 mars prochain, journée internationale des droits des femmes 
« Le gouvernement ne rate jamais une occasion d’être odieux : il a osé dire pendant des mois dire que cette réforme était bonne pour les femmes. »
« La réforme sur les retraites est une réforme scélérate pour les travailleurs mais elle est encore pire pour les travailleuses : elle amplifie toutes les inégalités pendant la carrière. »
« Le 8 mars ne sera pas une date gadget, c’est une date cruciale. »

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