Accueil | Par Pablo Pillaud-Vivien | 23 janvier 2018

Benjamin Coriat : "On ne peut pas faire confiance à l’investissement privé."

Au lendemain de la grand-messe des patrons mondiaux réunis par Emmanuel Macron à Versailles et alors que le président se rend aujourd’hui au Forum économique de Davos, Benjamin Coriat, membre du collectif des Economistes Atterrés, est l’invité de la Midinale. Et il est assez dubitatif quant à la politique économique menée par l’actuel gouvernement...

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 Sur la présidence d’Emmanuel Macron 
« Macron se présente comme fondé de pouvoir de quelque chose qu’il considère comme l’entreprise France. »
« L’entreprise France, ce n’est plus un pays, c’est un ensemble d’entreprises qu’il faut faire fonctionner. »
« Il n’y a plus de politique industrielle, il n’y a plus de politique locale. »
« J’ai les plus grands doutes qu’il y aura des investissements privés et qu’ensuite cet investissement privé aura des effets positifs. »

 Sur la réunion des chefs d’entreprise à Versailles 
« Ce qui s’est passé à Versailles, la cour effrénée faite aux investisseurs même les plus immoraux comme Google, Apple… qui ne paient pas d’impôts, au lieu de les admonester, on va dans le sens du poil. »
« Ce n’est pas seulement de la com’, c’est le cœur de sa politique. »
« La grande annonce [de créations d’emplois par] Toyota à Onnaing, c’est la continuité d’un investissement qui avait été fait au moment des 35 heures. »

 Sur l’état économique de la France 
« La croissance est annoncée à 1,8 – 1,9, c’est-à-dire un peu mieux que par le passé mais ça reste dérisoire. Et en plus, on est très inférieur à la moyenne mondiale et inférieure à la moyenne européenne. »
« Quelques pourcents des plus riches vont récupérer 42% de la dépense fiscale. »
« La grande année de l’attractivité française, c’est 2016, à l’époque de Hollande. »
« Il y a un transfert d’argent public au profit des entreprises. »
« Le taux de distribution des dividendes, donc des profits, n’a jamais été aussi haut. »

 Sur la transition écologique 
« Prenez la transition énergétique et écologique. Il n’y a rien de plus important pour les 25 prochaines années. L’investissement de l’Etat est dérisoire dans ce domaine par rapport aux dons faits aux entreprises en espérant que les entreprises la feront. »
« On ne peut pas faire confiance à l’investissement privé. »
« On dit que l’Etat n’a pas d’argent quand il s’agit d’investir ou de dépenses sociales. Quand il s’agit de transfert aux entreprises, on a tout l’argent que l’on veut. »

 Sur le Forum économique de Davos 
« Comme d’habitude, il ne va rien sortir de Davos. »
« Davos est une espèce de grand think tank en faveur de la mondialisation libérale. »
« Trump est un produit du chaos mondial. »

 Sur les alternatives 
« En même temps qu’on assiste aux attaques du néolibéralisme, on voit poindre sa fin. »
« Les Etats-Unis ne sont plus capables de produire des dirigeants ayant des visions. »
« A travers le mouvement des communs, on a l’alternative pour demain. »
« Sortir par le haut de Notre-Dame-des-Landes, c’est d’en faire un commun. »
« Maintenant, avec les communs, on a une alternative de mobilisation et de concrétisation. »

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  • Bonjour
    Bonne analyse ; dommage que l’auteur ne développe pas plus , particulièrement sur la fin du néolibéralisme.....

    BOB Le 24 janvier à 17:05
  •  
  • Durant l’interview, B. Coriat fait référence à un document produit par des universitaires nantais à propos de l’avenir de NDDL, et l’intervieweur s’engage à ce que le lien en soit mis sur le site de Regards : où est-il ?

    Frédo Le 25 janvier à 12:05
  •  
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