Accueil | Entretien par Pierre Jacquemain | 11 février 2020

Boris Vallaud : « Il est de salubrité publique de trouver un chemin qui nous soit commun à gauche »

En plein débat parlementaire, le Parti socialiste a utilisé son droit de tirage pour demander une commission d’enquête sur l’étude d’impact relative à la réforme des retraites. Boris Vallaud, député socialiste des Landes, est l’invité de #LaMidinale.

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 Sur la commission d’enquête et l’étude d’impact 
« Cette réforme est un piège tendu aux Français à qui on a promis plus de simplicité, plus de lisibilité, plus de justice et moins d’inégalités. »
« Quand on interroge le gouvernement, on se heurte à un mur de silence ou à des explications alambiquées. »
« La représentation nationale n’est pas éclairée comme elle devrait l’être. »

 Sur la place du PS dans les luttes 
« On prend notre place dans la bataille jamais achevée pour la justice avec cette interrogation permanente : est-ce que ce que je fais est juste et pour qui je me bats ? »

 Sur la référendum contre les retraites 
« Derrière cette idée de référendum, nous voulons dire que la souveraineté populaire n’est pas qu’une formule et qu’elle s’exerce soit par ses représentants, soit directement. Dès lors que la capacité à les représenter nous est interdite, il reste l’autre voie. »
« Ce qui est tragique depuis deux ans et demi, c’est le peu de cas pour lequel le Parlement est considéré. »
« La Ve République est à bout de souffle : nous sommes devenus pathologiquement incapables de créer du débat, de fabriquer du compromis, de faire vivre la société dans sa complexité. Et cela s’est doublé d’une pratique personnelle d’Emmanuel Macron qui est unilatérale. »

 Sur la possibilité du 49.3 
« Ce serait le témoignage supplémentaire d’un débat parlementaire escamoté. »

 Sur le PS et les réformes des retraites 
« Tout le monde reconnait qu’il y a un déséquilibre démographique et qu’il y a, dans le même temps, une augmentation de l’espérance de vie. Mais la seule vraie justice, c’est la prise en compte de la pénibilité. »
« On n’est pas égaux devant le temps qu’on va passer en bonne santé à la retraite. »
« Il ne faut pas seulement réparer, il faut aussi prévenir. Le projet ne peut pas être simplement de réparer les cicatrices : c’est de faire en sorte qu’il n’y en ait pas. »
« Dans la contestation qui est la notre de cette réforme, on conteste aussi la réforme de l’assurance chômage. Le lien est patent. 40% de perdants avec moins de droits. »

 Sur l’alternative à la réforme des retraites 
« Il faut plus d’argent pour financer les retraites. »
« Du fait de toutes les réformes qui ont été accomplies, il y aura une baisse du taux de remplacement des pensions avec un décrochage du niveau de vie des pensionnés par rapport aux actifs. »
« On plaide pour que le taux de remplacement du SMIC soit de 100% et pas 85%. »

 Sur la gauche et la démocratie 
« Je suis un peu plus première gauche que deuxième gauche. »
« Je me revendique d’une gauche de transformation plus aujourd’hui qu’hier parce que quand je regarde le monde, je me dis qu’il faut se donner les moyens de reprendre le cours du monde au collet. »
« La démocratie reste le meilleur des régimes. »
« Dérive autoritaire : ça n’est pas mes mots. »
« La question de la souveraineté est importante : on peut se ressaisir de cette notion-là sans ce qui pourrait être une forme de maladie infantile qui serait le souverainiste. »

 Sur l’absence de perspective politique aux luttes 
« Il faut être modeste : l’autocritique doit être partagée par tout le monde. »
« Je regarde ce qu’ont été les élections législatives te européennes : ça rend modeste. »
« Dans l’histoire du PS, il y a des moments de grandes fiertés et d’autres où on n’est pas très fiers. »
« Notre responsabilité, c’est d’avancer des idées neuves. »
« Il faut sortir du confessionnal des dernières années : il faut regarder ailleurs. Ça bouge en Espagne ou au Portugal. »

 Sur le rassemblement de la gauche 
« Je ne crois pas à l’idée des gauches irréconciliables : j’ai souvent constaté des gens irréconciliables. Peut-être parce qu’ils se fréquentent depuis trop longtemps. Et c’est vrai à l’intérieur même des partis politiques. »
« On a des histoires différentes et on a parfois des désaccords profonds. »
« Dans l’intergroupe [sur la réforme des retraites], on a acté qu’on avait des désaccords et on n’a pas essayé de mentir. On n’a pas la même histoire. Mais on a la même aspiration à plus de justice donc on s’est dit : est qu’on est capable de voir ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise ? Et malgré tout, on y est parvenu. »
« On est face à cette conscience partagée : on ne peut pas laisser les Français entre les libéraux et les nationalistes. »
« Je crois plus au socialisme qu’au populisme : le socialisme a quelque chose à voir avec la sociologie. Il saisit la société dans sa complexité. »
« Longtemps, on a raisonné en termes de classes, d’antagonismes de classes, d’alliances de classes mais c’était une façon de dire que le peuple n’est pas ‘un’. »
« Il y a une élite mais le peuple a sa complexité et on a besoin d’en rendre compte. »
« J’ai peur que le populisme ne soit une simplification sociologique et dernière la simplification sociologique il y ait une simplification politique. »
« Comme socialiste, je crois à la nécessité de prendre la société dans sa complexité pou faire émerger du débat, de la contradiction, du désaccord mais de construire aussi du compromis. »

 Sur l’idée des primaires pour 2022 
« Les grands compromis républicains ne se font pas dans la dissolution de ce que sont les uns et les autres. »
« Je suis tellement critique à l’endroit de cette espèce de polarisation qui stérilise tout autour de la présidentielle. »
« Dans le moment que l’on vit, il est de salubrité publique de trouver un chemin qui nous soit commun. »
« Je me balade beaucoup en France : les gens nous disent ‘entendez-vous’. »
« Chacun doit être capable de douter et de s’interroger. »

 Sur l’échec de la social-démocratie 
« Je vois beaucoup de vitalité dans le monde intellectuel. »
« On a raté le tournant de la mondialisation ; on a raté le tournant de la réorganisation du capitalisme ; on a raté le tournant de la question environnementale. D’évidence, c’est une question pour nous : la justice, le partage des richesses, la redistribution. »
« Il faudrait un nouvel Épinay pour la gauche. Après, il ne faut pas vivre dans la nostalgie. »
« Il y a une aspiration a changé de modèle. »

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