Accueil | Par Pierre Jacquemain | 23 mars 2018

Catherine Tricot (architecte) : « Penser le droit à la ville c’est repenser la question sociale. »

Pour l’architecte et urbaniste Catherine Tricot, par ailleurs gérante de la SCOP Les Éditions Regards, les philosophes Henri Lefebvre et André Gorz sont deux des plus grands penseurs qui ont nourri l’esprit de 68. Elle nous explique pourquoi dans La Midinale.
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Sur le philosophe Henri Lefebvre « C’est un philosophe marxiste né en 1901 qui a commencé a adhérer au Parti communiste autour des surréalistes. »

« Il a été un philosophe stalinien. »
« Il est un philosophe marxiste sans doute le plus lu dans le monde. »
« IL a beaucoup d’influence en Amérique du sud et du nord.
« C’est un homme très important dans la pensée de la ville, la pensée urbaine. »
« En 68, il était professeur à Nanterre, ce qui n’est pas complètement un hasard. »
« Avec André Gorz, qui a été un critique du travail Taylorien, Lefebvre a été un critique de la production de la ville technocratique et productiviste. »
« Gorz et Lefebvre sont deux personnes fondamentales pour comprendre l’esprit de 68. »

Sur les métamorphoses de la ville « C’est une période de résorption de l’habitat insalubre, des bidonvilles, du mal logement. »

« À partir des années 54/55, l’Etat Français va prendre en main la question du logement et construire à très grandes échelles ce qu’on appelle les grands ensembles partout où il y avait des terres délaissées, donc loin des centres-villes. »
« Pour Henri Lefebvre, la question de l’habitat a complètement recouvert la question de la ville et que donc on s’est occupé de loger les gens mais qu’on les a écartés des villes. »
« Henri Lefebvre disait : « si on veut se convaincre qu’il existe la classe ouvrière, il suffit d’aller dans les grands ensembles. » »
« Les catégories populaires vont gagner en confort mais elles vont perdre - par cet éloignement de la ville - leur place et leur pouvoir. »

Sur le « droit à la ville » « Le droit à la ville n’est pas simplement le droit à aller en ville. »

« Pour Lefebvre, le droit à la ville c’est surtout la participation des habitants à la construction de la ville. »
« Les villes ont été dessaisies par les entreprises, le pouvoir d’Etat et il a échappé aux catégories populaires et au peuple »
« Lefebvre fait une critique de la ville comme simple lieu de la consommation. »
« On voit de plus en plus d’acteurs privés qui se portent garants auprès des élu-es en leur disant ‘je vais vous fabriquer votre quartier, donnez-nous les clefs et tout va aller très bien.’ »

Sur les classes populaires et la ville « La question, c’est d’abord comment on garde les classes populaires dans la ville. »

« Un des enjeux en région parisienne mais aussi dans les grandes villes françaises, c’est que le logement social le reste mais aussi se modernise, soit au niveau de attentes des catégories salariés d’aujourd’hui. »
« Il faut habiter dans la ville pour influencer le cours de l’histoire. »

Sur la métropole vs ville « Il y a un phénomène mondial de métropolisation, de conurbation très grande, dans lesquels tout ne se vaut pas : être une grande métropole, une grande ville, par exemple les grandes villes d’Afrique - qui peuvent avoir jusqu’à 20 millions d’habitants, ce n’est pas une ville comme Paris dans laquelle il y a du pouvoir de décision, du pouvoir économique. »

« Il y a un phénomène d’agglomération dans les villes et c’est un phénomène qui, je crois, est irréversible parce que c’est dans les villes que se trouvent les richesses les plus grandes : l’enseignement, la culture, la santé. »
« C’est dans le réseau de villes que réside la richesse de la France. »

Sur le vote FN « En région parisienne, le FN a été très puissant dans les années 90 et son influence aujourd’hui est moindre. »

« Plus on est écarté des villes, plus on se sent mis à l’écart et plus ça provoque du ressentiment.’
« La question sociale, ça n’est pas que la question de la répartition de la richesse, c’est la question de son accès, de sa définition, de sa construction. »
« Penser le droit à la ville c’est repenser la question sociale en élargissant le sujet. »

Sur le Grand Paris « La construction du Grand Paris Express est une très grande opportunité. »

« Le Grand Paris est une construction qui pour l’instant n’a pas trouvé de forme démocratique qui s’éloigne des citoyens et de la fabrication démocratique qui seule peut permettre que ça soit une ville qui ne soit pas complètement marchandisée et pour le commerce. »

Sur le métier d’architecte « On est une profession qui a énormément souffert. Pas de 40% des agences d’architectures ont fermé. »

« Il y a une vraie question de disparition des petites agences, de concentration et de leur soumission aux donneurs d’ordres privés. »
« La parole des architectes est extrêmement limitée, muselée par ces enjeux d’accès à la commande qui est de plus en plus liée aux grandes entreprises. »

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