Accueil | Par Pierre Jacquemain | 8 janvier 2018

Cécile Coudriou : "La solidarité est un devoir, il faut cesser de la criminaliser."

Les réfugiés et les migrants seront sans doute, malgré eux, au coeur de l’actualité politique de l’année 2018 avec un projet de loi "asile et immigration" prévu au printemps. Alors que des citoyen-nes se retrouvent devant la justice pour avoir secouru des réfugié et des migrants, on fait le point avec la vice-présidente et porte-parole d’Amnesty International France, Cécile Coudriou.

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Sur le procès de Martine Landry
« Le délit de solidarité n’existe pas. »
« Il y a une injustice totale dans le procès de Martine Landry. »
« Martine Landry a accompli une mission de militante mais aussi une mission qui devrait être celle de l’Etat. »
« C’est symptomatique de la politique migratoire de la France qui consiste à criminaliser l’aide aux migrants. »
« Les citoyens qui viennent en aide à des migrants ne sont pas dans l’illégalité. »
« La solidarité est un devoir. »

 Sur les droits des migrants 
« Il y a une difficulté aujourd’hui à faire changer le regard sur les réfugiés et les migrants. »
« Les migrants aussi ont des droits. »
« La dichotomie migrants/réfugiés est beaucoup plus complexe que ce qui est raconté par les médias et par les politiques. »
« Ce qui nous inquiète le plus, c’est qu’au nom de l’efficacité, on finisse par mettre en péril le droit fondamental de l’asile. »
« Dans les commentaires Facebook comme au plus haut niveau de l’Etat, on a l’impression qu’on n’a pas besoin de venir en France dès lors qu’on ne vient pas d’un pays en guerre. C’est totalement faux. »

 Sur les politiques étrangère et migratoire d’Emmanuel Macron
« Le principe de ‘pays sûr’ est employé de manière totalement excessive. On a même qualifié la Turquie de pays sûr lorsque l’on a fait l’accord UE-Turquie. C’est totalement absurde. »
« M. Macron a eu, non seulement pendant sa campagne mais aussi dans la mise en œuvre de sa politique depuis le début, une réelle volonté d’améliorer l’accueil des réfugiés et de faire en sorte que le droit d’asile ne soit pas remis en cause. »
« Il y a un réel durcissement de la politique avec la volonté plus qu’assumée d’expulser de manière systématique et en masse. »
« L’Etat lui-même est parfois défaillant. »
« Il faut que l’accueil soit fait au cas par cas, soit digne et que l’OFPRA ait des moyens. »
« C’est toujours une bonne chose que le chef de l’Etat vienne sur le terrain constater et parler avec les gens sans tomber dans un discours démagogique. »
« Actuellement, la politique que mène Gérard Collomb manque d’humanité malgré le discours affiché par le président lui-même. »

 Sur la situation des migrants en Europe et dans le monde
« Les pays les plus riches sont ceux qui prennent le moins [de réfugiés] avec l’exception de l’Allemagne mais aussi du Canada. »
« Le Royaume-Uni s’est détourné de ses responsabilités. »
« Il y a un manque de solidarité au niveau européen, notamment vis-à-vis de l’Italie et de la Grèce. »
« Ce n’est pas parce que nous dialoguons avec quelqu’un que nous cautionnons sa politique. »

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  • « Les pays les plus riches sont ceux qui prennent le moins " (sic)
    exemple l’Arabie Saoudite, le Qatar,le Koweit, Bahreïn,Emirats Arabes Unis......
    Cherchez l’erreur.

    buda Le 8 janvier à 14:02
  •  
  • Non au délit de solidarité, relaxe pour Martine Landry !

    Lundi 8 janvier 2018 - Communiqué NPA

    Notre camarade, Martine Landry, militante d’Amnesty International et de l’ANAFE, comparaîtra le 8 janvier 2018 devant le tribunal de grande instance de Nice. Il lui est reproché d’avoir « facilité l’entrée de deux mineurs étrangers en situation irrégulière ». Elle risque jusqu’à cinq ans de prison et 30 000 € d’amende.

    Dans les faits, le 28 juillet Martine Landry récupérait à la frontière deux mineurs que la police italienne venait de renvoyer en France, elle les conduisait à la Police aux frontières avec les documents attestant de leur minorité. Les deux jeunes Guinéens étaient pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance, en application de la loi.

    Quelques jours plus tard, la PAF lui remet une convocation devant le tribunal pour avoir « pris en charge et convoyé pédestrement (?) ces deux mineurs du poste frontière côté Italie au poste frontière côté France ».

    Outre le fait que, contrairement aux allégations de la PAF, Martine Landry affirme n’avoir accompagné les enfants qu’à partir de la frontière française, l’accusation est proprement scandaleuse. Ces deux mineurs avaient été réexpédiés en Italie par la police française, de façon parfaitement illégale, en profitant du fait qu’ils ignoraient leurs droits. Autrement dit, sous Macron, la police a le droit de commettre des actes amoraux et illégaux alors que les citoyens qui agissent en conformité avec l’éthique et les obligations dues aux enfants sont, eux, poursuivis !

    Le NPA dénonce ces pratiques scandaleuses et exige la relaxe de Martine Landry

    Le délit de solidarité n’est pas plus acceptable sous Macron qu’il ne l’était sous Sarkozy !

    Relaxe pour Martine Landry !

    Charles Le 8 janvier à 15:42
  •  
  • Pour l’instant, que ce soient pour Cédric Herrou ou Pierre-Alain Mannoni, la justice a opté pour une condamnation (même s’il y a sursis)... Mais ces 2 cas paraissaient tout de même moins évidents que celui de Martine Landry, qui bien qu’on ne puisse pas éviter de parler "d’action militante" certaine, ne renvoie certainement pas à une aide au passage illicite de la frontière (puisque les 2 mineurs se trouvaient déjà du côté français lorsqu’ils ont été récupérés) ou à la volonté de soustraire des étrangers en situation irrégulière au contrôle de la police (puisqu’elle les a emmené à la PAF)...
    Encore une fois, l’Etat Français se place dans une situation ridicule, voire honteuse... mais bons, c’est pas comme si c’était la première fois.

    carlos Le 8 janvier à 17:27
  •  
  • Hélas !Il n’y a pas que la solidarité qui est criminalisée. jamais il n’y a eu autant de syndicalistes , licenciés ou traduits en justice dans notre belle démocratie... Qu’attend - t-on pour fédérer toutes ces luttes éparses ?

    JHENRY Le 8 janvier à 19:15
       
    • @jhenry - la question que vous posez est celle de la neutralité "politique" revendiquée par les associations ou syndicats qui les empêchent non seulement de designer clairement et de façon assumée les idées qui entravent au quotidien la réalisation de leurs missions, mais aussi de prendre position "collectivement" ou "isolément" contre le camp politique qui les portent au motif que ces organismes doivent pouvoir continuer leurs actions qui que soit au pouvoir...

      Le fait que le nombre de militants associatifs ou syndicaux soit en chute libre ne semble pas constituer un motif suffisant pour poser une interrogation sur le sujet. Ce devrait pourtant être le cas, car enfin, s’il est indéniable que les français se desinteressent de plus en plus de la chose politique, probablement en lien avec la perte de légitimité qu’a connue jusqu’ici une "parole politique", qui lorsqu’elle s’envisageait pour le Bien Général, se trouvait sans cesse mise à mal par des actes contradictoires, il n’en serait pas moins utile de refléchir au fait que les actions factuellement menées au plus près des préoccupations des gens devraient alors "faire sens" d’autant plus aux yeux de ceux qui n’en trouvent plus dans la question politique...

      Pour ma part, je pense que tant que la question de la neutralité politique des associations n’est pas posée, qui selon la façon dont on la pose n’a pas forcément à prendre le clivage droite/gauche comme référentiel, alors celles-ci continueront à supporter des difficultés qu’elles ne se seront pas donner les moyens de depasser...

      Carlos Le 9 janvier à 11:40
  •  
  • Cécile Coudriou traite des conséquences sans se préoccuper des causes. C’est là le traitement caritatif par excellence, inattaquable sur le plan moral. Mais elle ne dit pas un mot sur la question démographique, qu’il est vain et pernicieux de nier.

    Glycère Benoît Le 8 janvier à 23:04
       
    • @glycere - je doute qu’il n’y ait qu’une seule question à poser en terme spécifiquement démographique lorsqu’on évoque les migrations massives de population... Surtout dans le contexte d’un monde soumis à des "tensions" systémiques d’une telle complexité que toute tentative d’explication en devienne relativement "fausse"...

      Au-delà de ce premier désaccord, l’action militante collective qui consiste à défendre les droits humains ne peut pas être réduite au simple aspect purement "caritatif" qui pourrait être à l’origine de tel ou tel engagement personnel, et que vous présentez comme "inattaquable", mais le cas de cette militante est d’abord significatif d’une lutte coordonnée contre la mise en place de "politiques illégales" (parce qu’il faudra bien le redire) car "systématiquement appliquées" par un Etat français qui choisit donc de bafouer volontairement les droits les plus élémentaires et en l’occurrence de nier toute dignité humaine à des gens reconnus en situation de détresse.

      Et ça par contre, les services de l’Etat (mais pas seulement) n’ont aucun scrupule à justifier l’impérieuse nécessité de punir les actions militantes de solidarité humaine organisée visant à faire respecter les droits de l’Homme... La preuve : nous voici devant un nouveau procès à l’initiative d’un État qui cherche par le droit à légitimer une action inhumaine et barbare.

      Carlos Le 9 janvier à 10:42
    •  
    • Bonjour
      A benoit G
      Sur l’explosion démographique, je vous rejoins, mais que faire ,
      Cela est plutôt mal partis, surtout avec les dernières recommandations du Pape.....
      Mais sur le problèmes des réfugiés ou migrants, il n’y a pas que la démographie, il y a plusieurs causes. Changement (ou déréglement) climatique, politiques économique, et social des gouvernements en place, politique impérialiste de la France ou des grandes puissances.....
      Sur , la Syrie, j’ai appris que la sécheresse,est une des causes des révoltes en Syrie. les politiques structural néo libérale , imposée par le FMI sont souvent aussi cause d’explosion sociale, qui ont pour causes de faire augmenter le prix des denrées alimentaires....
      Pour mettre intéréssée un temps , a la question du tiers monde, dans les années 60/70/80, j’ai cotoyé pas mal de gens sur la question:F Partant, Samir Amin (on peut encore le voir et l’écouter) , Chesneaux, Latouche, Cl Deffarge.( série au nom du Progrés)....Jalée "le pillage du Tiers monde"
      Débats sur le développement/ sous développement, politique impérialiste de la France. la Françafrique, avec le travail précurseur de Xavier Verschave.
      Tout cela , pour dire qu’il me semble que peut de chose ont changer, la situation c’est aggravée, du moins pour moi.
      Nous payons des années de choix politiques....
      Mais sur la question des migrants, réfugiés, sur le plan humain, il faut les recevoir, correctement , mais après....?

      BOB Le 9 janvier à 12:23
    •  
    • @Carlos. Une remarque au passage : chaque fois que la France fait quelque chose de bien, il s’agit de la République. Chaque fois qu’elle fait quelque chose de mal il s’agit de l’État. Les notions de bien ou de mal sont à l’appréciation de la gauche, prétendante au magistère moral, encore que la droite ne soit pas toujours exempte de recourir à ce double langage.

      Maintenant sur le fond : l’aspect démographique n’est pas le seul à devoir être pris en considération, mais il est tabou. Quand il nait un bébé en Europe, il en naît sept en Afrique. Les États africains ne peuvent supporter une telle natalité, ils ne peuvent former les nouvelles générations, leur fournir un emploi, voire les nourrir. Elles émigreront. Que faut-il faire ? Avez-vous une solution de long terme face à la crise migratoire ? Moi je n’en ai pas mais je préconise que le problème soit bien posé, sans tabou, sans double langage.

      L’approche philanthropique commande d’accueillir tout le monde et de prendre en charge ceux qui ne peuvent gagner leur vie. L’approche juridique pose que les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes donc de maîtriser leur destin. Ce droit appartient aussi au peuple français. Il n’en est pas déchu. La France peut donc dire qui est autorisé à s’installer durablement sur son territoire dans le cadre de la loi et qui ne l’est pas. Il en va de sa souveraineté. Les migrants qui dédaignent ce cadre juridique doivent quitter notre pays.

      Glycère Benoît Le 9 janvier à 14:22
    •  
    • @BOB. Les responsabilités dans cette situation critique générale, faute de pouvoir être établies de façon certaine, ne sauraient être retenues à charge contre aucun État. Que tous se réunissent pour trouver une solution négociée, oui. Que des États s’érigeant en victimes dressent un tribunal pénal, non. Il ne sera pas reconnu et ses condamnations seront sans valeur et sans effet.

      Chacun étant libre on peut souscrire à l’idéologie tiers-mondiste, qui voit dans les pays du Nord la source du mal et les désigne à la vengeance des peuples du Sud. Mais dans les pays du Nord il y a aussi des peuples, capables de faire de la politique. Ils ne seront pas paralysés par le chorus de haine que le tiers-mondistes veulent attirer sur eux.

      Glycère Benoît Le 9 janvier à 15:22
    •  
    • @glycere - rassurez vous, je me réserve le droit d’être autant critique vis à vis de notre 5ème république que je le suis vis à vis de l’Etat...

      Pour ce qui est de l’aspect démographique des pays du sud, je ne sais pas s’il est tabou en soit, pour moi il ne l’est pas mais ne peut pas être traité sans l’inscrire dans la problématique globale qui est celle de l’interrogation sur la prédation intenable que nous operons déjà sur les ressources de notre planète et l’urgence qu’il y a a mettre en place une stratégie concertée de coopération nord/Sud en terme de développement d’un nouveau modèle qui ne met pas en danger le seul environnement capable d’habriter l’humanité, à savoir notre planete ! Autrement dit, la propension de ces pays à soutenir le développement de leurs populations dépend grandement de la nôtre à changer nos modes de vie...

      Quant à l’accueil des migrants sur notre territoire, avant de poser la question de la légitimite ou non à venir s’installer en France, il conviendrait de s’intéresser basiquement à la manière dont nous pouvons participer à maintenir le peu de dignité humaine qu’il reste à des populations affaiblies et en grande souffrance... Même si celles ci ne font que passer sur notre territoire...

      Carlos Le 9 janvier à 19:49
  •  
  • Bonjour
    je vous rejoins sur certains aspects et dans certaines limites.
    Je que je n’aime pas , c’est la moralisation, la culpabilisation, qui est de la manipulation, pas de la politique. Du style : vous qui nous avez exploités, vous devaient vous battre la coulpe et payer...
    Le citoyen ordinaire n’est en rien responsable des politiques Africaine de la France (pour prendre la France), des années 1960 a maintenant , pour prendre cette période ou avant. Les Etats (et les dirigeants) sont responsables , mais pas les peuples.
    Mais , les peuples font de la politique (du moins devrait en faire), et votent, ou peuvent se révolter.....
    Et peuvent demander qu’on change notre relation à ces pays.
    Mais voilà , a force de déléguer, à nos responsables politique la politique extérieur de la France, les peuples avalisent des choix , qui peuvent se retourner contre eux......
    Les Français, malgrès eux, avalisent des politiques extérieurs, sur l’Afrique ,ou ailleurs, sans se poser de question , avec ses conséquences.Leurs dirigeants leur mentent, mais on se dit , bof, tant que le pétrole rentre, que je roule en voiture.......
    Par passivité, ne sommes nous pas un peu responsable ?
    Bien sur, il y a une hiérarchie des responsabilités,mais chacun doit agir a son petit niveau, balayer devant sa porte.....

    BOB Le 9 janvier à 18:07
       
    • Je suis entièrement d’accord avec vous

      Ce n’est pas en confortant perpétuellement, les populations migrantes ou immigrantes, nouvelles ou anciennes dans un très déresponsabilisant « la France me doit » qu’une intégration réussie s’opérera dans la société française du 21 me siècle.

      Aucun pays ne procède de cette manière et pour en nommer deux qui sont unanimement reconnus comme des exemples en matières d’attractivité et d intégration réussi : Le Canada et l’Australie, on est bien loin de la « mortification » a la Française.

      Le canada ne passe pas son temps a se demander si la politique colonisatrice des habitants Amérindiens a été trop ceci ou trop cela , l Australie n’est pas en train de revivre comme la France un éternelle psychodrame Algérien , avec les populations aborigènes .

      Personne ne leur fait de reproches sur les conditions d obtention de visas qui sont sélectives et relèvent dans la plupart des cas d un parcours du combattant.

      J’en ai eu un, je peux vous affirmer que personne ne l obtient sans faire la preuve (sans compter les conditions de moyens d’existences) de sa volonté d adhésion aux valeurs du pays.

      Et pourtant l’attractivité pour ses pays qui a bien des égards ont des conditions très dures d’accès, des conditions de travail difficiles, des prestations sociales inexistantes et très conditionnelles, ne se dément pas et ne fait l objet d’aucunes critiques.

      La France Laïque devra d’abord se débarrasser de cette insupportable auto flagellation incapacitante en matière d immigration .

      buenaventura Le 10 janvier à 14:29
  •  
  • @bob et @buenaventura - Je doute que la France, laïque ou non, abhorre un quelconque sentiment de culpabilité ou un romantisme débridé dans la mise en place de ses politiques d’accueil vis à vis des étrangers en situation régulière ou irrégulière, ou même dans les parcours de naturalisation... Tout indique au contraire que L’Etat ne fait en effet pas dans le détail. Quant aux associations et Ong, elles ont tendance à brieffer leurs membres militants sur les limites du cadre légal local de défense des droits humains pour éviter d’ajouter prises aux mesures de rétorsion juridiques régulièrement agitées par les services de l’Etat.

    C’est pourquoi Il m’apparaît difficile d’y voir la transposition de séquelles du "psychodrame algérien", qui renverraient de fait plus :
     à un imbroglio mêlant les relations tumultueuses entre un pays et un de ses anciens constituants devenu, dans le sang, indépendant,
     la propension d’une composante de la population française, dont celle issues de familles pouvant être originaire d’Algérie mais pas seulement, à se sentir discriminée (si certains peuvent en contester la réalité, malgré les études déjà effectuées, le ressenti en tant que tel, ne peut à tout du moins pas l’être),
     un contexte sécuritaire qui favorise la peur de "l’étranger visible fantasmé" (par sa couleur de peau, son patronyme, sa religion... Mais pas forcément par sa nationalité qui peut s’avérer française), ainsi que le sentiment qu’il y a "trop d’étrangers en France" (voir les sondages réguliers sur le sujet).

    Bref, j’ai l’impression que vous faites plus allusion à un débat d’idées théoriques sans aucune effectivité tangible lorsque vous évoquez "l’autoflagellation", ou la "culpabilisation" de la France qu’à un mécanisme de frein administratif, juridique réel et établi empêchant l’Etat français de mener une politique "dure" en matière d’immigration... Ce que chiffres à l’appui, il est raisonnable et vraisemblable de penser (on peut effectivement faire dire ce que l’on veut aux chiffres mais certaines comparaisons valent mieux que d’autres, notamment le ratio entre la population totale du pays et celle accueillie par exemple).

    Carlos Le 11 janvier à 07:09
  •  
  • La logique à l’oeuvre dans les relations complexes entre pays "riches" et "pauvres" (dont font partie les migrations de population) est grandement basée sur la préservation d’intérêts géostratégiques résumés globalement par les problématiques d’accès, d’exploitation et de répartition de ressources matérielles ainsi que du profit qu’on en tire... C’est en effet cette question qui préside à l’idée qu’un pays puisse, ou non, assumer le développement de sa population et soit donc en mesure de la retenir.

    Partant de là, et vue les niveaux de prédation atteint opérée par ceux des Etats en situation de le faire, il est difficile d’entrevoir une quelconque solution à l’afflux de population vers les pays dits "riches", population qui, faut-il vraiment le rappeler, tente en se déplaçant d’enrayer une situation de détresse alimentaire, médicale, économique ou politique, quoiqu’il en soit sans aucun doute vécue comme une "urgence vitale". Pour autant, si l’on est de ceux qui s’en tiennent à ce constat, il reste tout de même la possibilité d’agir pour garantir que le respect des droits humains et de la dignité des individus soit préservée dans l’épreuve... action qui ne remet nullement en cause de fait, que ce soit factuellement ou objectivement, le "droit des peuples" a disposer d’eux-mêmes.

    Pour ceux qui souhaitent une solution pérenne aux grandes questions de ce temps, il faudra finir par s’interroger sur l’urgence à passer d’une "économie" fondée sur des ressources matérielles "finies" qui à chaque fois qu’elles sont partagées, réduisent la part de chacun, à une "économie" développée sur des ressources immatérielles "infinies" qui croissent à chaque fois qu’elles sont échangées... La connaissance en étant l’illustration ultime.

    S’agit-il, se disant, de nier l’importance de certaines ressources "finies" (eau potable, air respirable, terres arables, etc..) dans les facteurs nécessaires à la survie de tout être humain ? Pas du tout, mais il convient de rappeler que les solutions à des problèmes actuels (et les pénuries ne sont rien d’autres que des problèmes dont il faut chercher les solutions) sont probablement déjà contenus dans des connaissances qui par contre restent à découvrir... Attention, il ne s’agit pas d’avoir une confiance aveugle en la science, mais de rappeler que celle-ci, d’ordinaire "sans conscience" et moins profitable à la collectivité qu’à des intérêts privés, si elle est pratiquée en toute humanité et en l’occurrence sous contrôle démocratique (c’est à dire en toute conscience des responsabilités qui nous reviennent par rapport aux générations actuelles et futures) pourrait contribuer largement à l’émancipation des êtres humains et donc par extension des citoyens. D’ailleurs, n’a-t’elle pas commencé à le faire en alertant sur ce qu’il adviendrait bientôt à l’humanité ainsi que sur la nécessité de s’interroger sur la manière dont nous détruisons nos ressources autant que sur celle dont nous nous organisons pour y faire face ( car il n’y a pas que les sciences dures... les sciences humaines ne sont pas en reste) ? Mais cela implique qu’il faille passer d’un complexe militaro-industriel dont l’objectif avéré est de soumettre des populations au profit d’autres, très adapté à la logique de prédation en cours actuellement dans le monde et qui met en danger le seul écosystème capable d’accueillir l’humanité, à un complexe pacifico-industriel, foncièrement équitable et juste car objectivé sur la coopération et le partage de savoirs, dont l’ambition est l’épanouissement global de tous les peuples et de tout être humain. En effet, la prospérité d’un tel système économique serait conditionné au rythme de l’émergence et de la mise en pratique de nouveaux savoirs, de nouvelles connaissances et donc aux conséquences "holistiques" de la confrontation et de l’échange des connaissances : 2 connaissances confrontés en génèrent une 3ème (condition qui ne fonctionne pas dans tous les champs de la réalité, mais qui marche bien pour celui des connaissances : le tout est supérieur à la somme des éléments qui le constituent)...

    Bref, il y a un nouveau modèle de prospérité et d’épanouissement à inventer... Ce qui est sûr, c’est qu’il n’est pas compatible avec l’approche néolibérale jusqu’ici majoritaire de mise en concurrence, d’affrontement permanent et de rejet du contrôle démocratique qui s’inscrivent dans la logique qu’elle véhicule...

    carlos Le 12 janvier à 12:52
       
    • Dans les grandes lignes je suis d’accord avec vous. mais remettre en cause ce modèle libérale, productiviste, industrialiste, impérialiste, militaro - industriel, va être long. Il va surtout se heurter a de multiples résistances, et conservatisme, corporatisme , égoîsme...La prise de conscience devra être rapide, nous sommes dans une course de vitesse.

      BOB Le 19 janvier à 12:50
    •  
    • @BOB - j’ai peur malheureusement que le temps de l’urgence écologique ne soit pas celui de la conscientisation démocratique... Ceci dit, ce n’est pas pour cela qu’il faut se faire une raison !

      carlos Le 19 janvier à 13:29
  •  
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